Category: Réchauffement climatique


Le G7, une manifestation au sommet paraît-il, organisée cette année en France par le Président Macron, fièrement installé dans son « époque progressiste », maniant « l’urgence climatique » et l’apocalypse comme seul horizon pour le futur. Ceci est révélateur de l’évolution de notre société : présentisme et immédiateté (« urgence climatique »…), proximité (information, réseaux sociaux…), autant de caractéristiques auxquelles certains, de plus en plus nombreux et notre président en tête, souhaitent que la science se plie. Or la démarche scientifique s’inscrit le plus souvent sur le long terme et la vérité scientifique ne découle pas d’un consensus social.

Amazonie

Voyez donc ce tweet qui a enflammé les esprits ce Week end en avant première du G7 d’août 2019 à Biarritz

 

Emmanuel Macron sait parfaitement que ses annonces prennent beaucoup de distance avec la vérité scientifique. Annonces que je qualifierai volontiers de fake news, qu’il a pourtant lui même combattues en légiférant… surtout pour celles qui s’écartent trop du politiquement correct.

Mais ce n’est pas son problème, PARCE QU’IL « FAIT » DE LA POLITIQUE ! Le simple citoyen n’y comprend plus rien, que ce soit pour celui qui essaie de réfléchir un peu, ou pour celui qui se laisse désinformer et manipuler par une presse relayant aisément toute information apocalyptique.

On ne peut nier l’habileté politique de Macron autour de ce G7 (invitation de Poutine à Brégançon en avant première, invitation surprise d’un ministre Iranien, remise en question de l’accord du Mercosur …). L’habileté médiatique également (?), quasiment théâtrale, qui avec ce tweet a abouti à une avalanche d’articles, de photos, d’avis de personnalités de tous horizons sur les incendies en Amazonie. Et « l’urgence » climatique : « Notre maison brûle… » en référence au réchauffement climatique et a la fameuse déclaration de Chirac en septembre 2002 à Johannesburg, lors du sommet de l’ONU sur le développement durable, déjà sous la malveillante influence de Hulot. C’est bien là que sur le plan des faits et de la science il y a  désinformation et manipulation de la part de celui qui souhaite porter le drapeau mondial de l’écologisme (occidental) :

foret

Pourquoi l’Amazonie flambe t’elle ?

L’Amazonie brûle en août et septembre, puis les incendies décroissent généralement au fur et à mesure que l’été de l’hémisphère sud se déroule. Ces flambées sont aggravées par la sécheresse provoquées certaines années par le phénomène météorologique El Niño. La première cause de ces flambées sont des brûlis volontaires, par les agriculteurs afin de gagner du terrain pour la culture et l’élevage. Mais une grande partie des terres qui brûlent ne participe pas à la déforestation. Ce ne sont pas des forêts anciennes qui brûlent, mais des terres qui ont déjà été défrichées et mises en culture les années précédentes.
Il est courant pour les agriculteurs des zones tropicales de brûler leurs champs pour lutter contre ravageurs, maladies et mauvaises herbes ce qui autorise de meilleurs rendements dans l’année qui suit.
Ce sont des usages millénaires pratiqués partout dans le monde, chez nous au 19ème siècle et encore aujourd’hui en Corse. C’est ce que l’on appelle l’écobuage (la cendre est un bon fertilisant).

Amazone déforestation

Une évaluation plus complète de la déforestation amazonienne au Brésil (source : WUWT)

Il n’y a pas de crise particulière en 2019. Globalement les incendies récurrents de l’Amazonie ne sont, pour ce début d’été amazonien, ni plus intenses ni plus importants que ceux actuellement observés dans l’hémisphère sud. Ils sont comparables aux incendies du nord de l’Australie et bien moins importants que les brûlis africains. D’ailleurs les niveaux de déforestation actuels sont bien inférieurs à ceux des années antérieures, bien que l’on observe une certaine reprise depuis le creux des années 2012 – 2013. Cela démontre en quelque sorte que l’action actuelle du gouvernement brésilien, ne se démarque pas de celle de ses prédécesseurs… Ceci dit les deux Présidents français et brésiliens n’ont pas été à la hauteur des enjeux dans cette joute stupide initiée par Macron à l’occasion de ce G7.

Une posture politique plus qu’un problème environnemental

Le tweet de Macron ne désigne pas explicitement le Brésil en parlant de la forêt amazonienne. Mais on aura compris qu’économiquement c’est le Brésil qui compte et c’est de plus une super puissance agricole. Lorsque Bolsanaro s’exprime à Davos en janvier dernier en disant que « la protection de l’écosystème unique de son pays doit être compatible avec la croissance de l’économie », cela insupporte les verts occidentaux progressistes du camp du bien, que Macron courtise plus que jamais, prochaines élections obligent. Le profil politique du très à droite Bolsanaro en fait une cible de choix, bien plus qu’Evo Morales, le président socialiste de la Bolivie voisine. La Bolivie occupe 10.2 % de la forêt amazonienne, mais concentre 26.3 % des feux en 2019 ! Là encore Evo Moralès ne suscite pas la même antipathie que Jaïr Bolsanaro… Il suffit pour s’en convaincre de parcourir l’article dithyrambique du Monde du 22 août vantant la popularité, la réussite économique de l’ancien cultivateur de coca en campagne électorale. Dans le même temps la forêt amazonienne Bolivienne, brûlait à un rythme trois fois supérieur à celle du Brésil, mais pas un mot sur le sujet.

Manipulation

La photo du tweet de Macron est vieille de 16 ans… pour représenter la situation actuelle !

Cette photo a été prise par Loren McIntyre un journaliste américain décédé en 2003… On peut l’acheter ici : Alamy.com/stock-photo… Comme remarqué précédemment, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’Amazonie brûle et les incendies actuels n’ont rien d’exceptionnel. Bien entendu et dans l’absolu tout ceci n’est pas souhaitable, mais c’est un fait établi depuis qu’on observe les incendies par satellite.

Hystérie de la presse et des réseaux sociaux

Bref, tout ceci ne justifie, ni de décréter une situation de crise en invoquant l’urgence, ni l’hystérie qui s’empare comme à chaque fois des médias et des réseaux sociaux. On notera également, comme le remarque dans une interview parue dans l’Obs de Martine Droulers, géographe, chercheuse émérite au CNRS, responsable de l’équipe « Brésil » au Centre de recherche et de documentation sur l’Amérique Latine (CREDAL) : « Environ 50 % de la forêt est désormais sous un statut de protection nationale. Cette surface est partagée entre réserves indiennes et écologiques. Donc la moitié de l’Amazonie ne sera pas, ou très peu, sujette à la déforestation. Certains s’y risquent, mais les amendes sont sévères ». Nous sommes loin de l’affolement actuel sur une situation qui, si elle n’est pas idéale, n’est pas non plus la catastrophe irrémédiable clamée partout.

