Tag Archive: Seralini


Dans un article précédent en date du 27 juin, je mettais en exergue L’INCURIE DE LA PRESSE FRANCAISE à se sortir de la pensée unique gangrénant notre société, pensée unique qu’elle contribue fortement à propager. 

Ceci à propos des OGM et plus particulièrement d’une étude de GE Seralini de 2012 faisant dire au journal Le Nouvel Observateur « Oui, les OGM sont des poisons », dans un dossier « opération de Com » dont la publication était complètement contraire à la déontologie scientifique. Toute la presse écrite et parlée française s’est alors engouffrée dans cette thématique des OGM poisons avec l’aval du 1er ministre de l’époque Jean Marc Ayrault dans une déclaration terriblement anxiogène, le jour de la parution du dossier de l’Obs, sans même prendre le recul ni la précaution de s’informer sur le sujet !

La communauté scientifique dans son ensemble rejette l’étude, qui est même retirée par l’éditeur de la revue scientifique « Food & Chemical Toxicology » (revue très moyennement notée dans la sphère scientifique, soit dit en passant).

Devant cet état de fait, les pouvoirs publics ne peuvent que proposer une contre expertise sous forme de trois études indépendantes menées au niveau Européen et Français.

Les résultats de ces trois études sont aujourd’hui connus : elles contredisent formellement les conclusions de la supercherie de Seralini

NON LES OGM NE SONT PAS TOXIQUES

NON LES ETUDES SUR 2 ANS NE SONT PAS NECESSAIRES POUR JUGER DE L’EVENTUELLE TOXICITE DES OGM (ELLES SONT SURTOUT DISPENDIEUSES EN ARGENT ET EN RATS SACRIFIES).

Je reprends ici les termes de l’article de Gérard Kafadaroff et de Philippe Joudrier dans Atlantico :

TSUNAMI MEDIATIQUE EN 2012, SILENCE OU OMERTA EN 2018  –       UN TRAITEMENT DE L’NFORMATION INQUIETANT !

A ce jour, seuls le Figaro et l’Obs (mais pour offrir ses colonnes à la mauvaise défense de Seralini, dont les arguments mercantiles ne sont pas dignes d’un « scientifique ») ont fait état de ces résultats confirmant ce que tous les scientifiques non idéologues savaient déjà en 2012.

Sources : 

OGM poisons… ou sans impact pour la santé ? L’étrange silence médiatique réservé aux 3 contre-expertises réalisées sur les pauvres rats du Professeur Séralini – Gérard Kafadaroff et Philippe Joudrier in Atlantico – 30 juin 2018

OGM : une manipulation scientifico-médiatique soigneusement préparée
Le Figaro – Cyrille Vanlerberghe  – 03/07/2018

Lien entre OGM et cancer : l’étude était fausse – Le Figaro – Cécile Thibert le 04/07/2018

Séralini : « On détourne des fonds publics pour discréditer mes travaux sur les OGM ! » – L’Obs -Arnaud Gonzague – 4 juillet 2018

 

 

Liens de publications internationales :

Aliance for science : European studies disprove Seralini’s GMO maize tumor claims – 7 juin 2018
Neurologica Blog : « Séralini Fails Replication » – 8 juin 2018
ISAAA : European and French Studies disprove Seralini’s GM Maize claims – 6 juin 2018
Chile Bio : Polémico estudio anti-transgénico nuevamente refutado, ahora por estudios europeos – 8 juin 2018
Abramlho : Novos estudos desmentem alegação de câncer por milho transgênico – 14 juin 2018
Genetic Literacy Project : Science disproves Seralini GMO rat tumor study—but his findings were always an outlier – 13 juin 2018
Agrolink : Novos estudos desmentem alegação de câncer por milho transgênico – 13 juin 2018
ABI : European studies disprove Seralini’s GM maize claims – 7 juin 2018

En septembre 2012, l’activiste « chercheur » idéologue anti-ogm de l’Université de Caen, G.E. Seralini rendait public à grand renfort de presse nationale acoquinée les résultats d’une étude  affirmant que le maïs NK603 entraîne des cancers chez les rats.

Voir ici mes commentaires sur l’étude de Séralini et ses rats du 28/10/2012.

