Marché sous les Filaos à Saint Leu (Ile de la Réunion)

Marché sous les Filaos à Saint Leu (Ile de la Réunion)

ou l’information publique à la solde de l’hystérique idéologie anti-pesticides.

 

 

 

Cette émission « Cash investigation » totalement à charge, présentée par Elise Lucet, a été diffusée le 2 février dernier à une heure de grande écoute par une chaîne publique de télévision : A2.

Une kyrielle de mensonges et de contre-vérités étalés sans vergogne mais sciemment, tout au long des 2h15 d’émission.

 

 

 

Pour montrer comment on manipule les chiffres et les faits en les associant à des images anxiogènes, je prendrai comme exemple le principal message martelé tout au long de l’émission – message trompeur, qui n’est que la partie émergée de l’iceberg de ce déballage de contrevérités –  :

« 97 % des aliments contiennent des pesticides »

Cette affirmation est trompeuse et fausse ! 

en voici la démonstration :

Ce chiffre de 97% provient d’une publication de l’EFSA (l’Agence Européenne de sécurité Alimentaire) relatant les résultats des mesures de résidus effectués sur 91.000 échantillons de fruits, légumes et aliments transformés divers, produits dans les 27 états de l’UE entre 2010 et 2013.

Dans sa synthèse en français publiée en mars 2015, l’EFSA indique que : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales ». En d’autres termes 97% des aliments contiennent des résidus de pesticides inférieurs aux Limites Maximales de Résidus (LMR), fixées par la réglementation. Ces LMR sont des limites réglementaires et non des limites toxicologiques. Ces LMR sont très en deca des limites toxicologiques pour des raisons de sécurité. Les quantités de pesticides relevées dans les 97% d’échantillons peuvent donc aller de 0 (non détectable ou non quantifiable -je précise car certains abrutis s’amusent à jouer sur les mots-) jusqu’aux LMR correspondant à chaque pesticide analysé.

Cash investigation a tronqué la phrase de l’EFSA pour titrer : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides ». Ce qui est faux !!! 

En supprimant le terme « dans les limites légales » cela permet d’occulter le fait que dans les 97,4% d’aliments contenant des résidus de pesticides, il y avait 54,6 % d’échantillons ne contenant aucun résidu détectable ou quantifiable de quelque pesticide que ce soit. 

 

Conclusion :

« Cash Investigation » ment honteusement, en martelant que 97% des aliments contiennent des pesticides,

images et dialogues anxiogènes  à l’appui,

alors que l’enquête de l’EFSA indique que

54,6% des échantillons analysés ne montrent pas de résidus détectables.

A2 = Prendre parti et manipuler plutôt que d’informer

Je cite ici un extrait de l’excellent article de Forum Phyto (voir le lien ci dessous)

Pourquoi peut-on dire que Cash Investigation ment par omission ?

Cash Investigation a raison de mentionner que les produits phytosanitaires peuvent être dangereux. Et qu’ils ne doivent pas être utilisés à la légère.
Ceci étant dit, Cash Investigation pèche essentiellement par omission.
Aucune mention de l’utilité des pesticides : Que proposent les prophètes de malheur face au virus Zika (santé humaine), à la mouche Drosophila suzukii (dévastant les fruits rouges), au mildiou (ennemi historique des pommes de terre et de la vigne), etc.
Aucune mention des démarches de progrès passées ou en cours : gestion des emballages vides et des produits non utilisés, protection des utilisateurs
Aucune mention des améliorations passées ou en cours des produits eux-mêmes : substances actives plus sélectives, plus dégradables, moins impactantes, amélioration des formulations (par exemple granulés au lieu de poudre),
Aucune mention des améliorations du matériel de pulvérisation : postes de remplissage, contrôle obligatoire des pulvérisateurs, précision accrue, dispositifs anti-dérive
Aucune mention des mécanismes de décisions chez les agriculteurs : formation, information, outils d’aide à la décision
Aucune mention des réglementations européenne et française, parmi les plus restrictives au monde                                                                                                                     – Aucune mention de la diminution massive des volumes utilisés : 50% de moins en 50 ans.

Pour aller plus loin :

Le rapport de l’EFSA (European Food Safety Authority) du 12 mars 2015

A&E réagit très vite sur cette imposture : voir la vidéo ici

Forum Phyto : Cash Investigation est en service commandé et ment par omission

Cash Investigation et les pesticides : quand des contrevérités sont diffusées en prime time… : Communiqué de l’AFIS du 9 février 2016

Agriculture, Alimentation, santé publique… soyons rationnels : « Cash Investigation » ou 97 % de « cash obstination »

 Imposteurs : Cash investigation ou Cash mystification ? (Clair et percutant)

Libération – Désintox : Pesticides, épisode 2 « Cash investigation » a toujours tort (A lire absolument, c’est un VERITABLE travail d’INVESTIGATION – Même Libé lâche Elise LUCET)

Ajouté le 18 février 2016 :

Agriculture & Environnement : Trash investigation sur les pesticides

Forum Phyto : Cash investigation s’embourbe dans ses mnsonges

Et A2 remet le couvert le 15 février 2016 dans Envoyé spécial, « Pesticides : la malédiction du soja » 

A2 = Prendre parti et manipuler plutôt que d’informer

Rajouté le 6 mars 2016 : une excellente synthèse de ce dossier publiée par l’AFIS :

« Comment les téléspectateurs ont été abusés par Cash Investigation ».

Je livre ici la conclusion de ce document pour ceux qui n’auraient pas le temps d’aller jusqu’au bout.

Au-delà de la question des pesticides et dans la période agitée que nous traversons, favoriser l’esprit critique et lutter contre l’obscurantisme est particulièrement nécessaire. L’angle sensationnaliste et manichéen choisi par Cash Investigation pour traiter d’un important sujet de santé publique est pour le moins déconcertant. Lorsqu’il est au service d’une thèse alarmiste (nos enfants en danger) et de messages biaisés, il dessert à la fois l’information, la science et la santé publique.