Avant d’être une destination au nom magique et évocateur d’improbables rivages et d’histoire ou se sont croisés sultans d’Oman, conquistadors portugais et grands voyageurs Britanniques, Zanzibar est un archipel d’une cinquantaine d’iles dont les trois principales sont : Unguja (appelée communément Zanzibar), Pemba et Mafia Island.

L’île principale de Zanzibar est située au nord de Madagascar dans l’océan indien, à une cinquantaine de kilomètres des côtes Tanzaniennes au niveau de Dar es Salam (voir carte ici)

Zanzibar jouit d’un régime politique semi autonome partagé avec la république unie de Tanzanie. L’origine du vocable Tanzanie provient d’ailleurs de la contraction des noms des deux pays fondateurs de la république tanzanienne : le Tanganika et Zanzibar.

L’île peut se découvrir en deux temps (voir carte ici) :

– la côte ouest où se situe la capitale Stonetown, typique de l’activité portuaire et bouillonnante de vie et d’évènements. Cette côte est actuellement moins exploitée par le tourisme naissant.

– la côte Est est par contre bordée d’un joli récif corallien situé à une distance de 500 à 1500 mètres du rivage, formant ainsi un platier propice à la culture des algues  par les populations locales. C’est le paradis des plongeurs, notamment autour de l’atoll de Mnemba au nord est de l’île, des kite surfeurs  et néanmoins du repos à l’ombre des cocotiers dans de magnifiques hôtels ou de simples chambres d’hôtes.

 Soleils couchants sur Stonetown et ballade en dhow

Stonetown : Les jardins de Forodhani

Les jardins de Forodhani ont été réhabilités grâce aux fonds du Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Ils sont aménagés sur l’ancien site du port arabe créé par les sultans d’Oman. S’ils amènent un peu d’ombre et de fraîcheur bienvenue dans la journée, ils sont dès le coucher du soleil, le théâtre d’un immense restaurant de plein air pris d’assaut par un bouillant rassemblement de la population locale mêlée à quelques touristes ébahis.

ZANZIBAR, du clou de girofle à l’île aux épices

Le clou de girofle

Cime du giroflier où l’on récolte les bourgeons floraux, souvent à plus de 10 mètres de hauteur.

 

Le clou de girofle provient du giroflier (Eugenia Caryophyllata), grand arbre élégant de la famille des myrtacées (famille des eucalyptus) dépassant souvent une dizaine de mètres. Le « clou », c’est le bouton floral, récoltéjuste avant l’épanouissement de la fleur, qui est ensuite séché au soleil, ce qui lui donne cet aspect « brûlé ».

Clou séché, prêt à la consommation

 

Séchage des clous au soleil, le long des routes

Le clou de girofle, importé des îles Moluques en Indonésie par des marins français vers l’Isle de France (l’actuelle île Maurice) en 1818 puis aux Seychelles, à La Réunion, aux Antilles, à Cayenne puis à Zanzibar où il s’adapte très bien notamment sur l’île de Pemba.

L’économie du clou de girofle fait alors la fortune des sultans d’Oman. De la moitié du XIXe au milieu du XXe, Zanzibar domine le marché mondial qu’elle fournit à 90%.

La déforestation au cours du 20ème siècle, notamment sur l’île principale, a entraîné le déclin de la production.

Les trois premiers producteurs mondiaux devraient être (les statistiques sont fluctuantes et aléatoires) :

–          L’Indonésie : 85000 tonnes (70% de la prod. mondiale, surtout autoconsommée sous forme de cigarettes, les kreteks)

–          Madagascar ; 15000 tonnes

–          LaTanzanie : 10000 tonnes dont 5000 tonnes pour Zanzibar, surtout produit sur l’île de Pemba, plus fertile et plus agricole.

Dhow croisant dans le port de Stonetown, vue de l’hôtel Kholle house

Le commerce du clou de girofle fait l’objet d’un monopole d’état, ce qui immanquablement entraîne une forte activité de contrebande. Si le cours officiel (celui payé par l’état aux producteurs) est de 2000 Tsh/kg (1,25 €/kg), il est le double sur le marché noir, capté par des « grossistes » installés sur l’île qui acheminent ensuite la marchandise par dhows vers les côtes Kenyanes où il est négocié autour de 6 à 7000 Tsh/kg. 
Une des rares production locale : le savon au clou de girofle
   
 Blog de DadaZanzibar  : des initiatives fort intéressantes

« L’île aux épices »

Les autres épices comme le Curcuma, la Cannelle, le Gingembre… sont  produites en quantités bien inférieures à la production de clou… et pourtant il y a de la demande et toutes ces épices sont vantées par les agences de tourisme comme faisant partie de la « culture » zanzibarie. La production n’est pas organisée. Néanmoins on commence à voir quelques coopératives regroupant chacune 5 à 10 fermeirs se mettre à produire ces épices recherchées.

Rien à voir avec les « fermes » aux épices proposées à la visite des touristes

L’autre Zanzibar – Géographie d’une contre insularité

Le clou de Zanzibar passe en douce – Observatoire géopolitique des criminalités

La filière Clou de girofle à Madagascar

Plongée sur l’atoll de Mnemba

L’île « privée » de Mnemba est située à 2,5 km de la côte nord est de l’île de Zanzibar. Elle est cernée d’un magnifique et large atoll permettant quelques jolies plongées

 
 

 
 

Quelques jolies photos et vidéos ici : Pemba, Zanzibar et Mnemba, Mafia islands.