Category: Biotechnologies – OGM


InraCe n’est pas nouveau. Cela fait un moment que cela dure, mais cette fois ci les orientations de l’institut sont clairement exprimées en tant qu’attitude régressive alors que les perspectives d’innovations apparaissent confuses et du domaine du non dit.

Dans un document (approuvé le 19 septembre 2018 par le conseil scientifique de l’Institut), titré : « Stratégie de l’Inra en matière d’utilisation des technologie d’édition du génome végétal » l’Inra dévoile ses piètres ambitions dans le domaine de la génétique et de la création variétale grâce à l’utilisation des nouvelles technologie d’édition du génome.

La posture décliniste est clairement affichée dès l’introduction :

Ce ne sont ni l’innovation, ni la création de variétés nouvelles (qui permettraient de résoudre les divers problèmes environnementaux ou de santé humaine) qui préoccupent l’Inra, mais les « débats sociétaux et réglementaires relatifs à ces technologies« . L’Inra et son conseil scientifique conditionne et restreint son programme de recherche à la demande sociétale. Demande sociétale totalement manipulée par des ONG et autres groupes activistes de l’écologie politique ayant contribué à formater cette opinion à grand renfort de désinformation.

Dans cette même introduction l’institut rappelle ses valeurs : « contribuer au progrès environnemental, social et économique« . Il me semble pour l’Inra, que la première valeur doit être le progrès agronomique au service d’un progrès économique et environnemental, qui ensemble conditionnent le progrès social et non l’inverse.

La recherche à reculons

La recherche, l’innovation, on essaie de les trouver à travers les 6 principes qui composent les « éléments de stratégie ».

1er principe :

« …maintient d’une capacité d’expertise… » : on ne parle même pas d’acquisition d’expertises nouvelles qui serait la moindre des choses pour un institut de recherche. On peut aussi se poser la question : une expertise pour quoi faire ? C’est écrit : « … une capacité… à évaluer les limites… » sous entendu (c’est moi qui précise) évaluer les limites des variétés de la recherche privée, puisque la recherche publique ne fait plus de recherche et s’en remet à la vox populi… ou aux syndicalistes SUD Recherche EPST maison qui refusent de voir ces techniques « se répandre dans les champs »

2ème principe :

« des technologies indispensables à l’acquisition des connaissances…‘ : quelle finalité ! quel objectif ambitieux !!! De l’acquisition de connaissances pour quoi faire : de la création variétale ? Ce n’est surtout pas précisé ! Minable ambitions de la part d’un institut national de recherche.

Les 4 autres principes

Ils sont de la même veine. Sur l’ « utilisation des technologies du génome en amélioration des plantes » et la « Conduite des expérimentations« ,

« L’évaluation des possibilités offertes » par ces nouvelles technologies… « est légitime au sein de l’Inra« …  Y a t’il vraiment besoin de le rappeler ici, tant c’est une évidence ! « La justification d’essais au champ sera soumise à un comité d’experts… » Un de plus, le Conseil scientifique de l’Inra ne suffit pas ? Par contre il suffit de bien compliquer les choses pour bloquer le système. La démarche a déjà été bien rodée avec les OGM.

L’Inra invite Bové pour l’anniversaire d’un de ses départements

Peut être parce qu’il y a presque vingt ans (en juin 1999), comme l’aurait fait une bande de voyous, le sieur Bové et quelques comparses ont complètement détruit une serre du CIRAD à Montpellier  abritant les recherches sur le riz transgénique ?

Comme l’écrit fort bien Marcel Kuntz : L’invitation faite à Monsieur Bové ne peut que susciter la désapprobation de tous ceux qui sont attachés aux valeurs humanistes portées par la Science, et tout simplement opposés à l’utilisation de la violence en démocratie.

Bové n’a aucun message scientifique à délivrer aux chercheurs de l’institut. Il en serait bien incapable. Par contre le message idéologique et politique est clair : puisque ce sont les « débats sociétaux » qui animent l’Institut, l’Inra renoncera à utiliser et à développer les outils d’édition génomique tels que CRISPR-Cas9. C’est évident à la lecture et au ton de ce document, le nom de cette technique prometteuse en terme de création variétale n’est d’ailleurs aucunement mentionné dans le document en question.

L’impensable analyse d’Axel Kahn sur le glyphosate

J’ai toujours eu un immense respect pour ce chercheur de l’Inserm qui en son temps avait, avec beaucoup de brio, dirigé les difficiles débats de HCGB (Haut Comité du Génie Biomoléculaire), chargé d’émettre un avis sur l’autorisation de cultiver les OGM. L’énergie qu’il dépensait à mener les discussions sur des bases scientifiques et objectives contre leur déformation militante était louable, courageuse et exemplaire. L’impossibilité de faire émerger la vérité des faits l’a d’ailleurs fait quitter la présidence de ce comité.