Tout ceci est l’illustration d’une pseudo crise montée de toutes pièces, dans le cadre plus général de l’idéologie climato-politique dominante, à l’image de l’invitation de Greta Thunberg à l’Assemblée Nationale ce même mois d’août et le 23 septembre prochain au sommet climatique de l’ONU à New York.

Erreurs et fake news

Revenons au tweet anxiogène de Macron : « L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu » ! Mais d’où tient-il cette information fausse ? Il semblerait que les sources utilisées pour ce tweet soient issues de plusieurs publications d’ONG (WWF, Greenpeace…) dont on ne peut pas dire que l’objectivité scientifique soit leur point fort…

  • L’Amazonie « poumon de la planète » : une formule médiatiquement percutante mais scientifiquement fausse.

Relativisons déjà dans un premier temps : même si la forêt amazonienne est immense, elle ne représente que 10% de la surface forestière de la planète.

Rainforest Queensland Australie – Embouchure de la Daintree river

Le poumon est un terme consacré au monde animal : c’est un organe qui absorbe par la respiration l’oxygène (O²) de l’air pour le transformer en CO² qu’il rejette dans l’atmosphère. Un poumon ne produit donc pas d’oxygène et l’Amazonie qui rejetterait dans l’air selon le tweet de Macron 20% de notre oxygène ne peut donc pas être un « poumon ».

Dans le cas des végétaux chlorophylliens comme les arbres de la forêt amazonienne ou de nos forêts Européennes, c’est un peu plus compliqué :

 

1. La photosynthèse utilise le CO² de l’air pour produire de la matière organique (glucose) et de l’oxygène.                                                                         

Environ 10% de l’énergie lumineuse atteint le sol dans la rainforest

L’équation de la réaction de photosynthèse est la suivante : 6 CO2 + 6 H2O + Energie (lumière) ⇒ C6H12O6 (glucose) + 6 O2 (oxygène)

La photosynthèse permet, grâce à l’énergie lumineuse, de transformer le CO² de l’air en matière organique (glucose…) et en oxygène. Mais que devient cet oxygène… le retrouve t-on dans l’atmosphère ? Autrement dit la forêt Amazonienne est-elle productrice nette d’oxygène ?

 

 

2. L’oxygène produit lors de la photosynthèse est utilisé par la respiration cellulaire et la croissance de la plante                                                                                  

L’équation de la réaction de respiration cellulaire est la suivante : C6H12O6 (glucose) + 6 O2 (oxygène) ⇒ 6 CO2 + 6 H2O + Energie (biochimique)

Un Argyrodendron de la rainforest du Queensland en australie. Cette arbre développe, comme beaucoup d’autres espèces, des racines aériennes (Buttress roots) qui s’étalent sur des sols peu profonds et pauvres en éléments minéraux.

La respiration cellulaire a lieu dans les mitochondries des cellules. Elle permet de transformer une partie du glucose produit par le végétal lors de la photosynthèse, en énergie nécessaire au fonctionnement de la cellule.  

L’autre partie participe à la croissance du végétal (synthèse de glucides, de cellulose et de lignine…). Lorsque le végétal est en croissance, la production de matière organique permet à l’oxygène de s’accumuler. Au cours de cette croissance l’arbre va produire des feuilles, des fruits, des branches qui vont tomber sur le sol, de même qu’en fin de vie c’est l’arbre entier qui tombera au sol.

 

3. En fin de vie du végétal l’oxygène se retransforme en CO²

Cette matière organique s’incorporera plus ou moins lentement au sol et sera consommée par des microorganismes divers (champignons, xylophages, termites…). On dit alors qu’elle se minéralise ou qu’elle s’oxyde en consommant l’oxygène stocké, produit pendant la croissance, tout en relarguant du CO² et / ou du méthane dans l’atmosphère. A la fin de la décomposition du végétal, tout l’oxygène fabriqué au cours de la vie du végétal aura été réutilisé.

On considère qu’une forêt est arrivée à maturité au bout d’une centaine d’années en gros. C’est largement le cas de la forêt Amazonienne, dont la biomasse ne croit pas, où il y a autant d’arbres qui se développent que d’arbres qui meurent. Photosynthèse, respiration et minéralisation s’équilibrent et le bilan CO²/O² est nul. IL N’Y A PLUS DE PRODUCTION NI DE STOCKAGE, NI D’O2, NI DE CO2 !

  • « L’Amazonie produit 20% de notre oxygène » erreur et fake news totale !

La situation décrite ci dessus n’est cependant pas tout à fait exacte. En effet, une partie de la matière organique (bois mort, arbres…) ainsi produite par photosynthèse peut être soustraite de la forêt et emmenée (charriée) par les fleuves (Rio Negro, Madeira, Amazone…) jusqu’au delta marin et se sédimenter à l’abri de l’oxydation. Mais les scientifiques considèrent le phénomène comme marginal (combien…?), et il est bien difficile de trouver des chiffres rationnellement établis sur le sujet… sauf chez WWF, Greenpeace et autres ONG activistes, mais sans aucune validation sérieuse. De toutes façons on est très loin des 20% avancés par Macron. D’ici à ce que Macron et ses conseillers utilisent les chiffres de ces ONG plutôt que ceux des scientifiques qui ont véritablement étudié la question, il n’y a qu’un pas que je franchis aisément… à moins qu’il n’ait été convaincu par les  palabres gratuites des Di Caprio, Ronaldo, Madona et autres spécialistes du sujet comme Greta Thunberg !

