C’est de l’Aconit napel dont je vais vous parler, plante sauvage que j’ai découverte lors d’une randonnée dans les montagnes de Corse du sud, autour du GR 20, avec mon ami Claude Currière. Claude est un fin connaisseur de ces lieux, parcourant tous les torrents à l’affut de la truite Corse (Salmo trutta macrostigma, sous espèce de la truite fario Salmo trutta), passionné de cette belle nature sauvage et des hommes qui l’entretiennent.
L’Aconit napel croit au bord des ruisseaux, dans les prairies humides et les tourbières entrecoupées de ruisseaux que l’on nomme en Corse les pozzines (de Pozzu – le trou d’eau) à une altitude variant entre 1300m et 1800 m.
Les photographies d’ Aconit napel sous espèce de Corse représentées ci dessous ont été prises sur le plateau de Cuscione à 1400 m d’altitude, au centre d’une longue arête faîtière de 4 kilomètres de long comprise entre les cols d’Asinao et de Chiralba, et dont l’Incudine – plus haut sommet de Corse du sud – marque la fin).
Ce site est d’une beauté à vous couper le souffle. J’en garde un souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Merci Claude de me l’avoir fait connaître.
 
Petit aperçu de notre randonnée parmi les Aconits :
Arrivée sur le plateau de Cuscione – Les bergeries de Basseta – Refuge proche du GR 20
Claude et son ami Toussaint le gérant des lieux avant une belle partie de boules
 
Aconit napel dans son biotope – Plateau de Cuscione – Ruisseau du Veraculongu
 
Aconit napel dans son biotope – Plateau de Cuscione – Ruisseau du Veraculongu
 
Fleur d’Aconit napel – Remarquez dans la partie supérieure les deux nectaires (glandes à nectar) à
l’intérieur du sépale supérieur. Ils résultent de la transformation des deux pétales restants de la fleur.
 
Les fruits de l’Aconit napel sont constitués de trois carpelles peu soudés entre eux.
 
Plateau de Cuscione – Ruisseau de Cavallare au milieu des pozzines  
Vue sur la bergerie de Cavallara chez Jo.
 
Claude & Bernard chez Jo – Bergerie de Cavallara – Dégustation de saucisson et de figatelle maison
en arrivant
 
 
Aconit vient du grec acone (pierre), plantes croissant dans les rochers. 60 espèces de ce genre ont été décrites en Europe jusqu’aux régions arctiques, l’Asie et l’Amérique du Nord.
Gaston Bonnier dans sa Grande flore de France en décrit 5 espèces :
– Aconitum Anthora (Aconit Anthora)
– Aconitum Lycoctonum (Aconit tue – loup)
Aconitum Napellus (Aconit napel)
– Aconitum variegatum (Aconit panaché)
– Aconitum paniculatum (Aconit paniculé)
 
Les trois espèces décrites ci après sont les plus répandues.
Elles ne pas trop controversées par les taxonomistes actuels :

 

 

 

 

Aconitum  napellus ssp. corsicum

(Aconit napel)

 

 

 

 

Aconitum lycoctonum
ssp. vulparia

(Aconit tue loup)

 

 

 

 

Aconitum
anthora

(Aconit anthora) 

 
 
 
Description des fleurs et de la plante :

Ci dessus : une fleur d’Aconitum napellus ssp. corsicum ouverte, après avoir été débarassée du sépale supérieur qui formait le casque

 

 

 

  Les fleurs sont bleu foncé, parfois violacées, irrégulières, composées de 5 sépales pétaloïdes constituant la partie visible de la fleur (le supérieur en forme de casque d’où le nom de casque de Jupiter donné à la plante). L’aconit napel est entomogame. La pollinisation est effectuée généralement par les abeilles et les bourdons attirés par les nectaires (glandes à nectar) issus de la transformation des 2 pétales supérieurs restants, les trois autres ayant en général avorté. La floraison a lieu de fin juin à septembre. Le fruit est formé de 3 carpelles peu soudés entre eux, renfermant chacun de nombreuses graines,  s’ouvrant par une fente située vers l’intérieur de la fleur.

 Aconitum napellus ssp. Corsicum

Plateau de Cuscione – Ruisseau de Veraculongu

septembre 2008

 

L’Aconit napel est une plante vivace de 50 cm à 2 m, remarquable par son feuillage et ses fleurs bleues rassemblées en grappes en haut de la tige, formant souvent d’importantes colonies.

La tige est dressée, rigide, très feuillée, simple ou rameuse. Les feuilles sont alternes, pétiolées, profondément divisées en lobes étroits  vert foncé. 

L’Aconit possède à son pied, comme certaines orchidées deux tubercules. Celui de l’année qui porte la plante et celui de l’an prochain qui est en train de constituer ses réserves.

Certains les comparent à des navets. D’ailleurs le terme latin de "napellus"  viendrait de "napus" qui en latin signifie navet.

 
 
L’Aconit napel – Attention Danger !
D’autant plus que cette plante peut être et est cultivée dans les jardins comme plante ornementale.
Peut être certains d’entre vous se souviennent de cette image de la pharmacie de notre enfance, les pots en faïence blanche alignés sur l’étagère et l’inscription sur certains d’entrte eux : "Aconit".
Les Aconits  sont en effet des plantes très vénéneuses.
Le suc des Aconits était employé par les hommes préhistoriques, puis les gaulois…pour empoisonner leurs flêches.
L’Aconit napel est l’une des plantes les plus toxiques de la flore d’Europe et la plus toxique de France.
Toute la plante est vénéneuse. Le simple fait de cueillir la plante suffit à provoquer des dermites, voir des intoxications si son suc pénètre par des écorchures. Mais ce sont les racines qui présentent le plus de toxicité. Les molécules toxiques sont des alcaloïdes diterpéniques (aconitine, néoline, napelline…). L’aconitine est mortelle pour l’homme à la dose de 5 mg, ce qui représente 2 à 4 g de racine. Il n’existe aucun antidote à cette toxine (excepté l’anthorine extraite de l’Aconit Anthore).
En médecine traditionnelle, l’aconitine est analgésique (mal de dent, migraines…), anticongestive et sudorifique, antirhumatismale. La napelline est démorphinisante, on s’en sert lors des cures de démorphinisation. On l’utilise dans les névralgies faciales, les sciatiques, le zona ophtalmique, les névralgies dentaires et les ulcères.
L’Aconit homéopathique est quant à lui préparé à partir de la teinture mère d’Aconitum Napellus. C’est la plante aérienne entière qui est utilisée. Aconitum napellus possède un large rayon d’action contre les problèmes nerveux et d’infections inflammatoires. Aconitum napellus est préconisé en début d’infection de type angine, bronchite, laryngite… Autres domaines d’action : crise d’angoisse, accélération du rythme cardiaque liée au stress, anxiété et hypertension, état fébrile pouvant être lié à un coup de froid.
 
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