Cette consultation publique ne doit pas être la chasse gardée des membres des organisations activistes écolos et autres faucheurs volontaires, comme ce fut le cas de celle de mars 2012 (857 participants massivement favorables à l’interdiction). La note de présentation est parfaitement partiale et ne peut qu’abuser une personne qui n’a pas de connaissances particulières sur le sujet.

Que ceux qui refusent la falsification des faits et prônent des valeurs d’honnêteté intellectuelle prennent quelque temps pour y répondre

Petit rappel sur la saga française du MON 810

1986 : Création de la Commission du Génie Biomoléculaire (1ère instance nationale d’évaluation des risques)

1997 : 1ère interdiction des OGM par Alain Juppé

1998 : 1ère autorisation du MON 810 par l’Union Européenne

1999 : Création de l’AFSSA, devenue ANSES en 2010 : notre agence Nationale d’évaluation des risques

2002 : Création de l’EFSA, l’agence Européenne d’évaluation des risques

2007 : 21 000 ha de Mon 810 cultivés en France ou l’on montre que cette variété a un effet très important sur la diminution des mycotoxines produite en fin de végétation

2008 : Création du Haut Conseil des biotechnologies (comme si les évaluations de l’ANSES ne suffisaient pas. En fait une agence de plus pour camoufler les décisions honteuses prises par nos politiques)

2008 : Suite au Grenelle de l’environnement, Jean Louis Borloo, avec des arguments totalement fallacieux obtient la mise en place en France d’un moratoire interdisant la culture du MON 810.

2011 : La cour de justice de l’Union Européenne indique que l’état Français ne pouvait interdire le MON 810 sur son territoire, sans bafouer la procédure Européenne

2011 : Le conseil d’Etat valide la décision de la CJUE et demande à l’état Français de retirer les arrêtés de 2007 et 2008

2012 : Nouvelle clause de sauvegarde (suite à une note relative a une mesure d’urgence pondue par Nathalie Kosciusko Morizet), remplaçant celle annulée par le Conseil d’Etat en 2011… Le HCB n’a meme pas été consulté.

2013 : Le Conseil d’Etat annule une nouvelle fois l’interdiction de cultiver en France le maïs transgénique MON 810.

2014 : le gouvernement s’affole, les agriculteurs pourraient légalement semer du maïs transgénique au printemps. Proposition de loi « anti-maïs OGM » déposée au Sénat le 4 février par le Sénateur Alain Fauconnier. Proposition retoquée par le sénat le 12 février, qu’à cela ne tienne, projet d’arrêté le 18 février et mise en place en catimini d’une consultation publique (a l’usage des initiés, membres des organisations activistes écolos et autres faucheurs volontaires) jusqu’au 9 mars 2014.

Ma réponse à la consultation publique sur le projet d’arrêté, interdisant la commercialisation et l’utilisation des variétés de semences génétiquement modifiées (Zea mays L. lignée MON 810)

Un arrêté National qui ne prend pas en compte les avis de ses instances nationales, créées expressément pour cela, n’est pas DIGNE des politiques qui le proposent à la consultation des citoyens.

L’ANSES et le comité scientifique du HCB ne sont même pas cités. Vous occultez l’avis des experts et des scientifiques qui engagent leur responsabilité vis-à-vis de l’abscence de risque tant sur le plan sécurité alimentaire que sur le plan environnemental. Vous préférez leur opposer des études ponctuelles qui n’ont de valeur que l’inconnu de leurs auteurs. De plus l’étude que vous citez (Campagne et al.) se réfère à un insecte qui se développe sur le maïs, sorgho et canne à sucre en Afrique (Busseola fusca) et n’est pas présent en France !

Ces quelques pseudo-arguments (on pourrait les multiplier), indiquent que vous, politiques, continuez à tromper et à manipuler l’opinion publique sur un terrain clivant et anxiogène (« risque important »…, « mettant en péril »…, « propagation d’organismes nuisibles »…). Dans ce dernier cas vous trompez le public par omission en feignant de ne pas savoir que le développement d’individus résistants n’est pas l’apanage des Plantes Génétiquement Modifiées, mais qu’on en trouve autant avec les variétés classiques et même anciennes.

Cet arrêté est irrecevable sur le plan scientifique. Il l’est également sur le plan juridique (voir les annulations du Conseil d’état). Ce genre de démarche paranoïaque contribue à cliver la société  notamment entre le citoyen et la science, ce qui est grave pour le futur développement de mon pays.

Enfin, ils n’ont pas eu le culot de citer Séralini. C’est quand même un signe… un peu rassurant sur la valeur des élucubrations pseudo scientifiques du triste sire.

Bonne gestion du risque sur ce coup là messieurs les politiques.

J’accepte parfaitement le fait que des individus puissent être opposés à la transgénèse végétale. Pour de bonnes raisons (par conviction…) ou, plus difficilement, pour de mauvaises raisons (par peur, suite à de nombreuses années de manipulation idéologique par exemple…).

Par contre lorsque cette manipulation est érigée en principe de gouvernement par nos politiques depuis de nombreuses années, quelles qu’en soient les « bonnes » raisons, cela devient inacceptable. La situation devient alors intolérable et impardonnable lorsque cette manipulation des esprits repose sur le détournement de résultats scientifiques avérés et sur un caricatural déni du travail de nos experts et de nos scientifiques.

    La recherche française est discréditée et bafouée.

L’exemple est donné au plus haut sommet de l’état. Cela ajoute à la perte de repères du citoyen lambda qui ne croit plus en la science, refuse des choix technologiques pourtant peu risqués et tourne le dos a une croissance maîtrisée.

La boucle est bouclée lorsque l’on voit la baisse très inquiétante des cursus scientifiques en France et le départ de nos chercheurs à l’étranger.

Incohérence des propositions politiques de l’Agro-écologie.

Les biotechnologies végétales sont totalement absentes de la prochaine « loi d’avenir sur l’agriculture » basée justement sur ce concept d’agro-écologie. Or, seule la culture de variétés issues de ces technologies permettra de réduire  l’utilisation des produits chimiques ou biologiques. Aujourd’hui, les maïs Bt constituent de loin la meilleure solution pour lutter écologiquement contre les principaux ravageurs du maïs (Mon 810 contre pyrale, MON 863 contre Diabrotica).

Par pur dogmatisme, ces opportunités d’améliorer environnement, biodiversité et santé du consommateur sont interdites en France

Projet d’arrêté

OGM, la question politique – Marcel Kuntz, janvier 2014 – Presses universitaires de Grenoble dans la collection Rien d’impossible

Plantes génétiquement modifiées – Académie d’agriculture (groupe de réflexion)

Analyse de la proposition de loi Fauconnier contre le maïs génétiquement modifié MON 810 – Marcel Kuntz, AFIS 14 février 2014

Lettre adressée au gouvernement – Georges Pelletier AFBV, 20 février 2014

Pourrons-nous vivre sans OGM ? Yvette Dattée et Georges Pelletier, février 2014 aux éditions Quae