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Un dossier critique sur l’alarmisme climatique

e56be517-f8ee-4253-abf8-251139e7bfa5Excellent dossier (la version numérique est ici : 4.5 €) qui intervient trois mois après le début de la révolte des gilets jaunes contre la taxe carbone à l’origine de l’augmentation du coût des carburants et particulièrement du vertueux Diesel.

L’opinion publique, à travers ses différentes composantes commence à prendre conscience que la transition énergétique dont on a jusqu’à présent tant vanté les vertes vertus, n’est qu’un prétexte à d’énormes prélèvements de taxes diverses, pour le colmatage d’un déficit public abyssal.

Dans le même temps, l’omniprésence et la capacité de nuisance et de désinformation de la sphère médiatique élargie, nous enferme dans une vision culpabilisatrice et apocalyptique d’un CO² produit par l’homme qui serait à l’origine du supposé bouleversement climatique actuel. Bouleversement bien hypothétique, non scientifiquement démontré sauf au prix d’énormes incertitudes. Je cite en vrac : campagnes de presse, rapports alarmistes, injonctions des politiques, vidéos culpabilisantes, interventions et pétitions d’artistes du showbiz, l’affligeante déférence des grands de ce monde devant une écolière suédoise qui sait ce qu’il faut faire pour lutter contre le climat… et le séchage des cours des écoliers le vendredi après midi pour la même cause…

Ne soyons pas naïfs, le grand débat national organisé en réponse aux gilets jaunes ne changera rien dans l’immédiat. Il faudra une autre révolte pour se sortir de cette idéologie instillée dans l’opinion publique par les activistes de l’écologie politique initialement recrutés dans la gauche post soixante huitarde, et dont les ficelles sont actuellement tirées, depuis Al Gore, par la grande finance internationale et le capitalisme de connivence.

Quelques phrases clé tirées de ce dossier 

François Gervais (physicien, professeur émérite à l’université de Tours. Il a publié sur le climat dans des revues internationales et a été expert reviewer du rapport AR5 du GIEC. Il est auteur de L’Innocence du carbone, Albin Michel, 2013, et de L’urgence climatique est un leurre, L’Artilleur, 2018).

  • Vilipendé à tort, le CO2 est un bienfait pour l’humanité qui a permis de revégétaliser une bonne partie de la planète. Au nom de prévisions alarmistes, la France fait peser sur ses citoyens les plus modestes le coût d’une transition énergétique aux effets incertains.
  • En France, où la dette atteint 2 200 milliards d’euros, les Français devraient donc débourser, soit sous forme de taxes, soit par l’endettement, quelque 3 300 milliards d’euros supplémentaires pour éviter un réchauffement de l’ordre de 0,2 °C d’ici cinquante ans…
  • Les politiques françaises abusivement qualifiées de « climatiques » se réduisent à une importation massive de panneaux solaires photovoltaïques, principalement en provenance de Chine, et d’éoliennes importées d’Allemagne. Elles ne servent qu’à produire de l’électricité, alors que l’énergie électrique ne représente qu’un quart de l’énergie consommée. Seulement 5,3 % de l’électricité a été produite en France par des combustibles fossiles (1,4 % par du charbon, 2,6 % par du gaz, 1,3 % par du
    fioul). Cette politique vise donc à décarboner une fraction d’énergie de 1,3 %… un pourcentage excessivement éloigné de l’ambition clamée. La Cour des comptes
    l’a dénoncée.

Loïk Le Floch-Prigent (Ancien dirigeant de Elf Aquitaine et Gaz de France, spécialiste des questions d’énergie).

  • La transition énergétique dépend du renchérissement et de la raréfaction des hydrocarbures d’un côté et du prix des alternatives de l’autre. Si on décide de
    produire ces énergies avant qu’elles soient au bon prix, on devient un laboratoire pour le futur, mais ce laboratoire, il faut le payer. Et il faut être très riche.
  • Il n’existe pas, aujourd’hui, de possibilité de changer en dix ans l’ensemble du parc automobile, de diminuer le nucléaire, de ne pas utiliser les énergies fossiles… Les objectifs fixés ou suggérés par le gouvernement dans ce domaine relèvent de la politique-fiction qui nous mène dans le mur… notre industrie comme notre population n’y sont pas prêtes ! Cette idéologie de l’écologie politique française est responsable entre autres de la révolte des gilets jaunes. [A rapprocher de la déclaration ce jour même de Carlos Tavares responsable d’un géant automobile européen (Peugeot-Citroën-Opel) et également président de l’Association européenne des constructeurs : la décision du Parlement européen de réduire de 40% les émissions de CO2 d’ici à 2030 est un vote contre l’industrie européenne. Ce vote relaie les préconisations de l’écologie politique. Pendant ce temps les autres constructeurs et sous-traitants se plient aux exigences européennes plébiscitant la voiture électrique fonctionnant avec des batteries asiatiques comme seule solution d’avenir.]

