Latest Entries »

Protégé : 70 ou 71 ?

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Publicités
P1050523 (2)

Asphodèle de Villars

Qui ne connais l’Andalousie ? Séville, Grenade, Cordoue, le Flamenco… et pourtant ! L’ Andalousie occupe tout le sud de l’Espagne : de l’océan atlantique à l’ouest à la mer méditerranée à l’est. Pas la méditerranée du sud, avec les célèbres stations balnéaires de la Costa de la Luz. Mais la méditerranée de l’est dont la côte commence à Cabo de Gata (Alméria) pour remonter au nord vers Carboneras et Mojacar.

andalousie carteIci c’est la province d’Alméria, pas de fleuve comme le Guadalquivir qui traverse la plaine de Séville, mais un « désert » : le désert de Tabernas où furent tournés un certain nombre de westerns spaghettis des années 1960. L’arrivée de l’eau courante en provenance des sierras proches (Sierra Nevada entre autres) est récente, notamment sur la côte est. Pas de grandes cultures ni d’oliviers comme dans la plaine de Séville mais un développement récent de cultures maraîchères et fruitières sous serre, sur des milliers d’hectares, entre Alméria et Nijar de part et d’autre de l’autoroute, donnant au paysage une allure de mer intérieure.

Carte Cabo

Seule similitude avec l’Andalousie occidentale : les parcs naturels nationaux préservés. C’est dans l’un d’entre eux , le parc naturel de Cabo de Gata (classé réserve de la biosphère en 1997)  que je vais vous entraîner, pour découvrir toute la spécificité de la flore de cet endroit, dont la beauté fugace explose au printemps. Le nom Cabo de Gata fait référence aux agates qui étaient extraites de nombreuses mines dans la région).

P1040109

Sur la route de Albaricoques à Cortijo del Fraile

P1040512

Vue de Cabo de Gata sur la plage de Monsul. Derrière le cap, la plage de Genoveses et San Jose

 

 

 

 

 

 

Les paysages sont somptueux, surtout lorsque l’altitude s’élève, en particulier en bord de mer. De charmantes petites stations balnéaires se sont installées depuis une quarantaine d’années, comme San Jose au sud et Agua Amarga au nord du parc. Dans un style complètement différent de la Costa del Sol, puisque les habitations sont construites à flanc de colline sans jamais dépasser 3 ou 4 étages.

P1050334 (2)

La petite station de San José au soleil levant, toute proche de Cabo de Gata

L’Andalousie orientale, haut lieu de la botanique européenne et du western spaghetti

P1040641 (2)P1040089 (2)Nous logions à Los Albaricoques, à l’Hostal rural Restaurante Alba, point de chute à partir duquel nous avons rayonné vers différents sites botaniquement intéressants.

Los Albaricoques fut en 1965 le théatre du tournage de « Et pour quelques dollars de plus », la seconde des six collaborations entre le réalisateur Sergio Leone et le compositeur Ennio Moricone. Dans le film, qui fut le plus grand succès commercial de l’histoire du cinéma italien, la petite ville d’El Paso fut construite de toutes pièces près de Tabernas. Quant à Agua Caliente, qui abrite le gang d’El Indio, le vrai nom du village était Los Albaricoques.

P1050313 (2)

Tableau mural à l’hôtel ALBA représentant la scène culte du film « Et pour quelques dollars de plus », tournée à Los Albaricoques, avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Gian Maria Volonte.

Voir ici un blog bien illustré sur les lieux de tournages : Il était une fois au nord d’Almeria… Sur les traces de Sergio Leone et du western spaghetti

Les randonnées et la flore

Arisarum vulgare_Capuchon-de-moine1 (2)

Arisarum vulgare (Capuchon de moine)

P1040746 (2)

Stipa tenacis-sima (Alpha) près de Tabernas

 

Depuis Los Albaricoques, nous nous sommes ainsi transportés vers le désert de Tabernas à l’est, Nijar, le parc naturel de Yesos de Sorbas sur substrat gypseux et la Sierra de Cabrera au Nord, le parc naturel de Cabo de Gata à l’est et son somptueux bord de mer ainsi que la zone côtière entre Almeria et les salines au sud.
Beaucoup de plantes déjà rencontrées dans les sierras d’Andalousie occidentale, mais aussi beaucoup d’endémiques et d’espèces très rares, voire disparues en France. Nous découvrirons également des espèces nord africaines en limite d’extension ainsi que de nombreuses espèces adaptées à la sécheresse estivale. Cette zone est une des plus arides d’Europe occidentale : ensoleillement maximal (2965 h/an à Almeria) et très faible pluviométrie (200 mm par an à Almeria, 250 mm à Tabernas et seulement 155 mm à Cabo de Gata, probablement le point le plus sec d’Europe).

 

 

 

Cliquer sur le nom du secteur (en vert) pour découvrir les diaporamas.