Je suis abasourdi, ébahi aujourd’hui, de voir que sur un sujet équivalent, celui des pesticides pour lesquels la désinformation pratiquée par les tenants de l’écologie politique est tout aussi évidente, il cautionne ce que jadis il avait tenté de combattre.

Ainsi, lorsqu’il dit : « Cependant, n’en doutons pas, la pression citoyenne est appelée à devenir telle que le monde entier devra en venir là… sortir de l’agriculture tout chimique dans trois ou cinq ans. » Comment un scientifique de ce niveau peut il, tout comme le fait l’Inra, en venir à cette posture ? Comment la recherche scientifique peut-elle poser en préalable à son programme « la pression citoyenne » sachant qu’elle est fabriquée de toutes pièces ?

Comment un scientifique tel que Axel Kahn peut-il invoquer une seule instance comme le CIRC ayant classé le glyphosate comme “cancérogène probable” à l’instar de la viande rouge qui elle est consommée, alors que plus d’une dizaine d’agences sanitaires d’état (en France l’ANSES), à travers le monde, ont toutes déclaré le glyphosate non cancérigène et non problématique pour l’environnement ?

Comment peut-il ériger la permaculture en système agricole alternatif alors que au mieux c’est un concept pour jardiniers amateurs qui ne comptent ni leur temps ni leur argent. Une méconnaissance réelle de ce qu’est l’agriculture de la part d’un expert scientifique aussi respecté ? J’en doute quand même.

Comment un scientifique de ce niveau, je le répète, peut-il déclarer qu’ « en France, les journaux dans leur immense majorité s’indignent de ce que le glyphosate n’ait pas été interdit sans tarder », pour justifier (dans les commentaires du billet) une position de scientifique. C’est tout simplement hallucinant.

Ne voulant remettre en aucun cas en cause l’intégrité et la sincérité de ce chercheur, je suis bien obligé de constater que la spirale infernale de la désinformation et le matraquage médiatique font des ravages incommensurables.

Philippe Seguin : « La pire menace qui puisse peser sur une démocratie, c’est la violence sournoise, insinuante, du mensonge ; c’est la manipulation des esprits, d’autant plus redoutable qu’elle revêt les oripeaux du moralisme »

Sources :

Édition du génome végétal : l’INRA a-t-il une stratégie ? Le Blog de Seppi : Agriculture, alimentation, santé publique… soyons rationnels

José Bové invité à l’INRA : une lettre ouverte aux organisateurs  Blog Imposteurs : Science, raison, anti-panurgisme de Anton Suwalki

Forum Phyto – Le point d’Axel Kahn sur le glyphosate : La capitulation de la science – Philippe Stoop. Merci à Philippe Stoop pour cette juste analyse, précise et percutante.

Le blog d’Axel Kahn : Le point sur le glyphosate  L’intérêt des commentaires est au niveau de celui de l’article – A lire absolument

Dans un article précédent en date du 27 juin, je mettais en exergue L’INCURIE DE LA PRESSE FRANCAISE à se sortir de la pensée unique gangrénant notre société, pensée unique qu’elle contribue fortement à propager. 

Ceci à propos des OGM et plus particulièrement d’une étude de GE Seralini de 2012 faisant dire au journal Le Nouvel Observateur « Oui, les OGM sont des poisons », dans un dossier « opération de Com » dont la publication était complètement contraire à la déontologie scientifique. Toute la presse écrite et parlée française s’est alors engouffrée dans cette thématique des OGM poisons avec l’aval du 1er ministre de l’époque Jean Marc Ayrault dans une déclaration terriblement anxiogène, le jour de la parution du dossier de l’Obs, sans même prendre le recul ni la précaution de s’informer sur le sujet !

La communauté scientifique dans son ensemble rejette l’étude, qui est même retirée par l’éditeur de la revue scientifique « Food & Chemical Toxicology » (revue très moyennement notée dans la sphère scientifique, soit dit en passant).

Devant cet état de fait, les pouvoirs publics ne peuvent que proposer une contre expertise sous forme de trois études indépendantes menées au niveau Européen et Français.

Les résultats de ces trois études sont aujourd’hui connus : elles contredisent formellement les conclusions de la supercherie de Seralini

NON LES OGM NE SONT PAS TOXIQUES

NON LES ETUDES SUR 2 ANS NE SONT PAS NECESSAIRES POUR JUGER DE L’EVENTUELLE TOXICITE DES OGM (ELLES SONT SURTOUT DISPENDIEUSES EN ARGENT ET EN RATS SACRIFIES).

