Category: Peinture


L’impressionnisme est né en Normandie
Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, musée Marmottan, Paris – France
 
Claude MONET, La Seine à Rouen, 1872, Shizuoka Prefectural Art Museum
 
Impressions au soleil levant – Rouen, Armada juillet 2008 
 
Le festival Normandie Impressionniste 

 se déroule de juin à septembre 2010 à travers toute la Normandie et à Rouen en particulier. Il dévoile l’impressionnisme sous toutes ses formes. La peinture sera bien sûr à l’honneur, mais également art contemporain, musique, cinéma, théâtre, danse, photographie, vidéo, littérature, conférences, son et lumière, déjeuners sur l’herbe, guinguettes… le festival Normandie Impressionniste propose une programmation diversifiée, ouverte à toutes les formes d’expression artistique.
Tête de proue du festival, l’exposition très attendue « Une ville pour  l’Impressionnisme, Monet, Pissarro, Gauguin à Rouen » proposée par le musée des Beaux-Arts de Rouen présentera un ensemble exceptionnel d’œuvres en provenance de collections publiques et privées du monde entier, dont plusieurs pièces maîtresses encore jamais montrées en France.  

D’autres expositions impressionnistes se déroulent également au Grand Palais et au musée Marmottan à Paris, dont les responsables n’ont malheureusement pas pu s’entendre pour regrouper les toiles dans un seul lieu ! Rouen Impressionniste sera également relayée sur les Champs Elysées et à Deauville par une exposition itinérante d’oeuvres reproduites en grand format.

Cette exposition terminera dans les jardins du Palais Royal à Paris à la fin du festival.

       
"Camille", un clin d’oeil à Pissaro, sur le pont Boieldieu
 
 "Camille" est une structure en bois de 110 tonnes, faite de tasseaux enchevêtrés, réalisée par l’architecte Belge Arne Quinze.
Cette oeuvre qui sera démontée à la fin du festival emprunte l’ensemble de la voie du pont Boieldieu, un des nombreux ponts qui enjambent la Seine à Rouen le rendant ainsi momentanément piéton.
 
 
L’édification de cette oeuvre a été réalisée avec la collaboration d’étudiants de l’école d’architecture de Rouen. Ce qui a permis à Maxime Curé, ses copains et copines, de transpirer pendant les quelques jours de forte chaleur qui ont présidé à son montage.
 

 
"Nuits impressionnistes" sur la façade du Palais des Beaux arts

Superbe spectacle son et lumières sur les trois parties de la façade du musée des beaux arts. 10 minutes en boucle d’un montage photos aux effets saisissants et jolie musique.
Tous les soirs à la tombée de la nuit.

 

 

 

 

 

 Voir mon billet de présentation "Une Armada de l’impressionnisme" de janvier 2009.

Choqueuse, Fretoy, Gremevillers… de jolis noms aux confins de la Picardie de l’Oise et du Pays de Bray en Seine Maritime.
 
La Ferme

C’est à l’ouest de ce fertile Plateau Picard qu’un jour de 1860, l’arrière grand père implante la ferme familiale. Corps de ferme clos par les batiments eux mêmes. D’anciennes étables vraisemblablement antérieures, dont les murs sont en lattis et torchis ferment la face ouest. Granges, étables, bergeries, porcheries, mare recolonisée récemment par des poissons apportés vraisemblablement sous forme d’oeufs par des hérons s’ordonnent autour de la cour. Le porche permet un passage charretier conséquent. Une mention toute particulière pour les deux imposantes granges de l’aile Nord, nommées Magenta et Solférino en référence à leur date de construction. Granges remarquables par leur hauteur et leur portée de 12,5 mètres d’un seul tenant dans un parfait état. Les récoltes étaient gerbées par un système dit de "chaises". Il fallait alors 8 personnes pour atteindre le sommet de l’édifice.

  

C’est dans ces lieux que quatre générations dont trois d’agriculteurs se succédèrent sur une exploitation qui comportait déjà 150 hectares à la fin du 19ème siècle. Au delà des animaux de trait, la main d’oeuvre nécessaire à l’entretien d’une telle surface était à cette époque très importante. La nourrir avec les produits de la ferme était une évidence.
A la limite de la Normandie, la boisson indispensable pour étancher les soifs de ces travailleurs de la terre était le cidre produit à partir des pommiers implantés dans les vergers. D’ailleurs en Normandie on fabrique toujours la "boisson" (du même nom) qui est du cidre pur jus allongé d’eau.