Diaporama : Entre Cabo de Gata et le Cerro de Vela Blanca

Les endémiques de Cabo de Gata

Antirrhinum charidemi_Muflier6 (2)

Muflier – Antirrhinum charidemi Lange

Antirrhinum charidemi_Muflier14

Muflier – Antirrhinum charidemi Lange

 

Muflier vivace disposé en coussins souvent implantés sur des parois rocheuses. Ce muflier à grandes fleurs est communément appelé Dragoncillo del Cabo. Vu sous un certain angle, les fleurs ressemblent effectivement à un dragon. Il existe également un œillet endémique sur le même site : Dianthus charidemi, que nous n’avons pas vu, car à floraison plus tardive.

 

 

 

Diaporama : Les plages de Monsul et Genoveses

Deux des plus belles plages entre Cabo de Gata et Carboneras. La très grande plage de Genoveses est toute proche de San Jose et la fantastique plage de Monsul fait face au Cerro et à la tour de Vela Blanca. C’est sur la plage de Mónsul, que Steven Spielberg a réalisé la scène d’Indiana Jones et la dernière croisade, dans laquelle Sean Connery effraie des mouettes avec son parapluie pour abattre un avion allemand.

P1050450 (2)

Plage de Monsul – Cerro et tour de Vela Blanca au fond

 

Carraluma europaea10

Carraluma d’Europe
Caralluma europaea (Guss.) N. E. Br

Le Carraluma est une plante très originale que nous avons également observée dans le désert de Tabernas. A première vue, ressemblant à un cactus mais botaniquement cousine de la pervenche (Apocynacées). Sa floraison est très fugace. Il s’agit d’être présent au bon moment et avoir l’œil averti pour la capter !

L’Ammochloa de Palestine très rare également a été observée sur la plage de Genoveses.

Ammochloa palaestina_Ammochloa de Palestine4 (2)

Ammochloa de Palestine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diaporama :La plage de Playazo (Rodalquilar)

P1040159 (2)P1040170 (2)

 

 

 

 

 

C’est par un chemin de terre de 3km, depuis Rodalquilar (la ville aux vestiges miniers), que nous accédons à la paisible et magnifique plage de Playazo. Gardée d’un côté par le château de San Ramon, elle déploie ses magnifiques eaux cristallines de l’autre côté aux abords d’une dune fossilisée.

Malva parviflora Mauve à petites fleurs2 (2)
Mauve à petites fleurs – Malva parviflora L., 1753

 

 

 

 

 

 

 

Diaporama : Los Escullos

P1040581 (2)

Dune fossile érodée par le vent marin

Mesembryanthemum crystallinum_Ficoïde à cristaux7 (2)

Ficoïde à cristaux
Mesembryanthemum crystallinum L., 1753, au délicieux goût d’huitre…

 

 

 

 

 

Ancien hameau de pêcheurs le site de Los Esculos est constitué de deux splendides plages séparées par une dune fossile. Nous retouverons d’ailleurs dans les anfractuosités de la roche calcaire la magnifique petite Linaire à feuilles grasses (Chaenorhinum crassifolium (Cav.) Lange) qui apprécie particulièrement ce genre de substrat.

Chaenorhinum crassifolium_Petite linaire à feuilles grasses12 (2)

Linaire à feuilles grasses (Chaenorhinum crassifolium (Cav.) Lange), sur son substrat rocheux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diaporama : El Retamar, entre Almeria et San Miguel de Cabo de Gata

Cynomorium coccineum_Cynomorium écarlate7

Cynomorium écarlate « Champignon de Malte »
Cynomorium coccineum L., 1753

Cynomorium coccineum_Cynomorium écarlate02Le Cynomorium écarlate, encore appelé éponge ou champignon de Malte, est une plante étrange qui semble se développer à proximité des chénopodiacées aimant le sel (Obione, Arroche faux pourpier). Il parasite aussi les tamaris, salsola et limonium. Seule représentante de sa famille, comme les orobanchacées, cette plante n’apparaît qu’à la floraison sous la forme d’une inflorescence dense constituée de milliers de petites fleurs rougeâtres. On la trouve au sud de l’Espagne et du Portugal, en Corse, Sardaigne, Sicile, Malte, Tunisie, Maroc, Sinai, Palestine, Iran et Asie Centrale.

 

Diaporama : Entre Albaricoques et Cortijo del Fraile

P1040115 (2)P1040118 (3)

Glaucium corniculatum_Pavot cornu3

Le magnifique Pavot cornu (Glaucium corniculatum (L.) Rudolph, 1781)

La petite route encailloutée nous menant d’Albaricoques à Rodalquilar fut le lieu d’une exploitation minière intense au siècle dernier (mines d’or en particulier), dont les installations de Rodalquilar en sont encore les témoins. Un peu à l’écart l’ancienne ferme de Cortillo del Frail fut au centre d’évènements tragiques qui se déroulèrent une nuit de 1928, ayant inspiré l’écrivain Federico García Lorca lorsqu’il rédigea ses « Noces de sang ». Plus récemment cette ferme a  été utilisée pour le tournage du dernier film de la trilogie du dollar de Sergio Leone: « Le Bon, la Brute et le Truand » en 1966 (la mission du Père Ramirez dans le film). La flore se développant dans les parties plus ou moins cultivées est également d’une très belle diversité.

