Le citoyen :

il est conditionné depuis maintenant une quarantaine d’années par une idéologie mise en place sournoisement et petit à petit par certaines organisations non gouvernementales, au départ caritatives, mais dont l’influence politique mondiale ne fait que croître. Ces ONG sont à l’origine de « l’écologie politique » ou de la « deep ecology » des anglo-saxons, une idéologie basée sur :
– le refus de la science et des innovations,

– la régression économique,

– le retour aux pratiques anciennes et traditionnelles (ce qui est particulièrement le cas en agriculture),

– la subordination de l’homme à la nature mythifiée à travers Gaïa, nouvelle déesse de la planète.

 

Les Organisations Non Gouvernementales à l’origine de l’écologie politique :

Internationales :

Les amis de la terre (The friends of the earth, dans 70 pays)

WWF (The World Wide Fund for nature) : direction financement élitiste et aristocratique

Greenpeace : la plus activiste

Françaises :

ATTAC : la plus “politique”

FNE (France Nature Environnement) : la plus « écologiste »

….

Le politique :

il est « entraîné » dans le mouvement général d’affaiblissement de nos démocraties. Sa  propension à la démagogie de court terme l’amène à « passer des contrats » avec ces ONG devenues incontournables qui s’auto-proclament représentant la « société civile ». Le but de telles démarches pour le politique est d’essayer de « satisfaire » une opinion publique désinformée par ces mêmes organisations.

La boucle est bouclée.

Ce style de gouvernance ne paye même plus, puisque la côte de notre président actuel est au plus bas et que sa mouvance politique n’a pas particulièrement brillé ces derniers temps.

C’est ainsi qu’en France le récent Grenelle de l’Environnement, monopolisé par ces organisations non élues, grandes pourvoyeuses de sciences parallèles, se traduit actuellement par des prises de décisions politiques, fort éloignées d’une démarche républicaine que nous serions en droit d’attendre et fort contestables sur le plan économique.

Le mécanisme est identique au niveau de la gouvernance mondiale pourtant bien nécessaire sur bien des sujets. C’est le cas des grands organismes ONU-siens comme le GIEC par exemple dévoyant une partie de la science au profit de la même idéologie, alimentant une communication terriblement alarmiste et outrancière sur la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique, sans parler de la spéculation financière sur les crédits carbone profitant à un certain nombre « d’idéologues » avertis.

Les OGM :

c’est le modèle d’évènement récent, essentiellement français, sur lequel s’est cristallisé le refus de l’innovation et des avancées scientifiques, même si ces avancées sont à même de résoudre des problèmes environnementaux (causés par l’utilisation de pesticides par exemple…) ou de qualité de l’alimentation  dénoncés par ces mêmes écologistes.

C’est un modèle de choix pour « impliquer » une forte proportion de la population puisqu’il concerne la production végétale, donc l’agriculture qui fait encore partie de la culture profonde des français. C’est également un modèle de choix puisqu’il concerne notre alimentation à travers sa qualité et ses effets sur notre santé. L’alimentation et la santé ont toujours été, depuis que nos sociétés existent, un sujet anxiogène et générateur de peurs. C’est ce qu’a très tôt compris le leader historique d’ATTAC,  José Bové, qui s’est emparé du sujet pour défendre ses thèses altermondialistes de régression de nos sociétés occidentales, dépassant largement le cadre de l’écologisme et du développement durable. Cet individu sait aujourd’hui se faire oublier du grand public, mais c’est en temps que député européen, pour mieux infiltrer les instances politiques européennes.

Le tout dans une ambiance anxiogène, de peurs savamment distillées et amplifiées par une presse largement infiltrée par cette idéologie.

Le maïs OGM MON 810 et la décision du Conseil d’Etat

Etat des lieux :

la culture du maïs MON 810 est autorisée en Europe depuis 1998. La culture de ce maïs fait en France l’objet d’un moratoire depuis 2008, où elle est donc interdite. On se souvient de l’obstination du Ministre de l’environnement de l’époque, Jean Louis Borloo et des arguments fallacieux qu’il lui a fallu mettre en place pour obtenir ce résultat (voir mon précédent billet ici).