Un bel exemple de FAKE NEWS… opportunément utilisé par les politiques de l’époque

Le Nouvel observateur, avec une couverture mensongère, sous la plume de Guillaume Mallaurie, autre activiste anti-ogm idéologiquement et déontologiquement corrompu, a même réussi l’exploit bien orchestré de publier les résultats de l’étude avant la publication scientifique dans la revue Food and Chemical Toxicology, pour le scoop et l’exclusivité de « l’information » !

Dès la sortie du dossier du NObs, l’information fait la une de tous les journaux papier, radios, télévision à grands renforts de photos truquées de rats porteurs de tumeurs. Voilà une véritable fake news… que le pouvoir politique (Le Foll alors Ministre de l’agriculture) est trop content de récupérer ! Ce qui est important pour ce pouvoir c’est de maintenir l’opinion publique sous le couvercle de la peur, de la maintenir dans sa croyance résultant de 20 ans d’activisme d’ONG aboutissant à la pensée unique actuelle, de « s’assurer » de sa santé et… de son vote lors du prochain scrutin.

Aujourd’hui on voit un autre gouvernement vouloir légiférer sur les fake news !!! Avant de légiférer, il faudrait peut être définir ce qu’est une fake news… et qui va en décider !

A la sortie de la publication en 2012, les agences sanitaires nationales, internationales font leur travail : elles analysent les résultats de l’étude. Le constat est accablant. A l’unanimité toutes les grandes agences scientifiques PUBLIQUES françaises, européennes et internationales se sont prononcées : graves lacunes statistiques, méthodologiques, bibliographiques, résultats inexplicables, non scientifiquement valables, non élaboré conformément aux bonnes pratiques scientifiques en vigueur, conclusions abusives…

Face à la contestation de cette étude par toute la communauté scientifique, GE Seralini se défend en affirmant que les études à 90 jours exigées par l’Union Européenne sont bien trop courtes pour révéler des effets qui se manifestent à bien plus long terme comme la cancérogénèse (les experts de l’époque savent eux que cela est parfaitement mensonger).

Pour trancher le débat les autorités Françaises et Européennes décident alors de lancer trois programmes de recherche pour confirmer ou infirmer les résultats des analyses de GE Séralini :

  • programmes GRACE et G-TwYST au plan européen
  • programme GMO90+ en France pour un coût total de 15 millions d’euros.

 

Aujourd’hui : un superbe exemple de MUTE NEWS… parfaitement « géré » par les politiques et la presse actuelle

J’ai emprunté le terme « mute news » à un article de Challenges (Menthon Routier – Double je n°570 – 14 au 20 juin 2018)

Selon l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), les résultats de ces expérimentations maintenant publiés sont clairs (les résultats de l’étude GRACE ont été publiés en novembre 2015, les résultats de l’étude G-TwIST viennent d’être (discrètement) publiés le 28/04/2018, les résultats du programme français GMO 90+ sont disponibles mais n’ont toujours pas été rendus publics – cherchez l’erreur – !) :

1) Les résultats de ces programmes de recherche confirment l’absence d’effets sur la santé des maïs porteurs de MON 810 et NK 603 dans les études à 90 jours. Cette absence d’effets avait été déjà observée dans les études antérieures et prises en compte dans les évaluations faites par l’EFSA.

2) Les études à long terme (un an et deux ans), ne mettent en évidence aucun effet toxique des maïs analysés et n’apportent rien de plus que les études à 90 jours comme le savaient déjà les toxicologues.

Ainsi l’AFBV constate que ces nouvelles études réfutent les principales conclusions tirées des études de Gilles-Eric Seralini sur la toxicité des maïs « OGM » analysés : aucun risque potentiel n’a été identifié. En outre elles contredisent ses propositions sur la nécessité de réaliser les études long terme.

Seule l’AFBV a réagit à la suite de la publication de ces contre expertises. Ses conclusions ont été envoyées à 150 journalistes et 200 parlementaires.

Les résultats de l’étude « hors norme » de Séralini qui avait médiatiquement et politiquement fait tant de bruit en 2012, n’ont donc pas été confirmés par ces trois nouvelles études. Et que constate t-on à ce jour ? Calme plat et mutisme le plus complet au niveau de toute la presse, au moins française !

Une recherche sur internet et dans la grande presse française ne donne aucun résultat sur un quelconque article concernant ces nouvelles études pourtant officielles, indépendantes et dénuées de tous conflits d’intérêts !