NB : Ce phénomène de séquestration de la matière organique par sédimentation, qui peut expliquer l’infime pourcentage d’oxygène relargué par la forêt actuelle, correspond exactement à ce qui s’est passé, à une échelle plus importante, lorsque les dépôts de charbon ou de pétrole se sont constitués (pour le pétrole, cependant, ce ne sont pas les forêts mais du plancton qui s’est enfoui dans les sédiments argileux au fond des mers). A l’époque carbonifère, qui commença il y a près de 400 millions d’années, d’énormes quantités de végétaux poussèrent un peu partout sur notre planète. Dans les marécages d’alors une proportion non négligeable s’est trouvée fossilisée et transformée peu à peu en lignite, puis en charbon. C’est cette matière organique produite en grande quantité, non oxydée à l’époque, que nous utilisons aujourd’hui pour nos besoins énergétiques… en produisant du CO² dit anthropique. C’est ce même mécanisme qui est à l’origine de l’accumulation à cette époque de l’oxygène dans l’air, faisant qu’aujourd’hui il représente 21% du volume d’air que nous respirons. Ce taux est d’ailleurs stable depuis quelques dizaines de milliers d’années.

Désinformation sur toute la ligne

Toute cette agitation conduit dans le grand public à des amalgames erronés qui deviennent vite des vérités dans l’opinion :

La forêt Amazonienne ne brûle pas à cause du réchauffement climatique, mais à cause de la démographie !

Le réchauffement climatique à l’origine des incendies de la forêt amazonienne constitue opinion fausse mais très répandue dans l’opinion publique. Opinion fausse savamment entretenue par des activistes et ONG de tous poils. Le réchauffement est d’ailleurs plus faible dans la zone intertropicale que dans beaucoup d’autres régions du monde.. La raison essentielle est liée à l’agriculture et à la mise en culture des terres pour nourrir le Brésil et la population mondiale croissante.

C’est d’abord un problème démographique dont il s’agit.

Comment Macron peut-il, comme un piètre activiste, parler « d’urgence climatique » alors que le problème démographique ne peut se traiter raisonnablement qu’à long terme ?

La production de Soja et de canne à sucre, l’élevage dans une moindre mesure, bref la production agricole sont une formidable opportunité de développement pour le Brésil. Le développement économique (et culturel) est la seule solution qui permette sur le long terme de faire baisser la démographie. Oui ces humains ont, comme nous l’avons fait, besoin de se développer et le même droit d’exploiter leurs ressources naturelles comme nous ne nous sommes pas privés de le faire… Et c’est une chance pour nous occidentaux à l’impérative condition de ne pas décroître nous mêmes.

Comment Macron peut-il, au delà de l’ingérence de souveraineté, interdire au Brésil de substituer sa forêt aux cultures, alors que dans le même temps en France on assiste à une artificialisation des terres (création de routes, aéroports, logements, zones commerciales… se substituant à des terres agricoles) sans précédent depuis de nombreuses années ?

Un « poumon » qui n’absorbe ni ne produit d’oxygène !

Nous avons vu précédemment que la notion de « poumon vert » ou « poumon de la planète » n’est qu’un mauvais symbole sur le plan de l’exactitude scientifique, mais c’est une image qui marque l’opinion publique tout en la dupant et en la désinformant. La forêt amazonienne n’est pas productrice nette d’oxygène.

Plutôt que de parler de l’oxygène à propos des incendies de la forêt amazonienne, il eût été plus juste de mentionner le relargage de CO². Mais là encore le CO² relargué dans l’atmosphère lors de la combustion du bois n’est que du CO² capté quelques dizaines ou centaines d’années auparavant lors de la photosynthèse et de la croissance des arbres. Lors des incendies de la forêt amazonienne, le CO² rejeté n’est autre que celui absorbé auparavant. Le bilan au niveau de l’atmosphère est nul.

La forêt amazonienne n’est donc pas non plus le puits de carbone auquel on veut nous faire croire car la biomasse totale de ce système végétal est constante. La forêt tropicale produit au mieux 1 à 2 tonnes de bois par an quand il est exploitable. Par contre les plantations de palmier à huile (5 à 6 tonnes d’huile) ou de canne à sucre (60 tonnes de cannes) produisent en quelques années une biomasse 10 ou 20 fois plus importante que celle produite par la forêt avec un bilan carbone de toute évidence au moins équivalent.

Ce n’est pas un problème climatique, mais bien d’une question environnementale dont il faut se préoccuper

La déforestation partielle de l’Amazonie pour sa mise en culture ne modifiera en aucun cas le bilan carbone de la planète, ni la teneur en oxygène, ni même sa teneur en CO² et les conséquences sur le climat global de la Terre sont négligeables.

Par contre il semble bien plus important de se préoccuper et de maintenir au maximum les réservoirs de biodiversité des écosystèmes de la forêt amazonienne. C’est ainsi que la déforestation et l’exploitation du bois doit être raisonnée, planifiée plutôt qu’une exploitation anarchique laissée à des aventuriers à la recherche d’une fortune éclair qui tronçonnent à tout-va sans se préoccuper de la pérennité des ressources. Comme l’attribution récente à des entreprises minières de 360.000 ha de forêt en Guyane, en Amazonie française…

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Je reproduis ici un article de Rémy Prud’homme, le jour même ou le Conseil d’administration d’EDF vient de signer, sous la pression de Hollande et Royal, son engagement dans le processus de fermeture de la centrale de Fessenheim.

Edifiant !

Rémy Prud’homme est climato-réaliste : j’en ai parlé ici à propos d’un de ses derniers livres : « L’idéologie du réchauffement ». Voir ici son CV et ses publications

L’article de Rémy Prud’homme :

Les surlignages et gras sont de mon fait.

Par énergies renouvelables il faut comprendre le renouvelable intermittent (solaire et éolien), celui qui par l’intermédiaire de la CSPE me coûte aujourd’hui sur ma facture EDF 2,25 centime d’€ en plus par kWh consommé.

Pour la comparaison des coûts des installations, il s’agit des coûts de construction.

Le semaine du 16 au 20 janvier a été marquée en France par une vague de froid, et donc par une augmentation de la demande d’électricité. La ministre de l’Environnement a déclaré le 18 janvier : « aujourd’hui, l’éolien et le solaire vont produire l’équivalent de 8 réacteurs nucléaires ». Elle s’appuie sur cette « constatation » pour conclure qu’il y a trop de nucléaire en France. Sa petite phrase est un gros bijou de désinformation. Elle mérite d’être analysée avec soin dans les écoles d’administration et de journalisme où l’on enseigne le mensonge (pas pour préparer nos élites à le pratiquer, bien sûr, mais pour mieux les en protéger). Cette déclaration, brève comme un tweet de Donald Trump, est en effet un bel exemple de la combinaison d’au moins trois techniques de désinformation.

