Une étude au champ confirme l’intérêt de ce type de plante sur la santé et l’environnement.

 
 
Les mycotoxines sont des substances toxiques produites par des champignons qui se développent sur les végétaux puis sur les grains en cours de conservation : céréales, cacahuètes, fruits secs (pistaches, noix diverses…), fruits séchés (figues…), oléagineux…
Dans le cas du Maïs, ces mycotoxines sont produites par des Fusariums (Fusarium spp.) qui se développent préférentiellement en fin de végétation sur les tiges et les épis, à l’occasion soit de verse (la plante se casse et se couche sur le sol), soit lors d’attaques de pyrales (Ostrinia nubilalis), papillons dont les chenilles creusent des galeries dans les tiges en les fragilisant.
 

 

Etude sur Maïs grain Bt et non-Bt dans le Sud Ouest en 2005 et 2006

L’étude dont il est ici question a fait l’objet d’une thèse qui s’est déroulée à l’Université de Pau et des pays de l’Adour sous la direction du Professeur Catherine Regnault Roger. Elle vient d’être récemment publiée dans le journal Agronomy.

 

L’étude a porté sur 84 parcelles cultivées dans le Sud Ouest de la France avec le maïs Bt MON 810 et son homologue isogénique non-Bt, lors des campagnes 2005 et 2006, alors que la culture du maïs transgénique était encore autorisée.

Il est démontré dans cette étude que l’évènement transgénique introduit dans le maïs était le seul paramètre qui différait entre les parcelles de Bt et les parcelles de maïs non-Bt, parmi l’ensemble des paramètres agroclimatiques clés.

 

Les résultats sont Explicites : Réduction de 75% du taux global de mycotoxines !

La sécurité sanitaire du maïs, a destination de l’alimentation humaine aussi bien qu’animale, s’est améliorée en réduisant considérablement les niveaux de mycotoxines dans les cultures de Maïs Bt en plein champ :

Diminution de 90% des concentrations en fumonisines

Diminution de 50% des concentrations e zéaralénone

La concentration en désoxynivalénol a légèrement augmenté (phénomène bien connu de compétition et d’adaptation de flore)

Ainsi :

93% des parcelles de maïs Bt étaient commercialisables en alimentation humaine, dans la mesure ou le taux de mycotoxine ne dépassait pas la limite réglementaire européenne

Seuls 45 % des parcelles de maïs non Bt auraient pu être commercialisés en alimentation humaine.

 

Quelques réflexions 

  1. Il est dommage qu’une des rares études indépendante menée en plein champ, ayant échappé aux ahurissantes  vindictes de faucheurs volontaires, n’ait pas été conduite en collaboration avec l’institut technique concerné par la plante Maïs.
  2. Ces résultats confirment parfaitement les données du dossier d’autorisation de mise sur le marché validées par l’Agence française de sécurité des aliments (AFSSA) concluant à l’innocuité pour la santé publique du maïs OGM MON 810 (voir mon billet du 12 février 2009).
  3. Non seulement la culture de ce maïs Bt permet d’éviter l’utilisation d’insecticides pour lutter contre l’insecte ravageur, la Pyrale du maïs, mais elle permet également de réduire considérablement le risque potentiel que ces molécules, naturelles cette fois, font peser sur la santé humaine.
  4. Que penser, dans ces conditions, de la culture biologique du maïs, ne serait ce que sur ces deux critères…. Est-ce possible sans insecticide efficace ou sans maïs Bt ?… si oui est ce raisonnable…?
  5. Cette étude est fort simple et ne fait pas appel a un dispositif expérimental compliqué. Seules les techniques d’analyses sont complexes mais commencent maintenant a être effectuées en routine. Les résultats sont d’une grande clarté. Alors je fais le pari que vous ne verrez jamais apparaître de critiques étayées et crédibles de la part des organisations ou opposants aux OGM. De la même façon on peut penser que la presse ne relaiera pas cette information à sa juste valeur, que ce soit la presse généraliste ou la presse dite scientifique (Science et avenir ou Science et Vie…).
  6. Le Ministère de Monsieur Borloo, si prompt a mettre en avant les études bidons de « scientifiques » idéologiquement engagés comme Séralini, serait il prêt à mettre en exergue les résultats d’une étude indépendante et sérieuse réalisée en grande partie par les services d’un Ministère voisin et néanmoins ami…?

 

Origine et importance des mycotoxines

 Champignon
 Mycotoxines
 Conditions de développement
Fusarium

 

 

 

 

 

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Aspergillus

 

 

 

 

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Penicillium

 

 

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Alternaria

 

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Claviceps

Zéaralénone

Fumonisines

Trichotécènes (désoxynivalénol)

 

 

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Aflatoxines

Ochratoxine A

 

 

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Ochratoxine A

Citrinine

Patuline (jus de pommes)

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Acide ténuazonique

Alternariol

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Alcaloïdes de l’ergot du seigle

Mycotoxines le plus souvent biosynthétisées au champ sur épis et grains de céréales a paille et sur maïs. Elles sont plus particulièrement présentes dans les pays tempérés et notamment en Europe.
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Les Aflatoxines sont de loin les plus dangereuses pour la santé humaine. Elles se développent surtout en cours de conservation, sur des denrées d’origine tropicale importées
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Elles se développent surtout en cours de conservation, sur des denrées d’origine tropicale importées

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En recrudescence, avec d’autres maladies des épis, dans certaines cultures biologiques

En 2007, un règlement de l’Union européenne a fixé les concentrations maximales de mycotoxines dans le maïs et ses dérivés a 4000 ppb pour les fumonisines B1 et B2, 1750 ppb pour le désoxynivalénol, et 350 ppb pour la zéaralénone.

 

Risques sanitaires liés à l’ingestion de mycotoxines

Les mycotoxines sont potentiellement toxiques à l’égard de l’homme et des animaux. Une trentaine sur plus de 300 identifiées sont réellement préoccupantes pour la santé humaine et/ou animale. Leur toxicité, vis-à-vis des organismes consommant des denrées contaminées, peut être :

      aiguë, c’est-à-dire que l’organisme est exposé à une dose toxique en une seule ingestion d’aliments contaminés. Ce cas est exceptionnel en Europe ;

      chronique, ce qui correspond à une exposition répétée à de faibles voire très faibles doses. Compte tenu des habitudes alimentaires, les effets chroniques sont les plus redoutés.

Les effets toxiques sont de nature variée : hépatoxicité, neurotoxicité, effet sur la fertilité et la reproduction… Certaines mycotoxines sont reconnues ou suspectées d’être cancérigènes.