Category: Vignes et vins


RIEUSSEC 1947

 

C’est à l’occasion du baptême et d’une jolie fête organisée en l’honneur de mes 3 petits enfants : Benjamin, Thomas et Alexandre à Saint Mathieu de Treviers que j’ai saisi l’occasion d’ouvrir ce nectar de presque 70 ans dont les raisins ont vraisemblablement été récoltés quelques jours avant ma naissance,  tout cela ne me rajeunissant pas… mais c’est néanmoins un pur plaisir que d’évoquer cet instant et de me plonger dans l’univers du vin, du Sauternais et de ce 1er grand cru classé en 1855.

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Chateau Rieussec 1947

Histoire d’une jolie trouvaille

C’est à l’occasion d’une très belle « brocante » organisée chaque année dans la ville de Mouscron à la frontière Belgo-française au nord de Lille où ma sœur Danièle expose tous les ans, que j’ai eu la chance de découvrir ce bijou. Il faisait partie d’un lot de 4 bouteilles perdues au milieu d’un ensemble dont je ne me souviens pas la composition, mais n’ayant rien à voir avec le vin.

Et le brocanteur de m’expliquer qu’il avait racheté la maison d’un médecin de cette petite ville frontière, grand amateur de vins… propriétaire de vignes dans le Val de Loire dont la cave était encore bien garnie lors de son décès. Ce Monsieur met en vente régulièrement lors de chaque brocante 4 ou 5 bouteilles qu’il doit penser trop vieilles.

Certaines l’étaient sans aucun doute. Par contre celle ci attira mon attention à double titre : un sauternes, ça vieillit très bien en général. Chateau Rieussec, un 1er grand cru classé que je connais un peu puisque je possède dans ma cave quelques bouteilles de 1986 que je conserve précieusement. enfin le millésime 1947, un grand millésime Bordelais, qui plus est année de ma naissance.

La transaction fut rapide : mise à prix 30 €… emporté 20 € !

 

 

 

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Quelques notes de dégustation

Je n’ai pas suffisamment l’occasion de goûter de tels vins pour prétendre décrire celui ci avec précision. Le niveau de la bouteille légèrement bas, même si celle ci semblait parfaitement conservée me donnait quand même quelques inquiétudes confirmées lors du débouchage. Avec un bouchon sec ayant perdu la moitié de son volume, mais dont la partie inférieure était collée au goulot en formant une sorte d’opercule avec la matière du vin.

La 1ère surprise fut la concentration et la densité de ce vin, coulant dans le verre comme un élégant sirop. Puis ce fut la couleur, cuivre très foncé tirant sur le caramel. Enfin un nez d’une incroyable complexité, mais plus encore d’une persistance aromatique presque infinie.

En bouche les premières impressions furent celles du pruneau et du caramel, suivies immédiatement par cette énorme acidité toujours très présente permettant d’éloigner ainsi toute impression de lourdeur. Un véritable enchantement pour le palais : quelques traces de ce nectar suffisaient pour apprécier  l’extravagante concentration de ce vin, le caramel laissant ensuite la place aux épices douces, à la vanille… Une longueur en bouche ahurissante faisant que la première dégustation à 4 personnes s’est arrêtée à la mi bouteille tellement l’impression de plénitude était avérée.

Le vignoble de Sauternes

sauternesLe vignoble de Sauternes s’étend sur 1750 hectares, au sud de la zone viticole des Graves sur la rive gauche de la Garonne, au sud ouest de Bordeaux. Le Sauternes est considéré comme l’un des plus grands vins blancs liquoreux du monde.

Ce qui caractérise la région de Sauternes est son microclimat, particulièrement propice à la production de vins liquoreux à partir de raisins attaqués par la pourriture noble ou Botrytis cinerea. Le Sauternais est en effet traversé par le Cirons, une rivière froide, qui se jette dans la Garonne, fleuve plus chaud, favorisant ainsi l’apparition de brumes matinales qui favorisent le développement du Botrytis cinerea alors que le sud de la région des Graves bénéficie souvent en automne d’après-midi ensoleillés, qui empêchent un développement trop rapide du champignon. Le Botrytis cinerea décolore les baies, les recroqueville et concentre leur teneur en acide et en sucre. Les vendanges manuelles sont effectuées fin octobre en plusieurs tries et les rendements ne dépassent pas 10 – 15 hl/ha. Ils ne sont produits que lors des années favorables. À partir de ces raisins, on produit un vin riche, onctueux et mielleux, relevé par une forte acidité qui met en valeur les saveurs sucrées du vin. L’acidité est également un gage de grande garde. Le classement de 1855 n’a pas été modifié : 1er Cru Supérieur, château d’Yquem, puis 11 Premiers Crus, dont le château Rieussec, et 14 Seconds Crus.

