Je ne regrette pas d’avoir « flairé » un honnête homme et de m’en être inspiré et imprégné  depuis la fin des années 90 alors que, Ministre de la recherche, il donnait l’impulsion nécessaire au développement des biotechnologies avec le programme génomique et le génopole d’Evry.

Ce qu’il en reste…? C’est bien toute la question de la dérive idéologique de notre société.

 

Le bon sens de la terre

Pour illustrer quelques facettes de ce bon sens paysan, au sens noble du terme bien sur, voici une analyse de la société française d’aujourd’hui parue dans le Point du 10 novembre dernier, qui mérite vraiment le détour – « Claude Allègre : mon plaidoyer pour Nicolas Sarkozy ». A noter que le titre initial de l’auteur était : « Nicolas Sarkozy : ombres et lumières » (Source Véronique Anger)

– Les retraites : Michel Rocard jugeait cette réforme urgente en 1988… Lionel Jospin voulait la faire en 2000… Balladur et Fillon qui l’ont amorcée… Sarkozy et Fillon l’ont bouclée… En filigrane des mouvements sociaux, j’ai perçu une dévaluation du travail qui m’a choqué.

– Les universités : …l’effort financier entrepris depuis trois ans n’a aucun équivalent depuis le premier gouvernement du général de Gaulle… c’est un effort qu’il faudra doubler si l’on veut atteindre une situation comparable à celle des États-Unis…

– Aménagement du territoire : On a ajouté des strates sans jamais en supprimer : commune, communauté de communes, pays, département, région, Etat, Europe. Ne faut-il pas simplifier le mille-feuille ? Si on ne le fait pas, la France mourra asphyxiée par la bureaucratie…

– Sarkozy au plus bas des sondages : …détesté par certains, notamment les jeunes… la première raison de ce désamour, c’est la crise… la seconde se trouve dans les réformes menées au pas de charge. Sarkozy considère que la France a pris un retard considérable dans la dure compétition internationale… Il a voulu faire en trois ans ce que ses prédécesseurs auraient dû faire en trente. Il a cru que la France était une Ferrari, or c’est un tracteur. Cette volonté boulimique de réformes énerve et inquiète. Le Français aime qu’on lui parle de réformes pourvu qu’elles ne s’appliquent pas à lui !

Un des plus grands scientifiques français :

Lire à ce sujet le billet de Véronique Anger sur son blog, suite à deux entretiens les 21 septembre et 5 novembre derniers : « Connaissez vous Claude Allègre le scientifique ? ». Son parcours français, la liste de ses reconnaissances mondiales, son implication dans le monde de la science sont impressionnants .

La provocation en réponse aux impostures :

Comme il l’affirme en ouverture de son livre La science et la vie (Fayard, 2008) : « Je considère que j’ai l’obligation de lutter pour ce que je crois être la vérité, et de dénoncer les impostures. » Il est clair que dans ces conditions on ne peut pas se faire que des amis ! Beaucoup, même dans ses admirateurs, n’apprécient pas ce côté « contre productif » de la communication du personnage, qui fait que les idéologues du réchauffisme réduisent les climatosceptiques à son unique personne. Mais a bien y regarder en bon politique sans vergogne Allègre est capable d’autant d’outrances sceptiques qu’il oppose à l’outrance des tenants de la thèse réchauffiste. Alors oui Allègre irrite, mais sans lui… et sans Vincent Courtillot dans un tout autre style, il y aurait aujourd’hui beaucoup moins de climatosceptiques.

L’humaniste optimiste

Claude Allègre consacre aujourd’hui beaucoup de temps à la « Fondation Ecologie d’avenir : réconcilier écologie et économie ».

Une fondation qui se veut, insiste-t-il, une réponse au manque de communication entre le monde des chercheurs, le monde politique et les entreprises : « Je me suis aperçu qu’il n’existait pas de structure permettant aux entreprises et au monde de la recherche de se rencontrer, que ce soit au MEDEF ou à l’Académie des Sciences. Alors, je souhaite que cette fondation soit un lieu de rencontre et de débat entre le monde de la recherche (le monde académique) et le monde des entreprises. Je veux montrer qu’il est possible de trouver des solutions aux problèmes écologiques grâce à la technologie. Contrairement aux autres fondations écologistes, je ne me sens pas du tout en opposition avec le monde de l’entreprise. J’aimerais que ma fondation soit une force de proposition pour les entreprises partenaires. Je ne veux pas opposer l’écologie et l’économie. Je souhaite, au contraire, faire rentrer l’écologie dans l’économie parce que les entreprises sont créatrices de richesse et, à ce titre, elles sont des actrices de la « croissance verte ». Mais il ne suffit pas de soutenir cette idée pour créer des emplois et de la croissance ! Je crois à cette idée fondamentale que j’ai développé dans mon livre Economiser la planète en 1990. ».

La fondation a aussi une vocation d’information vis-à-vis du grand public : « Nous allons communiquer auprès du public, lancer une publication, alimenter un site internet afin d’y diffuser de l’information (documents techniques, fiches thématiques sur la recherche, publications scientifiques, etc.) et d’y animer un forum de discussion. Nous allons prochainement organiser des conférences ouvertes à tous. ». Sont déjà programmés des colloques sur les problèmes de capture du CO2, la chimie verte, les nouvelles techniques agricoles, les OGM,… Selon la déclaration de la fondation et la promesse de son fondateur, Ecologie d’Avenir ne s’occupe ni du climat ni de politique, mais uniquement de coopération et d’échange entre le monde académique et les entreprises : « L’idée est de réunir des scientifiques, des économistes, des philosophes, des humanistes, des spécialistes des médias ainsi que des acteurs du monde de l’entreprise pour réfléchir ensemble à l’avenir de notre société en développant une nouvelle croissance qui tienne compte à la fois des exigences écologiques et économiques dans le contexte de la mondialisation. Il s’agit de donner un sens aux mots « croissance verte », ce qui demande beaucoup d’efforts en termes d’innovation, pour que cela devienne une réalité ! ».

D’après « Connaissez vous Claude Allègre le scientifique ? » Blog de Véronique Anger.

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