Je reprends ici les termes de l’article de Gérard Kafadaroff et de Philippe Joudrier dans Atlantico :

TSUNAMI MEDIATIQUE EN 2012, SILENCE OU OMERTA EN 2018  –       UN TRAITEMENT DE L’NFORMATION INQUIETANT !

A ce jour, seuls le Figaro et l’Obs (mais pour offrir ses colonnes à la mauvaise défense de Seralini, dont les arguments mercantiles ne sont pas dignes d’un « scientifique ») ont fait état de ces résultats confirmant ce que tous les scientifiques non idéologues savaient déjà en 2012.

Sources : 

OGM poisons… ou sans impact pour la santé ? L’étrange silence médiatique réservé aux 3 contre-expertises réalisées sur les pauvres rats du Professeur Séralini – Gérard Kafadaroff et Philippe Joudrier in Atlantico – 30 juin 2018

OGM : une manipulation scientifico-médiatique soigneusement préparée
Le Figaro – Cyrille Vanlerberghe  – 03/07/2018

Lien entre OGM et cancer : l’étude était fausse – Le Figaro – Cécile Thibert le 04/07/2018

Séralini : « On détourne des fonds publics pour discréditer mes travaux sur les OGM ! » – L’Obs -Arnaud Gonzague – 4 juillet 2018

 

 

Liens de publications internationales :

Aliance for science : European studies disprove Seralini’s GMO maize tumor claims – 7 juin 2018
Neurologica Blog : « Séralini Fails Replication » – 8 juin 2018
ISAAA : European and French Studies disprove Seralini’s GM Maize claims – 6 juin 2018
Chile Bio : Polémico estudio anti-transgénico nuevamente refutado, ahora por estudios europeos – 8 juin 2018
Abramlho : Novos estudos desmentem alegação de câncer por milho transgênico – 14 juin 2018
Genetic Literacy Project : Science disproves Seralini GMO rat tumor study—but his findings were always an outlier – 13 juin 2018
Agrolink : Novos estudos desmentem alegação de câncer por milho transgênico – 13 juin 2018
ABI : European studies disprove Seralini’s GM maize claims – 7 juin 2018

En septembre 2012, l’activiste « chercheur » idéologue anti-ogm de l’Université de Caen, G.E. Seralini rendait public à grand renfort de presse nationale acoquinée les résultats d’une étude  affirmant que le maïs NK603 entraîne des cancers chez les rats.

Voir ici mes commentaires sur l’étude de Séralini et ses rats du 28/10/2012.

Un bel exemple de FAKE NEWS… opportunément utilisé par les politiques de l’époque

Le Nouvel observateur, avec une couverture mensongère, sous la plume de Guillaume Mallaurie, autre activiste anti-ogm idéologiquement et déontologiquement corrompu, a même réussi l’exploit bien orchestré de publier les résultats de l’étude avant la publication scientifique dans la revue Food and Chemical Toxicology, pour le scoop et l’exclusivité de « l’information » !

Dès la sortie du dossier du NObs, l’information fait la une de tous les journaux papier, radios, télévision à grands renforts de photos truquées de rats porteurs de tumeurs. Voilà une véritable fake news… que le pouvoir politique (Le Foll alors Ministre de l’agriculture) est trop content de récupérer ! Ce qui est important pour ce pouvoir c’est de maintenir l’opinion publique sous le couvercle de la peur, de la maintenir dans sa croyance résultant de 20 ans d’activisme d’ONG aboutissant à la pensée unique actuelle, de « s’assurer » de sa santé et… de son vote lors du prochain scrutin.

Aujourd’hui on voit un autre gouvernement vouloir légiférer sur les fake news !!! Avant de légiférer, il faudrait peut être définir ce qu’est une fake news… et qui va en décider !

A la sortie de la publication en 2012, les agences sanitaires nationales, internationales font leur travail : elles analysent les résultats de l’étude. Le constat est accablant. A l’unanimité toutes les grandes agences scientifiques PUBLIQUES françaises, européennes et internationales se sont prononcées : graves lacunes statistiques, méthodologiques, bibliographiques, résultats inexplicables, non scientifiquement valables, non élaboré conformément aux bonnes pratiques scientifiques en vigueur, conclusions abusives…

Face à la contestation de cette étude par toute la communauté scientifique, GE Seralini se défend en affirmant que les études à 90 jours exigées par l’Union Européenne sont bien trop courtes pour révéler des effets qui se manifestent à bien plus long terme comme la cancérogénèse (les experts de l’époque savent eux que cela est parfaitement mensonger).

