Mise à jour du 2 décembre 2010 (voir en fin d’article).

Je l’ai rencontré lors de mon premier voyage en Chine en juillet 2009 dans la province du Nord Est de la Chine appelée le Heilongjang. C’est une découverte que j’ai faite au bord de la route reliant Rahoe à Shuangyashan, vendu par des arboriculteurs de la Wu jui qi farm.

J’avoue qu’à cette époque je n’en connaissait même pas le nom !

 

Baies de Gogi fraîchement cueillies

 

J’ai découvert récemment que c’est un petit fruit qui est devenu très à la mode. Il est paraît-il le fruit le plus riche en antioxydants au monde.

Mais il fait surtout l’objet, sous forme séchée, d’un confortable commerce de la part d’officines bio, que ce soit sur internet ou dans des magasins ayant pignon sur rue.

Au premier plan arbustes à Gojis

Etal au bord de la route

Botanique

Le « Goji » est un arbuste rameux de 0m80 à 3 mètres de haut appartenant à la famille des solanacées (tomates, pomme de terre – voir ci contre la ressemblance de la fleur avec celle de la pomme de terre-).

Baies et fleur de Goji sur l'arbre

 

Parmi les 70 espèces connues de par le monde  il en existe deux, qui sont cultivées pour leur baies, notamment en Chine : le Lyciet commun (Lycium barbarum) et le Lyciet de chine (Lycium chinensis), improprement appelé également Lycium tibeticum.

C’est le Lycium barbarum qui semble être le plus riche en vitamines et qui est le plus commercialisé en France.

Marketing récent et controverses

Le terme de Goji n’est apparu qu’en 1973, ou il a été fabriqué de toutes pièces par un ethnobotaniste américain lors d’une collecte de plantes médicinales dans les montagnes tibétaines. Le succès mondial arriva lorsque les gros producteurs de lyciet chinois décidèrent de partir à la conquête des marchés mondiaux en faisant une promotion parfois extravagante des bienfaits des baies de goji.

D’ailleurs de nombreux scientifiques qualifient de « surévalués » les bienfaits attribués aux baies de goji sur la santé, leur récent engouement serait plus lié au marketing qu’à la science. Selon eux, ce fruit ne contient pas plus de vitamines que l’orange ou la pomme, et moins que les baies d’argousier.

Par contre on retrouve pas mal de résidus de pesticides, même dans les gojis dits de montagne ou hymalayiens cultivés en fait dans la province de Ningxia au nord ouest de la Chine. Ces gojis sont d’ailleurs improprement appelés Lycium tibeticum, pour les différencier, espèce qui botaniquement parlant n’existe pas.

Le problème est que ces baies de goji sont vendues comme « bio ». Ce problème est bien connu des autorités Européennes et françaises. On retrouve assez fréquemment un insecticide l’acétamiprid qui contrôle les larves de mouches qui attaquent ces fruits.  Ceci est dû au fait que les chinois emploient les pesticides de façon encore plus outrancière que ce que l’on pouvait faire chez nous il y a trente ans, et l’on se retrouve à l’importation avec des limites maximales de résidus au delà des normes.

En octobre 2009 le Comité permanent de la Commission européenne en charge de l’agriculture biologique a pris la décision de bloquer l’entrée, sur tout le territoire européen, des produits à base de goji. Pas de chance ! Un article du mois d’octobre 2010 de la revue Que Choisir mentionne que sur trois lots analysés, un lot qui normalement aurait dû être déclassé était toujours contaminé.

Baies de Goji

Lycium barbarum

Du « bio » riche en pesticides  » – Agriculture et environnement

Mise à jour du 2 décembre 2010 : Agriculture & Environnement publie sous la plume de Gil Rivière Wekstein, Faire du Goji bio est très compliqué – Un entretien avec Rolland Jaunay, Pdg du Comptoir des saveurs.

Chine du Nord - Nord Est de la province du Heilongjiang - Frontières avec la Russie

Cette région est la plus au nord de la Chine. C’est l’ancienne Mandchourie, région de plaines relativement fertiles mais au climat très continental et très pluvieux limitant ainsi le potentiel de production. La Mandchourie fut une des premières région touchée par la deuxième guerre Sino japonaise en 1937. L’invasion des japonais a pris fin lors de la reddition du Japon en 1945. Néanmoins, ce sont ces mêmes japonais qui découvrirent les premières mines de charbon de la région, autour de Shuangyashan entraînant son rapide développement.

Tout au nord, c’est le fleuve Amour (Heilongjiang en chinois) qui sert de frontière jusqu’à la ville Russe de Chabarovsk, encore à 1000 km de la mer alors que son altitude n’est que de 70 mètres. C’est dire si son cours s’étale en méandres infinis à partir de cet endroit.

A l’Est, c’est le fleuve Oussouri qui forme la frontière avec cette même Russie. Ce fleuve est connu pour ses inondations catastrophiques. Il prend sa source plus au sud près de Vladivostok et s’écoule ur 900 km vers le nord ou il rejoint le fleuve Amour à Chabarovsk.

Ces deux fleuves ont la particularité d’avoir beaucoup alluvionné. Ils sont ainsi parsemés pour ne pas dire constellés de nombreuses iles, objets de nombreux conflits tout au long de l’histoire des relations Russo chinoises. Ainsi le dernier en date, en 1969, en pleine guerre froide s’installa près de la ville de Rahoe à propos de la petite île de Zhenbao en chinois, île Damansky en russe. Ce conflit qui dura 6 mois entraîna les deux pays au bord de la guerre nucléaire. Plus près de nous, le 15 octobre 2008, les deux pays ont réglé leur dernier litige frontalier où le tracé définitif de quelques kilomètres de frontière commune au milieu du fleuve Amour a été arrêté :  la petite île de Yinlong (Tabarov) en son entier et la moitié de l’île Heixiazi (Bolchoï Oussouriski) ont été rétrocédées à la République populaire de Chine au cours d’une cérémonie solennelle.

Le fleuve Oussouri

Le fleuve Amour

La Chine et la Russie règlent leur dernier litige frontalier

Damansky Zhenbao

Guerre Sino japonaise (1937-1945)

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