 

La table de grand père
 
Les  grands parents, une fille et vraisemblablement un ouvrier et un visiteur à l’ample serviette empesée…

 
La Cave à Couleurs
 Ici, sur l’exploitation de la rue du Bout d’en Bas, le cidre et la boisson étaient élaborés dans une cave voûtée située sous le logis des propriétaires. Cette cave abritait d’énormes barriques aujourd’hui disparues et était pourvue d’un système astucieux de drainage et d’évacuation des lies et autres eaux de rinçage et de nettoyage, que l’on perçoit encore.
C’est cette cave que Jacques transforma il y a quelques années en Cave à Couleurs que j’ai toujours plaisir à visiter, alors que sa production de toiles commençait à devenir conséquente.

L’artiste, Peintre Picard, détaillant ses oeuvres dans la Cave à Couleurs

Plafonds enduits et murs en briques devenus aujourd’hui Cimaise
 
 L’oeuvre

Jacques a le regard du paysan sur les êtres et les choses de la nature et de la vie. Il retranscrit comme un naturaliste décrivant tous les détails de sa découverte. Il ne triche pas avec son sujet, tout en contrastes lumières vives et couleurs chatoyantes.
Les sujets préférés de notre peintre Picard : les paysages, les campagnes, les cultures du plateau, mais aussi les petits ruisseaux, lavoirs et plairies du Pays de Bray ou du Pays de Thelle avoisinants. L’architecture Picarde n’est pas en reste : chateaux, églises ou jolies demeures, mais aussi maisons plus modestes attestant des techniques anciennes comme les colombages et le torchis… Il sait également être méditerranéen, montagnard ou marin lorsque ses voyages l’emmènent vers le sud. Les animaux de la ferme, le cheval et enfin les portraits et nus complètent la palette éclectique de notre artiste.
 
    
 

 
 L’atelier du peintre Picard
 Jacques Maumené a adopté une technique spécifique puisqu’il peint à partir de ses propres diapositives. Il est adepte exclusif de l’huile. Son chevalet ne quitte pas le salon… mais le peintre parcourt inlassablement, avec son appareil photo, les paysages et les villages de la région. Voiture, scooter, quad, rien ne l’arrête ! 

 

L’ouvrage est sur le chevalet… et c’est le 441 ème qui est en train de prendre forme sous nos yeux.

 

 

De juin à septembre 2010

La Normandie, berceau de l’impressionnisme et sujet de nombreux tableaux d’exception…

« Sous les pommiers de la ferme Saint-Siméon à Honfleur où Eugène Boudin a attiré tous ses amis peintres… Sur les bords de mer, au fil des plages calvadosiennes et au gré des falaises cauchoises où les Courbet, Manet, Degas et autres ont défilé… Au balcon d’une chambre d’hôtel au Havre comme devant la cathédrale de Rouen, où Claude Monet a planté et replanté son chevalet… Sur les hauteurs au-dessus de la Seine où le jeune Paul Gauguin s’était tant inspiré des leçons de Camille Pissarro… Dans les villas de Dieppe où Auguste Renoir et Edgar Degas retrouvaient leurs riches connaissances… Dans le grand jardin de Giverny où Claude Monet était véritablement obsédé par ses nymphéas… »

 

Pour rappeler tout ceci une manifestation de grande ampleur est prévue entre juin et septembre 2010 dans différents lieux emblématiques normands, où tous les peintres d’hier et d’aujourd’hui se sont essayés à capter cette lumière si particulière à notre région. 

 

Pour mener à bien cette « véritable Armada de l’impressionnisme sur toute la normandie » l’association Normandie Impressionniste a été créée le 26 janvier 2009, avec comme président Pierre Bergé.