Pour trancher le débat les autorités Françaises et Européennes décident alors de lancer trois programmes de recherche pour confirmer ou infirmer les résultats des analyses de GE Séralini :

  • programmes GRACE et G-TwYST au plan européen
  • programme GMO90+ en France pour un coût total de 15 millions d’euros.

 

Aujourd’hui : un superbe exemple de MUTE NEWS… parfaitement « géré » par les politiques et la presse actuelle

J’ai emprunté le terme « mute news » à un article de Challenges (Menthon Routier – Double je n°570 – 14 au 20 juin 2018)

Selon l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), les résultats de ces expérimentations maintenant publiés sont clairs (les résultats de l’étude GRACE ont été publiés en novembre 2015, les résultats de l’étude G-TwIST viennent d’être (discrètement) publiés le 28/04/2018, les résultats du programme français GMO 90+ sont disponibles mais n’ont toujours pas été rendus publics – cherchez l’erreur – !) :

1) Les résultats de ces programmes de recherche confirment l’absence d’effets sur la santé des maïs porteurs de MON 810 et NK 603 dans les études à 90 jours. Cette absence d’effets avait été déjà observée dans les études antérieures et prises en compte dans les évaluations faites par l’EFSA.

2) Les études à long terme (un an et deux ans), ne mettent en évidence aucun effet toxique des maïs analysés et n’apportent rien de plus que les études à 90 jours comme le savaient déjà les toxicologues.

Ainsi l’AFBV constate que ces nouvelles études réfutent les principales conclusions tirées des études de Gilles-Eric Seralini sur la toxicité des maïs « OGM » analysés : aucun risque potentiel n’a été identifié. En outre elles contredisent ses propositions sur la nécessité de réaliser les études long terme.

Seule l’AFBV a réagit à la suite de la publication de ces contre expertises. Ses conclusions ont été envoyées à 150 journalistes et 200 parlementaires.

Les résultats de l’étude « hors norme » de Séralini qui avait médiatiquement et politiquement fait tant de bruit en 2012, n’ont donc pas été confirmés par ces trois nouvelles études. Et que constate t-on à ce jour ? Calme plat et mutisme le plus complet au niveau de toute la presse, au moins française !

Une recherche sur internet et dans la grande presse française ne donne aucun résultat sur un quelconque article concernant ces nouvelles études pourtant officielles, indépendantes et dénuées de tous conflits d’intérêts !

Aujourd’hui, le 20 juin 2018 :

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Une omerta médiatique similaire sur le Glyphosate :

73% des articles de la presse française consacrés au glyphosate (sur 33 articles parus entre le 29 et le 30 mai 2018, au moment du vote de la loi alimentation et agriculture) citent l’avis défavorable du CIRC (le seul organisme ayant décrété le caractère cancérogène probable de l’herbicide, comme la viande ou le saucisson !) et aucun ne cite le consensus dégagé par les agences de santé, pas seulement européennes, mais mondiales, qui réfutent le caractère cancérogène proposé par le CIRC.

Voir ici l’enquête d’un site web  – La chèvre pensante – qui analyse la couverture médiatique de divers évènements.

Voir également ci-dessous une synthèse honnête de la question glyphosate réalisée par « Science technologies actions » :

Le glyphosate est la matière active du désherbant Roundup® découvert par Monsanto et proposé aux agriculteurs dès 1975. Le brevet a expiré en 1991 et est fabriqué aujourd’hui par de nombreuses sociétés essentiellement chinoises.

C’est un désherbant à action foliaire et systémique, à large spectre, très efficace, peu rémanent dans le sol,  et très bon marché. Ses qualités font qu’il est largement utilisé par les agriculteurs, et prisé par les amateurs, et pour désherber les voies ferrées, etc.

D’un point de vue agronomique, l’idéal serait d’avoir plusieurs molécules pour les mêmes usages, afin de faire des rotations. Ce n’est pas le cas : aucune alternative chimique n’est disponible notamment pour détruire les mauvaises herbes vivaces (chiendents, liserons, …) ou pour gérer les « techniques de conservation de sols » dans le cadre de l’agro-écologie.

Ce constat justifie un usage plus raisonné du glyphosate, et des réflexions sur des alternatives non-chimiques, mais pas une interdiction. Cette dernière option a pris une dimension médiatique et politique jamais vue pour un herbicide. Elle dérive d’une longue campagne anti-glyphosate qui a pris de l’ampleur suite à son classement, en mars 2015,  par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) comme « cancérogène probable » (groupe 2A), au même titre que la viande rouge. On peut considérer que ce classement exprime un danger potentiel mais non un risque lié à l’exposition de la population au glyphosate. Ce qui est sûr est que ce caractère cancérogène est contesté par toutes les agences sanitaires officielles,  y compris les européennes.