Bertrand Alliot (docteur en science politique, ingénieur maître en gestion de l’environnement, il travaille pour l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Environnementaliste engagé et créateur de Nature TV.)

  • Les causes du réchauffement climatique, ses conséquences ainsi que les effets des politiques censées les combattre se situent clairement dans un angle mort de la raison politique.
  • Les pays de l’Union européenne encore pilotés par ceux de la vieille Europe… réussissent l’exploit de mener des actions dont la taille est minuscule au regard du problème posé, mais pourrait bien s’avérer majuscule au regard de conséquences économiques pouvant peser sur leurs peuples. 
  • Tels des apprentis sorciers, les pays d’Europe semblent vouloir tester des actions affectant négativement les générations actuelles tout en faisant le pari hasardeux qu’elles affecteront positivement les générations futures. L’entreprise peut avoir deux conséquences principales : d’abord entraîner une fragilisation de leurs économies (avec ses conséquences en termes de compétitivité). Provoquer ensuite le mécontentement, voire la révolte, d’une frange importante des peuples.
    Ce qui semble déjà avoir commencé…

Enfin il fallait bien, pour tenter d’équilibrer le dossier, un article de François Marie Bréon, colporteur infatigable comme Jean Jouzel de la Pensée Unique et de l’orthodoxie du GIEC. Rappelons que cet individu (directeur adjoint du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de l’institut Pierre-Simon-Laplace) s’affiche ouvertement liberticide : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie. ». En plus c’est dans Libération !!! Oui vous avez bien lu, c’est Ici

 

La transition énergétique est l’un des quatre thèmes proposés pour le « le grand débat national » par le Président de la République. Néanmoins ce dernier postule d’emblée dans sa lettre aux français que « personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite » (contre le réchauffement climatique). Dans ces conditions pourra-t-on réellement débattre ? (voir ici la fiche de présentation du thème transition écologique). En dissociant la transition énergétique du thème de la fiscalité et des dépenses publiques, le Président de la République semble oublier que c’est la hausse sans précédent de la fiscalité énergétique (hausse de 15 milliards d’euros d’ici 2022 selon le Sénat) qui est à l’origine du mouvements des gilets jaunes.

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(1) La Transition énergétique est inutile, dispendieuse et injuste article de Rémy Prud’homme

(2) association des climato-réalistes 

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Les énergies traditionnelles (hommes, animaux, vent, eau) ont été remplacées par des énergies nouvelles (charbon, pétrole, électricité, nucléaire) depuis le début du 19ème siècle Le passage du charbon au pétrole puis à l’électricité et au nucléaire montre que les transitions énergétiques ont toujours existé. Elles se sont développées sous l’impulsion de la technologie et du marché, très peu par l’intervention du politique.
L’actuelle transition énergétique est de nature radicalement différente. Elle a pour objet de réduire les rejets de CO2 dans l’atmosphère par peur des conséquences que pourrait avoir le CO2 sur le climat. Cette transition n’est inspirée, ni par l’apparition d’une innovation majeure, ni par le marché. Elle est d’origine exclusivement politique. Son coût n’est pas absorbé par le marché, mais soutenu par des taxes, et autres subventions financées par l’impôt payé par le consommateur.

1. La transition énergétique française est inutile

Même si l’on est réservé sur la théorie du réchauffement anthropique du GIEC, qui soutient que ce sont les gaz à effet de serre, principalement le CO2, émis par l’activité humaine qui entrainent l’élévation de la moyenne des températures sur terre, il est possible d’utiliser les éléments de calcul contenus dans leurs hypothèses pour estimer quel sera l’impact sur la température des réductions d’émission de CO2 des différentes politiques mises en œuvre :
Hypothèse 1 : d’ici 2050, les pays de l’OCDE – en gros les pays développés – réduisent leurs émissions annuelles de 50% ; les autres pays – pratiquement les pays en développement – n’augmentent pas leurs émissions annuelles.
Entre 2017 et 2050, par rapport à l’évolution « naturelle » (pas de transition), cette lourde politique de transition aurait pour effet de réduire la moyenne des températures de 0,029 °C, c’est-à-dire de 3 centièmes de degré.
Hypothèse 2 : rejets zéro d’ici 2050 pour l’ensemble des pays de l’OCDE :
cette politique (extrêmement coûteuse et totalement irréaliste) porterait l’impact à 5 centièmes de degré (au lieu de 3).
Hypothèse 3 : rejets zéro d’ici 2050 pour la France seule :
cela réduirait le stock de CO2 dans l’atmosphère de 1 dix-millième, et l’impact sur la température serait totalement insignifiant.
Même si l’on conteste ces chiffres, le simple bon sens voudrait que le fait que les centrales nucléaires (produisant actuellement 75% de notre électricité) ne produisent pas de CO2, suffit à démontrer que la transition énergétique en France est particulièrement inutile.