Aujourd’hui, le 20 juin 2018 :

Sera

Une omerta médiatique similaire sur le Glyphosate :

73% des articles de la presse française consacrés au glyphosate (sur 33 articles parus entre le 29 et le 30 mai 2018, au moment du vote de la loi alimentation et agriculture) citent l’avis défavorable du CIRC (le seul organisme ayant décrété le caractère cancérogène probable de l’herbicide, comme la viande ou le saucisson !) et aucun ne cite le consensus dégagé par les agences de santé, pas seulement européennes, mais mondiales, qui réfutent le caractère cancérogène proposé par le CIRC.

Voir ici l’enquête d’un site web  – La chèvre pensante – qui analyse la couverture médiatique de divers évènements.

Voir également ci-dessous une synthèse honnête de la question glyphosate réalisée par « Science technologies actions » :

Le glyphosate est la matière active du désherbant Roundup® découvert par Monsanto et proposé aux agriculteurs dès 1975. Le brevet a expiré en 1991 et est fabriqué aujourd’hui par de nombreuses sociétés essentiellement chinoises.

C’est un désherbant à action foliaire et systémique, à large spectre, très efficace, peu rémanent dans le sol,  et très bon marché. Ses qualités font qu’il est largement utilisé par les agriculteurs, et prisé par les amateurs, et pour désherber les voies ferrées, etc.

D’un point de vue agronomique, l’idéal serait d’avoir plusieurs molécules pour les mêmes usages, afin de faire des rotations. Ce n’est pas le cas : aucune alternative chimique n’est disponible notamment pour détruire les mauvaises herbes vivaces (chiendents, liserons, …) ou pour gérer les « techniques de conservation de sols » dans le cadre de l’agro-écologie.

Ce constat justifie un usage plus raisonné du glyphosate, et des réflexions sur des alternatives non-chimiques, mais pas une interdiction. Cette dernière option a pris une dimension médiatique et politique jamais vue pour un herbicide. Elle dérive d’une longue campagne anti-glyphosate qui a pris de l’ampleur suite à son classement, en mars 2015,  par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) comme « cancérogène probable » (groupe 2A), au même titre que la viande rouge. On peut considérer que ce classement exprime un danger potentiel mais non un risque lié à l’exposition de la population au glyphosate. Ce qui est sûr est que ce caractère cancérogène est contesté par toutes les agences sanitaires officielles,  y compris les européennes.

L’avis du CIRC est donc isolé scientifiquement, mais a influencé une réduction de la ré-autorisation de cet herbicide en Europe (5 ans au lieu de 15) et une décision du gouvernement français d’interdiction dans un délai de 3 ans maximum.

Pour être complet sur le CIRC, il faut mentionner qu’il est plus que soupçonné de partialité et fait l’objet d’une enquête à ce titre aux Etats-Unis. 

En résumé : le glyphosate apporte des bénéfices économiques, agronomiques et environnementaux, il est doté d’un bon profil toxicologique et éco-toxicologique, sa toxicité aigüe est faible, et il a été constamment jugé non cancérigène, non génotoxique par toutes les agences sanitaires françaises, européennes et internationales. Pour autant, la recherche d’alternatives n’est pas injustifiée, mais s’avère très difficile. Elles seront probablement plus onéreuses.

Deux exemples patents des ravages de l’hyper-communication dans notre société :

Sur ces deux sujets touchant à une activité clé de l’économie française, l’agriculture, on voit parfaitement les éléments qui constituent la spirale négative qui ronge notre société.

Le mécanisme est le suivant : les « gauchos-communo-trotskystes » de mai 1968 n’ont pas réussi à prendre le pouvoir. Certains sont allés élever les chèvres dans le sud de la France, d’autres plus ambitieux sont restés en place pour mettre au point les armes au service de leur idéologie.

Le champ de bataille tout trouvé est celui de l’environnement et de l’écologie et ses répercussions sur l’alimentation et la santé.