Monsanto et 13 autres sociétés, dont l’AGPM et des sociétés semencières, ont attaqué devant le Conseil d’Etat les arrêtés qui interdisaient le maïs Mon810. Notre plus haute juridiction administrative française  s’est ainsi retournée vers la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) qui a rendu son verdict le 11 septembre 2011 :  pour la CJUE l’Etat français ne pouvait interdire le maïs Mon810, que ce soit sur la forme (la procédure européenne a été bafouée), ni sur le fond : le gouvernement français n’a réussi à prouver ni l’existence d’un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement ni celle d’une urgence à agir.

Le Conseil d’Etat vient de valider le 28 novembre 2011 l’argumentation européenne. Il a donné raison à Monsanto contre l’État français et a demandé l’annulation des arrêtés pris en 2007 et en 2008. L’annulation est immédiate et une entreprise semencière peut vendre des semences de maïs Mon810. L’association générale des producteurs de maïs AGPM souhaite d’ailleurs que ses agriculteurs cultivent du MON 810 lors des prochains semis en 2012 comme nos voisins espagnols portugais ou polonais.

Les réactions politiques françaises :

Elles sont dans la continuité des décisions déjà prises précédemment au mépris des avis juridiques et scientifiques les plus autorisés. Elles « satisfont » une opinion publique manipulée depuis de nombreuses années.

Ainsi le Président de la république a indiqué que les ministres de l’agriculture et de l’environnement exploraient « toutes les pistes permettant de mettre en place une interdiction pratique de la culture du MON 810 via une nouvelle clause de sauvegarde fondée sur des éléments scientifiques ». En déplacement à Gimont dans le Gers, lors d’une table ronde avec des agriculteurs, le président Sarkozy a confirmé son refus du maïs ajoutant : « La recherche, c’est essentiel pour l’agriculture française. Mais nous n’avons pas le droit de faire prendre des risques aux agriculteurs et aux consommateurs ». De consommateurs à électeurs, il n’y a qu’un pas… allégrement franchi !

  Marchandage (et embrassades…) contre nature entre des forces politiques prônant la « décroissance » et un gouvernement qui a besoin de la croissance économique…
Marcel Kuntz dans : Marcel Kuntz – Décision du Conseil d’Etat sur le MON810 : une victoire morale pour les scientifiques 28/11/2011

Le traitement du cas MON 810 dans le blog de NKM (Nathalie Kosciusko Morizet)

Voici la façon dont notre ambitieuse et grande prêtresse de l’écologie se présente pour mieux attirer le chaland naïf et endoctriné, en visite sur son blog :

« J’ai voulu bâtir ici une sorte de halte, un endroit bien à moi, pour partager avec vous les réflexions que m’inspirent l’actualité … La porte est grande ouverte. Entrez donc.« 

Effectivement la porte est ouverte… mais pas à n’importe qui.

Je voudrais relater ici l’expérience de deux bloggeurs, par ailleurs éminents scientifiques, que je lis régulièrement.

Il s’agit de :

Anton Suwalki et son blog : Imposteurs

qui relate la censure d’un commentaire posté sur le blog de NKM par Philippe Joudrier  (autre éminent scientifique, ancien directeur de recherche à l’INRA et Président du Comité d’Experts Spécialisé de l’AFSSA de 2006 à 2009). Comme le relate Anton Suwalki : le commentaire de Philippe Joudrier est sobre, factuel et respectueux  , ce qui rend la censure d’autant plus intolérable. Vous trouverez dans le billet d’anton Suwalki « Nathalie Kosciusco-Morizet pratique-t-elle la censure ?«  l’intégralité du commentaire de Philippe Joudrier, mais je ne résiste pas à en sélectionner quelques passages.