La première est le mensonge simple. Un réacteur nucléaire de 1,2 GW produit en 24 heures 29 GWh. Le 18 janvier, l’éolien et le solaire ont produit 125 GWh. Chacun peut le vérifier en deux clics sur le site de RTE (qui, félicitons-le, publie la production de chaque filière pour chacune des heures de l’année). Nos renouvelables ont donc produit ce jour-là autant que 4,3 réacteurs. Transformer 4,3 en 8, ce n’est pas arrondir, c’est tricher. Mais pourquoi la ministre se gênerait-elle ? Elle sait qu’aucun média ne se donnera la peine de vérifier, et que tous reprendront son affirmation – ce qui s’est effectivement produit. Mais ceci n’est qu’un début, et l’art de la désinformation va bien au-delà du mensonge grossier.

La deuxième technique est le mensonge par sélection. Elle porte ici à la fois sur le choix du jour, et sur le choix du moment. La ministre donne un chiffre (faux, on l’a vu) pour le mercredi 18 janvier. Ce fut, du point de vue des renouvelables, le meilleur jour de la semaine. Une présentation plus honnête considérerait tous les jours de la semaine: on y verrait que la production des renouvelables a été en moyenne égale à celle de 3 réacteurs.

Surtout, le problème posé par une vague de froid est évidemment celui des pointes de la demande, et de la façon d’y faire face. Les chiffres significatifs se rapportent à la production des renouvelables à ces heures-là, pas à celle de la journée toute entière. Ils sont également disponibles sur le site de RTE. La production des renouvelables aux heures de pointes (qui ont eu lieu à 19 heures quatre des cinq jours de la semaine considérée), a été en moyenne égale à celle de 2,9 réacteurs nucléaires. Ca aurait pu être bien pire. A 19h en janvier, la production d’électricité solaire est toujours égale à zéro. En fait, nous avons eu cette semaine-la la chance d’avoir du vent, et donc une production éolienne assez soutenue.

La troisième technique de désinformation est le mensonge par omission. La ministre écarte toute référence au coût des filières qu’elle compare : cachez-moi ces euros que je ne saurais voir. Les installations solaires et éoliennes installées en France ont coûté un peu moins de 50 milliards d’euros. Selon la Cour des Comptes, les installations nucléaires ont coûté 83 milliards (en euros constants de 2010). Aux heures de pointe de la semaine les 50 milliards investis dans les renouvelables ont produit en moyenne 3,5 GWh, et les 83 milliards investis dans le nucléaire 56 GWh. Il fallait tout juste 10 fois plus d’investissement dans les renouvelables que dans le nucléaire pour produire la même quantité d’électricité.

La ministre, qui méprise sans doute les ingénieurs autant que les comptables, se garde bien de mentionner la durée de vie des investissements qu’elle compare. Celle d’un investissement éolien ou solaire est d’environ 25 ans. Celle d’un investissement nucléaire est d’au moins 50 ans. Prendre en compte ce détail divise simplement par deux l’intérêt relatif du renouvelable.

Au total, on a – au service de la bonne cause – une affirmation carrément fausse, deux choix arbitraires ou indéfendables, et deux omissions grossières. Ignorance ou cynisme ? On ne sait pas (et on ne sait d’ailleurs pas lequel des deux serait le plus déplorable).

Etonnez-vous du peu de crédibilité des politiciens et des médias.

Merci à Remy Prud’homme de mettre en exergue de façon magistrale l’irresponsabilité, une fois de plus, de Mme Royal.

Lors des 15ème Rencontres FARRE (Forum pour une Agriculture Raisonnée et Respectueuse de l’Environnement) dont l’annonce était : « La Science : alliée ou ennemie de l’agriculture ? », le philosophe Luc Ferry est intervenu dans le cadre d’un exposé intitulé « Science et technologie : entre doute et espoir ».

Les lecteurs habituels de ce blog connaissent mon admiration pour la vision fine et intelligente qu’il pose sur l’évolution de notre société et l’admirable clarté avec laquelle il expose ses idées. Ils ne seront donc pas étonnés si j’en tire ci-dessous de larges extraits qui me semblent parfaitement illustrer le « paradoxe assez fou » dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Paradoxe d’une Science, vitale, qui aujourd’hui inspire la peur

 Luc FERRY

Plus que jamais nous avons besoin de l’agriculture, mais aussi d’une réconciliation entre la science et l’agriculture, parce que l’augmentation de la productivité devient vitale, et c’est par la science qu’elle se fera.

Il y a là évidemment un paradoxe immense, parce que pèse sur la science aujourd’hui, un doute, un scepticisme, une inquiétude, pour ne pas dire une peur.

Commentaires personnels

L’augmentation de la productivité est vitale pour la planète. Mais c’est aussi et surtout  l’amélioration de la compétitivité de notre agriculture qui est vitale pour l’économie de notre pays.

L’agro-industie, un secteur économique vital pour l’économie française.

Nous avons vécu dans la vieille Europe une véritable  déculpabilisation de la peur. 

  Luc FERRY

Quand j’étais petit, ce qu’on nous disait à l’école comme à la maison, c’était «un grand garçon, une grande fille, ça n’a pas peur». Grandir… c’est être capable de quitter ses parents, ne plus avoir peur du noir […] La peur était présentée comme une passion honteuse et confuse, infantile.

Or aujourd’hui sous l’effet de l’écologie politique […] on a vu la peur changer complètement de statut. Le sage était celui qui avait d’abord et avant tout vaincu les peurs. La peur aujourd’hui est passée au statut de premier pas vers la sagesse.

« L’euristique de la peur » – Hans Jonas

Luc FERRY

Dans le livre du philosophe allemand Hans Jonas, «Le principe responsabilité», il y a un chapitre très intéressant : «L’euristique de la peur». […]

L’idée qui est derrière est que la peur va nous faire prendre conscience des menaces qui pèsent sur le monde, sur l’environnement et du coup, la peur devient une passion non plus honteuse et infantile mais une passion positive puisque c’est le premier pas vers la sagesse comprise comme le principe de précaution.

Et à coup de films éco-catastrophiques, les films d’Al Gore, de Nicolas Hulot, de Yann Arthus-Bertrand, on essaie de faire peur aux populations pour qu’elles prennent conscience des menaces qui pèsent sur le monde, sur l’environnement, sur la politique aussi.

