Ce billet est une mise à jour d’un premier article (1) qui permet de visualiser l’allure et l’importance de ce que les instances politico-médiatiques ont convenu d’appeler maintenant « 2ème vague ».

Ces actualisations successives sont réalisées toutes les semaines lors des mises à jour des données globales de décès toutes communes françaises, diffusées par l’Insee. Ainsi que des données « Covid » Santé Publique France disponibles quotidiennement.

Décès quotidiens en 2020 (arrêtés au 23 novembre 2020) comparés aux cinq dernières années (2015-2019) et à la canicule de 2003 (source Insee)

Ce graphique permet de visualiser les surmortalités apparaissant au cours de l’année et d’une année sur l’autre. Le pic épidémique d’avril mai 2020 est parfaitement visible, avec un maximum de 2810 décès/jour au 1er avril 2020. La surmortalité 2020 réapparait début septembre pour s’installer autour de 500-600 décès/jour à partir du 15-20 octobre jusqu’au pic du 02 novembre.

Notons que cette « 2ème vague » est à ce jour à peu près équivalente à la vague de grippe de janvier 2017 (2400 décès/jour).

Voir ici publication Insee : Plus de décès pendant l’épisode de Covid-19 du printemps 2020 qu’au cours de la canicule de 2003

Décès quotidiens en 2020 comparés à 2018 et 2019 – Comparaison des 1ère et 2ème vagues 2020 (source Insee)

Ce graphe confirme sans ambiguïté la décroissance de l’épidémie de la deuxième vague depuis le 2 novembre 2020, avec un pic à 2267 décès totaux le 2 novembre 2020 . Si l’on compare les pics 1ère vague du 1er avril et 2ème vague du 2 novembre, on peut conclure que la deuxième vague de novembre 2020 est deux fois moins importante que la première. La surmortalité autour du 1er avril étant d’environ 1000 décès jours, alors qu’elle n’est que de 500 – 600 décès/jour autour du 2 novembre 2020.

Focus « 2ème vague » décès Covid 19 : actualisation des données au 10 décembre 2020 (source Santé Publique France)

Ce graphique permet de visualiser le nombre de décès journaliers liés au « Covid 19 » plus proche de la problématique des hôpitaux. L’ajustement de la courbe permet de définir un nombre maximum de 450 décès/jour « Covid » entre les 10 et 15 novembre 2020. Les pics des mardi 3 et vendredi 6 novembre sont des artéfacts liés à l’adjonction non lissée des données en provenance des Ephad. Le nombre de décès « Covid » de cette « deuxième » vague est clairement à la baisse. Ceci est conforme au fait que le taux de reproduction du virus est passé en dessous de 1. Cette décroissance est confirmée par les chiffres de surmortalité des décès totaux observés dans le graphique précédent.

Quelques remarques sur les graphes et l’évolution de l’épidémie :

1/ Je ne me suis intéressé qu’à l’aspect épidémique de la Covid 19 et en particulier à la conséquence ultime, le nombre de décès. Je ne suis pas rentré dans la problématique prévention (gestes barrière), traitement de la maladie (prise en charge par les médecins), hospitalisation (oxygénation, réanimation) qui a évidemment une influence sur les courbes présentées ci dessus, mais qu’il est absolument impossible de quantifier sérieusement.

2/ Les seules données fiables sont les décès totaux Insee. Mais on en dispose qu’avec un délai de 10 jours pour 2020. Elles peuvent être facilement interprétées en terme de surmortalité, sur l’année en cours et par rapport aux autres années.

3/ Les données dites « Covid » correspondent à des mortalités englobant les décès dus au seul Covid avec les décès dus à l’association comorbidités / Covid, ce qui a pour effet de surévaluer sensiblement les valeurs affichées. D’autre part il faut mentionner que les chiffres de Santé Publique France n’incluent pas les décès à la maison.

4/ Ainsi il semble se profiler que nous soyons passés du stade épidémique (avril mai 2020) à une situation que l’on pourrait qualifier d’endémique avec un SRAS-Cov-2 qui apparaît comme un virus saisonnier à l’instar des quatre autres coronavirus « rhume ». Nous sommes bien en présence d’une deuxième vague (ou d’une nouvelle vague d’un Covid19 ayant muté), de plus faible intensité que celle du mois de mars-avril, équivalente à celle de la grippe de janvier 2017 !

La deuxième édition de l’épidémie de Covid 19 est terminée !

Les chiffres de l’Insee arrêtés au 23 novembre (nombre de décès totaux journaliers) montrent une nette décroissance depuis le pic du 2 novembre. Au 23 novembre la surmortalité 2020, attribuable au Covid 19, est encore de l’ordre de 200 à 250 décès / jour par rapport aux années précédentes.

Si l’on extrapole la courbe de l’Insee jusqu’à la date d’aujourd’hui (6 décembre 2020), on arrive à une mortalité totale toutes causes confondues au niveau des années précédentes (1750 décès / jour environ) soit une surmortalité due au Covid 19 nulle = 0.

Il est intéressant de comparer ces chiffres officiels (décès totaux / Insee) à d’autres chiffres officiels (décès « Covid » Santé publique France) pour qui, au 9 décembre, il y a encore 300 décès Covid enregistrés. Ceci confirme que, tout au long de l’épidémie, des décès en quantité non négligeable ont été attribués au Covid alors qu’ils étaient dus principalement à une autre cause (comorbidités / décédé « avec » le Covid)… et/ou que la grippe hivernale a disparu.   

Gardons les gestes barrières…

Et restons néanmoins sur nos gardes…

Pour aller plus loin : Le blog de Jean Claude Barescut