La Cité de la musique à La Villette à Paris accueille jusqu’au 17 janvier 2010 l’exposition "We want Miles". Ce haut lieu de la musique actuelle dédie à cet artiste sa première exposition consacrée à un jazzman après John Lennon, Gainsbourg et Jimmy Hendrix.

Une succession de salles et d’espaces correspondant à différentes périodes de son parcours (be-bop, cool, symphonique, modal, rock, électronique….) où sont restitués des sons, des images, sa voix, sa musique, des photos, des films, des dessins, des peintures, des partitions manuscrites, des pochettes de disques, les instruments du maître permettent d’illustrer l’univers, la créativité et le talent révolutionnaire d’un musicien de légende.

Un couloir sombre à l’image de sa disparition de la vie publique à la fin des années 70 débouche sur une dernière salle, celle des années 80 où le Miles renaissant met en scène sa propre légende et devient la première pop star  du jazz en s’orientant de plus en plus vers l’électro funk et la pop.

 

 
"We want Miles"
Visite guidée de l’exposition Miles Davis à La Villette Cité de la Musique 

 

 

L’exposition évoque aussi le lien particulier entre le trompettiste et Paris : le premier concert à la Salle Pleyel en 1949, l’enregistrement en une nuit de 1957 de la musique du film "Ascenseur pour l’Echafaud" du jeune Louis Malle, 25 ans à l’époque… et enfin une sorte de mémorial où est projeté le dernier concert du 4 juillet 1991 (accompagné par Joe Zawinul, Wayne Shorter, Herbie Hancock et John Mc Laughlin sur le parvis de la grande halle de La Villette. Ce soir-là, Miles s’était exceptionnellement retourné sur son passé, quelques semaines avant sa disparition le 28 septembre 1991 à l’âge de 65 ans.

 

Une musique fascinante enregistrée en une seule prise par l'artiste et son quintette réunissant Barney Wilen au sax ténor, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la basse et Kenny Clarke à la batterie.

 
So What

Ce n’est pas la version de l’album “Kind of blue » enregistrée en mars puis en avril 1959. Celle-ci a été enregistrée entre les deux prises avec l’orchestre de Gil Evans dont on voit un certain nombre de musiciens sur la vidéo. Cannonball Adderley est absent de cette session, Bill Evans est remplacé au piano par Wynton Kelly, Jimmy Cobb est à la batterie. Je pense que c’est bien Paul Chambers qui est à la contrebasse.

 

 

Cette exposition coïncide également avec le 50ème anniversaire d’un album d’une importance capitale dans l’évolution de la musique de Jazz : « Kind of blue ».

C’est également de tous les temps l’album de Jazz le plus vendu au monde.

Kind of Blue, 1959… un album clé dans la musique de Miles qui à 33 ans quittait Parker, Gillespie et le Be-bop pour inventer autre chose ou le silence, la respiration, les notes tenues présentent autant d’importance que la mélodie. Miles disait : "La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence". Certains verrons là une transition vers la musique modale que Coltrane et Miles ont contribué à inventer et à servir remarquablement.

 

« So What » le premier morceau de l’album deviendra très vite l’hymne de ce nouveau style. « All blues » en est le plus représentatif. Néanmoins ces morceaux tournent sur des grilles harmoniques classiques et je pense que c’est aussi, bien entendu, l’immense talent des interprètes qui a fait le succès de l’album.

 

Je n’ai jamais véritablement été un fan de musique dite modale et encore moins de free jazz mais l’interprète et les mélodies sèches et métalliques et parfois fantomatiques, de Miles Davis me fascinent.

 

 

Cet album est un hommage à la cause des opposants au régime d’apartheid en Afrique du sud. Desmond Tutu fut l’archevêque anglican sud-africain noir qui a reçu le prix nobel de la paix en 1984.

Le disque fut enregistré à Los Angeles en février 1986 en pleine période funk électronique, alors que Miles n’a plus de groupe régulier.

Mais Miller lui apporte sur un plateau les arrangements de la basse mais aussi de tous les instruments. Miles n’a plus qu’à y mettre sa superbe sonorité…

 
 

Parallèlement à cette exposition, de nombreux concerts sont prévus avec notamment plusieurs de ses "compagnons" de scène, Wayne Shorter, Jimmy Cobb, Jack DeJohnette, Marcus Miller, Dave Liebman…. Cité de la Musique et salle Pleyel.

 

A suivre…

Miles Davis et le Jazz modal (2)

Miles à Paris, concert salle pleyel en 1949 (3)

Miles et Ascenceur pour l’échafaud en 1957 (4)

Miles : « Kind of Blue » 1959 (5)

Miles le retour : « Tutu » avec Marcus Miller (6)