Les armes s’appellent ONG (Organisations Non Gouvernementales), petits copains dans la presse les ministères puis les politiques, médiatisation et communication. Le tout sur fond de désinformation, de manipulation de l’opinion publique en activant l’arme bien connue du catastrophisme et de la peur. Tout cela s’est installé insensiblement durant ces 50 dernières années dans une société ayant tellement profité de la modernité (des avancées de la science et de la technologie) qu’elle ne réagit plus devant des propositions de décroissance et d’abandon des facilités ainsi générées. Pire même, la science véritable et indépendante est dévoyée petit à petit, la pseudo science fait son entrée, politiquement et médiatiquement colportée, dans l’opinion publique qui n’a plus de repères

Ces technophobes idéologues ne sont que le nouvel avatar des anti-capitalistes ayant échoué dans leurs projets lors de l’extinction du communisme, anti-capitalistes déguisés en bonne conscience verte. Et cela marche ! A ceux là, il faut ajouter les nouveaux convertis et certains actuels capitalistes oppotunistes finançant des ONG de renom, car ils y voient encore des opportunités d’affaires (notamment dans le domaine de l’énergie et du climat) : la peur fait vendre !

Sources :

AFBV : Trois expertises française et européennes invalident les résultats et conclusions de l’étude de GE Séralini sur les maïs OGM

Contrepoints – Vincent Bénard : Les luttes technophobes, ou les habits neufs de l’anti-capitalisme

Science technologies actions

 

Suite ici

 

Dans un billet précédent je m’étais ému de la publication tapageuse de G.E. Séralini concernant les effets soit disant cancérigènes  du maïs NK 603. Voir mon billet : La scélérate étude de Séralini et ses rats : On ouvre les yeux ?

Tout est maintenant parfaitement clair, au plus haut niveau des instances scientifiques et des agences françaises et européennes mises en place par les états pour mesurer le risque lié à l’utilisation des PGM (plantes génétiquement modifiées). Toutes ont rendu leurs avis et le dernier en date, celui de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) est sans aucune ambiguïté.

Les conclusions définitives de l’EFSA

Dans son examen final publié dans un communiqué du 26 novembre 2012 , l’Efsa a confirmé son analyse initiale (ici) selon laquelle les conclusions des auteurs ne pouvaient pas être considérées comme étant scientifiquement fondées… :

« Les lacunes importantes constatées dans la conception et la méthodologie d’un article rédigé par Séralini et al. impliquent que les normes scientifiques acceptables n’ont pas été respectées et, par conséquent, qu’un réexamen des évaluations précédentes de la sécurité du maïs génétiquement modifié NK603 n’est pas justifié. Ce sont les conclusions des évaluations distinctes et indépendantes réalisées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et six États membres de l’UE à la suite de la publication de l’article par Séralini et al. dans la revue Food and Chemical Toxicology le 19 septembre 2012. »

Les six états membres en question sont : l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France (Anses), l’Italie et les Pays-Bas.

Le communiqué de l’Efsa précise également : « Dans leur document intitulé – Réponse aux critiques -, Séralini et al. ont déclaré que la taille de l’échantillon de leurs groupes de traitement était trop petite pour pouvoir tirer des conclusions concernant la carcinogénicité à long terme et la mortalité. L’EFSA note que cette déclaration de la part des auteurs est incompatible avec les conclusions générales qu’ils ont tirées dans leur article concernant les tumeurs et la mortalité. »

Plus globalement l’Efsa constate que : « il existe un consensus sur le fait que les conclusions de Séralini et al. ne sont pas étayées par les données contenues dans l’article publié. »

On ne peut être plus clair !

La directrice de l’Efsa précise

Entre temps  et à l’occasion du 10ème anniversaire de l’agence européenne, Catherine Geslain-Lanéelle s’est clairement et posément expliquée dans une interview réalisée par Marc Menessier pour Le Figaro : « Pas de risque sanitaire avec les OGM autorisés en Europe ».

Morceaux choisis :

