Alors que Jean Louis Borloo déclare cette semaine que le “destin du monde” se jouera probablement à Copenhague, en décembre, où doit être conclu un accord mondial pour tenter de limiter le réchauffement climatique [Bigre ! chacun voit midi à sa porte], il n’est peut être pas inutile de prendre un peu de recul pour relire ce que disait Luc Ferry dans un article du Figaro d’octobre 2007 (1) sur le Grenelle de l’environnement et ses espoirs d’une politique environnementale digne de ce nom.
 
Deux idées fortes :
Le principe fondateur de l’écologie contemporaine, c’est celui d’une "autre politique", plus ou moins anticapitaliste et altermondialiste, qui soumette l’économie à l’écologie.
Le "Grenelle de l’environnement" n’a de légitimité ni scientifique ni républicaine. Il ne représente en rien les citoyens que nous sommes et relève à 100 % du management et de la communication politique.
 
 

 Notes de lecture récente – Paru le 1/03/07 chez XO – Pocket  6 €

 

Hauteur de vue des propos, la philosophie à portée de tous et un style élégant.

 

La famille, nouvelle valeur face à un siècle de déconstructions… celle de la tonalité en musique, de la figuration en peinture, de la chronologie dans le roman…. déconstructions accompagnées par la "dépossession démocratique", le déclin de l’Etat Nation et l’installation progressive d’une société bloquée. Faut-il reconstruire ? Sur quelles valeurs ? La conviction qui anime ce livre est que la réponse se trouve du côté d’une vie privée dont la montée en puissance ne doit pas être interprétée comme un " repli individualiste " ou un " renoncement" aux affaires du monde.

Le premier paragraphe
Commençons par un constat banal : la peur, chacun peut s’en rendre compte, est devenue l’une des passions dominantes des sociétés démocratiques. A vrai dire nous avons peur de tout : de la vitesse, de l’alcool, du sexe, du tabac, de la côte de boeuf, des délocalisations, des OGM, de l’effet de serre, du poulet, des micro-ondes [….] Chaque année, une nouvelle peur s’ajoute aux anciennes -pour l’an prochain je parierai volontiers sur les nanotechnologies – […]. J’avoue, en ce qui me concerne, que j’ai commencé à être inquiet lorsque j’ai vu, en 2003, des organisations de jeunes manifester pour… la défense de leurs retraites !

Morceau choisi
C’est sous ce titre provoquant que Jacques Attali […]  tirait il y a quelques temps la sonnette d’alarme : ‘Tout le monde écrivait-il, sait que la situation est critique, que le pays est endetté, vieillissant, travaille trop peu, décline et qu’il est même en train de décrocher ; tout le monde sait que rien n’a été fait de sérieux depuis dix ans et que, si rien n’est fait pendant encore cinq ans, la chute se fera de plus en plus brutale. Les actions à entreprendre sont claires, simples, mathématiques, indiscutables. Elles peuvent être résumées en quelques lignes terribles : il faudra, progressivement, réduire de moitié la dette publique, retarder de huit ans l’âge de la retraite, accueillir 500.000 travailleurs étrangers par an, permettre à ceux qui le voudront de travailler au-delà des 35 heures, doubler les dépenses publiques par étudiant à l’université et décider en conséquence d’économie budgétaires… ‘  – chapitre : Que faire ?

Morceau choisi
Evitons un malentendu : je n’appartiens évidemment pas à l’univers intellectuel et politique des contempteurs de la mondialisation et du libéralisme.
Tout au contraire même. La mondialisation libérale, quoi qu’en disent les altermondialistes, possède un certain nombre de vertus qu’il est vain de contester.
Sans même évoquer ses effets évidents sur l’économie, le simple fait qu’elle ouvre des univers jusqu’alors repliés sur eux-mêmes, totalement fermés aux autres, suffirait presque à lui seul à la justifier. Au demeurant, la compétition n’est pas en soi un mal et toutes les analyses économiques montrent que, s’il est vrai que les inégalités entre riches et pauvres s’accroissent, la mondialisation bénéficie malgré tout aussi aux plus démunis, au point qu’à en croire un récent rapport de la Banque mondiale, le nombre de personnes très pauvres devrait être, grâce à elle, divisé par deux d’ici 2030. – chapitre : Face à la dépossession démocratique