L’avis du CIRC est donc isolé scientifiquement, mais a influencé une réduction de la ré-autorisation de cet herbicide en Europe (5 ans au lieu de 15) et une décision du gouvernement français d’interdiction dans un délai de 3 ans maximum.

Pour être complet sur le CIRC, il faut mentionner qu’il est plus que soupçonné de partialité et fait l’objet d’une enquête à ce titre aux Etats-Unis. 

En résumé : le glyphosate apporte des bénéfices économiques, agronomiques et environnementaux, il est doté d’un bon profil toxicologique et éco-toxicologique, sa toxicité aigüe est faible, et il a été constamment jugé non cancérigène, non génotoxique par toutes les agences sanitaires françaises, européennes et internationales. Pour autant, la recherche d’alternatives n’est pas injustifiée, mais s’avère très difficile. Elles seront probablement plus onéreuses.

Deux exemples patents des ravages de l’hyper-communication dans notre société :

Sur ces deux sujets touchant à une activité clé de l’économie française, l’agriculture, on voit parfaitement les éléments qui constituent la spirale négative qui ronge notre société.

Le mécanisme est le suivant : les « gauchos-communo-trotskystes » de mai 1968 n’ont pas réussi à prendre le pouvoir. Certains sont allés élever les chèvres dans le sud de la France, d’autres plus ambitieux sont restés en place pour mettre au point les armes au service de leur idéologie.

Le champ de bataille tout trouvé est celui de l’environnement et de l’écologie et ses répercussions sur l’alimentation et la santé.

Les armes s’appellent ONG (Organisations Non Gouvernementales), petits copains dans la presse les ministères puis les politiques, médiatisation et communication. Le tout sur fond de désinformation, de manipulation de l’opinion publique en activant l’arme bien connue du catastrophisme et de la peur. Tout cela s’est installé insensiblement durant ces 50 dernières années dans une société ayant tellement profité de la modernité (des avancées de la science et de la technologie) qu’elle ne réagit plus devant des propositions de décroissance et d’abandon des facilités ainsi générées. Pire même, la science véritable et indépendante est dévoyée petit à petit, la pseudo science fait son entrée, politiquement et médiatiquement colportée, dans l’opinion publique qui n’a plus de repères

Ces technophobes idéologues ne sont que le nouvel avatar des anti-capitalistes ayant échoué dans leurs projets lors de l’extinction du communisme, anti-capitalistes déguisés en bonne conscience verte. Et cela marche ! A ceux là, il faut ajouter les nouveaux convertis et certains actuels capitalistes oppotunistes finançant des ONG de renom, car ils y voient encore des opportunités d’affaires (notamment dans le domaine de l’énergie et du climat) : la peur fait vendre !

Sources :

AFBV : Trois expertises française et européennes invalident les résultats et conclusions de l’étude de GE Séralini sur les maïs OGM

Contrepoints – Vincent Bénard : Les luttes technophobes, ou les habits neufs de l’anti-capitalisme

Science technologies actions

 

Suite ici

 

Contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse Grand public ou même spécialisée (Science et Avenir par exemple) qui ont diabolisé cette nouvelle technologie sous l’influence d’organisations et de groupuscules activistes, la nature fabrique depuis la nuit des temps, sans la moindre intervention de l’homme, des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) : animal, végétal, bactérie.

Auparavant il est nécessaire de rappeler ce qu’est un OGM et plus précisément pour ce qui nous intéresse ici, une plante génétiquement modifiée.

Qu’est ce qu’une Plante génétiquement modifiée (PGM) ?

C’est un végétal, (une plante cultivée ou sauvage) dont le patrimoine génétique a été modifié par l’intervention de l’homme. Selon les définitions européennes, ces modifications doivent être issues du génie génétique. Les techniques et les outils du génie génétique permettent de modifier les plantes par la transgénèse,  c’est à dire l’introduction de nouveaux gènes dans le génome d’une plante, par insertion de portions d’ADN. Cette définition communément admise est cependant très restrictive puisqu’elle exclue le transfert de gènes d’une espèce à l’autre tel qu’il se passe dans la nature dans le règne végétal. Nous en verrons deux exemples ci dessous.

La maîtrise de ces techniques est très récente (les premiers OGM datant des années 70-80) et en rapide évolution. Elles permettent en pratique d’introduire dans un organisme des caractères nouveaux, que l’on n’a pas pu introduire par des techniques traditionnelles d’amélioration des plantes. Le transfert de gènes sélectionnés peut se faire entre espèces proches quand les techniques de croisement classique ont échoué, mais le plus souvent c’est d’une espèce vers une autre espèce que se réalise ce transfert. Ce fut le cas par exemple en 1985 de la première plante transgénique résistante à un insecte, un tabac dans lequel un gène d’une bactérie Bacillius thuringiensis produisant une toxine insecticide a été introduit.