 Commentaires personnels

Dans le cadre de la Peur Climatique, il suffit de se rappeler la phrase du 1er Président du GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat), Sir John Houghton, proférant que : « Si nous n’annonçons pas de catastrophes, personne ne nous écoutera ! ». Toute la philosophie actuelle du GIEC se trouve résumée dans ces paroles.

Rupture avec les Lumières

 Luc FERRY

On a là une véritable rupture avec le 18e siècle, avec ce moment où on voit apparaître pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la science moderne, la révolution scientifique, ce qu’on a appelé les Lumières. Cette révolution scientifique, qui naît au 17ème siècle et qui s’épanouit au 18ème siècle, c’est l’image de la lutte de la science contre l’obscurité, contre l’obscurantisme du Moyen-âge, contre l’alchimie, contre l’animisme.

Nous avons là un renversement de situation qui est extrêmement étonnant, qui est presque unique dans l’Histoire. Au 18ème siècle on est profondément optimiste face à la science, on pense que la science va apporter le progrès des connaissances, le progrès de la civilisation. Un événement va marquer tous les esprits à l’époque, en 1755, c’est le fameux tremblement de terre à Lisbonne. Il y a entre 50.000 et 100.000 morts dans la journée. Tous les grands esprits en Europe, Voltaire en premier, vont écrire sur ce tremblement de terre et développer le fait que la nature, c’est l’ennemi, il faut la maîtriser, la civiliser, l’humaniser. On pense que grâce aux progrès des sciences et des techniques, on va pouvoir émanciper l’humanité, la rendre plus libre et plus heureuse, et que du coup il y aura un progrès dans la civilisation.

Or aujourd’hui, la science fait peur et n’est plus présentée la plupart du temps comme un progrès, mais comme une menace. Il faut essayer de comprendre la racine de ces peurs, pour essayer de faire comprendre à l’opinion publique que nous avons besoin de réconcilier la science et l’agriculture, de réconcilier l’écologie et la science.

Les racines de la peur

 Luc FERRY

Je vois trois raisons de ce divorce entre science et progrès, de cette nouvelle alliance entre science et peur, entre science et risques :

Première racine de la peur : le nazisme

Le premier coup presque fatal porté à l’idée de progrès, c’est le nazisme qui a montré qu’il n’y a pas forcément une alliance mécanique, automatique entre le progrès des connaissances et le progrès de la civilisation, scellant la séparation entre savoir et sagesse.

L’idée qu’a imposé le nazisme est que l’on peut être le pays le plus civilisé du monde, ce qui était certainement le cas de l’Allemagne des années trente, et être le pays le plus barbare de l’histoire de l’humanité. On retrouve cela aujourd’hui, ce qui est fort inquiétant, dans les élites de l’islamisme intégriste: Ben Laden était un homme très cultivé qui avait deux doctorats, dans le FIS (Front Islamique du Salut) en Algérie, vous retrouvez des pharmaciens, des médecins, des scientifiques, pas des sous-prolétaires mais des gens de haut niveau ayant fait souvent des études universitaires très poussées en Occident, aux Etats-Unis ou en Europe.

Incontestablement le 20ème siècle est un siècle extraordinaire en termes de progrès scientifique, personne ne peut le nier. Est-ce que c’est un progrès aussi extraordinaire en matière de morale, d’éthique? On peut être un peu dubitatif.

Deuxième racine de la peur : c’est la perte de contrôle.

Pourquoi 80% de nos concitoyens sont hostiles aux OGM, sans avoir la moindre notion scientifique de ce qu’est un OGM ?

Ils renvoient à un mythe effrayant et célèbre : celui de Frankenstein et de l’apprenti sorcier, c’est-à-dire Promothée. Le mythe de Frankenstein est le mythe de la dépossession qui stigmatise, qui critique l’hubris, l’orgueil, l’arrogance, la démesure de l’être humain qui se prend pour Dieu et s’arroge un privilège qui était donné à Dieu, celui de donner la vie. Le créateur va être dépossédé de sa créature et menace de dévaster la terre, la planète tout entière. Le monstre va échapper au médecin, au scientifique. On applique ce mythe de la dépossession au petit grain de maïs dont le pollen peut être transporté jusqu’à 100 km par le vent et va contaminer les champs environnants. Le docteur Folamour, le scientifique qui a fabriqué l’OGM sera dépossédé lui aussi, comme dans le mythe de Frankenstein de ce qu’il a fabriqué, de la créature qu’il a mise au jour.

Personne n’a jamais démontré la dangerosité des OGM dans leur ensemble. Mais en revanche on peut dire, et d’une certaine manière c’est vrai, qu’il faut les contrôler, ils peuvent nous échapper.

 La troisième origine de la peur, c’est la mondialisation.

Le premier discours véritablement mondial est la révolution scientifique qui traverse les classes sociales et les frontières. La science est révolutionnaire. La science est plébéienne comme dira Nietzsche. Ce discours est alors porteur d’un projet de connaissance mais aussi d’un projet de civilisation, c’est l’optimisme des Lumières. Il s’agit de rendre l’humanité plus libre et plus heureuse. C’est l’idée de progrès qui va dominer l’Europe jusqu’aux années 70.

Puis arrive l’économie mondiale. Il n’est plus question de grand projet humaniste, démocratique, républicain mais d’une compétition ouverte sur le grand large. L’innovation pour l’innovation est devenue la loi absolue de l’économie moderne. Un chef d’entreprise qui n’innove pas est voué à la mort. Nous avançons à une vitesse folle dans un brouillard total. Aucun d’entre nous ne sait quel monde nous construisons ni pourquoi nous y allons. Parce que les foyers de l’innovation, c’est-à-dire les entreprises, les laboratoires, les universités, sont des millions de vecteurs qui forment une immense résultante. La phrase de Marx est plus vraie que jamais quand il disait que «les hommes font leur histoire mais sans savoir l’histoire qu’ils font». Cela fait peur à nos concitoyens.

De plus, dans ce contexte de mondialisation, les leviers des politiques nationales ne fonctionnent plus. Toute décision importante se prend soit au niveau européen, soit au niveau du G20, au niveau d’entité régionale au sens géopolitique du terme, mais pas au niveau national. Que ce soit en bioéthique, en matière de régulation financière ou d’écologie, la question nationale n’a plus de sens aujourd’hui. Voilà l’origine véritable de la peur, c’est le sentiment de dépossession, le sentiment que nos représentants politiques, même les plus puissants, ne représentent pas grand-chose face à cet immense courant d’économie mondialisée qui emporte tout sur son passage.