P1040101 (2)

Oliviers pluri-centenaires, friches et massifs miniers.

 

Diaporama : Nijar, Huebro et la Sierra de Alhamilla

La ville d’origine Arabe de Nijar est blottie sur les pentes méridionales de la Sierra Alhamilla. Elle s’ouvre sur la plaine couverte de serres et traversée par l’autoroute  qui, du nord nous mène vers Almeria et la Costa del Sol.

P1050078 (2)

Terrasses cultivées entre Huebro, blottie au fond de la Sierre Alhamilla, et Nijar

Linaria verticillata_Linaire verticillée1 (2)

Linaire verticillée(Linaria verticillata Boiss.)

Huebro (Nijar)18 (2)

Huebro, petite ruelle sortant du village.

 

La ville de Nijar, d’origine Arabe, est blottie sur les pentes méridionales de la Sierra Alhamilla. Elle s’ouvre sur la plaine couverte de serres et traversée par l’autoroute  qui, du nord nous mène vers Almeria et la Costa del Sol.

 

L’étroite route qui serpente jusqu’à Huebro, petit village typiquement andalou accroché à la Sierra dominant Nijar, permet d’observer les cultures en terrasses irriguées. L’ancien système d’arrosage d’origine arabe utilisant les moulins y est conservé. La flore présente sur les flancs de la sierra nous a permis d’observer de magnifiques espèces peu fréquentes comme la Linaire verticillée ou le Fumeterre à neuf folioles.

Sarcocapnos enneaphylla_Fumeterre à neuf folioles5 (2)

Fumeterre à neuf folioles (Sarcocapnos enneaphylla (L.) DC., 1821)

 

Diaporama : De Nijar à Sorbas

Cistanche phélipaea_Cistanche6 (2)

Cistanche (spécimen blanc violacé)

Cistanche phélipaea_Cistanche17 (2)

Cistanche (Cistanche phelypaea (L.) Cout., 1913)

 

De belles découvertes tout au long de cette petite route serpentant jusqu’à la jonction avec la nationale Tabernas Sorbas. Juste le temps de s’arrêter avant Sorbas sur une terrasse haute du lit du rio Aguas pour un pique-nique bien mérité… puisqu’une magnifique éclosion de Cistanches nous attendait !

Les Cistanches sont de magnifiques Orobanchacées de grande taille parasites des Chénopodiacées. D’un jaune éclatant, mais selon les substrats elles peuvent prendre des teintes allant du blanc violacé à des teintes plus sombres.

 

Pique nique 2 (2)

Pique-Nique sur une terrasse du rio Agua

 

 

Diaporama : Le parc naturel des Yesos (Carrières de gypse) de Sorbas

Gypse_Carrières de Sorbas (2)

Carrière de gypse à ciel ouvert près de Sorbas

 

Linaria oblongifolia subsp. aragonensis_Linaire d'Aragon3 (2)

Linaire d’Aragon – 
Linaria oblongifolia subsp. aragonensis (Lange) D.A.Sutton

Chaenorhinum grandiflorum_Petite linaire à grandes fleurs4 (2)

Petite linaire à grandes fleurs
Chaenorhinum grandiflorum (Coss.) Willk. subsp. grandiflorum

 

 

Une flore spécifique s’est développée dans cette région d’où l’on extrait le gypse d’impressionnantes carrières : les Yesos. C’est une région riche en grottes façonnées au cours des siècles par les pluies dans un système géologique karstique. Des espèces se sont adaptées à ce substrat particulier, qui serait nocif pour bien d’autres. C’est le cas de l’Hélianthème faux-Alypum, de l’Ononis à trois dents, très lignifié ou de la minuscule Linaire d’Aragon poussant directement sur la roche mère du gypse.

 

Narcissus tortifolius_Narcisse à feuilles vrillées6 (2)

Narcisse a feuilles vrillées (Narcissus tortifolius Fdez. Casa)

 

Diaporama : Le désert de Tabernas – Randonnée du 22 mars matin

La zone de Tabernas, que l’on désigne communément maintenant comme le désert de Tabernas, doit son nom à des paysages ressemblant fortement à ceux des déserts de l’ouest américain ou ceux d’Afrique du nord. La faible population installée et la faible pluviométrie (250 mm par an) amplifient ce phénomène. Remarquons néanmoins que la pluviométrie à Alméria n’est que de 200 mm… et 155 mm à Cabo de Gata ! Ce site acquit une certaine notoriété à la suite du tournage de films à succès comme « Un taxi pour Tobrouk » de Denys de la Patellière à la fin des années 1950, puis les westerns de Sergio Leone dans les années 1960.P1040670 (2)

Moricandia foetida_Moricandie fétide7 (2)

Moricandie fétide – Cistanches en arrière plan

Euzomodendron bourgeanum_Euzomodendron de Bourgea4 (2)

Euzomodendron de Bourgea

La flore est celle des climats semi arides, dans les zones basses (autour de 400 m d’altitude), avec une saison sèche en été. Elle n’en reste pas moins ultra spécifique, très adaptée à la sécheresse notamment au niveau de leur port. On peut citer quelques rencontres intéressantes comme cette jolie brassicacée ligneuse, endémique de la région d’Almeria : Euzomodendron bourgeanum Coss. Mais aussi Moricandia foetida Coss, Senecio flavus (Decne.) Sch. Bip, ou Pallenis hierichuntica (Michon) Greuter…

Senecio flavus_Séneçon jaune4 (2)

Seneçon jaune – Senecio flavus (Decne.) Sch. Bip.