ROUTE DES VINS

 

Le château Rieussec

Le domaine est propriété au XVIIIème siècle des moines des Carmes de Langon et leur vin est des plus réputés. Saisi à la Révolution, il est acquis par la famille Marheilhac, alors propriétaire du château La Louvière à Léognan. Le vin se voit classé premier grand cru de Sauternes en 1855. Il connaît malheureusement d’incessants changements de propriétaires puisque pas moins de 9 se succèderont de 1846 à 1971. Ce sont les Domaines Barons de Rothschild (château Lafite-Rothschild) qui rachètent le domaine en 1984 et s’associent en 2011 à la famille Dassault. L’objectif du Baron Eric de Rothschild est de rétablir la position de Rieussec en haut de la hiérarchie des Sauternes.

Voir ici la présentation du domaine en 2010 par Charles Chevalier, directeur technique du domaine.

Chateau-Rieussec-aerial-view-resizeSitué sur le point culminant des communes de Fargues et de Sauternes, le vignoble de Rieussec occupe une superficie de 93 ha, d’un seul tenant. Il est mitoyen d’Yquem et de Fargues et s’étend sur des sols vallonnés de graves et de limons sur sous-sol argileux. L’encépagement est constitué de Sémillon (90%), de Sauvignon (7%) et de Muscadelle (3%). La culture est conduite de façon traditionnelle avec le suivi minutieux que réclame le développement de la pourriture noble. La vinification et l’élevage du grand vin se déroulent quant à eux dans des fûts de chêne pendant environ 18 mois.

Le domaine produit en plus du grand vin un second vin  « Carmes de Rieussec » et une cuvée avec élevage plus court « Château de Cosse », tous deux en appellation « Sauternes », ainsi qu’un vin blanc sec « R de Rieussec » en appellation « Bordeaux Blanc ».

Le Sauvignon n’est pas utilisé dans le 1er vin, principalement à base de sémillon et de muscadelle. Il est plutôt utilisé pour réaliser le blanc sec « R de Rieussec ».

Présentation du domaine du château Rieussec.

Présentation du 1er vin « Chateau Rieussec » 1er grand cru classé.

Grands Sauternes et grands millésimes

Sur le plan des millésimes, après 1900, la première très grande année à Sauternes sera 1921, absolument superbe ! Viendront ensuite 1929, 1937 et 1945. Après guerre et jusqu’à aujourd’hui on peut citer : 1947, 1955, 1959, 1975, 1983, 1989, 1990, 1996, 1997, 2001 et probablement 2005.

Voir ici un classement assez précis des grands millésimes sauternais.

Quant aux grandes réussites de 1947 en sauternais on peut citer : Château RieussecChâteau GuiraudChâteau d’ YquemChâteau de Rayne VigneauChâteau SuduirautChâteau Climens

 

Une énigme à résoudre…

Lorsque je consulte sur internet les ventes aux enchères de Rieussec 1947, je ne retrouve pas l’étiquette de la bouteille qui fait l’objet de ce billet.

Je n’en connais pas la raison… Si quelqu’un peut m’aider à relever cette énigme, ma curiosité sera satisfaite et j’en serai très honoré.

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Rieussec

 

 

 

De Perrigny à Conliège - 18ème Percée du Vin Jaune 2014

De Perrigny à Conliège – 18ème Percée du Vin Jaune, 1er et 2 février 2014

 Bien belle manifestation les 1er et 2 février pour cette 18ème édition de la Percée du Vin Jaune 2014. A mon avis, une des manifestations vigneronne la plus joliment organisée, parmi toutes celles existant en France sur ce thème.

