J’ouvre le dossier « environnement au sens large» de mon blog à l’occasion de la confirmation par l’Elysée de la réalisation (confiée à EDF et GDF-Suez) d’une deuxième centrale nucléaire de type EPR – 3ème génération en France (après celle de Flamanville dans la Manche).

Démarrage du chantier en 2012 pour raccordement au réseau en 2017.

 

Lieu : Penly (entre Dieppe et le Tréport) en Seine Maritime, où est déjà implantée une centrale de type classique depuis déjà 20 ans.

 

Cette proximité géographique et le rapport à des sujets qui me sont chers, l’environnement et les OGM m’amènent à quelques réflexions que je livre ici dans le désordre.

 

  1. L’énergie nucléaire est la seule technologie qui permette de produire de l’énergie au niveau de nos besoins actuels sans générer de CO2 supplémentaire…même si c’est le pétrole brulé dans les moteurs de nos véhicules qui représente la plus grosse source d’énergie consommée. C’est une énergie propre, c’est bon pour l’environnement.

 

  1. Si je passe du domaine de la physique à celui de la biologie avec les biotechnologies et les OGM et que je tente une comparaison en schématisant :

– dans le cas du nucléaire, nous avons à faire à une technologie extrêmement dangereuse (voir Tchernobyl…), mais tant que la radioactivité est contenue, protégée par du béton et n’est pas dispersée, l’exposition de la population est nulle. Si je résume : danger énorme X exposition nulle = risque nul 

– dans le cas des OGM (qui ne sont qu’un cas particulier d’une science beaucoup plus vaste que l’on nomme biotechnologies, qui s’appelait plus simplement avant la génétique), nous avons à faire à une technologie inoffensive pour la santé (12 ans de commercialisation dans le monde, plus de 700 millions d’hectares cultivés et aucun accident de santé publique !), mais dont les produits touchent potentiellement tous les individus de la planète. Si je résume : aucun danger pour la santé ni pour l’environnement X exposition forte = risque nul.

Ceci est une bonne illustration de la différence qui existe entre danger et risque, que certaines idéologies de la régression amalgament pour instaurer la peur à tous les niveaux, que ce soit à travers la presse ou directement dans l’opinion publique (j’aurais l’occasion de revenir plus tard sur tous ces points… )

 

  1. Je ne pense pas avoir un regard béat sur la Science et je suis très méfiant des communications trop hatives, de l’opinion de chercheurs qui s’expriment sur des sujets n’ayant que peu de relation avec leur propre recherche. Je fais cependant confiance à l’homme et à la Science pour résoudre les problèmes posés par le développement de l’humanité. Sauf bien sur à prôner la régression comme technique de résolution de problèmes… eh bien non messieurs les régressionnistes et autres faucheurs volontaires… ma direction n’est pas la votre… j’aimerai bien pourtant… mais nous vivons dans un monde qui ne nous demande pas notre avis, qui n’a pas d’autre choix que se développer… comme nous l’avons fait…. et comme nous sommes obligés de continuer à le faire…

 

  1. Cela ne m’empêche pas de penser que la solution nucléaire est une solution certes adaptée aux contraintes et aux besoins actuels, mais que c’est une solution dangereuse… même si je fais confiance à la science et à l’homme pour tendre vers un niveau de risque proche de zéro… je peux en parler puisque je suis à 50 km de Penly sous les vents d’ouest dominants…

… mais je ne peux pas m’empêcher de penser justement à l’exposition… quelles pourraient être les conséquences d’un attentat terroriste comme celui du 11 septembre sur une centrale comme celle de Penly ?

 

  1. Cette petite réflexion me permettra d’aborder plus tard cette fascinante science que sont les biotechnologies, avec beaucoup de passion bien sur et surtout de décontraction devant le « risque » réel, mais toujours avec beaucoup d’humilité lorsqu’on se situe dans un domaine où les connaissances ne cessent de se renouveler.