L’association française de biotechnologie végétale (AFBV) vient de publier chez Vuibert, « Biotechnologies végétales : environnement, alimentation, santé », sous la direction d’Agnès Ricroch, Yvette Dattée et Marc Fellous.  

 

Vuibert – juin 2011 – disponible à la FNAC et dans les librairies scientifiques
Assurer la sécurité alimentaire d’une population mondiale toujours plus nombreuse, accroître et stabiliser les rendements par la résistance aux nombreux bio agresseurs et maladies, adapter les cultures aux contraintes climatiques, mais aussi fabriquer des molécules à but thérapeutique, sont quelques-unes des possibilités offertes par les biotechnologies végétales.   Les auteurs de ce livre, experts dans leur domaine, expliquent dans un langage clair ces innovations majeures du XXIe siècle et les révolutions qu’elles induisent. Un livre indispensable pour une compréhension des progrès associés aux biotechnologies.  
Agnès Ricroch est maître de conférences en génétique à AgroParisTech et fait sa recherche au laboratoire Écologie, systématique et évolution de l’université Paris XI-CNRS-AgroParisTech.
Yvette Dattée est membre de l’académie de l’Agriculture de France, directeur de recherche honoraire de l’Inra, membre du conseil d’administration de l’AFBV.
Marc Fellous est professeur émérite de génétique humaine à l’université Paris VII/Diderot et chercheur à l’Institut Cochin. Il est l’actuel président de l’AFBV.
     
 
 

La  préface d’Axel Kahn : « Une contribution à un débat rationnel et informé sur les biotechnologies végétales » est remarquable.

Ce spécialiste de génétique et des biothérapies, docteur en médecine, directeur de recherche exceptionnel à l’INSERM, président de l’université Descartes, président du Groupe des experts de haut niveau en sciences de la vie à Bruxelles, ancien président de la Commission du génie biomoléculaire française…. et auteur d’ouvrages consacrés au progrès scientifique, constate que :

  • Les biotechnologies à des fins médicales ne sont aujourd’hui plus contestées alors que dans le domaine végétal, les arguments rationnels sont inaudibles et a priori suspects.
  • Au-delà des intérêts commerciaux des producteurs de semences ainsi améliorées, c’est tout dessein « productiviste » qui est contesté de façon globale  alors que notre continent semble surtout concerné par la surproduction agricole.
  • Mais c’est oublier : qu’au niveau mondial les surfaces cultivées n’augmentent pas, que le défrichage des forêts représente un risque pour la planète, que si l’on veut conjurer sous nutrition et mal nutrition de 2 milliards d’hommes en 2020 et permettre aux populations du sud d’accroître la part carnée de leur alimentation comme elles le souhaitent ardemment, c’est la productivité végétale qu’il conviendra de doubler !…
  • Sur les 5 leviers qui ont permis l’accroissement de la productivité agricole (irrigation, engrais, produits phytosanitaires, machinisme, agricole sélection génétique de variétés améliorées), seul le progrès génétique peut encore être activé en le combinant avec l’amélioration des pratiques agricoles.
  • En dehors de cet aspect quantitatif, les biotechnologies végétales caressent l’espoir de relever d’autres défis plus qualitatifs… qualité nutritionnelle des aliments et préservations de l’environnement.

On ne peut que conforter cette analyse de la situation tant elle est scellée sous le sceau du bon sens.

 

Et comme j’aime mettre en regard certains faits d’actualité, ce sera l’occasion de m’exprimer sur la dernière déclaration d’Eva Jolie concernant le commémoration du 14 juillet en France. Surtout une première déclaration en tant que représentante d’EELV fraîchement élue en vue de la présidentielle de 2012. Cela permet de situer très exactement là ou se positionne le combat de ce parti politique.

Un livre pour avancer, mais les « écolos » (EELV – Eva Joly) ne sont pas intéressés par l’écologie, ni par les avancées scientifiques et le rationnel.

Je ne commenterai pas le contenu de sa déclaration.  Beaucoup d’autres l’ont fait de fort belle manière pour qu’elle soit « plébiscitée » à l’unanimité ou presque.

Ce qui est beaucoup plus intéressant à mon avis, c’est que cette première déclaration ne concernât, non pas une question ou problème d’ordre écologique ou environnemental comme il eut été possible de le penser, mais bien plus un aspect politique voire philosophique lié aux valeurs qui ont fait notre société.

Cette première incartade est révélatrice ! Elle doit nous rappeler que ces écologistes , ceux d’EELV et d’autres, n’ont pas grand-chose à voir avec l’écologie, mais beaucoup avec l’idéologie qui consiste à détruire par tous les moyens notre société, les valeurs qu’elle représente et le mode de vie qu’elle implique. Ceci pour y substituer une société tournée vers la décroissance, la récession, le rejet du progrès scientifique et technologique comme moyen de résoudre les nouveaux défis humains, nationaux ou planétaires. Bref, les écologistes d’EELV veulent imposer à la France une société de pénuries, de contraintes et de repli sur soi. Cette attitude suicidaire propre à laminer nos sociétés occidentales nous expose à la prise de pouvoir économique par un certain nombre de nations en plein développement qui elles tournent complètement le dos à cette idéologie, et refusent bien évidemment tout idée de décroissance.

Malheureusement ce sont ces écologistes qui sont actifs et tiennent le haut du pavé médiatique. Les autres, les vrais, ne sont pas idéologues, ils cultivent leur jardin. Tout en sachant que la société actuelle est éminemment perfectible, qu’elle doit s’adapter aux nouvelles contraintes par un effort de recherche et de développement important, mais aussi tout en conservant les valeurs qui l’ont amenée a son niveau de bien être actuel.

Table des matières – Marcel Kuntz

Association Française de Biotechnologie végétale

Colloque « Biotechnologies végétales, environnement, alimentation et santé : Quel futur ? »