Léonard Bordes est un peintre très représentatif de « l’Ecole de Rouen ». Né a Paris en 1898 dans une famille de musiciens, sa mère était pianiste premier prix de conservatoire et son père violoncelliste de talent. Très jeune, il arrive à Rouen ou il entame une double carrière artistique, puisqu’il est lui même violoncelliste au théâtre des arts à Rouen et que le reste de son temps il le consacre à la peinture. Il suit les cours de Zacharie à l’école régionale des Beaux Arts de Rouen. C’est un peintre prolifique… 10 000 toiles, un peintre de plein air qui n’a pratiquement jamais peint en atelier « traducteur des aspects neigeux et de la sourde mélancolie de nos paysages normands » (Maurice Louvrier). Il meurt à l’hopital Charles Nicolle à Rouen en 1969.

Neige à Rouen ?

Le tableau ci dessous n’a pas de titre et n’est pas daté. C’est une huile sur papier marouflé monté sur un panneau d’isorel. Je l’avais préalablement  intitulé « Neige au Mont Gargan »… mais des avis autorisés m’ont suggéré qu’il s’agissait plutôt d’une petite rue « en ville » peut être autour du Boulingrin ou du quartier des Grieux. C’est dans les quartiers populaires que Bordes installe son chevalet. Darnétal, le Mont Gargan, la côte Sainte Catherine, le faubourg Martainville à Rouen… sont ses sites privilégiés. « Il excelle à les traduire, à les multiplier de la façon la plus émouvante, avec son âme et son coeur mordu de froid »

Neige à Rouen - 1950...?, rue de Bellevue... ou Francis Yard...?

Merci de bien vouloir mettre en commentaires vos suggestions.

Une autre huile que j’aime également beaucoup pour son contraste saisissant :

Neige dans la plaine

Mise à jour du 11 février 2012… Léonard Bordes aurait certainement apprécié cet hiver et particulièrement ce mois de février 2012 qui voit la neige « tenir » depuis une dizaine de jours avec des températures minimales de l’ordre de – 10 °C, ne remontant pratiquement pas au dessus de zéro. Cet épisode glacial dû à la descente de l’anticyclone Sibérien au dessus de l’Europe de l’ouest fait suite à un épisode pluvieux lui aussi exceptionnel puisqu’il est tombé en décembre 2011 et janvier 2012, 325 mm d’eau à Rouen, soit en deux mois la moitié de la pluviométrie d’une année normale.

Et pour terminer un magnifique ouvrage, que je viens enfin de dénicher, rédigé vers la fin des années 80 par Robert Evreux , un médecin passionné par l’oeuvre et la vie de Léonard Bordes. Cet ouvrage est malheureusement épuisé, peut être sera-t-il réédité un jour. L’artiste le mérite.

Jaquette représentant une "Neige au Mont-Gargan (rue José-Maria-de-Hérédia)