La steppe de Hulunbuir
Retour sans problèmes samedi dernier après une douzaine de jours passés en Mongolie intérieure à Hulunbeir (Hailar), ainsi qu’à Pékin.
Hulunbeir se trouve à 1800 km en voiture au nord de Pékin, à trente heures de train en passant par Harbin (partie chinoise du Transsibérien) ou deux petites heures en avion.
La steppe à 50 km au sud d’Hulunbuir (Chine – Mongolie intérieure)
 
L’orthographe et le nom de la ville d’Hulunbeir n’est pas stabilisé. Ceci est du en grande partie à l’incompréhensible organisation politico administrative de la Chine. Déjà et selon les auteurs, on peut écrire Hulunbeir ou Hulunbuir… Ne cherchez pas l’aéroport civil de Hulunbuir, vous ne le trouverez pas. Parcontre vous trouverez celui d’Hailar ou Hailaer. Hailar est un "district", on va dire une ville si j’ai bien compris, alors que Hulunbuir est une "préfecture" qui fait référence à une région plus large que le district et qui l’englobe… La réalité est encore plus compliquée puisqu’on trouve également des "contés" ainsi que des villes "bannières"… témoins de l’ancienne organisation communiste.
Hulunbuir, traversée par la rivière Hailar, le pont principal  avec au pied l’ hôtel Hulumbeir disposant  de quelques yourtes. Au fond l’indispensable centrale électrique au charbon au nord de la ville
 
La prairie d’Hulun Buir, a parcourir en voiture et à pieds, est considérée comme une des plus belle prairie sauvage au monde. Que vous partiez au nord vers Erguna, à l’ouest vers Manzhouli ou au sud, le ciel peut être d’un bleu intense lorsque le vent balaye sans contrainte l’espace ouvert. Il est parsemé de nuages pelucheux dont les formes sont, au gré des vents, en constant changement.

15 mai 2010 – Paysages de la steppe à la sortie de l’hiver, les rivières viennent de dégeler et l’herbe commence à reverdir
Les yourtes apparaissent comme des champignons blancs dispersés le long de la prairie verdoyante. Les troupeaux de moutons et de vaches qui broutent, les chevaux en groupe ou isolés montés par les habiles et talentueux cavaliers mongols constituent le décor qui défile devant les yeux. Les précipitations sont soudaines, brèves et souvent suivies d’un arc-en-ciel. Elles alimentent un vaste réseau de magnifiques rivières sauvages aux méandres infinis.

Yourtes (Hotel) et jolies habitations de la steppe
 
Ce merveilleux spectacle naturel ne dure malheureusement que trois à quatre mois dans l’année, de juin à septembre, les gels nocturnes, la neige puis le froid permanent de l’hiver s’installent très rapidement. Quelques cultures de printemps commencent à être implantées comme le colza ou les orges pour la brasserie depuis une dizaine d’années. Ces orges alimentent la brasserie de Hulunbuir. L’objet de ma mission était justement lié aux techniques culturales de ces orges de printemps dont la qualité est très inférieure aux orges australiennes ou canadiennes importées.
Le gros problème est que les Chinois ne connaissent pas la rotation des cultures. Sur 5 années de suite, se succèdent 4 orges et un colza… ce qui entraine des problèmes parasitaires importants (Helminthosporiose, parasitisme racinaire…). Cela est dommage dans la mesure ou ces sols qui sont des types de Chernoziums limono sableux très riches en matière organique ont un potentiel de production important. 150 unités d’azote sont ainsi libérées par le sol sur les trois mois de végétation de l’orge (semis fin mai, récolte fin août), 45 unités sont apportées sous forme d’engrais, ce qui fait un potentiel de 80 qx/ha, alors que le rendement moyen n’est que de 40 qx/ha et qu’il n’y a pas de facteur limitant en eau (si j’ai bien compris… car je n’ai jamais réussi a me faire communiquer les relevés historiques de précipitations).

 
Semis précoce d’orge (début mai) sur la station des Hailar’s Farmers à Erguna
 
 
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