L’épidémie de Covid 19 nous occupe depuis maintenant plus de huit mois. Depuis février 2020 des évènements invraisemblables sont intervenus dans la plus grande confusion des esprits. Je me décide enfin à coucher mes réflexions sur le papier en ayant écouté les uns et les autres, même si je ne suis pas médecin ni spécialiste de ces questions.

Situation de l’épidémie de Covid 19 au 28 octobre 2020

De multiples indicateurs ont été utilisés pour tenter de décrire l’épidémie. L’indicateur qui me semble le plus approprié pour caractériser la gravité d’une épidémie est la mortalité due à la maladie.

Le problème est que la mesure de cet indicateur est sujette à caution et en particulier à la difficulté de caractériser la cause exacte du décès.

Il faut donc recourir à un indicateur plus fiable qui est celui de la mortalité globale, toutes causes confondues, et le caractériser par la surmortalité par rapport aux années antérieures.

Pourquoi ne s’intéresser qu’aux chiffres de mortalité globale ?…

…plutôt qu’aux chiffres de mortalité due à la Covid 19 seule.

Les chiffres de la mortalité globale en France sont récoltés de façon correcte et homogène,

c’est au départ dans les mairies le travail de l’état civil. Les chiffres remontent ensuite à l’Insee qui les traite et les vérifie. Cela permet une comparaison des dynamiques de décès d’une année sur l’autre. Ces comparaisons permettent de voir si il y a effectivement une surmortalité à un instant T (épidémie, canicule…). Cela permet également de prendre en compte les mortalités induites (en plus ou en moins). Ce sont les seuls chiffres fiables qui permettent de juger de l’effet d’une épidémie.  

Les chiffres de mortalité attribués à la Covid 19 sont entachés d’une imprécision certaine pour différentes raisons :

– la comorbidité : il est difficile de faire la différence entre mourir de la Covid 19 (maladie seule en cause lors du décès) et mourir avec la Covid 19 (qui se surajoute à une autre pathologie souvent létale et ne fait simplement qu’accélérer la mortalité).

– le résultat des tests PCR, réalisés en France avec des cycles d’amplification très élevés sont à l’origine de nombreux faux positifs qui favorisent le diagnostic Covid 19.

– les conditions de diagnostic de décès par Covid 19 entre les hôpitaux, les Ehpad, les domiciles sont très hétérogènes avec une réelle difficulté d’appréhender les décès hors Ehpad et hors hôpitaux.

Les graphiques ci-dessous ont été établis à partir des chiffres les plus récents de mortalité globale de la population, communiqués à ce jour par l’Insee et l’Etat Civil. Les données dont je me suis servi pour établir ces graphiques sont extraites des deux séries suivantes :

https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/001641603

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4487861?sommaire=4487854

Courbe des décès quotidiens pour l’ensemble des communes de France (1er mars – 5 octobre 2020)

La courbe 2020, par rapport à celle des deux années précédentes, montre clairement une surmortalité fin mars début avril (pic de 2808 décès / jour le 1er avril) que l’on peut attribuer à la première vague de Covid 19. Sauf à penser que l’Insee trafique les chiffres, l’allure de la courbe après le 1er mai ne correspond en rien à la deuxième vague de l’épidémie (à la date du 5 octobre, derniers chiffres publié par l’Insee à la date d’aujourd’hui). Sur le plan strictement épidémiologique, la situation est quasi normale, au moins conforme aux deux années précédentes.

On notera deux petits pics de surmortalité en juillet et août 2019 et 2020 vraisemblablement liés aux épisodes de canicule enregistrés ces deux dernières années, ainsi qu’un petit pic mi-septembre 2020.

Courbe des décès quotidiens pour l’ensemble des communes de France sur l’ensemble de l’année (1er janvier – 31 décembre), pour les années 2020, 2019, 2018, 2017.

L’intérêt de cette deuxième courbe est de visualiser deux grandes périodes : l’été, de mai à septembre octobre avec environ 1500 décès journaliers stables d’une année à l’autre et l’augmentation du nombre de décès à partir des mois d’octobre novembre pendant tout l’hiver avec en moyenne 1700 décès journaliers, plus ou moins selon les années et la gravité de l’épidémie de grippe.

Notons également qu’en janvier 2017 le pic de surmortalité était à 2400 décès par jour, non loin de celui d’avril 2020, sans que personne ne s’en émeuve particulièrement.

Evolution du nombre de décès totaux au cours des dix dernières années.

Ce graphique confirme les pics épidémiques hivernaux, en particulier ceux des années 2020 et 2017 discutés précédemment.

On note également une tendance régulière à l’augmentation du nombre de décès entre 2010 et 2020, analysée ci après.

Le graphique ci contre montre qu’il meurt actuellement environ 630.000 personnes par an en France et que ce chiffre ne cesse de croître (depuis 2005 en réalité) sous l’effet du vieillissement de la population.

L’augmentation annuelle est de l’ordre de 7800 décès annuels et ce chiffre va continuer encore pendant de nombreuses années.

Cet indicateur de décès total annuel est essentiel. C’est le véritable juge de paix permettant de juger de la gravité d’une épidémie. On ne peut malheureusement le constater qu’à postériori, à la fin de l’épidémie. En effet, il est vraisemblable que les 30.000 décès supplémentaires dus à la surmortalité de mars avril 2020 seront dilués dans les 630.000 (+7.800) décès de 2020 puisque les personnes décédées en mars avril étaient des personnes âgées (84 ans en moyenne) présentant des comorbidités graves, qui seraient décédées dans les mois suivants.

2ème vague ?

Ce 28 octobre, la communication, l’anxiété, des chiffres difficilement vérifiables sinon contradictoires se bousculent sur les plateaux de télévision. A l’aube d’une déclaration présidentielle visiblement omnipotente qui nous entraîne semble t-il vers un nouveau confinement, osons espérer qu’il sera plus souple ou plus ciblé que le précédent.

Attendons la publication (tous les 15 jours) des derniers chiffres du mois d’octobre pour compléter les données analysées précédemment et juger de l’ampleur du rebond actuel : habituelles contaminations hivernale ou réelle deuxième vague.

Les gestes barrière

Même si les très récentes positions de l’OMS sur le confinement sont équivoques, du fait de la destructivité socio économique et de l’incertitude de cette mesure à juguler réellement l’épidémie, nous avons tout à gagner à nous conformer aux gestes barrière de base : masque dans les lieux de rassemblement et les lieux mal aérés et lavage régulier des mains. D’autant plus que les personnes sont à risque (plus de 65 ans, comorbidités).