  • A l’attention des groupes de pression idéologiquement orientés : « Si nous sommes parvenus, il y a une quinzaine d’années, à évincer les industriels des comités d’évaluation, ce n’est pas pour que des ONG engagées dans la lutte contre les plantes génétiquement modifiées ou les pesticides et qui ont, de ce fait, des intérêts particuliers à défendre, prennent leur place ! »
  • A l’attention de Séralini qui « exige » la communication de toutes les données, sans vouloir communiquer les siennes : « Depuis plusieurs années, la procédure européenne nous oblige à mettre à la disposition du public tous les éléments que nous utilisons pour rendre nos avis, y compris les échanges de mails et de courriers. Dans le cas des OGM, seule la séquence génétique est couverte par le secret industriel, le reste est en accès libre! Quand l’équipe du Pr Gilles-Éric Séralini nous a demandé le dossier d’évaluation du maïs NK603, nous le lui avons transmis intégralement, comme aux six autres personnes et organisations, dont Greenpeace, qui l’avaient fait avant lui. Il s’agit d’un faux débat ».
  • A l’attention du Ministre qui « exige » une remise a plat des procédures européennes d’évaluation des OGM :     « …Ce n’est pas de la science médiocre qui peut nous inciter à revoir notre façon de travailler !… »
  • A l’attention de la presse qui trompe ses lecteurs : « …Il est aussi faux de dire que tous les OGM sont sans danger que d’affirmer qu’ils sont des poisons, comme l’a titré récemment un magazine français. Je peux simplement certifier que les OGM autorisés à la commercialisation en Europe ne présentent pas de risques… ». A ce propos force est de constater que, lors d’une fort intéressante audition à l’Assemblée nationale organisée par l’OPECST (Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques) où l’ensemble des protagonistes de l’affaire Séralini étaient réunis sous la Présidence du non moins excellent Jean Yves Le Déaut, Guillaume Malaurie, le journaliste idéologiquement corrompu du Nouvel Observateur, n’avait pas jugé utile de se présenter. On voit donc avec quel brio cet individu assume. Même Joffrin n’a pas bronché.  Tout est dit !

Elsevier, l’éditeur de la revue scientifique Food and Chemical Toxicology en passe de retirer la publication de Seralini.

  • La revue qui s’était jusqu’ici très peu exprimée a néanmoins inséré depuis le 6 novembre, sur son site et sous les références de l’étude, une quinzaine de « lettre à l’éditeur » et de réactions de scientifiques médusés par cette situation : (a lire ici). Il me semble que c’est un signe qui ne trompe pas.
  • Le 30 novembre, un article de NewsDaily titrait : « Science journal urged to retract Monsanto GM study » – La revue scientifique a fort envie de retirer l’étude sur l’OGM de Monsanto – sous la pression d’un nombre important de scientifiques. Plus de 700 d’entre eux ont d’ailleurs signé une pétition en ligne : « Dr. Seralini – Please release data from your biotech corn study ». Un pétionnaire d’envergure, le directeur général du centre de recherche agronomique de Rothamsted (centre où j’ai rencontré de nombreux chercheurs au début de ma vie professionnelle) Maurice Moloney, a d’ailleurs adressé une lettre au rédacteur en chef de la revue Bryan Delaney, déclarant qu’il était « consternant que ces travaux puissent apparaître dans une prestigieuse revue comme Elsevier »no more comments !

Tout ceci met  en exergue  » un cas de défaillance dangereux du système de revue par les pairs, qui menace la crédibilité non seulement de la revue, mais de la méthode scientifique dans son ensemble », comme le souligne le professeur Marc von Montagu.

On peut rêver…?

Cette affaire Séralini est une dérive  de la science comme il y en a toujours eu et je considère que finalement ce n’est pas en soi très grave si le cas est isolé et reste lié à un individu égaré.

Par contre ce qui me semble beaucoup plus douteux et fondamentalement beaucoup plus inquiétant, c’est le comportement des instances politiques qui couvrent  ce genre de malversations, pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas ici.

J’aimerai revenir sur la  fort intéressante audition à l’Assemblée nationale organisée par l’OPECST (Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques) dont j’ai déjà, parlé plus haut.

Dans son discours introductif, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a botté en touche. « Les OGM sont un vieux débat et l’arbitrage est loin d’être fait, car il y a trop de doutes. […] Mais ils ne représentent pas la vraie solution, il faut ouvrir d’autres perspectives avec l’agroécologie, et développer d’autres modèles. Il faut avoir une vision plus systémique ». Et de poursuivre, plus vindicatif, pour justifier son « opposition aux Ogm » : « Ça ne m’intéresse pas d’avoir des champs de maïs, les uns derrière les autres, et une fois que j’ai utilisé mon herbicide, j’ai mon maïs et je n’ai plus rien autour »

Ce en quoi Christophe Terrain président de l’AGPM (Association Générale des Producteurs de Maïs) lui rétorque dans une lettre ouverte, argumentée et responsable, que les maïs ne sont pas des Ogm et que tous les maïs Ogm ne sont pas résistants aux herbicides… – a lire absolument- !