Le commentaire de Philippe Joudrier : Non publié par NKM dans son blog , repris par Anton Suwalki dans son blog Imposteur dans le billet :

« Nathalie Kosciusco-Morizet pratique-t-elle la censure ?« 


 Madame le Ministre,

Ayant connaissance des nouvelles publications sur lesquelles vous vous basez pour tenter de justifier un nouveau moratoire sur les variétés de maïs possédant l’événement MON810, je peux vous assurer qu’aucune d’entre elles ne semble pertinente. De plus, s’il y avait « risque » ce serait alors pour le maïs GM lui même (qui aurait perdu l’une de ses propriétés) mais certes pas pour l’environnement. Si la résistance était contournée, ce maïs ne serait plus cultivé (le dommage serait économique d’abord pour le semencier, puis pour l’agriculteur mais en aucun cas pour l’environnement). (…)

Il faudra que vous puissiez appuyer votre argumentation scientifique sur d’autres travaux qui n’existent pas encore mais, en tous cas, pas sur des études qui concernent le cotonnier ou une autre toxine que la Cry1Ab (présente dans les variétés de maïs ayant l’événement MON810) ou ayant provoqué une résistance chez des insectes n’existant pas en Europe. En science, on ne peut raisonner par amalgame et dans ce cas précis, il est obligatoire de raisonner au cas par cas. De plus, il faudrait simultanément que vous puissiez justifier d’un danger imminent. Pour une variété qui a été cultivée (et consommée) pendant plus de 10 années de par le monde sans que l’on soit capable de mettre en évidence le moindre problème (tant environnemental que sanitaire), cela semble donc un exercice des plus périlleux ! (…)

Toute votre argumentaire découle d’un concept qui est faux : « les OGM sont dangereux a priori ». Le vocabulaire, les formules militantes mêmes que vous utilisez pour en parler suffisent à le prouver (comme par exemples contamination, plantes insecticides, …). (…)

Par ailleurs, et ce concept est général, on ne peut prouver l’innocuité de quoi que ce soit d’inoffensif. On peut donc multiplier les expérimentations et les répéter pendant des siècles, on ne trouvera jamais rien ! De plus, une évaluation sérieuse devrait être menée sur la base du rapport bénéfices/risques or vous n’évoquez jamais les bénéfices (réels et démontrés) apportés par ces PGM. Ainsi, savez-vous qu’il est démontré depuis près de 12 années maintenant que les maïs Bt ont des teneurs en mycotoxines très faibles en raison d’une moindre contamination par des champignons ? La plupart de ces mycotoxines sont connues pour être cancérigènes ou au minimum suspectées cancérigènes (classées IIb). Il ne fait donc aucun doute que la consommation de maïs Bt présente moins de risques pour les animaux mais aussi pour les humains. Ce fait, à lui tout seul, devrait constituer une obligation de cultiver du maïs Bt si vous avez le souci de la santé des consommateurs. (…)

Il ne fait aucun doute non plus que les agriculteurs utilisant moins d’insecticides chimiques sont donc moins exposés. C’est également un bénéfice pour l’environnement et sans doute, au final, pour le consommateur. En tant que ministre en charge de l’Écologie, vous ne pouvez ignorer que les PGM, en général, ont un meilleur EIQ (Environmental Impact Quotient) que les plantes « conventionnelles » et que ce sont elles qui contribuent le mieux au développement durable.

Au final, je regrette profondément que vous ne fassiez pas confiance aux commissions d’experts scientifiques mis en place par l’état et que vos décisions politiques ne tiennent pas compte de leurs avis.

Je ne peux que vous conseiller de lire mon ouvrage « OGM : pas de quoi avoir peur ! » (Ed. Le Publieur) ainsi que d’autres également peu médiatisés et je suis même prêt à vous rencontrer pour en parler.

Demain, au lieu d’avoir nos propres variétés, nous cultiverons (peut-être) celles qui auront été créées par des Chinois, des Indiens ou des Américains et/ou nous les consommerons !

 

Dernière Minute : Ph Joudrier signale dans Imposteurs que son commentaire déposé le 12 décembre 2011 a bien été posté le 19 décembre 2011. Une semaine de réflexion quand même ! Mais surtout des réactions dans la blogosphère comme celle d’Anton Suwalki, relayée par un certain nombre d’autres bloggeurs.


