L’académie des sciences vient de rendre public le rapport (ici) qui, à la demande de Valérie Pécresse en avril 2010, devait « établir l’état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique ».

Ce rapport, comme il fallait s’y attendre, n’apporte pas de faits scientifiques nouveaux, ne tranche pas en faveur des thèses réchauffistes ou climato sceptiques, mais fait une synthèse des hypothèses en présence.

C’est une façon de dire que le débat n’est pas clos (comme l’affirmait le GIEC et son vice président français Jean Jouzel il y a encore peu de temps). C’est également une occasion pour l’académie de pointer les nombreuses incertitudes qui accompagnent les hypothèses que ce soit celles du GIEC ou  celles des climatosceptiques.

C’est en ce sens que ce document « officiel » est une grande première et c’est la raison pour laquelle des opposants notoires aux hypothèses du GIEC comme Allègre et Courtillot l’ont signée.

Deux remarques cependant :

1/ Le traitement médiatique calamiteux de l’information dans les grands médias et la plupart des autres : les analyses sont superficielles et tendancieuses et l’on cherche un gagnant, ou plutôt un perdant comme en témoignent la plupart des titres accrocheurs faisant référence à Claude Allègre.

Voici cependant un article de Michel Alberganti, journaliste scientifique de France Culture qui se démarque de ce qui a pu être écrit par ailleurs, tant par sa connaissance du sujet que par la pertinence à capter la subtilité du langage des académiciens. Cette analyse factuelle ne prend parti pour aucune hypothèse. J’ai lu les douze pages du rapport et je suis complètement en accord avec l’analyse des conclusions finales qui tiennent elles en une seule page.

2/ Les premières lignes de la conclusion du rapport indiquent : « Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003 ». Certes, mais on ne trouve  aucune référence à la baisse des températures observées entre 1945 et 1975. De même, pas un mot sur la période de stagnation des températures depuis 1998 qui fait que les courbes réelles de températures se désolidarisent nettement des modélisations alarmistes du GIEC.  Entre 1945 et 2010, les mesures montrent que l’augmentation du CO² atmosphérique est parfaitement linéaire. Cela prouve sans ambiguïté qu’il y a d’autres paramètres que le CO² qui influent sur la tendance au réchauffement du climat.

Cette situation déstabilise fortement l’hypothèse de la relation directe avec l’augmentation du CO². Elle est bien entendu parfaitement éludée par ce rapport « politique » qui in fine mélange la chèvre et le chou avec beaucoup de subtilité.

Pour aller plus loin :

Analyse du rapport de l’académie par un climatosceptique éclairé : J.M. Belouve

Une interview de Vincent Courtillot sur l’intérêt du débat de l’académie des sciences.