J’avais déjà eu l’occasion d’aborder le sujet sur ce blog, dans un billet en date du 18 décembre 2011 : OGM, Citoyen et Politiques – Le cas du maïs MON 810 et la décision du conseil d’état.
L’article Menaces pour l’évaluation des risques basée sur la science, reproduit intégralement ci-dessous est disponible sur le blog de Marcel Kuntz : OGM, santé, environnement et politique et publié le 12 juin 2013.

Un résumé en Français de l’étude sur laquelle s’appuie cet article est disponible ici : L’interdiction par le gouvernement français de cultiver des variétés de maïs MON 810 sape l’évaluation des risques fondée sur la science – Marcel Kuntz, John Davison, Agnès E. Ricroch – Nature Biotechnology, june 2013.

Dans une étude publiée en juin 2013 par la prestigieuse revue scientifique Nature Biotechnology, Marcel Kuntz, John Davison et Agnès Ricroch, chercheurs de la recherche publique française (CNRS, INRA, AgroParisTech), analysent point par point les arguments « scientifiques » avancés par le gouvernement de Nicolas Sarkozy pour « justifier » son interdiction de culture du maïs MON810 en 2012.

Il est montré que des documents scientifiques authentiques, y compris ceux de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments  (EFSA), ont été  faussement interprétés. D’autres articles scientifiques importants, mais qui ne vont pas dans le sens voulu par le gouvernement, ont été ignorés. Des auteurs scientifiques étrangers cités par le document du gouvernement français ont témoigné que leurs conclusions ont été détournées de leur sens.

Il est ainsi mis en lumière un comportement dans lequel des services de l’Etat français, restés anonymes, produisent leur propre interprétation des faits scientifiques, en court-circuitant l’instance pourtant officiellement chargée de l’évaluation des risques (le Haut Conseil des Biotechnologies) pour répondre à une commande de nature politicienne.

Ce type de comportement non-éthique semble devenir une « norme » européenne puisque 6 autres gouvernements européens ont eu recours à un détournement de publications scientifiques pour « justifier » leur interdiction politique de la culture des OGM auprès de la Commission européenne. Le dernier en date étant l’Italie qui, bien que connaissant la nature fallacieuse du document français, l’a traduit en Italien et envoyé tel quel à la Commission européenne.

NKM-LeMaire

En résumé :

Ce qui est critiqué ici n’est pas l’interdiction en tant que telle (que les politiciens en assument la responsabilité devant les instances juridiques et devant l’Histoire…), mais la falsification des données scientifiques et, pour le dire crûment, le mensonge d’Etat…

 Et pour terminer, cette citation fort appropriée de Philippe Seguin :

« La pire menace qui puisse peser sur une démocratie, c’est la violence sournoise, insinuante, du mensonge; c’est la manipulation des esprits, d’autant plus redoutable qu’elle revêt les oripeaux du moralisme »

M. Kuntz : Les turpitudes de 2008