Un disque ressorti du fond des tiroirs : Jazz Club – Le Petit Journal Montparnasse,  enregistré en 2002. Le petit Journal Montparnasse, à côté de la gare du même nom, logé dans le bâtiment de l’hôtel Méridien Montparnasse, c’est 300 concerts par an, un café, un restaurant et un club de Jazz parmi les plus renommés à Paris, à l’instar de certains clubs New-Yorkais ou Japonais.

 

 

 

Un géant seul au piano, devant un public conquis d’avance : Michel Petrucciani et un thème cent fois redécouvert par d’autres grands : Besame mucho …, j’ai en tête ici même au Jazz Club l’interprétation de Guy Marchand avec le Big Band de Claude Bolling qui nous fait encore danser… les amateurs se reconnaîtront. Mais il y en a beaucoup d’autres et de bien belle facture….

Besame mucho, son histoire et une version « soft » par Petrucciani, mais non moins agréable à écouter.

Michel Petrucciani, Piano solo : Besame mucho

 

Besame mucho… Petrucciani, une attaque franche, un piano qui sonne merveilleusement beau. Richesse des harmonies, créativité, rythmique parfaite…un orchestre a lui seul, devant son public Quel heureux hasard que ce diable de petit homme ait pu nous procurer autant de plaisir (Michel Petrucciani souffrait d’ostéoporose imparfaite, appelée aussi « maladie des os de verre », se traduisant chez lui par une stature déformée et de petite taille.

Petrucciani se déguste comme un grand cru, alors que d’aucuns se sont certainement dit que son handicap de nabot atrophié pouvait l’avoir aidé à se faire une image et un nom !  Que nenni. Pétrucciani, déjà, était né dans une famille de musiciens, le père guitariste, les deux frères Louis contre bassiste et Philippe également guitariste ont tous trois contribué à ses albums. Mais Michel était incontestablement le plus doué des trois et intrinsèquement un superbe musicien de talent, une star du piano en son temps. Malheureusement sa maladie a fait qu’il est mort trop tôt en 1999 à l’âge de 37 ans. Il repose au père Lachaise entre Chopin et… Pierre Desproges.

Une réputation de haut niveau n’est jamais usurpée. Quelquefois nous en doutons… voir par exemple le FIAC actuellement au Grand Palais. En tous cas Petrucciani, Besame mucho… à écouter à haut niveau sur une bonne chaîne et sans modération comme ce fabuleux « Take the A train » immortalisé par Duke Ellington, ou l’on pourra apprécier l’incroyable indépendance des deux mains de l’artiste.

Michel Petrucciani : « Je joue toujours pour les gens. Je souhaite qu’après chaque concert ils partent heureux et qu’ils souhaitent revenir. Ma musique n’est pas intellectuelle mais sensuelle et chantante. Je veux qu’elle batte avec le cœur et qu’elle soit simple. Je joue pour plaire et pour communiquer. Mais ce n’est pas parce que ma musique plaît qu’elle est pour autant commerciale. J’essaie seulement d’appliquer de plus en plus la leçon des grands maîtres : moins, c’est toujours plus ».

Michel Petrucciani – Wikipedia

Michel Petrucciani – « Plus grand que la musique, plus petit que le piano »

Et pour aller plus loin…. :

Michel Petrucciani, Michel Leeb et le Festival de Nice 1998

QUEL TALENT !