 

Diaporama : Tabernas, au pied de la Sierra de Alhamilla

Sclerocephalus arabicus Boiss. 4 (2)

Sclerocephalus arabicus Boiss

 

Petite après midi mais grande découverte : Sclérocephalus arabicus, une Cariophyllacée non encore décrite en Europe. Elle est par contre souvent décrite dans le Sud ouest Marocain, le Sahara, Djibouti, le Qatar, en Syrie…

 

 

Diaporama : Campo de Tabernas

Dans un paysage plus plat et plus ouvert, plus propice aux annuelles… avec un véritable festival de Linaires.

Linaria nigricans_Linaire noircissante1

Linaire noircissante – Linaria nigricans Lange

Linaria arvensis_Linaire des champs1

Linaire des champs Linaria arvensis (L.) Desf., 1799

 

Linaria oligantha3 (2)

Linaire – Linaria oligantha Lang

Linaria nigricans_Linaire noircissante11 (2)

Grosse levée de Linaire noircissante

 

Diaporama : Sur les hauteurs de San José

Gladiolus dubius_Glaïeul douteux6

Glaïeul douteux
Gladiolus dubius Guss., 1832

Reseda undata subsp. leucantha_Réséda blanchâtre4

Réséda blanchâtre
Reseda undata subsp. leucantha (Hegelm. ex Lange) Arénega ex Valdés

Asphodelus macrocarpus_Asphodèle de Villars5

Asphodèle de Villars
Asphodelus macrocarpus Parl., 1857
= Asphodelus villarsii Verl., 1860

Stipella capensis_Stipe du cap

« Prairies » à Stipe du Cap – Stipella capensis (Thunb.) Röser & Hamasha, 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P1030595

Grosbec casse-noyaux mâle dans la neige

L’épisode de froid de fin février début mars 2018 (-9.3°C enregistrés à Rouen Boos le 28 février) a rapproché les oiseaux des mangeoires. Avec cette année un « nouveau » venu, le Grosbec casse-noyaux, qu’il n’est pas toujours très facile de repérer tant il est farouche, se réfugiant à la cime des arbres s’il est effrayé ou dérangé.

P1030712_2

Gros bec casse-noyaux femelle

Le grosbec casse-noyaux est un passereau de taille moyenne, au plumage très coloré, surtout le mâle, la femelle étant en général plus terne. Il appartient à la famille des fringillidés (pinsons, verdiers, chardonnerets, bouvreuils, tarins…), dont c’est la plus grosse espèce.

P1030683

Gros bec fort et conique

Le grosbec casse-noyaux est doté d’une grosse tête munie d’un gros bec fort et conique. Son alimentation principale est constituée de graines ailées (les samares) que produisent érables, charmes et frênes. Mais il consomme aussi des graines très dures comme les faines du hêtre, les merises ou les noyaux de cerises. Ainsi, le grosbec casse-noyaux a développé une extraordinaire musculature donnant à la tête ce gabarit étonnant. Il est également insectivore et capture les insectes dans les arbres, au sol ou en plein vol.

Le grosbec s’approche timidement et occasionnellement des mangeoires où il apprécie les fruits et les graines : tournesol, chanvre, noix et céréales concassées qu’il peut partager, par obligation, avec d’autres espèces.

P1030704

Grosbec casse-noyaux, verdier femelle et pinson des arbres.

P1030730

Perles de pluie sur le superbe plumage du Grosbec

Nos Grosbecs sont considérés comme sédentaires, mais s’ils ne quittent guère la région, ils y sont assez erratiques après la nidification.

P1030674

Grosbec & verdier d’Europe mâle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les oiseaux de l’Est et du Centre de l’Europe sont en revanche obligés de migrer en automne vers des régions plus clémentes, y compris la nôtre.