Et c’est largement lié au fait qu’évidemment la science est associée aujourd’hui dans l’imaginaire public au risque majeur davantage qu’à l’idée de progrès, de liberté et de bonheur.

Actes du colloque 15èmes Rencontres Farre – La science : alliée ou ennemie de l’agriculture ?

Le nouvel ordre écologique – Wikipedia

Luc Ferry. – Le nouvel ordre écologique, Grasset & Fasquelle, 1992 ; réédition Livre de Poche, 2009.

 

Décryptage :

Théorie « carboréchauffiste » du GIEC  : théorie selon laquelle le réchauffement climatique observé au cours du siècle dernier (on ne le mesure plus depuis maintenant plus d’une dizaine d’années) serait dû dans sa quasi-totalité au CO² produit par l’activité humaine. Cette théorie est supportée par des modèles climatiques dont les résultats présentés à tort comme des prévisions s’écartent année après année de la réalité des faits observés.

GIEC : voir mon analyse ici

CLOUD : Cosmics Leaving OUtdoor Droplets (rayons cosmiques créant des gouttelettes). C’est une des expériences en cours de CERN.

L’expérience CLOUD  est menée par une collaboration internationale interdisciplinaire de scientifiques d’Autriche (Université d’Innsbruck et Université de Vienne), de Finlande (Institut finlandais de météorologie, Institut de physique d’Helsinki, Université de Finlande orientale et Université d’Helsinki), d’Allemagne (Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort et Institut Leibniz pour la recherche troposphérique), du Portugal (Université de Beira intérieur et Université de Lisbonne), de Russie (Institut de physique Lebedev), de Suisse (CERN et Institut Paul Scherrer), du Royaume-Uni (Université de Leeds) et des États-Unis d’Amérique (Institut de technologie de Californie).

CERN : Centre Européen pour la Recherche Nucléaire, un des plus éminents laboratoires de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève.

Le CERN est le plus éminent laboratoire de recherche en physique des particules du monde. Il a son siège à Genève. Ses États membres actuels sont les suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Un candidat à l’adhésion : la Roumanie. La Commission européenne, les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, l’Inde, Israël, le Japon, la Turquie et l’UNESCO ont le statut d’observateur.

Pour commencer à comprendre :

Il faut rapprocher « gouttelettes » du mot nuages et de l’importance de ces derniers sur le  réchauffement climatique.

Peu d’entre nous ont entendu parler des travaux réalisés dans le cadre de CLOUD… et pour cause : si la France est bien partie prenante du CERN à Genève, elle est complètement absente du projet international CLOUD ! Rien d’étonnant lorsqu’on voit l’activité plus politico médiatique que scientifique des représentants des climatologues français (Jouzel, Delmotte, Le Treut…) au GIEC… grand défenseur de modèles informatiques, non pas comme outils de travail mais comme fournisseurs de prévisions du climat à 50 ou 100 ans. Malheureusement pour le GIEC mais heureusement pour nous, les prévisions catastrophes élaborées depuis 20 ou 30 ans s’écartent de plus en plus des observations et mesures réalisées au cours de ces 10 dernières années. Les modèles retenus par le GIEC et les conclusions alarmistes qui en découlent occultent l’hypothèse des rayons cosmiques produits par les éruptions solaires et leur effet sur les températures de la surface du globe, mettant outrageusement l’accent sur l’hypothèse du CO², qui plus est, d’origine anthropique.

Les expériences réalisées dans le cadre du projet CLOUD permettent d’étudier dans le détail les processus de création de nuages par les rayons cosmiques.

Petit rappel :

de nombreuses observations et travaux déjà anciens dont la fréquence de parution s’accélère depuis ceux de Henrik Svensmark et son équipe (1997) de l’Institut de recherches spatiales danois à Copenhague, montrent des corrélations très étroites entre la durée des cycles d’éruptions solaires et la température du globe.

Ces éruptions solaires sont concomitantes avec des orages magnétiques qui ont la propriété de dévier les flux des rayons cosmiques (les rayons cosmiques sont  des particules ionisantes, provenant de super novas qui explosent dans l’espace lointain de la voie lactée, en venant percuter la terre à grande vitesse) : plus l’intensité des éruptions solaires est importante, moins il y a de particules ionisantes qui arrivent sur terre.

La théorie de Svensmark :

En rapprochant les comptages effectués sur les particules ionisantes émises par le soleil, arrivant sur la surface terrestre et le taux de couverture nuageuse, Svensmark fut le premier à mettre clairement en évidence une relation entre le nombre de particules ionisantes arrivant à la surface de la terre et l’importance de la couverture nuageuse de la basse atmosphère ou troposphère (voir graphique). Avec par conséquent des répercussions sur l’ensoleillement, la pluviométrie et par delà sur la température. Cette hypothèse fut étayée par des expériences de laboratoire réalisées par l’équipe du physicien Danois publiées en 2006 (projet SKY). Ces chercheurs ont montré que l’ionisation de l’atmosphère conduit à la formation d’aérosols Les aérosols servent de noyaux de condensation favorisant ainsi la formation des nuages. Et plus il y a de nuages, plus la température de la terre diminue. (Voir ici « Entretien avec Henrik Svensmark »)
Variation de la couverture nuageuse de la basse atmosphère (moins de 3,2 km au-dessus du niveau de la mer) – courbe bleue comparée à l’anomalie de comptage des rayons cosmiques à Climax, Colorado (courbe rouge)

Le programme CLOUD :

Forts de ces résultats et de cette théorie, Svensmark et ses collègues ont lancé en 2007 les bases du programme CLOUD, utilisant une chambre d’expérience (grosse « cocotte minute » dans laquelle on reconstitue des atmosphères terrestres recevant des particules ionisantes (irradiation par rayons UV) et bombardées par un faisceau de protons issus d’un accélérateur vieux de 50 ans, le Synchrotron à protons (PS).

Jasper Kirkby, Directeur du projet, dans la chambre d'expérience de CLOUD

Voici comment l’anglais Jasper Kirkby, l’actuel responsable du projet CLOUD, présente schématiquement l’expérience : « Le concept consiste à exposer une grande enceinte remplie d’air ultra-purifié et humide, contenant des traces de gaz bien définis, à un rayonnement ajustable de « rayons cosmiques » issus du Synchrotron à protons du CERN (CERN PS). Au moyen d’instruments sensibles d’analyse, la nucléation et la croissance des particules d’aérosols à l’intérieur de l’enceinte, peut être observée et analysée…CLOUD étudiera les effets des rayonnements cosmiques dans un grand éventail de processus microphysiques actifs dans les nuages… ».

