Il me faut revenir très vite sur mon précédent billet ou j’évoque, à propos de mes pommes véreuses, une relation avec le climat de l’année. Loin de moi bien sur l’idée d’en rajouter au sujet du réchauffement climatique mais bien ici de faire le point a travers  trois billets.

  1. Celui ci résume globalement ce qui se dit dans les médias des observations et mesures que les scientifiques ont réalisées sur un certain nombre d’indicateurs météorologiques.
  2. Le deuxième me permettra d’aborder un certain nombre de changements actuels dans l’interprétation par la communauté scientifique de données récentes et notamment des hypothèses qui peuvent être émises quant à l’influence de l’activité humaine.
  3. Enfin j’essaierai de décrypter ce que je comprend, ou ne comprend pas, de l’attitude des politiques dans le monde et la mise en place de la taxe carbone en France

L’EVOLUTION DES TEMPERATURES

D’abord des constatations empiriques, depuis que je suis arrivé en Normandie en 1972, j’ai quand même l’impression qu’il fait plus chaud, (moins humide ?). Dans les années soixante dix nous finissions péniblement les moissons début septembre et j’ai toujours pris mes congés en septembre à la suite de la récolte pendant au moins une dizaine d’années. A partir de la fin des années 90 les moissons ont pratiquement toujours été terminées pour le 15 août, avec l’aide c’est vrai d’un équipement en matériel de récolte qui s’est amélioré. Du côté de la vigne le constat est le même : les dates de début des vendanges ont régulièrement été avancées depuis trente ans. Une étude précise réalisée sur les vignobles de Chateauneuf du Pape et de Tavel dans les Côtes du Rhone montre qu’au cours de ces cinquante dernières années cette date a été avancée d’une vingtaine de jours.

Que nous dit la météo de l’été 2009 ?

Dans mon billet précédent je cite une étude sur la température de l’été : 2009 aura été le 5ème été le plus chaud en France depuis 1950, après 2003, 2006, 1994 et 1983. Constat : pas d’"anomalie" pendant les trente premières années, un dépassement de la moyenne dans les années 80, même chose dans la décade 90 et deux dépassements dans la décade 2000. Tiens on dirait que ça s’accélère ! Et au fait, on ne retrouve pas 1976. Eh bien non en 1976 ce n’est pas l"été mais le printemps qui avait été particulièrement chaud… et sec ! Je m’en souviens d’autant plus que ce fut l’année de mes premières prestations télévisuelles (FR3 Normandie) sur la pénurie de fourrage en plein mois de juin à une époque ou habituellement tout est vert ! Et puis ça n’est que l’été… on ne parle pas des autres saisons…. Ah les chiffres… on peut leur faire dire ce que l’on veut… surtout si on ne lit pas bien l’énoncé de la question !

Que nous dit la météo au cours de ces cent dernières années ?

Les enregistrements réalisés par Météo France depuis 1900 sur l’ensemble du territoire Français nous donnent une tendance sur cent ans de l’ordre de +1°C Mais ils montrent nettement également que la fréquence des écarts positifs par rapport à une moyenne de référence est nettement plus importante au cours des 25 dernières années.

Ce chiffre est un peu plus faible au niveau mondial : +0.74°C lié au fait que les océans couvrent 70% de la surface terrestre et se réchauffent moins vite. Mais ce "réchauffement" n’est pas global. Certaines régions se réchauffent alors que d’autres se refroidissent !