P1030619 (2)

Références :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/grosbec.casse-noyaux.html

http://oiseaux-birds.com/fiche-grosbec-casse-noyaux.html

https://tifaeris.wordpress.com/oiseaux/passereaux/grosbec-casse-noyaux/

P1030712_2

Géographie de l’Andalousie :

Graza_Carte

L’Andalousie occupe toute la partie sud de l’Espagne. Elle est bordée à l’ouest par l’océan Atlantique, les villes du Huelva, Cadix. Au sud par la Méditerrannée entre les villes de Gibraltar, Malaga et Alméria et à l’est entre le cap Cabo de Gata et Carboneras. Un des traits caractéristique de l’Andalousie est une grande variété de paysages liés aux grands ensembles géographiques orientés nord-est sud-ouest :

  • au centre la grande plaine du rio Guadalquivir qui arrose d’est en ouest, Cordoue, Séville et se jette dans l’Atlantique au nord de Cadix.
  • au nord, la Sierra Morena, massifs de moyenne altitude, au relief peu accidenté, ne dépassant pas 1400 mètres.
  • Maceron1

    Grazalema – Vue sur la sierra de Gaidovar, au fond le sommet du Coros et le col de Las Palomas

    au sud, la Cordillère Bétique constituée par un ensemble de vallées et de massifs montagneux dont la Sierra Nevada, rassemblant les plus hauts sommets d’Espagne à plus de 3000 mètres, située entre Grenade et Alméria.

  • Entre Séville, Ronda et Gibraltar se situent d’autres sierras du système Bétique, en particulier les sierras de Grazalema, los Alcornocales (Gibraltar) et las Nieves (Ronda), au travers desquelles nous avons effectué nos randonnées.

Si l’on peut globalement qualifier le climat Andalou de méditerranéen (été chauds et secs et hivers doux et moyennement humides), le détail révèle cependant des contrastes saisissants :

  • l’Andalousie occidentale, aux influences atlantiques, fait de la Sierra de Grazalema la région la plus pluvieuse d’Espagne avec plus de 2000 mm par an.
  • à l’opposé le désert de Tabernas en Andalousie orientale (au nord d’Almeria) fait l’objet d’un climat semi aride avec moins de 200 mm d’eau en moyenne annuelle.

Grazalema :

Grazalema6

Grazalema et la sierra de Gaidovar

Le petit village de Grazalema est un digne représentant des villages blancs si caractéristiques de la région. Perché à 800 mètres d’altitude, adossé à la sierra d’Endrinal, il a donné son nom au premier parc naturel créé en Andalousie, qui fut classé Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 1977.

Adénocarpe décortiqué11

El Penon Grande (1303 m) dominant le village de Grazalema – Adénocarpe décortiqué (Adenocarpus decorticans) au premier plan

La ville, elle même située au sommet d’une falaise, est dominée par un imposant pic rocheux calcaire et abrupt le Penon grande, au creux duquel naît et se forme le rio Guadalete (plus exactement au Puerto del Boyard) .

D’une longueur de 157 km, le Rio Guadalete au débit relativement élevé alimente rapidement le barrage de Zahara, proche de Grazalema, puis rejoint l’Atlantique dans la baie de Cadix à Puerto de Santa Maria, entre marais et lagunes.

 

La faune rencontrée :

Bouquetin3

Bouquetin (Cabra pyrenaica hispanica) au pied du Penon Grande

Bouquetin1 (2)

Rio del Cupil (2)

Entrée de la Cueva del Gato

Bergeronnette des ruisseaux_2

Bergeronnette des ruisseaux – Cueva del Gato (Ronda).

Jolie Bergeronnette des ruisseaux en pleine récolte de mouches et autres larves de phrygane (portefaix)… pour nourrir sa progéniture. Cet oasis de fraîcheur est situé le long de la route et du chemin de fer menant de Montejaque à Ronda, à l’entrée de la Grotte du Chat (Cueva de Gato).

Coucou (2)

Coucou gris (Cuculus canorus)

Coucou & Traquet oreillard (2)

Traquet oreillard et Coucou gris

Joli spectacle d’un traquet oreillard (Oenanthe hispanica) défendant son nid en poursuivant et agressant violemment un coucou prédateur. C’est à l’approche du Puerto del Viento, entre Ronda et El Burgo,  que nous avons eu la surprise d’admirer cette scène insolite et rare. Le coucou pourtant très commun est difficile à approcher, tandis que le Traquet oreillard est un oiseau du pourtour méditerranéen, mais rare en France ou il subsiste encore en Languedoc Roussillon (surtout Pyrénées orientales et Aude).

Puerto del viento3 (2)
Puerto del Viento 1190 m

Sierra del Endrinal_Grazalema8 (2)

Vautours5 (2)

Les sierras d’Andalousie recèlent une des plus importantes colonie de Vautours fauves (Gyps fulvus) qui se sont sédentarisés et y nichent toute l’année. La présence de ces charognards est due à l’existence de grands animaux sauvages comme les bouquetins, mais également d’ovins de caprins et de bovins d’élevage dont ils se nourrissent des cadavres.