Site web de l’expérience CLOUD

Si les particules ionisantes permettent de fabriquer des aérosols a l’origine des noyaux de condensation de la vapeur d’eau (« graines de nuages ») contenus dans la cocotte, la démonstration aura été faite d’un lien étroit entre les éruptions solaires, les nuages et la température de la terre.

 

Le communiqué de presse du CERN du 25 août 2011

 « La collaboration CLOUD du CERN jette un nouvel éclairage sur la formation des nuages »

C’est le résultat des trois premières années de travaux entrepris à Genève.

Il annonce la parution d’un article publié dans la revue Nature.

 Et l’information du grand public… par la presse

Il est déjà révélateur d’observer les précautions prises par le directeur même du CERN, Rolf-Dieter Heuer, le 15 juillet dernier annonçant lors d’un entretien accordé au journal allemand Die Welt Online, qu’il avait insisté auprès de ses collaborateurs pour « rendre les résultats clairs sans, toutefois, les interpréter. Ce serait aller directement dans l’arène hautement politique du débat sur ​​le changement climatique. Il faut être clair que le rayonnement cosmique est seulement un des nombreux paramètres ».

En France, la grande presse doit encore être en vacances… cela tombe bien… pour elle ! En tous cas elle ne s’est pas jetée sur l’information.

Seul Nigel Calder, un journaliste scientifique américain, qui a travaillé avec Henrik Svensmark et qui suit évidemment la progression de CLOUD de très près, vient de publier un article (en anglais malheureusement : « CERN Experiment Confirms Cosmic Rays Can Influence Climate Change »- « Les expériences du CERN confirment l’importance des rayons ionisants sur le réchauffement climatique ») analysant l’article de Nature. Le titre est clair et le texte sans ambiguïtés montre que le soleil est à l’origine de variations cycliques de températures, non pas à cause de son irradiance (émission de chaleur produite par le flux lumineux lui-même) qui varie peu (0,17W/m2 sur les 240 W/m2 qui sont absorbés par notre planète), mais parce que ces faibles variations sont dues aux cycles d’éruptions solaires, qui influent sur la quantité de particules ionisantes et la formation des nuages provoquant ainsi un « forçage » des températures non pris en compte dans les modèles mis en avant et utilisés par le GIEC.

Corrélation n’est pas raison ! Il peut y avoir d’autres éléments, non cycliques, qui influent sur la formation de « clusters » propices à la formation des nuages. Néanmoins, la vérification expérimentale des hypothèses des solaristes est un pas important dans l’avancement des connaissances du climat.

Les Aurores boréales :

Un effet spectaculaire des rayons cosmiques au contact de la haute atmosphère. « Provoquées par l’interaction entre les particules chargées du vent solaire et la haute atmosphère, les aurores se produisent principalement dans les régions proches des pôles, dans une zone annulaire justement appelée « zone aurorale » (entre 65 et 75° de latitude). En cas d’activité magnétique intense, l’arc auroral s’étend et commence à envahir des zones beaucoup plus proches de l’équateur (…)

Aurore boréale en Alaska

Lors d’un orage solaire accompagnant un orage magnétique, et faisant suite à une éruption chromosphérique ou un sursaut solaire important (le soleil offre un pic d’activation solaire sur un cycle de 11 ans), un afflux de particules chargées, éjectées par le Soleil, entre en collision avec le bouclier que constitue la magnétosphère. Des particules électrisées à haute énergie peuvent alors être captées et canalisées par les lignes du champ magnétique terrestre du côté nuit de la magnétosphère (la queue) et aboutir dans les cornets polaires. Ces particules, — électrons, protons et ions positifs —, excitent ou ionisent les atomes de la haute atmosphère, l’ionosphère. L’atome excité ne peut rester dans cet état, et un électron change alors de couche, libérant au passage un peu d’énergie, en émettant un photon, particule élémentaire constitutive de la lumière visible). Comme la nature de ces ions (oxygène, hydrogène, azote, …) dépend de l’altitude, ceci explique en partie les variations de teintes des nuages, draperies, rideaux, arcs, rayons… qui se déploient dans le ciel à des altitudes comprises entre 80 et 1 000 km. L’ionisation résultant de cet afflux de particules provoque la formation de nuages ionisés réfléchissant les ondes radio (…) »http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurore_polaire

Coïncidence

J’ai quelquefois un peu de mal à afficher des titres violents ou provocateurs. Mais aujourd’hui je n’ai vraiment aucun regret ! L’obscurantisme est toujours aussi présent, cette affaire se passe en Belgique en ce moment, mais elle aurait pu tout aussi bien se passer en France.

Jean Pascal Van Yperseele, actuellement vice président du GIEC (comme Jean Jouzel chez nous) mais aussi personnalité à l’intégrité et aux compétences scientifiques très douteuses, fait capoter une réunion privée de scientifiques de renom qui devait avoir lieu dans les locaux habituels de la Fondation Universitaire à Bruxelles :

voir ici : Inquisition climatique inqualifiable en Belgique et ici : Commentaires 220 et suivants

Vraiment, que de beaux exemples simultanés d’une mise sous le couvercle de l’information, qu’elle soit grand public comme c’est le cas dans les résultats de l’expérience CLOUD ou scientifique comme dans le cas de réunions de scientiques qui ne partagent pas les thèses officielles du GIEC.

Une nouvelle fois, (voir ici), Le Monde publie des informations totalement eronnées, complètement invraisemblables, sans le moindre souci de vérification des sources, pour peu qu’elles aillent dans le sens de l’idéologie dominante. Il n’est pas seul sur le coup : Libération, Le Figaro, Boursorama (dans un long article inhabituel, flambée des matières premières oblige…) et même Sciences et Avenir se sont fait piéger par une dépêche de l’AFP qui une fois de plus n’a pas plus vérifié ses sources que ses abonnés.