 
Le réchauffement est consataté mais beaucoup confondent encore couche d’ozone et effet de serre dans leur tentative d’explication !
Jusqu’à Michel Rocard Président de la Conférence d’Experts sur la Création de la Taxe Carbone, et j’en suis certain comme beaucoup d’autres politiques et de journalistes, qui dans la torpeur de l’été n’ont pas réagi à sa terrifiante explication des causes et des conséquences du réchauffement climatique confondant manifestement effet de serre et diminution de la couche d’ozone !
  • L’effet de serre : Lorsque la terre est éclairée par le soleil, celle ci réémet dans l’atmosphère un rayonnement infrarouge bloqué principalement par la vapeur d’eau, le gaz carbonique (CO2) et quelques autres gaz dits à effet de serre (méthane produit par les ruminants…). C’est d’ailleurs grâce à cet effet de serre que la température n’est pas glaciale comme sur d’autres planètes du système solaire, mais tempérée supportant une certaine forme de vie. D’où un certain nombre d’hypothèses d’un lien existant entre l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère et l’augmentation de la température de surface de la terre.
  • La couche d’ozone : l’ozone est un gaz que l’on trouve dans les hautes couches de l’atmosphère ou il se concentre. Il intercepte les rayons ultraviolets émis par le soleil et nous protège donc de leurs effets néfastes. Il est d’ailleurs intéressant de rappeler à ce sujet que c’est grâce à la science et aux progrès de la technologie que le monde entier a abandonné les CFC (chlorofluorocarbures) utilisés dans les réfrigérateurs et les aérosols identifiés comme responsables du trou de la couche d’ozone) en les remplaçant par d’autres composés… mis au point par la société américaine Du Pont de Nemours dont les brevets de fabrication ont été par la suite rétrocédés aux Chinois Indiens et Brésiliens.
  • Au fait.  Et si il y avait une autre explication que l’effet de serre sur le réchauffement climatique ?
L’EVOLUTION DE LA TENEUR EN CO2 DE L’ATMOSPHERE
  • Petite précision : le CO2 n’est pas le principal gaz à effet de serre. C’est l’eau qui, sous forme de vapeurs ou de nuages représente à peu près les trois quart de l’effet de serre total. Par contre le CO2 est le principal gaz à effet de serre produit par l’activité humaine (là encore 3/4 du total des GES émis par l’homme).
  • Les mesures des teneurs en CO2 de l’air au cours des 800 000 dernières années ont été réalisées à partir de la mesure de la teneur en CO2 des bulles d’air contenues dans des carottes glaciaires extraites du forage de l’EPICA dans l’antarctique. Les chiffres obtenus montrent que les concentrations varient de façon cyclique entre 180 et 300 ppm.
  •  Aujourd’hui les mesures réalisées directement dans l’atmosphère par spectrophotométrie, comme celles réalisées par l’américain Keeling au sommet du Mona Loa à Hawaï indiquent une évolution rapide de ces teneurs entre 1960 et aujourd’hui, passant de 310 ppm à 380ppmMême si ces deux types de mesures ne sont pas comparables, il est indéniable que l’on assiste aucours de ces dernières décennies à une augmentation très nette des teneurs en CO2 atmosphériques.
LA MONTEE DU NIVEAU DES MERS
Lors de la dernière glaciation, il y a environ 20 000 ans, le niveau de la mer était en moyenne 120 mètres plus bas qu’aujourd’hui. Les géologues ont pu montrer qu’il s’est ensuite stabilisé en moyenne depuis maintenant 3 à 6000 ans.
Depuis la fin du 19e siècle, le niveau de la mer est mesuré par des marégraphes, instruments installés dans les ports et développés à l’origine pour surveiller les marées. L’analyse de ces enregistrements indique que depuis quelques décennies, la mer monte de façon significative, à une vitesse de l’ordre de 2 mm par an.
Depuis le début des années 1990 les satellites altimétriques ont remplacé les marégraphes. Ils mesurent le niveau de la mer avec une précision remarquable, en continu et sur toute sa surface.
Au cours des deux dernières décades l’augmentation moyenne est de l’ordre de 2.7 mm par an. Mais attention, comme pour les mesures de CO2, les méthodes de mesure sont radicalement différentes et l’augmentation de niveau n’est pas globale. Dans certaines régions la mer a monté plus vite que la moyenne alors que dans d’autres elle a même baissé. Ce phénomène m’est apparu de façon flagrante au Sénégal dans la région de Saly au sud de Dakar, ou les filaos de bord de mer qui procuraient une ombre bienfaisantes quelques années auparavant étaient en train de disparaître les pieds dans l’eau de mer quelques années après…
Les phénomènes responsables des variations actuelles du niveau moyen global de la mer peuvent etre rangés en deux catégories :
  • ceux résultant de variations de la densité de l’eau de mer, elles-mêmes causées par des variations de la température de l’océan
  • ceux liés aux changements du contenu en eau des océans résultant d’échanges d’eau avec les autres réservoirs (atmosphère, eaux continentales, glaciers de montagne, calottes polaires).
En conclusion, tous les scientifiques s’accordent ou à peu près sur les chiffres qui viennent d’être présentés :
OUI l’augmentation des températures constatées au cours de ces dernières années est un fait que personne ne conteste aujourd’hui. Mais cette augmentation n’est pas globale. Elle est moins importante sous nos latitudes que dans d’autres contrées comme en Australie par exemple. C’est surtout l’augmentation des phénomènes extrêmes qui est inquiétant (tempêtes, inondations…). D’autre part ces niveaux de températures se sont deja produits dans un passé récent, notamment au moyen age ou le sud du Groenland était alors cultivé par les Vikings.
OUI l’augmentation des teneurs en CO² de l’atmosphère est une réalité. Les niveaux actuels n’ont jamais été aussi élevés.
OUI l’augmentation du niveau de la mer est bien réel, mais là encore cett augmentation n’est pas globale
 
Comment faut-il interpréter ces réalités ?
Quelles sont les différentes tendances qui se dessinent parmi les scientifiques et les climatologues ?
Le CO² est il vraiment le seul gaz à expliquer l’augmentation de l’effet de serre ?
Y a t-il d’autres mécanismes que celui de l’effet de serre qui puisse expliquer l’augmentation des températures
Que faut il penser des prévisions à 10, 20 ou cinquante ans basées sur ola modélisation des données actuelles ?
 

La véritable et la seule question a laquelle il faut répondre est de savoir si il y a une relation entre un réchauffement climatique global "réel" (bien que ceci n’ait pas de sens car il y a des régions entières qui se refroidissent) et l’augmentation du taux de CO² liée à l’activité humaine. A suivre dans le prochain billet (2)