Vautours4 (2)

Les randonnées :  

(Cliquer sur le titre pour visualiser le diaporama)

Sur les hauteurs de Grazalema

Linaire à calice aplati8 (2)

Linaire à calice aplati (Linaria platycalix)

Le village touristique de Grazalema est blotti au creux d’une falaise à 850 mètres d’altitude. Les premiers pas hors du village permettent d’appréhender une flore déjà très variée que nous retrouverons tout au long de nos randonnées. C’est le cas de la Linaire à calice aplati (Linaria platycalix) endémique de ces lieux.Grazalema3

Prés et friches des plateaux autour de Grazalema

Ciste ladanifère2

L’impressionnant Ciste ladanifère (Cistus ladanifer)

Ophrys miroir11

Fleur d’Ophrys miroir (Ophrys speculum)

Les plateaux sur les hauteurs de Grazalema étaient autrefois cultivés en céréales, aujourd’hui ce sont des friches et des prés avec encore de nombreux chênes plus ou moins parsemés. De nombreuses variétés de cistes sont présentes comme le grand Ciste ladanifère (Cistus ladanifer) de plus de 2 mètres de hauteur. C’est également une explosion d’Ophrys avec le superbe et rare (en France) Ophrys miroir (Ophrys speculum).

Zahara de la Sierra

Linaire triste2 (2)

Linaire triste (Linaria tristis)

Zahara - Le lac12

Lac de retenue du Rio Guadalete vu de la tour Mauresque de Zahara de la Sierra

Rapaces en démo - Chouette effraie (2)

Effraie des clochers à Zahara de la Sierra

Avant poste Mauresque dominant la vallée du rio Guadalete, le petit village de Zahara de la Sierra situé à 500 mètres d’altitude a vu au cours des temps s’affronter chrétiens et musulmans. Les ruines du château mauresque du 13ème siècle dominent actuellement le magnifique lac de barrage, retenue du Rio Guadalète.

Montejaque – Chemin de l’hermitage

Montejaque

Le chemin caillouté de l’Hermitage bordé de Chrysanthèmes de Mikonos au premier plan, avec les villages de Montejaque à droite et Benaojan au fond. Beaucoup de grottes (Cueva del Gato…) parsèment les flancs de cette vallée pour le plus grand bonheur des amateurs de spéléologie.

Le village blanc de Montejaque est situé entre Grazalema et Ronda. Au niveau du cimetière Andalou un petit chemin joliment encaillouté grimpe en lacets jusqu’à l’Ermita de la Immaculada. La flore des bas côtés est très riche ainsi que celle des friches et champs de céréales autour de l’Hermitage.

Col de El Boyard et de Las Presillas – Grazalema

Cytise hérisson5 (2)

« Coussins » épineux de Cytise hérisson (Erinacea anthyllis) au col de Las Présillas

Adénocarpe décortiqué7 (2)

Ecorce en lanières de l’Adénocarpe décortiqué

Adénocarpe décortiqué1 (3)

Adénocarpe décortiqué en floraison

La Sierra del Endrinal qui surplombe le petit village blanc de Grazalema abrite une faune et une flore des plus variées. C’est au col d’El Boyard que le rio Guadalète se forme. De ce col on atteint facilement un autre col un peu plus élevé : Las Presillas où nous avons pu admirer, dans les nuages, les impressionnants et redoutables « coussins » bleus du Cytise hérisson (Erinacea anthyllis) en pleine floraison. La descente sur Grazalema offre un secteur très riche en Adenocarpe décortiqué (Adenocarpus decorticans), une autre fabacée, arbustive celle là en pleine floraison également.

Cytise hérisson2 (2)

Sierra de Las Nieves (1ère partie)  /  Sierra de Las Nieves (2ème partie)

Fritillaire d'Espagne13

Fritillaire d’Espagne (Fritillaria hispanica)

Pivoine de Brotero15

Pivoine de Brotero (Paeonia Broteroi)

Située à l’est de Ronda et au dessus de Marbella, ce Parc Naturel montagneux aux vallées encaissées, aux parois rocheuses et souvent abruptes possède quelques sommets dépassant 1700 mètres. C’est également le berceau du Sapin d’Espagne (Abiès pinsapo) ou Sapin d’Andalousie dont c’est l’aire restreinte et morcelée d’origine, avec la Sierra de Grazalema.

Puerto de Las Palomas

Abiès Pinsapo4

Le Sapin d’Espagne (Abies pinsapo), endémique de la sierra de Grazalema

Le Puerto de las Palomas est un col qui est situé entre le village de Zahara de la Sierra et Grazalema. Il culmine à plus de 1300 m avec des vues magnifiques au nord sur la retenue d’eau et le village de Zahara. Au sud et à l’est des aperçus sur l’ancienne capitale Romaine de la région : Ronda la vieja. C’est le royaume du Sapin d’Espagne (Abiès pinsapo) ou Sapin d’Andalousie dont c’est l’aire restreinte et morcelée d’origine, avec la Sierra de Las Nieves.Col de Las Palomas3

Los Barrios – La Montera del Torero (Parc naturel Los Alcornocales)

Los Barios - Montera del torero10 (3)

Les roches érodées de la Montera del Torero au milieu des chênes-liège

Psilotum3_LI (2)

Tiges sans feuilles (écailles) avec sporanges terminaux à trois lobes

Psilotum4 (2)_LI

Tiges à ramifications dichotomiques de Psilotum nudum

La Coiffe du Torero est une curiosité géologique, située à proximité de Los Barrios dans le parc naturel des Alcornocales. L’autre curiosité se niche dans les fissures de ce rocher si particulier : il s’agit d’une relique paléotropicale, unique représentant en Europe de la famille des Psilotacées, apparentée aux fougères : le Psilotum (Psilotum nudum (L.) P. Beauv). Très localisée autour de Los Barrios, on n’en compte plus actuellement qu’une population d’environ 200 individus, cette espèce est néanmoins présente dans les régions tropicales et tempérées chaudes des 2 hémisphères, comme par exemple ici à la Réunion (Flore de la Réunion).