Perrigny - 18ème Percée du Vin Jaune

Perrigny – La rue principale du village lors de la 18ème Percée du Vin Jaune

 Cette année, 2 communes proches de Lons le Saunier accueillaient 75 vignerons venus de toute l’appellation « Jura » et… plus de 40000 amateurs et visiteurs qui ont allègrement déambulé dans les rues de Perrigny et de Conliège. C’est également 800 bénévoles qui se sont relayés pour assurer la qualité et le succès de la manifestation.  P1060243_2

Le Caveau des byards dans une cave à Perrigny

Le Caveau des byards dans une cave à Perrigny

 P1060344_2  Perrigny et Conliège sont deux communes mitoyennes qui jouxtent Lons le Saunier, dont les  propriétaires de maisons anciennes possédant un cellier plus ou moins enterré ouvrant par une porte cochère sur la rue, offrent le gîte aux vignerons qui peuvent confortablement accueillir les visiteurs pour les dégustations.
Dégustation avec les représentants du domaine Daniel Dugois dans une cave à Conliège

Dégustation avec les représentants du domaine Daniel Dugois dans une cave à Conliège

Le vignoble et les vins du Jura

Le vignoble du Jura est assez morcelé. Il s’étend sur 80 km de part et d’autre d’ un axe nord-est / sud-ouest de Salins-les-Bains au nord à Saint-Amour au sud sur les pentes des plateaux du Jura descendant vers la Saône. Les cépages et les vins jurassiens ont longtemps dérouté les néophytes. Leur goût de noix, résultat d’un élevage oxydatif de cépages indigènes comme le Savagnin envoûte rarement les palais aux premières gorgées.

Superficie :  1 850 ha pour 200 vignerons.

Les vins du Jura se composent de quatre appellations géographiques (AOC) :
– Arbois (850 ha) obtenue en 1936
– Côtes du Jura (720 ha)
– l’Étoile (80 ha)
– Château-Châlon (50 ha)
et trois AOC produits : Mac vin du Jura, Crémant du Jura et récemment fin 2013 le Marc du Jura

Le vignoble du Jura – Wikipedia

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Cinq cépages sont cultivés dans le Jura :

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3 rouges :

Trousseau : Cépage typique du vignoble du Jura, plutôt vigoureux qui se plait sur les terroirs graveleux et chauds. Il a besoin d’un bon ensoleillement. On le retrouve essentiellement dans l’Arbois

Poulsard : typiquement Jurassien également .Il se plait sur les sols marneux et argileux

Pinot noir : Originaire de Bourgogne, il a été importé dans le Jura dès le XVème par Jean de Chalon. Il se plait sur les sols graveleux. Il a une maturité précoce dans cette région. En extension

2 blancs :

Savagnin : cépage identitaire utilisé pour le fameux le vin jaune. Il apporte la complexité, la finesse, et des arômes puissants de noix. Il fait partie de la famille des Traminer. De maturité tardive, il se plait sur les sols marneux.

Chardonnay : Cépage de Bourgogne, on le retrouve dans le Jura depuis le Xème siècle sous le nom de Melon d’Arbois ou Gamay blanc. Il se plait sur les sols graveleux.

Le Vin Jaune

Le vin jaune est un vin blanc de grande garde issu du savagnin, sec et capiteux, spécialité vinicole des vignerons du Jura. Il est élaboré de façon très particulière et surnommé l’or du Jura. Il a des arômes, saveurs et parfums typiques amples et riches de noix et de noisette, d’amandes et de pain grillé, de miel, de muscade, de cannelle, de vanille, de caramel, de boisé, et parfois de pain d’épices.