« Ce qui me séduit le plus, c’est que toute une région réponde à cet appel, confie Pierre Bergé. C’est par ailleurs un projet magnifique qui présentera les grands, comme les petits, maîtres du genre, mais fera aussi intervenir des artistes contemporains. Il va même au-delà de la peinture puisqu’il s’intéresse aussi à l’impressionnisme sous d’autres formes artistiques comme la musique, la danse, le théâtre… »

 

http://www.agglo-rouennaise.fr/index.php?page=actualites/affiche_detail_actu.php&ida=403

http://info.normandie-magazine.fr/index.asp?ART_ID=29895&Cent+chefs%2Dd%92%9Cuvre+impressionnistes+%E0+Rouen+en+%E9t%E9+2010  

http://lesamisdelecolederouen.over-blog.com/

 

 

 Et encore…

 

 

Un hommage à Léonard BORDES, du 16 janvier au 8 février 2009 à l’office de tourisme – Place de la cathédrale – Rouen, salle Georges d’Amboise 1er étage.

 

 

 

C’est d’une des fenêtres de cette jolie salle que Monet a peint une grande partie de ses cathédrales.

 

Une photographie prise cet après midi par une belle lumière d’hiver en la

charmante et passionnante compagnie de Madame Evelyne Née, organisatrice de

cette manifestation. Une idée actuelle de ce que pouvait voir Monet qui a peint une

bonne partie de ses cathédrales depuis cette fenêtre exactement.

 

Léonard Bordes et la neige…

Léonard Bordes est un peintre très représentatif de « l’Ecole de Rouen ». Né a Paris en 1898 dans une famille de musiciens, sa mère était pianiste premier prix de conservatoire et son père violoncelliste de talent. Très jeune, il arrive à Rouen ou il entame une double carrière artistique, puisqu’il est lui même violoncelliste au théâtre des arts à Rouen et que le reste de son temps il le consacre à la peinture. Il suit les cours de Zacharie à l’école régionale des Beaux Arts de Rouen. C’est un peintre prolifique… 10 000 toiles, un peintre de plein air qui n’a pratiquement jamais peint en atelier « traducteur des aspects neigeux et de la sourde mélancolie de nos paysages normands » (Maurice Louvrier). Il meurt à l’hopital Charles Nicolle à Rouen en 1969.

Neige à Rouen ?

Le tableau ci dessous n’a pas de titre et n’est pas daté. C’est une huile sur papier marouflé monté sur un panneau d’isorel. Je l’avais préalablement  intitulé « Neige au Mont Gargan »… mais des avis autorisés m’ont suggéré qu’il s’agissait plutôt d’une petite rue « en ville » peut être autour du Boulingrin ou du quartier des Grieux. C’est dans les quartiers populaires que Bordes installe son chevalet. Darnétal, le Mont Gargan, la côte Sainte Catherine, le faubourg Martainville à Rouen… sont ses sites privilégiés. « Il excelle à les traduire, à les multiplier de la façon la plus émouvante, avec son âme et son coeur mordu de froid »

Neige à Rouen - 1950...?, rue de Bellevue... ou Francis Yard...?

Merci de bien vouloir mettre en commentaires vos suggestions.

Une autre huile que j’aime également beaucoup pour son contraste saisissant :

Neige dans la plaine

Mise à jour du 11 février 2012… Léonard Bordes aurait certainement apprécié cet hiver et particulièrement ce mois de février 2012 qui voit la neige « tenir » depuis une dizaine de jours avec des températures minimales de l’ordre de – 10 °C, ne remontant pratiquement pas au dessus de zéro. Cet épisode glacial dû à la descente de l’anticyclone Sibérien au dessus de l’Europe de l’ouest fait suite à un épisode pluvieux lui aussi exceptionnel puisqu’il est tombé en décembre 2011 et janvier 2012, 325 mm d’eau à Rouen, soit en deux mois la moitié de la pluviométrie d’une année normale.

Et pour terminer un magnifique ouvrage, que je viens enfin de dénicher, rédigé vers la fin des années 80 par Robert Evreux , un médecin passionné par l’oeuvre et la vie de Léonard Bordes. Cet ouvrage est malheureusement épuisé, peut être sera-t-il réédité un jour. L’artiste le mérite.

Jaquette représentant une "Neige au Mont-Gargan (rue José-Maria-de-Hérédia)