Psilotum1 (2)_LI

Psilotum nudum L. dans une fissure de rocher bien exposée

San Roque – Garrigues du Campo de Gibraltar

Gibraltar_le rocher3 (2).JPG

Garrigues de San Roque – Vue vers le Rocher de Gibraltar

Droséra du Portugal_8 (2)Droséra du Portugal_3 (2)Les garrigues situées au nord de San Roque dominent l’autoroute A7 reliant Algesiras à la côte méditerranéenne vers Marbella, Malaga puis Alméria.      Quelle superbe surprise d’y voir l’originale et surprenante Drosera du Portugal (Drosophyllum lusitanicum) parée de ses magnifiques fleurs jaunes diurnes. Digne représentante des plantes insectivores, abusivement dénommées « carnivores ». Elle capture ses proies grâce à de nombreuses glandes produisant de la glue, glandes alignées le long de nombreuses feuilles filiformes, encore enroulées à un stade jeune.

Gibraltar_Vue vers Marbella2 (2)

Garrigues de San Roque – Vue vers Marbella

Puerto de Conil & Rio Roche (sud de Cadix)

Pinède et dune (2).JPG

Dune fossile de la Pointe de Roche et pinède à Pins Parasols

Bugrane panachée2 (2)

Bugrane panachée (Ononis variegata)

Bugrane bétique1

Bugrane bétique (Ononis baetica)

Aujourd’hui nous mettons le cap à l’ouest, comme le rio Guadalète que nous allons rejoindre à Arcos puis Jerez de la Frontera, traverser une zone de marais et de lagunes au niveau de Cadix pour atteindre un peu plus au sud la pointe de Roche au niveau du petit port de Conil de la Frontera.

C’est dans une zone d’anciennes dunes sableuses recouvertes de magnifiques pins parasols que nous découvrirons, de part et d’autre du petit Rio Roche, d’autres espèces bien différentes de celles croisées précédemment.

Las Penuelas (2)

Abords du Rio Roche et Pins Parasols

De Ronda à El Burgo par le Puerto del Viento

Puerto del viento3 (2)

Route de Ronda à El Burgo au Puerto del Viento avec le Cerro del Viento dans les nuages

Erodium à feuilles de cheilantes5 (2)

Brunelle du Portugal1 (2)

Brunelle du Portugal

Nous ne pourrons admirer la blancheur des falaises calcaires de la Sierra Blanquilla, sur les pentes de laquelle nous avons pu découvrir le magnifique Erodium à feuilles de Cheilanthes (Erodium cheilanthifolium Boiss.), la cause : une journée sous influence atlantique, nuages bas et humidité dissimulant les sommets comme le Cierro del Viento (1190 m). Sur les hauteurs de El Burgo et sous la pluie nous avons pu admirer une jolie lamiacée à grandes fleurs, proche des brunelles, la curieuse Brunelle du Portugal (Cleonia lusitanica (L.) L)

Les coteaux d’El Gastor vers le lac de Zahara

Lac de Zahara Las Ventas4 (2)

Echinops strigosus_4

Echinops (E. strigosus L.)

Scorsonère à feuilles étroites_6 (2)

Scorsonère à feuilles étroites

Petite ballade sur la rive Nord-Est du lac de Zahara, sur les coteaux descendant d’El Gastor comme des balcons plantés d’oliviers surplombant le lac.

 

 

 

Exutoire du Rio Guadalete alimentant le lac de Zahara (1)

Rives et zones récemment exondées du lac de Zahara (2)

Genêt en ombelle et Rétame2

Genêt en ombelle et Rétame (Genista monosperma (L) Lam.) au bord du lac de Zahara

Journée dédiée à l’exutoire du Rio Guadalète dans le lac de Zahara, aux zones exondées, plus ou moins asséchées, riches d’une flore très diversifiée et foisonnante. Les rives constituées de friches de prairies et de pelouses sèches nous ont permis d’admirer de jolies colonies d’ail noir (Allium nigrum L.

Ail noir & Glaieul d'Italie

Ail noir (Allium nigrum L.) et Glaieul des moissons (Gladiolus italicus Mill.)

Références bibliographiques :

Atlas et le Livre rouge de la flore vasculaire menacée d’Espagne

Je reproduis ici un article de Rémy Prud’homme, le jour même ou le Conseil d’administration d’EDF vient de signer, sous la pression de Hollande et Royal, son engagement dans le processus de fermeture de la centrale de Fessenheim.

