Voici un excellent papier cosigné dans Le Figaro de dimanche dernier par deux hommes dont j’aime beaucoup la vision politique de l’écologie, Claude Allègre et Luc Ferry, tous deux anciens ministres de l’éducation… aux fortunes diverses. L’art de Ferry c’est de pouvoir dire l’essentiel en quelques phrases. Quant à Claude Allègre, il va droit au but. Cela nous fait un papier d’une limpidité exemplaire dont je partage complètement l’analyse.
 
Cet article est clairement en relation avec le lancement à la rentrée de la fondation "Ecologie d’avenir", la fondation de Claude Allègre qui dit vouloir rassembler tous ceux qui pensent que «seuls les progrès de la connaissance et les innovations techniques permettront de résoudre les problèmes qui se posent à la planète» et refusent « la décroissance économique, les peurs irrationnelles et les croyances aveugles».
Deux grandes entreprises françaises apportent déjà leur soutien : Alsthom (fabricant de centrales électriques) et Limagrains (n°1 européen des semences). D’autres comme GDF-Suez, EDF, Axa ou LVMH… se disent intéressés.
 
Quelques extraits significatifs.
 
Un préalable :
"Personne, surtout pas nous, ne conteste la nécessité de contrôler les émissions de CO² ni d’économiser l’énergie". Mais "les uns privilégient les taxes, les interdictions et les grands barnums médiatiques internationaux… les autres, c’est notre cas, parient sur la science et l’innovation technologique…"
 
L’écologie face à une antinomie cruciale :
"D’un côté la croissance est nécessaire, de l’autre elle semble intenable en l’état Comment résoudre l’antinomie ? Les fondamentalistes plaident pour la décroissance, sans être le moins du monde capables d’en assumer les conséquences humaines et sociales. Nous nous faisons le pari de la science car il est urgent de travailler à offrir à l’Inde et à la Chine la possibilité de se développer sans détruire la planète."
 
"Si l’écologie est un symbole de peur, de catastrophisme et de décroissance économique, tous les pays la rejetteront"
"Les deux adversaires d’une écologie véritable sont a nos yeux la décroissance et le productivisme imbécile"
 
Changement de paradigme :
"Au paradigme linéaire -je prend, j’utilise, je jette- il va falloir peu a peu substituer le paradigme cyclique, la réutilisation constante des mêmes matières premières, qu’il s’agisse de l’eau, des énergies renouvelables ou inépuisables…"
C’est possible a condition de miser sur l’innovation et l’économie verte, ce qui suppose aussi qu’on cesse de développer ces secteurs à coup de subventions publiques sans se soucier de faire pénétrer les nouvelles technologies dans le circuit économique…
 
Des propositions :
Le véhicules électriques pour les villes
La domotique et la gestion des énergies domestiques
La lutte contre l’usage excessif des pesticides et des engrais… avec les plantes génétiquement modifiées
La télémédecine en raison du vieillissement de la population
Le nucléaire de 4ème génération
 
Ce programme est autrement plus urgent que celui qui vise à réaliser une carte des risques dus au changement climatique dans un siècle
 
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