Clavelin de Vin Jaune - AOC L'Etoile - 1996 Domaine de Montbourgeau - Jean Gros, vigneron à l'Etoile

Clavelin de Vin Jaune – AOC L’Etoile – 1996
Domaine de Montbourgeau – Jean Gros, vigneron à l’Etoile

Vinification : Le raisin est vendangé le plus mature et le plus tardivement possible, dans la seconde quinzaine d’octobre. Le moût de raisin pressé en cuve, après décantation et fermentation complète, est transformé en vin blanc sec selon les techniques de vinification traditionnelle des vins blanc du Jura. Le vin blanc obtenu est soutiré et versé, entreposé, amené à maturité et vieilli obligatoirement pendant une durée légale de 6 ans et 3 mois en fût de chêne (tonneau de 228 litres) ayant de préférence déjà contenu du vin jaune ou du bourgogne. La percée du vin jaune se fait traditionnellement au bout de six ans et trois mois mais la durée légale est bien de six ans. Durant cette longue période de maturation, les fûts ne sont pas remplis complètement et l’évaporation naturelle de l’alcool assurée par la porosité du fût, qui laisse s’évaporer une partie du vin, «la part des anges», n’est pas compensée par un ouillage, ceci afin de permettre aux levures actives mycoderma vini de remonter à la surface et de former naturellement un «voile». Cette méthode de vinification, caractéristique du Jura est très proche de celle des vins de Xeres en Espagne. Les caves ne sont pas enterrées en sous-sol et sont ouvertes ce qui permet au voile de levures (Saccharomyces cerevisiae type bayanus), associé aux influences naturelles des saisons, de la température et de l’hygrométrie, de provoquer durant 6 années une longue maturation, tout en contribuant «mystérieusement» à donner au vin jaune son incomparable et complexe «goût du Jaune», et sa belle couleur mordorée. Au terme de ces 6 années de maturation en fût, le vin jaune est mis en bouteille originale légale de 62 cl appelée «clavelin», dans lesquelles il se conserve (normalement) durant 50 ou 100 ans voire pendant plusieurs siècles pour les grands millésimes, tout en gardant et amplifiant toutes ses qualités. Une bouteille ouverte peut également se conserver sans s’altérer pendant plusieurs mois, voire années.

Source : Wikipedia – Le Vin Jaune

Vente aux enchères de vieux millésimes – 1er février 2014 – Salle des fêtes de Conliège

Vente aux enchères de vieux millésimes de vins et marc du Jura - 1er février 2014 - 250 bouteilles, la salle des fêtes de Conliege pleine et Jean Bourdy aux commandes.

Vente aux enchères de vieux millésimes de vins et marc du Jura – 250 bouteilles, la salle des fêtes de Conliege pleine et Jean Bourdy aux commandes.

 Créée en 1997, la vente aux enchères de la percée du vin jaune est la plus grande vente au monde de vieux vins et alcools du Jura. Elle contribue depuis 1997 a donner une notoriété au vignoble jurassien en valorisant l’originalité et la capacité de garde exceptionnelle de ses « vin jaune » et de ses « chardonnay ».

250 bouteilles ont trouvé acquéreurs samedi après midi. Deux bouteilles d’exception se sont respectivement vendues à 2.000 et 3.000 euros. Elles ont été remportées par des restaurateurs et sommeliers japonais venus spécialement pour l’occasion. C’est un acheteur américain qui a enchéri in fine, au téléphone, sur la bouteille la plus ancienne, un marc du Jura de 1868 du domaine Jean Bourdy, qui s’est vendue à 2.500 euros.

Un vin de Paille de 1893 de Château-Chalon a atteint la coquette somme de 3.000 euros. Un vin de paille d’Arlay de 1911 et des Chardonnay de l’Etoile de 1915 et 1929 ont également dépassé les 1000 euros.

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Chardonnay de l’Etoile 1948 de Joseph Vandelle (Ch. Etoile)

Clavelins des années 1950

Clavelins des années 1950

Petite bouteille de 37.5 cl - Vin de paille 1911 de chez Jean Bourdy

Petite bouteille de 37.5 cl – Vin de paille 1911 de chez Jean Bourdy

Bénédiction, intronisations et mise en perce du millésime 2007

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Dimanche 2 février 2014 matin, une « pièce » de 228 litres du millésime 2007 a été bénie en l’église de Perrigny. Après un défilé dans les rues du village, la mise en perce a eu lieu sur le stade et c’est le comédien Jean-François Stevenin qui tenait le maillet.Ce parrain 2014 originaire de la région était assisté par Evelyne Thomas et Nathalie Simon fraîchement intronisées « Ambassadeurs du Vin Jaune ». Le vin jaune contenu dans le tonneau a ensuite été offert à la dégustation du public.  P1060303_3

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 Un petit clin d’œil au Marc du Jura

Marc du Jura 1989 - René Delacour à Courbouzon

Marc du Jura 1989 – René Delacour à Courbouzon

Ci dessus, une bouteille de Marc du Jura de 1989, acquise aux enchères de la percée du vin jaune 2014 à Conliège.