Marcel Kuntz et son blog : OGM : environnement, santé et politique

De la même façon un commentaire posté par Marcel Kuntz sur le blog de NKM n’a pas été publié, malgré le défi lancé par le scientifique :

 » L’interdiction du MON810 a été un marché de dupe, destiné à positionner la Majorité présidentielle sur le thème de l?« écologie » lors du Grenelle (interdiction des OGM contre non évocation du nucléaire par les écologistes). Tractations aussi peu glorieuses que celles du PS avec les Verts sur le nucléaire. Ce deal n’a pas apporté une seule voix à la Droite qui a perdu toutes les élections depuis le Grenelle ?
Les soi-disant « doutes sérieux » sur le MON810 ont été concoctés de toutes pièces pour honorer ce deal. Rien de plus.
Madame la Ministre, vous vous honoreriez de sortir de ces calculs politiciens sur le dos de l’agriculture française et des chercheurs.
Je vous mets au défi de publier ce commentaire. »

Et pour terminer : Lettre du Président de l’AFBV au Ministre de l’agriculture en date du 15 décembre 2011

           Paris le 15 décembre 2011

                                               Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de la pêche

                                               78, rue de Varenne

                                               75349 Paris 07 SP

Objet : Moratoire maïs Bt Mon 810

Monsieur le Ministre,

Suite aux décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et du Conseil d’Etat concernant le Mon 810, nous avons pris acte avec satisfaction qu’enfin, après plus de quinze années de tergiversations, les agriculteurs français pourraient accéder à des semences de maïs plus performantes comme y ont accès les agriculteurs de la plupart des pays agricoles concurrents.

Nous espérions aussi que, de facto, la levée du moratoire allait permettre de relancer les biotechnologies végétales et ouvrir des perspectives bénéfiques pour notre pays dans de multiples domaines.

Les intentions du gouvernement de déposer une nouvelle clause de sauvegarde sur le Mon 810, sans, une fois encore, aucune justification scientifique, porte un tort considérable à la crédibilité de notre pays, à notre recherche agronomique et à la compétitivité de l’agriculture française.

On ne peut prôner inlassablement l’importance de la recherche et de l’innovation et en même temps s’opposer à sa mise en oeuvre.

On ne peut à la fois souhaiter une baisse de la consommation de produits phytosanitaires et interdire des variétés de maïs résistantes à des insectes.

On ne peut à la fois vouloir améliorer la qualité sanitaire de notre alimentation et refuser des maïs contenant moins de contaminants biologiques comme les mycotoxines.

Vous n’ignorez pas que ces variétés génétiquement modifiées sont adoptées massivement dans les pays ouverts aux nouvelles technologies et qu’elles n’ont rencontré aucun problème sanitaire et environnemental avéré.

Nous n’ignorons pas la réticence d’une grande partie de la population vis-à-vis des OGM, suite à la désinformation bien orchestrée depuis de nombreuses années.

Mais le rôle des responsables politiques n’est-il pas de privilégier l’intérêt général du pays et d’éclairer nos concitoyens au lieu de suivre une opinion publique manipulée par des marchands de peurs.

Pour éclairer votre décision, vous trouverez ci-joint un texte rédigé par le Conseil scientifique de l’AFBV qui, de façon résumée, fait le point sur l’évènement de transformation Mon 810.

Nous restons à votre disposition pour vous apporter des informations supplémentaires et espérons vivement que votre décision dépassera les contingences électorales du moment.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à nos respectueuses salutations .

Marc Fellous
Président de l’AFBV

Liens :

AFBV – Maïs Mon 810 : La décision du Conseil d’Etat est une chance pour l’agriculture française.
Le gouvernement doit s’y conformer ! – 30 novembre 2011

Inf’OGM : OGM : le Conseil d’État décide l’annulation du moratoire sur le maïs Mon810, mais le gouvernement souhaite son maintien – Nov. 2011

A & E – La clause de sauvegarde ne s’applique pas à l’OGM MON 810, note la CJEU – 12/09/2011

Le Figaro – La France persiste à refuser les OGM – Marc Mennessier 29/11/2011

Le Monde – La France peut elle rétablir le moratoire sur le maïs OGM – Audrey Garric 29/11/2011

Sud Ouest – Nicolas Sarkozy confirme son refus du maïs OGM – Jefferson Desport 29/11/2011

AFIS – Maïs OGM : une clause de sauvegarde difficile à justifier – 08/12/2011