Il rappelle également le poids économique de cette culture dans la  balance des paiements français :  « L’apport économique de « ces champs derrière les autres » est considérable. A l’heure du redressement économique, la France devrait elle se passer de ses 1.7 milliards d’euros que rapportent à la balance commerciale les exportations de maïs grain ? A ce chiffre il faudrait ajouter les 485 millions d’euros que rapportent les exportations de maïs semence et les 140 millions de celles du maïs doux… soit l’équivalent de 35 Airbus A320 par an ! » (voir également un de mes précédents billets : L’agro-industrie, un secteur excédentaire vital pour l’économie française).

Et l’actuel Président d’Arvalis Institut du végétal de poursuivre : « Alors en attendant que la « révolution de l’agro-écologie » selon vos propre mots et dont vous défendez a priori les vertus, nourrisse son monde, comprenez, Monsieur le Ministre, que le débat ne s’enrichit pas en stigmatisant une plante et au delà les maïsiculteurs, leurs filières et leurs territoires. Le maïs, faut il vous en convaincre, mérite beaucoup mieux que des propos réducteurs et simplistes ».

Ce que je crois

La principale voie qui puisse permettre aujourd’hui d’utiliser un peu moins de chimie dans nos systèmes de culture, pour qu’ils restent économiquement performants et permettent aux producteurs de rester compétitifs sur le plan international, c’est la voie de l’amélioration génétique avec tous les outils des biotechnologies.

Seules les biotechnologies peuvent permettre d’atteindre les objectifs du plan Ecophyto 2018… mais ça ne sera pas avant 2028 !

Seules des variétés de plantes résistantes aux divers parasitismes permettront d’utiliser moins d’insecticides, moins de fongicides pour arriver au résultat escompté. Ce n’est certainement pas en réglementant a tout va, ni en décidant unilatéralement de diminuer les tonnages de produits, ni en donnant du crédit à des systèmes de production du passé.  C’est avec une technologie innovante et en poursuivant l’important effort de formation continue des agriculteurs et des utilisateur de ces facteurs de production que l’on y parviendra.

De la même façon, si l’on veut réduire la consommation d’engrais (engrais azotés en particulier) ou d’eau des plantes, c’est en améliorant leur rendement photosynthétique et leur capacité à valoriser l’azote et l’eau du sol. Là encore cela passe par la création de variétés adaptées à ces objectifs. De la même façon, si l’on veut ajuster rapidement la physiologie des variétés de céréales à paille à l’évolution du climat constatée depuis une trentaine d’années, c’est également grâce aux biotechnologies que l’on y parviendra.

Enfin, une réduction effective de l’utilisation d’engrais azotés et de produits de protection des plantes grâce aux biotechnologies permettra de réduire notre consommation d’énergie fossile nécessaire à la fabrication de ces intrants.

Il est quand même consternant de constater que, pour conforter la peur de nos concitoyens en l’avenir (peur pernicieusement instillée et entretenue par ailleurs), notre pays renonce de facto à valoriser les extraordinaires atouts qui sont les siens.

  • C’est le cas de notre savoir faire dans le domaine des biotechnologies : un organisme de référence comme l’INRA a déclaré publiquement qu’il abandonnait ses recherches en la matière. Une magnifique entreprise comme Limagrains (4ème semencier mondial) déplace ses activités hors de France (ah oui produisons français…). Toutes les études permettant de vérifier l’innocuité des innovations sont systématiquement détruites par des groupuscules hors la loi en toute impunité…
  • C’est vraisemblablement le cas actuellement des gaz de schistes que l’on refuse même d’appréhender, alors que notre facture énergétique représente les 3/4 du déficit annuel de notre balance commerciale.

Et dans le même temps nos politiques rêvent de nationaliser notre industrie sidérurgique alors qu’il n’y a plus un euro dans les caisses du pays !

 Alors, Monsieur le Ministre, puisque vous êtes l’instigateur d’une conférence nationale pour lancer votre nouvelle politique : « Agricultures produisons autrement », le 18 décembre prochain au Conseil Economique Social et Environnemental à Paris,

Puis je simplement vous poser cette question :

Y a t-il une place pour les biotechnologies dans ce que vous appelez de vos voeux la « révolution de l’agro-écologie » ?

