J’ai pu prendre connaissance lors de mon séjour à Pékin du CHINA DAILY, journal distribué tous les jours dans les grands hôtels de la capitale, entre autres. Et tout a fait par hasard, je suis tombé sur deux articles traitant de biotechs et d’environnement. Je laisserai pour l’instant l’article concernant l’environnement de côté ("More rural area turn to biogas") dont on peut penser que dans un journal en anglais destiné essentiellement aux étrangers en chine, il soit légèrement teinté de légitime "propagande".
 Même chose pour l’autre article "Biotech can lead to new realms" mais quand même arrêtons nous un instant, il y a des fondamentaux qui ne trompent pas et qui peuvent permettre de faire quelques comparaisons entre la vision de l’état Chinois et notre approche française du sujet !
 
En mai dernier, le gouvernement chinois a annoncé le niveau faramineux des soutiens qu’il octroie à 11 programmes nationaux considérés comme clé dans les domaines de la recherche et du développement technologique de demain : 62.8 billions de yuans, soit environ 6.5 milliards d’€… d’ici fin 2010 !
Les domaines concernés :
– les machines outils numériquement contrôlées
– les transport aériens
– les nouvelles générations de téléphone mobile à large bande
– la recherche pétrolière et de gaz
– les centrales nucléaires
– les technologies pour le contrôle et la pollution de l’eau
les produits transgéniques
– le développement de nouveaux médicaments (bio industrie)
– le traitement des épidémies majeures (HIV, AIDS, hépatites virales…)
 
Le plan OGM chinois c’est 3.6 milliards d’€ injectés dans la recherche publique d’ici 2020, avec une volonté d’ajouter une forte participation des entreprises impliquées dans ces programmes. Cela doit représenter a peu près 30% de plus que le budget TOTAL de la recherche en France !  Ce chiffre est a mettre en face des 2 millions d’euros annuels prévus par l’Agence nationale de la recherche (ANR) française. De plus ces sommes sont dédiées en partie à la réalisation d’études sur les impacts des OGM qui n’ont pas trouvé preneur, entraînant l’arrêt du programme. CONSTERNANT !
Dans les faits la chine est le 6ème producteur mondial de cultures OGM, 3.8 millions d’ha en 2008 derrière les Etats unis l’Argentine le Brésil l’Inde et le Canada. Les espèces actuellement cultivées sont le coton Bt autorisé depuis 1997 qui représente 70% des 3.7 millions cultivés. Selon Huang Dafang, directeur de l’Institut de Recherche Biotechnologique de l’Académie Chinoise des Sciences Agricoles, le coton transgénique aurait déjà permis d’économiser 650.000 tonnes d’insecticides.
La Chine a mis du temps à se lancer dans la culture d’OGM, selon l’ISAA l’organisme de référence en biotechnologies, mais le pays est déjà celui qui produit la plus grande variété d’OGM, ce qui est un signe sur la vitalité de sa recherche… naissante. Plus récemment ce sont des peupliers, des pétunias, des papayes, des tomates et des poivrons qui ont été autorisés.
Actuellement, le gouvernement chinois a autorisé 211 essais sur une vingtaine d’espèces, incluant six variétés commercialisées !  
 

Prochain objectif annoncé : le développement de riz transgéniques, améliorant les rendements et limitant les apports en pesticides… C’est à mon avis le véritable tournant dans la culture des OGM sur la planète puisqu’il s’agit d’une nourriture de base, que 1.3 milliards d’habitants seront susceptibles de consommer, sans compter le reste de l’asie… Le gouvernement chinois le sait, il est encore hésitant à autoriser la commercialisation de variétés transgéniques de la principale culture du pays. Un des axes de ce programme ambitieux prévoit la sensibilisation du grand public sur les cultures OGM.

 

 

Site de démonstration de riz dans la plaine alluviale au nord de
 
 
Aujourd’hui ce sont essentiellement 3 pays, le Brésil, la Chine et l’Inde qui lancent de nouveaux projets capables de rivaliser avec ceux des Etats-Unis.
Les chinois aiment les défis, ce sont des gagneurs, ils veulent être premiers partout… c’est omniprésent même lorsque l’on fait un court séjour en Chine. Ainsi comme l’indique le China daily dans son article, nous (les chinois) devrions rattapper les leaders mondiaux des biotechs pour 2020 et construire une bio-industrie qui sera le pilier de l’économie nationale.
 
A méditer lorsque l’on songe que l’Europe et la France en particulier, a dilapidé son organisation et ses ressources intellectuelles qui lui auraient permis d’être un acteur économique sur le plan mondial, On ne peut que regretter, mais on touche là à mon avis aux limites des démocraties évoluées, l’influence de groupuscules ou d’organismes pronant une philosophie de la régression et utilisant les outils bien connus du complot mondial, du détournement de la science et de la peur pour faire évoluer l’opinion publique, et par la même contraindre le pouvoir politique à prendre des décisions que nous regretterons tous plus rapidement qu’on ne le croit.
 
Sources :