La nature n’a pas attendu l’homme pour créer ses propres OGM et PGM

Les agrobacterium

La transgénèse naturelle la plus connue est celle qui est l’oeuvre d’une bactérie du sol : Agrobactérium tumefacians possédant la propriété de provoquer des tumeurs sur la plante hôte (la hernie du chou par exemple). La transmission de son pouvoir tumorigène s’effectue grâce à un plasmide (morceau d’ADN circulaire) qui s’incorpore au génome de la plante hôte. Ce phénomène naturel fut découvert dans les années 70 et les biologistes eurent tout de suite l’idée d’insérer un gène étranger dans cet ADN bactérien et d’utiliser ensuite la bactérie comme vecteur pour transmettre ce gène à une plante hôte. C’est comme cela que le premier tabac transgénique a été mis au point. Plus récemment c’est également le cas  le maïs MON 810 résistant à plusieurs insectes ravageurs, grâce à un gène Bt (provenant d’une autre bactérie Bacillius thuringiensis), transféré vers le maïs par Agrobactérium.

La Patate douce

Récemment on vient de découvrir qu’un grand nombre de plantes contiennent des gènes spécifiques d’Agrobacterium. Ainsi, en étudiant l’expression du génome de la patate douce, des chercheurs ont découvert dans les nombreuses variétés cultivées la présence de gènes d’Agrobacterium rhizogenes et d’Agrobacterium tumefaciens, alors que les variétés sauvages n’en contiennent pas. La  patate douce est donc une plante naturellement transgénique. Ces gènes ont entraîné des modifications morphologiques qui se sont exprimées dans les tubercules plutôt que dans les autres parties de la plante pour en faire une plante alimentaire. Ces chercheurs concluent que « ces résultats montrent l’importance des interactions entre plante et microbe et, sachant que la patate douce est consommée depuis des millénaires, cela pourrait changer le paradigme sur le côté « contre nature » des plantes transgéniques ».

Source : PNAS – Proceedings of the National Academy of Sciences of America

Nouveaux exemples de transfert de gènes entre espèces dans la nature : le cas des Orobanches

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Triphysaria eriantha (Orobanchacées) parasitede graminées sauvages et d’autres plantes hôtes en Californie. – Photo Huiting Zhang

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Striga asiatica (Orobanchacées) parasite du sorgho en Tanzanie – Photo Mike Timko

Une récente étude publiée par le PNAS en octobre 2016 décrit les mécanismes naturels de transfert de gènes dans une famille de plantes parasites, bien connue des botanistes mais aussi des agriculteurs, dont les principaux représentants sont les orobanches.

Les chercheurs ont détecté 52 cas de transfert non sexuel de l’ADN – connu sous le nom de transfert de gène horizontal, ou HGT – à partir d’une plante hôte. Les gènes transférés sont alors devenus fonctionnels chez les espèces parasites. Ce transfert pourrait stimuler la capacité de la plante parasite d’envahir son hôte et surmonter ainsi les défenses de l’hôte. Selon ce mêmes chercheurs, « la découverte du HGT va nous permettre de mieux comprendre comment les plantes parasites fonctionnent et comment nous pouvons mieux les contrôler. Notre espoir est que nous puissions utiliser cette information pour trouver les meilleures stratégies pour générer, ou sélectionner, des plantes hôtes résistantes . »

Sources :

Eurekalert : Parasitic plants may form weapons out of genes stolen from hosts

Les publications – PNAS :

Horizontal gene transfert is more frequent with increased heterotrophy and contributes to parasite adaptation

The genome of cultivated sweet potato contains Agrobacterium – T-DNAs with expressed genes : an exemple of a naturally transgenic food crop

Quelques Orobanches rencontrées en France :

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Orobanche de la Picride

 

Les orobanches sont des plantes parasites dépourvues de chlorophylle et de racines normales. Elles émettent des suçoirs les reliant directement aux vaisseaux conducteurs de l’hôte, d’où elles tirent leur nourriture. Elles sont parasites de plantes sauvages, mais aussi de plantes cultivées comme l’orobanche rameuse qui peut faire de gros dégâts sur le colza, le chanvre et le tabac.

Orobanche de la picride – Orobanche picridis F.W.Schultz

Cette orobanche parasite les espèces du genre picris (picris hieracoides), helminthie, crepis (parfois la carotte sauvage). On la trouve le plus souvent en bord de route, dans des terrains vagues des friches meso-xerophylles sableuses ou sablo-caillouteuses.