 Fabrication : Le marc du Jura est obtenu par double distillation du raisin préalablement fermenté, comme le Cognac (distillation à double chauffe) ou l’Armagnac (distillation en continu). Il est ensuite vieilli en fûts de chêne pendant 2 à 5 années, voire plus. Après le vieillissement, il est mis en bouteille (bouteille classique « Jura » de 75 cl). Il peut être conservé pendant 50 ans ou plus.

Utilisation : Le marc est produit à 1200 hectolitres chaque année. 90% de la production sert à la fabrication du Macvin, 10% est vendu en bouteilles.

AOC : Le Marc du Jura est donc la 7ème AOC viticole de la région depuis le 25 novembre 2013, date à laquelle l’INAO l’a validée, après un long purgatoire d’une vingtaine d’années.  Il sera désormais soumis à un cahier des charges plus contraignant : il devra être élevé plus longtemps en tonneaux et réalisé seulement à partir des cépages typiquement jurassiens. Les premières bouteilles nanties de la nouvelle appellation d’origine contrôlée seront commercialisées en 2015.

 

Perrigny et son clocher - Vue sur les vignes du coteau de Montaigu

Perrigny et son clocher – Vue sur les vignes du coteau de Montaigu

Prochain rendez vous : le 1er week end de février 2015 à Montigny les Arsures près d’Arbois… en faisant le pari que la convivialité et l’humour seront toujours au rendez vous

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 Encore un joli moment passé avec mon fils Julien pendant la dégustation de ce Mas Jullien, un Coteau du Languedoc de 17 ans, parmi les meilleurs de cette appellation. Depuis 2012, une nouvelle hiérachisation des vins a été mise en place dans le cadre de la nouvelle AOC Languedoc. Le Mas Jullien est maintenant classé « AOC Languedoc-Terrasses du Larzac », au sommet d’une pyramide a trois étages distinguant les grands crus du Languedoc.

(voir ici une dégustation récente d’un autre grand cru de l’AOC Languedoc-Pic Saint Loup : Mas Bruguière La Grenadière 2001).

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 Avec ce 1996, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… eh oui déjà, comme le temps passe ! 1996 c’était l’époque des deux cuvées d’Olivier Jullien : les Cailloutis (issue de vignes sur cailloutis argilo-calcaires) et les Depierre (issue de vignes sur schistes et grès), époque où le domaine ne devait faire qu’une petite dizaine d’hectares.

Le Mas Jullien à Jonquières (34)

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 Olivier Jullien est originaire de Jonquières, un petit village situé sur les « Terrasses du Larzac » qui descendent doucement vers la vallée de l’Hérault lorsque la rivière passe du statut de gorges dans les Cévennes à celui d’un fleuve plus tranquille de la plaine de l’Hérault. Ma rencontre avec Olivier Jullien date du début des années 90. Il ne doit plus s’en souvenir tant il était affairé dans les assemblages de sa dernière cuvée. L’image qu’il me reste de lui est celle  d’un perfectionniste. Toujours à la recherche du meilleur de ce que peut procurer son terroir. Terroir en évolution constante puisque depuis cette époque, le domaine s’est étendu (une vingtaine d’hectares actuellement) et s’est enrichi de parcelles de vieilles vignes, le tout formant aujourd’hui un ensemble assez dispersé autour de la commune de Jonquières.

 Ce que j’apprécie chez ce viticulteur c’est son naturel et sa sincérité. Sa réussite, il la doit a son savoir faire, a sa grande compétence et a sa manière de se remettre en question en permanence. Pas de pub, pas de marketing (je n’ai pas trouvé de site internet a son nom), il n’est pas a la mode mais peut être la crée-t-il sans le vouloir ! On n’adopte pas une mode surtout si cette mode n’apporte rien aux qualités intrinsèques du produit. Olivier Jullien pratique une culture raisonnée de ses parcelles et sait être a l’écoute de ses vignes.

