Choqueuse, Fretoy, Gremevillers… de jolis noms aux confins de la Picardie de l’Oise et du Pays de Bray en Seine Maritime.
 
La Ferme

C’est à l’ouest de ce fertile Plateau Picard qu’un jour de 1860, l’arrière grand père implante la ferme familiale. Corps de ferme clos par les batiments eux mêmes. D’anciennes étables vraisemblablement antérieures, dont les murs sont en lattis et torchis ferment la face ouest. Granges, étables, bergeries, porcheries, mare recolonisée récemment par des poissons apportés vraisemblablement sous forme d’oeufs par des hérons s’ordonnent autour de la cour. Le porche permet un passage charretier conséquent. Une mention toute particulière pour les deux imposantes granges de l’aile Nord, nommées Magenta et Solférino en référence à leur date de construction. Granges remarquables par leur hauteur et leur portée de 12,5 mètres d’un seul tenant dans un parfait état. Les récoltes étaient gerbées par un système dit de "chaises". Il fallait alors 8 personnes pour atteindre le sommet de l’édifice.

  

C’est dans ces lieux que quatre générations dont trois d’agriculteurs se succédèrent sur une exploitation qui comportait déjà 150 hectares à la fin du 19ème siècle. Au delà des animaux de trait, la main d’oeuvre nécessaire à l’entretien d’une telle surface était à cette époque très importante. La nourrir avec les produits de la ferme était une évidence.
A la limite de la Normandie, la boisson indispensable pour étancher les soifs de ces travailleurs de la terre était le cidre produit à partir des pommiers implantés dans les vergers. D’ailleurs en Normandie on fabrique toujours la "boisson" (du même nom) qui est du cidre pur jus allongé d’eau.

 

La table de grand père
 
Les  grands parents, une fille et vraisemblablement un ouvrier et un visiteur à l’ample serviette empesée…

 
La Cave à Couleurs
 Ici, sur l’exploitation de la rue du Bout d’en Bas, le cidre et la boisson étaient élaborés dans une cave voûtée située sous le logis des propriétaires. Cette cave abritait d’énormes barriques aujourd’hui disparues et était pourvue d’un système astucieux de drainage et d’évacuation des lies et autres eaux de rinçage et de nettoyage, que l’on perçoit encore.
C’est cette cave que Jacques transforma il y a quelques années en Cave à Couleurs que j’ai toujours plaisir à visiter, alors que sa production de toiles commençait à devenir conséquente.

L’artiste, Peintre Picard, détaillant ses oeuvres dans la Cave à Couleurs

Plafonds enduits et murs en briques devenus aujourd’hui Cimaise
 
 L’oeuvre

Jacques a le regard du paysan sur les êtres et les choses de la nature et de la vie. Il retranscrit comme un naturaliste décrivant tous les détails de sa découverte. Il ne triche pas avec son sujet, tout en contrastes lumières vives et couleurs chatoyantes.
Les sujets préférés de notre peintre Picard : les paysages, les campagnes, les cultures du plateau, mais aussi les petits ruisseaux, lavoirs et plairies du Pays de Bray ou du Pays de Thelle avoisinants. L’architecture Picarde n’est pas en reste : chateaux, églises ou jolies demeures, mais aussi maisons plus modestes attestant des techniques anciennes comme les colombages et le torchis… Il sait également être méditerranéen, montagnard ou marin lorsque ses voyages l’emmènent vers le sud. Les animaux de la ferme, le cheval et enfin les portraits et nus complètent la palette éclectique de notre artiste.
 
    
 

 
 L’atelier du peintre Picard
 Jacques Maumené a adopté une technique spécifique puisqu’il peint à partir de ses propres diapositives. Il est adepte exclusif de l’huile. Son chevalet ne quitte pas le salon… mais le peintre parcourt inlassablement, avec son appareil photo, les paysages et les villages de la région. Voiture, scooter, quad, rien ne l’arrête ! 

 

L’ouvrage est sur le chevalet… et c’est le 441 ème qui est en train de prendre forme sous nos yeux.

 

 

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