 

J’avais décidé de ne pas écrire sur l’inimaginable épisode Séralini et ses rats naturellement tuméfiés, avant que les principales agences nationales et internationales aient eu le temps de se prononcer sur la valeur scientifique de ce que j’avais perçu comme une étude douteuse. Ne serait-ce que par la façon dont elle a été médiatiquement propulsée avec sa suite (un livre et un film) dans le grand public.

Un scientifique honnête n’a pas besoin de photos alarmistes et anxiogènes pour relever le niveau des résultats de sa publication.

Bref c’est fait : toutes les grandes agences scientifiques PUBLIQUES françaises, européennes et internationales se sont prononcées : graves lacunes statistiques, méthodologiques, bibliographiques, résultats inexplicables, non scientifiquement valables, non élaboré conformément aux bonnes pratiques scientifiques en vigueur, conclusions abusives… je m’arrête : il serait possible de rédiger ici un long billet en mettant bout a bout tous les adjectifs employés.

Quelques réflexions néanmoins sur ce que je pense de cette farce médiatico-politique, qui laissera cependant des traces diverses dans l’opinion des uns et des autres.

Cet avatar scientifique et médiatique est salissant pour la Science, la France et les français.

Mon avis sur l’étude Séralini

(je ne déploierai pas d’argumentaire scientifique, celui ci l’ayant été bien mieux que je n’aurais pu le faire par de nombreux auteurs et experts dans le domaine)

Monsieur Séralini n’est pas uniquement comme on pourrait le croire un scientifique véreux qui aurait été tenté dans la présentation des résultats de son étude de « tordre » quelques chiffres pour mieux conforter ses thèses. C’eût été classique, petit et finalement « humain ».

La réalité est bien plus brutale : ce « chercheur » est un voyou. Il serait pourtant très facile de l’affubler d’autres noms d’oiseaux tant ses photos de rats illustrant sa publication sont RACOLEUSES.

 

Un voyou agissant avec préméditation dans l’unique but d’alimenter son idéologie.

Sa schizophrénie le conduit à ne plus s’apercevoir des impasses scientifiques et déontologiques dans lesquelles il se trouve.

Le CRIIGEN : voir ici

 Rats albinos « Sprague Dawley » connus pour développer naturellement des tumeurs même avec une alimentation conventionnelle (Photo jepoirrier – flickr)

 Mon avis sur la Communication de Séralini et du Criigen de Corinne Lepage

Le timing de la « Com » est parfaitement huilé et prémédité : Agence de communication, date de sortie de la publication scientifique savamment maîtrisée, juste avant la sortie d’un livre et simultanément d’un film sur le sujet.

Au départ, un dossier  hallucinant du Nouvel Observateur, une 1ère de couverture mensongère, le tout par un journaliste idéologiquement et déontologiquement corrompu dans la mesure où il a accepté de ne pas vérifier les informations auprès d’experts comme le lui a demandé l’agence du Criigen, en échange d’une exclusivité de l’info, d’un scoop pour le journal.

On imagine la réaction de ce même journaliste (Guillaume Malaurie) s’il avait reçu une proposition identique sur un tout autre sujet !

 

 Cette étude est de la pseudo-science (junk-science des anglo saxons) : science qui déforme les données scientifiques pour servir des intérêts idéologiques ou commerciaux en donnant une valeur scientifique à ce qui n’en a pas. Cette étude a d’autre part été financée par le Criigen l’officine d’écologie politique de Corinne Lepage qui est une organisation idéologiquement engagée contre les OGM et dont Mr Séralini est Président du conseil scientifique. Ce même Criigen récupère et gère des fonds dispensés, entre autres, par l’association Cérès rassemblant les grands de la grande distribution : Auchan et Carrefour, deux sociétés dont le marketing est construit autour de la promotion de produits sans OGM et de l’agriculture bio. Pour info Carrefour c’est 43 milliards d’€ au 1er semestre 2012 et Monsanto 11 milliards de $ pour toute l’année 2011!

Dans ces conditions il est indécent et hautement malhonnête que Séralini se déclare constamment exempt de conflits d’intérêts, tout en accusant les chercheurs publics, les experts et les agences d’être à la solde des multinationales et autres entreprises capitalistes !

Le constat des agences scientifiques est  accablant pour Séralini, mais il ne fait que confirmer les avis qui avaient déjà été portés sur ses publications antérieures. On peut seulement s’étonner qu’une revue  scientifique de niveau correct comme la Food and Chemical Toxicology ait pu accepter un tel document !!! Cette revue n’a d’ailleurs pas réagi aux analyses « parallèles » de la multitude de scientifiques internationaux. Elle valide par conséquent de facto leur verdict… et admet sa légèreté sur ce coup ?