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Dégustation…

La philosophie du domaine a toujours été d’élaborer des vins de longue garde. Ce Cailloutis 96 en est une preuve vivante (il m’en reste encore 6 bouteilles…) ! Ce millésime fait partie des très belles bouteilles de Mas Jullien. Un assemblage de Mourvèdre, Carignan, Syrah, Grenache. Ceci reste un peu théorique dans la mesure où une de ses particularités du Mas est de ne pas avoir d’assemblage fixe selon les années. Que ce soit en nombre de cépages ou en proportions. 1996 fut la dernière année pour cette cuvée (ainsi que les Depierre). A partir de 1997 les deux cuvées ont été rassemblées en un seul vin  : le Mas Jullien – Coteaux du Languedoc, tout simplement. C’est l’apanage des « Grands » que de savoir s’arrêter sur une victoire. C’était vrai pour Olivier Jullien et pour ce Cailloutis 1996
La dégustation s’est faite sur un poulet rôti puis dans un deuxième temps sur un fromage de Neufchâtel. De couleur grenat foncé légèrement orangé sur les bords, le 96 est d’une intensité encore remarquable.

D’emblée on perçoit un vin d’une douceur extraordinaire et d’une grande harmonie : un très joli nez  de cerise, de réglisse et de truffe est élégamment associé a des senteurs de violette et d’épices.

Bref un superbe équilibre que n’est pas parvenu à rompre l’imposant Neufchâtel, bien au contraire. Un accord parfait, signe des grands vins avec ce fromage.

Il est a noter que la dégustation du tiers restant le lendemain n’a rien eu a envier a la première.

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Souvenir d’une autre dégustation…

Ma première rencontre avec le Mas Jullien a eu lieu à Grabels chez Robert Agulhon ou il avait installé les premiers locaux de Viti RD, à l’époque petite société d’expérimentation  de solutions de protection des cultures sur vigne. Je me souviens parfaitement de cette jolie dégustation de vins du Languedoc (il y en eut bien d’autres par la suite…). Robert était accompagné par son fils Olivier et j’avais amené Jean Claude mon beau frère et les tontons Claude et Jacques. Nous avions démarré par quelques Saint Chinian, Faugères et peut être Pic Saint Loup, appellation qui a l’époque n’avait pas du tout la réputation qu’elle a aujourd’hui, pour finir par ce Mas Jullien qui pour moi fut une véritable révélation. C’est ainsi que j’appris par Robert Agulhon que Olivier Jullien, avait été un de leurs premiers stagiaire sur la station de Grabels.

C’est grâce aux Agulhon père et fils que j’ai découvert puis affiné la connaissance des vins du Languedoc qu’ils m’ont transmise. Du Mas Jullien au Picpoul de Pinet de la cave coopérative de Pomerols… en passant par bon nombre d’autres appellations et de producteurs renommés.   J’ai une pensée émue à l’évocation de la mémoire de ces deux personnages, joyeux sulfateurs d’Ampelos, qui m’ont également permis de pénétrer en toute simplicité les arcanes secrètes de la dégustation.

Le blog d’Olif – Languedoc minute

Dégustation ce week end d’un superbe Mas Bruguière de 12 ans, à son apogée, en compagnie d’un groupe de Ch’tis faisant une pose à la maison sur la route de Lille à Saint Malo.

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Au menu : salade de Cocos et de haricots verts du jardin. Grillade de saucisses et andouillettes de mon charcutier préféré du marché du Clos à Rouen. Cinsault rosé en apéritif, puis un joli Mas de Martin, sur le fruit, plein de soleil que d’aucuns ont comparé à juste titre à l’Afrique du sud ou au Chili.

Puis vînt l’instant magique du Neufchâtel de la ferme du Vieux Chêne dans le Pays de Bray en Seine Maritime, affiné a souhait, croûte couleur chapelure foncée, coeur jaune d’or, un fromage d’exception… Le Mas de Martin étant épuisé, il fallait du sérieux pour la relève, ce qui fut fait avec ce magnifique Mas Bruguière, cuvée La Grenadière 2001. Le premier mot qui vint à la bouche de mes convives fut le mot Bourgogne, non sans raison. Quelle magnifique surprise encore une fois, un très bel équilibre, des tanins d’une douceur exceptionnelle admirablement fondus avec le temps. Bref une jolie réussite qui ne pourrait être mieux présentée que par les propriétaires eux mêmes.