Edifiant !

Rémy Prud’homme est climato-réaliste : j’en ai parlé ici à propos d’un de ses derniers livres : « L’idéologie du réchauffement ». Voir ici son CV et ses publications

L’article de Rémy Prud’homme :

Les surlignages et gras sont de mon fait.

Par énergies renouvelables il faut comprendre le renouvelable intermittent (solaire et éolien), celui qui par l’intermédiaire de la CSPE me coûte aujourd’hui sur ma facture EDF 2,25 centime d’€ en plus par kWh consommé.

Pour la comparaison des coûts des installations, il s’agit des coûts de construction.

Le semaine du 16 au 20 janvier a été marquée en France par une vague de froid, et donc par une augmentation de la demande d’électricité. La ministre de l’Environnement a déclaré le 18 janvier : « aujourd’hui, l’éolien et le solaire vont produire l’équivalent de 8 réacteurs nucléaires ». Elle s’appuie sur cette « constatation » pour conclure qu’il y a trop de nucléaire en France. Sa petite phrase est un gros bijou de désinformation. Elle mérite d’être analysée avec soin dans les écoles d’administration et de journalisme où l’on enseigne le mensonge (pas pour préparer nos élites à le pratiquer, bien sûr, mais pour mieux les en protéger). Cette déclaration, brève comme un tweet de Donald Trump, est en effet un bel exemple de la combinaison d’au moins trois techniques de désinformation.

La première est le mensonge simple. Un réacteur nucléaire de 1,2 GW produit en 24 heures 29 GWh. Le 18 janvier, l’éolien et le solaire ont produit 125 GWh. Chacun peut le vérifier en deux clics sur le site de RTE (qui, félicitons-le, publie la production de chaque filière pour chacune des heures de l’année). Nos renouvelables ont donc produit ce jour-là autant que 4,3 réacteurs. Transformer 4,3 en 8, ce n’est pas arrondir, c’est tricher. Mais pourquoi la ministre se gênerait-elle ? Elle sait qu’aucun média ne se donnera la peine de vérifier, et que tous reprendront son affirmation – ce qui s’est effectivement produit. Mais ceci n’est qu’un début, et l’art de la désinformation va bien au-delà du mensonge grossier.

La deuxième technique est le mensonge par sélection. Elle porte ici à la fois sur le choix du jour, et sur le choix du moment. La ministre donne un chiffre (faux, on l’a vu) pour le mercredi 18 janvier. Ce fut, du point de vue des renouvelables, le meilleur jour de la semaine. Une présentation plus honnête considérerait tous les jours de la semaine: on y verrait que la production des renouvelables a été en moyenne égale à celle de 3 réacteurs.

Surtout, le problème posé par une vague de froid est évidemment celui des pointes de la demande, et de la façon d’y faire face. Les chiffres significatifs se rapportent à la production des renouvelables à ces heures-là, pas à celle de la journée toute entière. Ils sont également disponibles sur le site de RTE. La production des renouvelables aux heures de pointes (qui ont eu lieu à 19 heures quatre des cinq jours de la semaine considérée), a été en moyenne égale à celle de 2,9 réacteurs nucléaires. Ca aurait pu être bien pire. A 19h en janvier, la production d’électricité solaire est toujours égale à zéro. En fait, nous avons eu cette semaine-la la chance d’avoir du vent, et donc une production éolienne assez soutenue.

La troisième technique de désinformation est le mensonge par omission. La ministre écarte toute référence au coût des filières qu’elle compare : cachez-moi ces euros que je ne saurais voir. Les installations solaires et éoliennes installées en France ont coûté un peu moins de 50 milliards d’euros. Selon la Cour des Comptes, les installations nucléaires ont coûté 83 milliards (en euros constants de 2010). Aux heures de pointe de la semaine les 50 milliards investis dans les renouvelables ont produit en moyenne 3,5 GWh, et les 83 milliards investis dans le nucléaire 56 GWh. Il fallait tout juste 10 fois plus d’investissement dans les renouvelables que dans le nucléaire pour produire la même quantité d’électricité.

La ministre, qui méprise sans doute les ingénieurs autant que les comptables, se garde bien de mentionner la durée de vie des investissements qu’elle compare. Celle d’un investissement éolien ou solaire est d’environ 25 ans. Celle d’un investissement nucléaire est d’au moins 50 ans. Prendre en compte ce détail divise simplement par deux l’intérêt relatif du renouvelable.

Au total, on a – au service de la bonne cause – une affirmation carrément fausse, deux choix arbitraires ou indéfendables, et deux omissions grossières. Ignorance ou cynisme ? On ne sait pas (et on ne sait d’ailleurs pas lequel des deux serait le plus déplorable).

Etonnez-vous du peu de crédibilité des politiciens et des médias.

Merci à Remy Prud’homme de mettre en exergue de façon magistrale l’irresponsabilité, une fois de plus, de Mme Royal.