Mes pérégrinations chinoises m’ont amené sur cette phrase de JF Kennedy qui a été le premier homme politique à faire cette déclaration devenue maintenant une jolie citation… à méditer !
 

  

 

The Chinese use two brush strokes to write the word ‘crisis’. One brush stroke stands for danger, the other for opportunity. In a crisis, be aware of the danger but recognize the opportunity.

 
John F. Kennedy

 

 

 

 

 

 

wēi            jī

 

 

 
Cependant, si je me réfère à d’éminents sinologues, cette phrase repose sur un détournement de la traduction du mot crise en chinois qui s’écrit 危机 (“wēi-jī” en transcription pinyin), ce qui signifierait à la fois “risque” (wēi) et “opportunité” (jī).
En réalité, c’est plus compliqué que cela. Le sinogramme “” veut effectivement dire “risque ou danger” suivant le contexte. Mais “”ne prend le sens d’“opportunité” qu’associé avec “, (dans “ 机会”, “ jī-huì”). Tout seul, “jī”peut prendre plusieurs sens : Il peut signifier “machine, ordinateur, moment crucial ou paroxystique”. Crise en chinois “wēi-jī” veut donc plutôt dire “moment du plus grand danger” ce qui rapproche le chinois de notre acception occidentale de la crise.
 
La fameuse sagesse orientale que l’on retrouverait abusivement dans ce mot est en fait utilisée par les politiques et les communicants de tout poil pour récupérer des situations de crise. Ce fut le cas de Kennedy dans son discours d’Indianapolis en 1959, juste avant la crise des missiles russes à Cuba.

Par contre cettre phrase a été utilisée à plusieurs reprises par Al Gore lors de la remise de son prix nobel à Oslo en 2007 (dont il est co lauréat avec le GIEC) et lors d’un discours à la chambre des représentants américaine dont il a été membre, la même année. Dans son cas, la « crise » climatique est fabriquée de toute pièce, et l’optimisme contenu dans la notion d’opportunité est clairement utilisée pour développer son idéologie basée sur la régression et le malthusianisme.  

Qui sont les véritables opportunistes ?