Celle ci a été identifiée à La Rochelle près du bassin des minimes en bord de mer – 07 / 2016

 

 

 

 

 

 

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Orobanche du genêt

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Orobanche du genêt

L’orobanche du genêt – Orobanche rapum-genistae Thuill.

Cette orobanche parasite les genêts (genêt à balais, genêt purgatif…), les cytises.

Llo – Gorges du Sègre – Cerdagne 06 / 2016

 

 

 

 

 

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Orobanche couleur d’améthyste

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Orobanche couleur d’améthyste

L’orobanche couleur d’améthyste ou orobanche du panicaut – Orobanche amethystea Thuill.

Parasite les divers panicauts (Eryngium) Bourg Madame – Cerdagne 06/2016

 

 

 

 

 

 

 

 

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Orobanche sanguine

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Orobanche sanguine – Orobanche sanguinea C.Presl 

Inféodée aux Lotus, ici sur Lotier faux cytise. On la trouve dans le Var, sur les îles d’Hyères et en Corse.

Ici sur les hauteurs de Bonifacio en Corse du sud – 04 / 2014

 

 

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Orobanche du thym

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Orobanche du thym – Orobanche alba Stephan ex Willd. 

Orobanche parasitant principalement les plantes du genre Thymus et autres labiées. Souvent plus rouge que blanche comme ici, un exemplaire observé à Chateau Ville vieille dans le Queyras, sur les terrasses surplombant la vallée du Guil (sentier des astragales) – 07 / 2013

 

 

 

Orobanche à fleurs denses

Orobanche densiflora Salzm. ex Reuter

Parasite des fabacées sur sol sableux, ici sur Lotier de Crête dans les dunes sableuses de Puerto de Conil (entre Cadix et Tarifa)

La transgénèse, qu’elle soit l’œuvre de la nature ou qu’elle soit pilotée par l’homme, contribue à l’augmentation de la diversité génétique et par conséquent à l’augmentation de la biodiversité.

Addendum du 24 octobre 2019

Une plante sur 20 est naturellement génétiquement modifiée – Futura Sciences, Céline Deluzarche, 21/10/2019

Cette consultation publique ne doit pas être la chasse gardée des membres des organisations activistes écolos et autres faucheurs volontaires, comme ce fut le cas de celle de mars 2012 (857 participants massivement favorables à l’interdiction). La note de présentation est parfaitement partiale et ne peut qu’abuser une personne qui n’a pas de connaissances particulières sur le sujet.

Que ceux qui refusent la falsification des faits et prônent des valeurs d’honnêteté intellectuelle prennent quelque temps pour y répondre

Petit rappel sur la saga française du MON 810

1986 : Création de la Commission du Génie Biomoléculaire (1ère instance nationale d’évaluation des risques)

1997 : 1ère interdiction des OGM par Alain Juppé

1998 : 1ère autorisation du MON 810 par l’Union Européenne

1999 : Création de l’AFSSA, devenue ANSES en 2010 : notre agence Nationale d’évaluation des risques

2002 : Création de l’EFSA, l’agence Européenne d’évaluation des risques

2007 : 21 000 ha de Mon 810 cultivés en France ou l’on montre que cette variété a un effet très important sur la diminution des mycotoxines produite en fin de végétation

2008 : Création du Haut Conseil des biotechnologies (comme si les évaluations de l’ANSES ne suffisaient pas. En fait une agence de plus pour camoufler les décisions honteuses prises par nos politiques)

2008 : Suite au Grenelle de l’environnement, Jean Louis Borloo, avec des arguments totalement fallacieux obtient la mise en place en France d’un moratoire interdisant la culture du MON 810.

2011 : La cour de justice de l’Union Européenne indique que l’état Français ne pouvait interdire le MON 810 sur son territoire, sans bafouer la procédure Européenne

2011 : Le conseil d’Etat valide la décision de la CJUE et demande à l’état Français de retirer les arrêtés de 2007 et 2008

2012 : Nouvelle clause de sauvegarde (suite à une note relative a une mesure d’urgence pondue par Nathalie Kosciusko Morizet), remplaçant celle annulée par le Conseil d’Etat en 2011… Le HCB n’a meme pas été consulté.

2013 : Le Conseil d’Etat annule une nouvelle fois l’interdiction de cultiver en France le maïs transgénique MON 810.