Les rubriques Sciences, le climat et la météo, les OGM… des grands journaux nationaux sont trustées par des journalistes partisans et idéologues dont le principal souci est de diffuser leur message politique plus que d’apporter des faits et informer impartialement leurs lecteurs. Ce qui est encore plus inadmissible, c’est qu’un journal comme Sciences et Avenir, dont l’information scientifique est le métier et dont le professionnalisme voudrait que toute information soit vérifiée avant d’être publiée, participe également à cette mascarade. J’appelle cela une presse de conviction et non d’information. Mais ceci ne m’étonne guère… voir mon billet de mars 2010 : « Je ne renouvelle pas mon abonnement à Sciences et Avenir »

Les faits

EurekAlert, un obscur site internet de news, géré par l’AAAS (Association Américaine pour l’Avancement des Sciences, éditeur de la revue Science dont l’orientation ultra-alarmiste est patente) a rapporté le 18 janvier une étude de la branche américaine d’une ONG Argentine mentionnant un réchauffement possible d’au moins 2,4 degrés de la température du globe d’ici 2020. Réchauffement qui, combiné à un important accroissement de la population va créer des pénuries désastreuses dans l’approvisionnement alimentaire mondial des principales cultures. Le Monde reprend le même jour : “Le réchauffement climatique menace l’agriculture – LEMONDE.FR avec AFP | 18.01.11 | 20h51″. Ne cherchez pas, l’article a depuis été effacé, et pour cause !

Ce communiqué alarmiste est simultanément repris par l’AFP  qui titre le 19 janvier matin : « Réchauffement et population accrue entraîneraient des pénuries alimentaires d’ici 2020 ». Les autres journaux reprendront tel quel le communiqué de l’AFP.

Lorsqu’on fouille un peu, ce qu’a fait le quotidien Anglais « The Guardian », pourtant peu taxé de soutenir les causes climatosceptiques, on apprend que la dépêche Eurekalert se base sur une étude produite « à partir d’extraits du rapport du GIEC 2007 et d’autres publications d’organisations internationales » par une ONG argentine, le FEU (Fundacion Ecologia Universal), dont le conseiller scientifique est un ancien co-président du Groupe II du GIEC, le Dr Osvaldo Canziani. L’étude intitulée : « The Food Gap — The Impacts of Climate Change on Food Production : A 2020 Perspective«  a été rédigée par Liliana Hisas, ancienne rédactrice au GIEC, actuellement Directrice de l’Universal Ecological Fund, l’antenne américaine de la fondation Argentine…. Que du beau monde !

La presse française, « Le Monde » en particulier, sont inexcusables

The Guardian a réagi très vite le 19 janvier en milieu de journée :   « EurekAlert! carried a study with unfounded global warming claims that the planet would warm by 2.4°C by 2020 » (EurekAlert a réalisé une étude associée à des revendications infondées stipulant que la planète se réchaufferait de 2,4 ° C d’ici 2020).

L’AAAS a supprimé la référence de son site le 19 janvier après midi. Le FEU maintient bien entendu son étude…. C’est sa raison d’être ! Quant à l’AFP elle a publié un nouveau communiqué le 19 janvier après midi : « Réchauffement climatique: des experts jugent fausse une étude alarmiste ».

La presse française ne sait même plus désinformer intelligemment. Voir le décapant article de Vincent Bénard dans Objectif Liberté.

Le fameux journal dit de référence a   attendu le 21 janvier… pour publier un article intitulé : « Un rapport trompeur sur le changement climatique circule sur le Net ». Signé par l’innommable Foucart bien entendu. Cet article passe complètement sous silence celui du 18 janvier qui aujourd’hui ne figure plus sur le site du journal… vu son énormité ! Mais comble de la perfidie Le Monde indique dans ce titre que c’est le Net qui véhicule des informations trompeuses… alors que la blogosphère n’a réagi qu’après la parution de la dépêche de l’AFP et les articles des journaux ! Et c’est bien le Net qui a relevé l’énormité des affirmations non vérifiées par l’AFP, Le Monde et bien d’autres.

Signification d’un réchauffement de 2.4°C d’ici 2020

Pour ce faire j’ai repris un schéma réalisé par Jean Martin sur son site Pensée unique.

Les courbes présentées sur ce graphique sont celles de James Hansen, « gourou » du réchauffement climatique anthropique, directeur du GISS et responsable des mesures de température dites GISTEMP, présentant ses « scénarios » alarmistes devant le Sénat US en 1988. Elles correspondent pratiquement aux modélisations alarmistes du GIEC.

– Le scénario A (courbe en trait plein) supposait que les émissions de gaz à effet de serre allaient continuer à croître comme ils l’ont fait entre 1970-1980.
– Le scénario B (courbe en tireté) correspondait à une stabilisation des émissions de GES.
– Le scénario C (courbe en pointillé) correspond à un recul très important des émissions de gaz à effet de serre qui ne s’est pas produit. Bien au contraire.

Jean Martin a superposé à ce graphique :
– Un double rond rouge pour indiquer la « prévision » rapportée par le Monde et l’AFP.

Il est évidemment totalement impensable que l’on puisse passer de la situation actuelle indiquée par un rond bleu, à celle indiquée par un rond rouge. D’autant plus que de nombreux chercheurs, dont plusieurs collaborateurs du GIEC, pensent que nous nous dirigeons plutôt vers une période de stagnation ou de refroidissement prolongée.

– Un double rond bleu, pour indiquer la situation actuelle de la température globale en 2010 selon les mesures du GISS (pilotées par J. Hansen). Cette mesure de la température globale est la plus pessimiste des quatre séries de mesures officielles que Jean Martin rapporte dans sa page indicateurs. Comme on le voit, les températures globales 2010 (« l’année la plus chaude avec 2005 », disent les journalistes) du GISS se trouvent très proches du scénario C qui supposait que nous aurions très sérieusement limité les émissions de gaz à effet de serre dans les années 1990-2000. Autrement dit, les scénarios présentés par James Hansen devant le Sénat Américain en 1988, comme des preuves absolues du réchauffement à venir, n’ont rien à voir avec la réalité observée.

En guise de conclusion

Il faut lire les commentaires de l’article du Monde, en espérant que le journal aura la déontologie de les y laisser… ce qui n’est pas des plus certain. 95% de ces commentaires sont complètement défavorables au contenu de l’article, au comportement du journal et de son peu scrupuleux journaleux « scientifique » Stéphane Foucart. Cette situation eut été encore impossible il y a encore 2 ans, preuve que l’opinion du public est bien en train de changer vis a vis de ces manipulations en chaîne.

Alors ne cherchons pas ailleurs les raisons de l’écroulement du tirage de cette presse, écroulement compensé par ailleurs par d’énormes subventions publiques… ceci expliquant certainement cela !