Comme le dit l’AFBV dans son communiqué du 22 octobre 2012 : « Les doutes sont maintenant clairement levés par les avis rendus par l’ANSES et le HCB sur le maïs NK 603 » et « permettent au ministre de l’agriculture de rassurer les consommateurs. »

De même, un article  de Marc Menessier dans Le Figaro : «L’étude Séralini ne remet rien en cause», permet à Joël Guillemain expert à l’ANSES d’avertir : « Or l’étude de M. Séralini est scientifiquement irrecevable. Elle n’apporte rien et ne peut rien remettre en cause. Il est donc inconcevable que l’on puisse s’appuyer sur un travail d’aussi piètre qualité pour demander une évolution de la réglementation sur les OGM et les pesticides.

Las, aujourd’hui le politique n’a rien a f… des avis des experts et des agences qu’il a lui même contribué à mettre en place ! Ce qui compte c’est de maintenir le citoyen sous le couvercle de la peur, de s’assurer de sa santé et… de son vote au prochain scrutin.

Il suffit de lire le communiqué du ministère de l’agriculture ou d’écouter la déclaration du ministre Le Foll pour s’apercevoir que ce n’est pas l’innocuité du maïs NK 603 (tout comme celle du MON 810 d’ailleurs) qui l’intéresse, mais c’est leur interdiction pure et simple ce qui, traduit en langue de bois politiquement correcte donne : « enjeu plus large et révision des protocoles d’autorisation à l’échelle européenne ». Cela permet de gagner du temps et de faire monter d’un cran l’état anxiogène du « citoyen » sur un sujet mineur qui n’a rien a voir avec les véritables problèmes de notre société aujourd’hui.

Je constate malheureusement que nous sommes là dans des manoeuvres politiques qui me consternent. Le Lyssenkisme n’est pas mort. Cela fait deux fois que le pouvoir politique contraint ses agences (le HCB en janvier 2008 à propos du moratoire sur le MON 810 et l’ANSES aujourd’hui). La ficelle est cependant très grosse dans le cas présent, le rationnel ne suffira donc pas à redresser la pente sur laquelle notre système politique s’enfonce. Faudra-t-il attendre l’irrationnel ?

Bibliogtaphie

La publication :

Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize – Food & chemical toxicology

Analyses scientifiques sur la publication de Séralini

NK 603 – OGM, environnement et politique – Marcel Kuntz

Lacunes, résultats inexplicables : l’étude anti-OGM sur la sellette – J.F. Narbonne, toxicologue, membre de l’ANSES

Danger des OGM : l’étude qui invalide l’article de Séralini – Ph. Stoop, agronome atterré.

L’analyse que les relecteurs de Food and Chimical Toxicology auraient dû produire – Alain de Weck

Requiem pour trois rats morts prématurément – Alain de Weck

Étude OGM de Gilles-Éric Séralini : les avis des agences et académies – AFIS

Avis des Académies nationales d’Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies, et Vétérinaire sur la publication récente de G.E. Séralini et al. sur la toxicité d’un OGM   –  19 octobre 2012

Étude du CRIIGEN sur le maïs NK 603 : Une bombe médiatique, et après ? (Conclusion provisoire) – Imposteurs

Le Nobs à l’avant-garde d’une formidable opération politico-médiatique Wackes Seppi – Imposteurs

L’indépendance (de l’expert) : « c’est d’abord se tenir à distance des
pouvoirs publics, des intérêts financiers et des engagements idéologiques. » – Mission Agrobioscience – Olivier Godard, directeur de recherche au Cnrs et enseignant en économie à l’Ecole Polytechnique

Les tenants de la précaution jouent sur la peur – Daniel Soulez-Larivière et Astrid Mignon-Colombet Avocats

Science et société : une bien étrange journée – Yann Kindo

OGM et pseudo sciences : un mauvais mélange – Contrepoints – Stéphane Montabert

Je persiste et signe – OGM, environnement et politique – Marcel Kuntz

Pourquoi faudrait-il soumettre les OGM à des tests d’innocuité de longue durée – Louis-Marie Houdebine – AFIS (ajouté le 9 nov. 2012)