2014 : le gouvernement s’affole, les agriculteurs pourraient légalement semer du maïs transgénique au printemps. Proposition de loi « anti-maïs OGM » déposée au Sénat le 4 février par le Sénateur Alain Fauconnier. Proposition retoquée par le sénat le 12 février, qu’à cela ne tienne, projet d’arrêté le 18 février et mise en place en catimini d’une consultation publique (a l’usage des initiés, membres des organisations activistes écolos et autres faucheurs volontaires) jusqu’au 9 mars 2014.

Ma réponse à la consultation publique sur le projet d’arrêté, interdisant la commercialisation et l’utilisation des variétés de semences génétiquement modifiées (Zea mays L. lignée MON 810)

Un arrêté National qui ne prend pas en compte les avis de ses instances nationales, créées expressément pour cela, n’est pas DIGNE des politiques qui le proposent à la consultation des citoyens.

L’ANSES et le comité scientifique du HCB ne sont même pas cités. Vous occultez l’avis des experts et des scientifiques qui engagent leur responsabilité vis-à-vis de l’abscence de risque tant sur le plan sécurité alimentaire que sur le plan environnemental. Vous préférez leur opposer des études ponctuelles qui n’ont de valeur que l’inconnu de leurs auteurs. De plus l’étude que vous citez (Campagne et al.) se réfère à un insecte qui se développe sur le maïs, sorgho et canne à sucre en Afrique (Busseola fusca) et n’est pas présent en France !

Ces quelques pseudo-arguments (on pourrait les multiplier), indiquent que vous, politiques, continuez à tromper et à manipuler l’opinion publique sur un terrain clivant et anxiogène (« risque important »…, « mettant en péril »…, « propagation d’organismes nuisibles »…). Dans ce dernier cas vous trompez le public par omission en feignant de ne pas savoir que le développement d’individus résistants n’est pas l’apanage des Plantes Génétiquement Modifiées, mais qu’on en trouve autant avec les variétés classiques et même anciennes.

Cet arrêté est irrecevable sur le plan scientifique. Il l’est également sur le plan juridique (voir les annulations du Conseil d’état). Ce genre de démarche paranoïaque contribue à cliver la société  notamment entre le citoyen et la science, ce qui est grave pour le futur développement de mon pays.

Enfin, ils n’ont pas eu le culot de citer Séralini. C’est quand même un signe… un peu rassurant sur la valeur des élucubrations pseudo scientifiques du triste sire.

Bonne gestion du risque sur ce coup là messieurs les politiques.

J’accepte parfaitement le fait que des individus puissent être opposés à la transgénèse végétale. Pour de bonnes raisons (par conviction…) ou, plus difficilement, pour de mauvaises raisons (par peur, suite à de nombreuses années de manipulation idéologique par exemple…).

Par contre lorsque cette manipulation est érigée en principe de gouvernement par nos politiques depuis de nombreuses années, quelles qu’en soient les « bonnes » raisons, cela devient inacceptable. La situation devient alors intolérable et impardonnable lorsque cette manipulation des esprits repose sur le détournement de résultats scientifiques avérés et sur un caricatural déni du travail de nos experts et de nos scientifiques.

    La recherche française est discréditée et bafouée.

L’exemple est donné au plus haut sommet de l’état. Cela ajoute à la perte de repères du citoyen lambda qui ne croit plus en la science, refuse des choix technologiques pourtant peu risqués et tourne le dos a une croissance maîtrisée.

La boucle est bouclée lorsque l’on voit la baisse très inquiétante des cursus scientifiques en France et le départ de nos chercheurs à l’étranger.

Incohérence des propositions politiques de l’Agro-écologie.

Les biotechnologies végétales sont totalement absentes de la prochaine « loi d’avenir sur l’agriculture » basée justement sur ce concept d’agro-écologie. Or, seule la culture de variétés issues de ces technologies permettra de réduire  l’utilisation des produits chimiques ou biologiques. Aujourd’hui, les maïs Bt constituent de loin la meilleure solution pour lutter écologiquement contre les principaux ravageurs du maïs (Mon 810 contre pyrale, MON 863 contre Diabrotica).

Par pur dogmatisme, ces opportunités d’améliorer environnement, biodiversité et santé du consommateur sont interdites en France

Projet d’arrêté

OGM, la question politique – Marcel Kuntz, janvier 2014 – Presses universitaires de Grenoble dans la collection Rien d’impossible

Plantes génétiquement modifiées – Académie d’agriculture (groupe de réflexion)

Analyse de la proposition de loi Fauconnier contre le maïs génétiquement modifié MON 810 – Marcel Kuntz, AFIS 14 février 2014

Lettre adressée au gouvernement – Georges Pelletier AFBV, 20 février 2014

Pourrons-nous vivre sans OGM ? Yvette Dattée et Georges Pelletier, février 2014 aux éditions Quae