Ma première véritable rencontre avec des chinois du cru si je peux dire, s’est passée à l’aéroport de Jiamusi (tout au nord du pays) où mes deux interpètes Mme Hui Shao et Mr Cheng m’attendaient avec une énorme banderole à mon nom ! Dans la voiture qui nous menait de l’aéroport à Shuangyashang, une des premières questions de Mr Chang fut de me demander ce que je pensais de Nicolas Sarkozy, et à demi mots je compris qu’il s’agissait plus particulièrement des tentations de boycott des JO de Pékin en soutien au Tibet.

 

 

Mes deux interprètes Chinois

 
 Je voudrais faire un parallèle avec ce qui se passe en ce moment en Birmanie (idem en Iran…) où des voix s’élèvent (Jane Birkin, Carla Bruni même, et certainement bien d’autres…) pour demander de nouvelles sanctions contre ce pays. Ces réactions spontanées droit-de-l’hommistes dirons nous sont sympathiques… Sarko quant à lui a également réagi, mais sans trop se mouiller… il a souhaité des sanctions dans le domaine du bois et des rubis… tout en sachant que ce sont les chinois qui achètent le jade, les indiens les rubis et les thaïlandais le bois… de façon pratiquement exclusive !
 
Plus sérieusement, TOTAL a de gros intérêts en Birmanie et sa présence est toujours aussi controversée. Certains anticapitalistes primaires ou d’autres âmes bien pensantes, allez disons le de bobos gavés que nous sommes tous plus ou moins… demandent le retrait d’un des fleurons de notre industrie et de notre recherche qui s’exporte. Tous les spécialistes de géopolitique et les divers observateurs qui s’intéressent à ce type de pays s’accordent pour dire que ces politiques de sanctions économiques se révèlent être des coup d’épée dans l’eau, pire… elles sont contre productives, et ne changent rien aux politiques de ces dictatures. Pourquoi ?
Il est évident que si Total partait de Birmanie, son puissant voisin et allié chinois tenterait dans l’heure qui suit de prendre le relais… ! La chine est en passe cette année de souffler la place de 2ème économie mondiale (PIB) au japon, c’est un pays tentaculaire, elle est partout. Alliée des régimes douteux (Birmanie, Corée du nord, Soudan…), elle prône également la coopération avec les occidentaux, surtout pour elle (pour s’accaparer les technologies qu’elle ne possède pas) mais aussi pour nous (essayer de profiter d’un marché commercial démentiel, à l’image du pays).
 
Ces réactions et ces attitudes vis a vis de la Birmanie et de Total sont tout a fait comparables a celles concernant le refus des OGM de par leur approche régressiste. Dans l’absolu Total pourrait quitter la Birmanie et l’on pourrait se passer d’OGM en France. En réalité nous ne sommes pas seuls au monde et persévérer dans l’ignorance de la montée en puissance de concurrences féroces et planétaires, comme aujourd’hui avec la chine, fait que si nous ne sommes pas présents, au moins sur les créneaux dont nous possédons la technologie (recherche pétrolière, biotechnologies, transport aérien…), demain nous n’existerons plus.
 
Je reprend à mon compte la conclusion de l’éditorialiste du Figaro  (et je vous conseille la lecture des commentaires sur son article) : pour être efficientes, une politique ou une diplomatie s’accomodent d’avantage du cynisme des nations que de la morale des peuples. C’est aussi vrai pour la Chine que pour la France.
 
Publicités