Ville de Hailar, vue de l’hôtel Ibis sur la rive droite de la rivière Yi Min, le 20 mai 2010, après la fonte des neiges et juste avant la reprise de la végétation

Je suis rentré le 23 juin dernier de Hailar, petite ville de Mongolie intérieure en Chine. A l’origine de ce voyage, pour la 2ème année consécutive, une demande des Chinois pour une expertise sur l’implantation et la culture du blé dans cette région de steppe au climat très rude. Cette année je n’étais pas seul à Hailar. J’ai retrouvé au départ de Pékin, Jean-Pierre Stynen un ingénieur des Arts et Métiers qui avait été pressenti par les autorités chinoises pour expertiser les systèmes de filtration des fumées d’une usine de production d’acétylène située à Yakeshi à une cinquantaine de kilomètres de Hailar.

La ville de HAILAR (海拉尔, Hǎilā’ěr en pinyin ) également appelée Hulunbuir (呼伦贝尔, Hūlúnbèi’ěr en pinyin) est une ville-préfecture du nord-est de la région autonome de Mongolie-Intérieure en Chine.

La Morgle river entaillant la steppe au nord de Hailar

Tout cela sera l’occasion de quelques « impressions de Chine » au hasard de sujets aussi divers que :

  1. L’organisation géographique et administrative de la Chine
  2. L’agriculture Chinoise
  3. La Chine et l’énergie

Mongolie et Mongolie intérieure : un peu d’histoire… et de géographie.

  Tout le monde connait la Mongolie, immense pays coincé entre la Sibérie Russe et la Chine, mais avec peu de terres arables souvent constituées de steppes sèches d’autant plus que l’on va vers le sud et le désert de Gobi. Son peuple de nomades se sédentarise de plus en plus. Oulan Bator la capitale, concentre 1/3 de la population du pays dont la densité est la plus faible du monde (1.9 hab/km²). Après avoir été le centre d’un empire important au XIIIème siècle, la Mongolie fut régulièrement gouvernée ou annexée par la Russie ou par la Chine. La dernière dynastie chinoise Qing (fondée non pas par des chinois Han, mais par les Mandchous) avait annexé la Mongolie entre 1644 et 1911. Deux provinces existaient alors : la Mongolie extérieure (outer Mongolia, actuelle Mongolie) et la Mongolie intérieure (inner Mongolia actuelle province chinoise).

En 1911, lorsque la république fut proclamée en Chine, les tribus méridionales de Mongolie restèrent attachées à l’État chinois et formèrent la Mongolie intérieure, alors que les tribus du Nord s’en détachèrent pour fonder plus tard la République populaire de Mongolie dont l’Union soviétique garantira «l’indépendance». En 1912 la Mongolie extérieure, grâce au soutien de la Russie tsariste, déclara son indépendance. Le 5 octobre 1913, un accord sino-russe reconnut l’autonomie de la Mongolie extérieure. En 1915, les Mongols du Nord ont été forcés de signer l’accord tripartite de Kiakhta, qui a effectivement divisé la nation mongole en deux États, accordant la partie du Sud à la Chine, alors que la partie du Nord tombait sous la «protection» de la Russie. [voir région autonome de mongolie intérieure].

Les Mongols avaient eu l’assurance des Chinois qu’ils pourraient gérer leurs propres affaires et utiliser leur langue. Mais cela ne dura pas. La jeune république populaire de Chine, à l’aide de l’Armée populaire de libération supprima le gouvernement de Mongolie intérieure autonome pour imposer une « dictature communiste » : temples et monastères boudhistes fermés, propriétaires de troupeaux expropriés et propriétés réquisitionnées comme propriétés d’état…   La création effective de la Région autonome de la Mongolie intérieure date de 1947. A cette époque on ne comptait que 14% de chinois en Mongolie intérieure. Plus tard sous Mao Tsé-toung, une politique favorisant l’immigration massive de chinois Han a fait qu’aujourd’hui les mongols ne représentent plus que 17% de la population de la région.

Organisation administrative de la Chine

 La république populaire de Chine « fédère » un ensemble d’entités ayant des statuts administratifs sensiblement différents :

  • 23 provinces : le Heilongjiang est la plus au nord du pays. Ce fut le lieu de ma première rencontre avec la Chine.
  • 5 régions autonomes : dont la Mongolie intérieure que j’ai découvert en 2010 et 2011
  • 4 municipalités : dont celle de la ville de Pékin.
  • 2 régions administratives spéciales…
  • 1 région revendiquée : l’île de Taïwan et ses ilôts.

Chaque province ou région autonome regroupe un ensemble de Préfectures (333), de cantons (2858) eux mêmes constitués de villes ou de villages (40858).

 

 La région autonome de Mongolie Intérieure est une des plus étendues en surface avec les 2 autres régions autonomes du Tibet et du Xinjiang à l’ouest. Elle borde le sud et l’est de la Mongolie et remonte vers le nord, le long de la rivière Ergun qui lui sert de frontière avec la Russie. La rivière Ergun est un affluent du fleuve Amour (Heilongjiang en chinois), autre fleuve frontière entre la province chinoise du même nom et la Russie au nord. La préfecture de Hulunbuir appelée aussi District de Hailarest située à l’extrême nord de la région de Mongolie Intérieure qui peut être sommairement divisée en deux : la partie sud, désertique, qui englobe une bonne partie du désert de Gobi et la partie nord est qui est une région semi aride de steppes.La ville de Hailar est souvent appelée la « perle de la steppe ». Vaste territoire, mais un des moins peuplé de Chine puisqu’on y compte environ seulement 23 millions d’habitants, soit environ 1,5% de la population chinoise. La ville de Hailar compte environ 210 000 habitants.
En principe, le statut de régions autonomes s’applique aux provinces comptant historiquement d’importantes minorités nationales, telles que les Hui (le Ningxia), les Mongols (la Mongolie intérieure), les Zhuang (le Guangxi), les Tibétains (le Tibet) et les Ouïgours (l’Ouïgour ou le Xinjiang). En plus de ces cinq régions autonomes, la Chine compte aussi 30 préfectures autonomes et 124 cantons autonomes et, dans certains cas, des districts autonomes.Les cinq régions autonomessont « égales en statut à la province »:

Nom
de la région autonome

Date de fondation
(région autonome)

Capitale
régionale

Superficie
(km2)

Population en 2005

Ethnie majoritaire locale

Mongolie intérieure
(Mongols)

1er mai 1947

Hohhot

1 197 547

23,0 millions

17,1 %

Guangxi
(Zhuangs)

15 mars 1958

Nanning

237 693

44,9 millions

33 %

Tibet
(Tibétains)
1er septembre 1965

Lhassa

1 228 400

2,7 millions

92,8 %

Ningxia
(Hui)
25 octobre 1958

Yinchuan

62 818

6 millions

20 %

Xinjiang
(Ouïgours)
1er octobre 1955

Urumqi

1 655 826

19,6 millions

45 %

 En principe, les régions autonomes s’occupent de leurs affaires intérieures, le pouvoir central chinois se réservant généralement la défense, les affaires étrangères et une foule d’autres prérogatives. Sont réglementées par la province ou la région autonome : l’éducation, la santé publique, les industries et communications provinciales, l’administration et la mise en vente des propriétés de la province, l’administration des municipalités sous juridiction provinciale, les coopératives provinciales, l’agriculture et les forêts, la conservation des eaux, la pêche et l’élevage, etc.

Bibliographie :

Introduction à la géographie du monde Chinois

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