De nombreux sites ou blogs écolos se réjouissent (a juste titre), ces temps-ci, de la fabuleuse arrivée des grues cendrées en cours de migration sur les lacs de Der et du Temple en Champagne. Certains titrent même « record mondial battu » avec 206.000 individus dénombrés au cours du mois de novembre.

Grue cendrée

Grues cendrées

Grue cendrée adulte en vol, © Rainbirder, CC BY-NC-SA 2.0

Grue cendrée adulte en vol, © Rainbirder, CC BY-NC-SA 2.0

Les grues cendrées (Grus grus) sont des migratrices au long cours. Elles arrivent des tourbières et des marais Scandinaves, de la Taïga Russe, se dirigent à partir  d’octobre vers l’Espagne du sud ouest, l’Afrique du Nord pour y passer l’hiver. Chaque année ces grands échassiers à queue en panache arrivent sur le lac de Der, toujours en plus grand nombre : 74.000 en 2012, 83.000 en 2013 puis 206.000 le 11 novembre 2014 recensées par la LPO.

 

Lac du Der, vue aérienne

Lac du Der, vue aérienne

Lac du Der, © C. Magdelaine / notre-planete.info

Lac du Der, © C. Magdelaine / notre-planete.info

Le lac du Der est situé au sud de la »voie romaine » reliant Vitry le François à Saint Dizier. C’est un réservoir aménagé par l’homme pour réguler le cours de la Marne et éviter les inondations catastrophiques qui menaçaient périodiquement la région Parisienne et la capitale (1910, 1925,1954). La construction de ce réservoir a débuté en 1967, des travaux gigantesques ont été réalisés nécessitant l’engloutissement de 3 villages, des fermes et des hectares de forêts. C’est le plus grand lac artificiel Français et le deuxième d’Europe avec une surface de 4800 ha.

 

Depuis son inauguration en 1973, le lac et ses rives sont devenus une extraordinaire réserve de biodiversité créée par l’homme. Situé sur l’un des principaux axes migratoires français pour les oiseaux, ce site est reconnu pour son importance ornithologique majeure, puisqu’il est un lieu de reproduction, d’hivernage ou une étape dans la migration de nombreux oiseaux On y dénombre plus de 200 espèces d’oiseaux, 45 espèces de libellules, 20 espèces d’amphibiens, plus de 200 espèces de végétaux… (source wikipedia).

Quelle différence avec Sivens ?

Aucune si ce n’est la taille : la retenue collinaire de Sivens est deux mille fois plus petite (28 ha dont 13 en eau !). En fait, comme pour le lac du Der la création de ce petit lac est loin d’être « une catastrophe écologique », bien au contraire. Un écosystème sera recréé avec poissons, amphibiens, canards… à la place d’une zone sèche puisque le Tescou est une rivière pratiquement à sec pendant la moitié de l’année…

Des écolos et des activistes qui n’ont rien a voir avec l’écologie se battent au prétexte, entre autres, de perte de biodiversité…. Quelle belle démonstration s’il en était besoin, d’une absurdité totale ! Belle démonstration également  d’une société bloquée : dans un cas on se réjouit d’un apport de biodiversité, dans l’autre on la combat !

Qu’en serait-il si ce barrage vital du Der devait être construit aujourd’hui ? L’état baisserait-il également son pantalon au prétexte d’écologie et de science participative ?

La biodiversité victime de son succès :

On estime que 35.000 grues sont actuellement sédentarisées en plus des populations importantes en cours de migration sur le lac du Der. C’est une population énorme qui favorise le tourisme ornithologique, mais qui pose des problèmes aux agriculteurs riverains (dégâts aux semis de céréales).

On peut se poser honnêtement la question, d’une part sur la notion de biodiversité lorsque des espèces comme la grue cendrée sont a ce point dominantes dans un écosystème comme le lac du Der.

Faut-il aller jusqu’à envisager une régulation des populations qui sont alors appelées nuisibles… et comment ?

Grues cendrées en migration vienne.lpo.fr

Grues cendrées en migration vienne.lpo.fr

 

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