Présentation du Mas Bruguière – La Grenadière

Le Mas Bruguière est un Pic Saint Loup, pilier de  l’ancienne AOC « Coteaux du Languedoc ». AOC en pleine restructuration puisque depuis 2012 il faut dire : « AOC Languedoc – Pic Saint Loup ». Les vignes du domaine sont situées sur les pentes mêmes du Pic, un site géographique et géologique exceptionnel, à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier.

Les Vignes du Mas Bruguière entre le Pic Saint Loup et l'Hortus (vue du Pic Saint Loup)

Les Vignes du Mas Bruguière entre le Pic Saint Loup et l’Hortus (vue du Pic Saint Loup)

 

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 Dans son ouvrage de 1999, « Les Grands Vins du Siècle », Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde, mentionne parmi une centaine de vins d’exception le Mas Bruguière. Et notamment la cuvée La Grenadière, « impressionnant de profondeur et de densité », issue des plus belles parcelles et des plus vieilles vignes du domaine. Il en fait même un de ses 10 « vins d’avenir »

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Le Pic Saint Loup en automne (observer l'érable de Montpellier couleur feu) vu du Château de Monferrand

Le Pic Saint Loup en automne (observer l’érable de Montpellier couleur feu) vu du Château de Monferrand

Chateau Haut Coutelin 1985

Si vous connaissez, faites le moi savoir… sinon ne cherchez pas trop, même sur internet, ce château Bordelais (Saint-Estèphe) n’existe plus. Pas de liens, si ce n’est que des sites habiles pour récupérer vos requêtes et donner une non information.

Dégustation

Une belle bouteille ouverte hier soir en présence de quelques amis… et une jolie surprise.

Trois bouteilles de Château HAUT COUTELIN 1985, simple appellation Saint Estèphe, dormaient dans ma cave depuis un bon bout de temps et je me suis dit qu’il était temps de goûter un millésime déjà bien avancé. Pour tout avouer, je ne connais pas ce château de Saint Estèphe, ni d’ailleurs la provenance et la date de mise en cave…   Remontée de la cave au moment de la dégustation  à une température de 17 – 18 degrés, quelle ne fut pas ma surprise de trouver un vin superbement conservé pour son âge : 27 ans

Un château disparu – Bouteille ouverte le 1er septembre 2012 dans un état parfait – Ce qui tendrait à prouver qu’en 1985, Bordeaux vinifiait encore pour conserver les vins… ce qui n’est plus tout a fait le cas aujourd’hui…

 

La robe est encore d’un grenat très dense, une bouche ample, des fruits noirs encore très présents et superbement équilibrés avec des tanins d’une souplesse extraordinaire et agréablement fondus. Bref, un vin d’un équilibre parfait et subtil. Ce fut un régal sur un tournedos Rossini et même avec le plateau de fromages vis-à-vis duquel il s’est plus qu’honorablement défendu. Mes amis amateurs, voir inconditionnels pour certains, ont je pense apprécié !

Qu’est devenu Château Haut Coutelin ?

Je n’ai trouvé qu’un seul site signalant ce vin. http://www.vinsdusiecle.com/chateautourdepez/ :

« Grâce à une sélection sévère, le vin du Château Tour de Pez signe une identité affirmée, son étiquette se remarque déjà sur les meilleures tables des restaurants des Chefs étoilés et des dégustateurs avisés.     T de Tour de Pez (2e vin de Château Tour de Pez), Château Les Hauts de Pez, Château Haut Coutelin et Château L’Hereteyre. »

Il semblerait donc qu’il y ait une relation avec le Château Tour de Pez, propriété de la famille Bouchara depuis 1989.

Mais cela n’est pas certain… en tous cas le château Haut Coutelin n’est pas signalé sur le site même de Tour de Pez : http://www.tourdepez.com/

 

Médoc, Saint Estèphe vignes et Gironde.