2. La transition énergétique française est dispendieuse

Le rejet de CO2 est la conséquence de l’activité de 4 principaux secteurs d’activité : les transports (surtout routier) représentent 39% des rejets, le secteur résidentiel et tertiaire (chauffage et eau chaude) 24%, l’industrie 21% et enfin l’énergie (principalement l’électricité) 14 %.

1. L’électricité : La taxation de ce secteur d’activité est paradoxale puisqu’il est totalement décarbonné à 85% (nucléaire et hydraulique). Mais c’est sans compter sur le dogme de la dénucléarisation et l’avènement de l’éolien promu comme un des piliers de la transition énergétique. Là, on n’est plus dans le paradoxe, mais dans la manipulation et le mensonge. Fermer des centrales nucléaires qui ne rejettent pas de CO2 et les remplacer par des éoliennes qui n’en produisent pas non plus ne réduira pas d’un gramme nos rejets de CO2. Cette politique a un coût :

  • un surcoût direct en subventions (promoteurs) et obligation d’achat de l’éolien à un coût très supérieur à l’électricité traditionnelle (EDF). Ce surcoût est chiffré par la CRE (Commission de régulation de l’énergie) à 5 milliards d’€ par an. Il est en continuelle augmentation.
    Qui paye ce surcoût direct ? Le consommateur d’électricité, à travers une taxe baptisée CSPE (Contribution au service public de l’électricité). Notons qu’au passage l’état affecte une TVA de 20% à cette taxe !!! Les 5 milliards de CSPE nous coûtent donc en réalité 6 milliards par an !
  • Des surcoûts indirects : dont on ne parle jamais. Dépréciation de l’environnement des riverains, de l’immobilier, bétonnage, desserte des éoliennes en substitution des terres agricoles. Coût de transport supplémentaire… Le coût estimé est équivalent aux coûts directs soit 5 milliards d’euros par an.

2. Les transports : En France, le secteur des transports est de loin le secteur qui rejette le plus de CO2. Ces rejets viennent principalement du transport routier de personnes et de marchandises.
Des tentatives nombreuses pour réduire l’importance de la voiture : sans être exhaustif, on peut citer :

• Remplacer les camions par des trains de marchandises ;
• Remplacer la voiture par le train pour les longs trajets ;
• Favoriser le co-voiturage ;
• Développer les transports en communs dans les villes ;
• Réduire les vitesses ;
• Développer le vélo (et la trottinette) ;
• Remplacer le diésel par l’essence ;
• Remplacer les carburants par de l’électricité.

Des tentatives coûteuses : le transport automobile est lourdement taxé, les modes alternatifs sont lourdement subventionnés.
Le montant des taxes spécifiques sur le transport routier s’élève à 45 milliards en 2017. La TICPE (taxe sur les carburants) est la plus importante : 37 milliards. Le gouvernement avait l’intention d’alourdir encore cette fiscalité en augmentant la taxe carbone. Il y a, provisoirement, renoncé…
Les modes alternatifs sont lourdement subventionnés. De l’ordre de 12 milliards par an pour la SNCF et 8 milliards pour les transports en commun locaux.
Pour l’essentiel, toutes ces coûteuses tentatives pour réduire les rejets de CO2 du secteur des transports sont restées sans effet non pas à cause d’une politique du tout-routier mais malgré une politique du moins-routier.
 Le fret ferroviaire, qui stagne malgré des plans frêt coûteux, représente aujourd’hui moins de 10% du total du transport des marchandises (exprimé en tonnes x km)
 Pour l’ensemble des transports de voyageurs, les véhicules à moteur (voitures, deux-roues, autobus et autocar) représentent 87% des déplacements mesurés en voyageurs*kilomètres et ce taux ne diminue pas… sauf à Paris.
C’est pourquoi, globalement, les rejets de CO2 du secteur transports diminuent peu. Et s’ils diminuent c’est grâce au progrès de la technologie des véhicules.

3. La transition énergétique française est injuste

Les politiques dites de transition énergétique sont non seulement inutiles et dispendieuses, elles sont également régressives. Elles pèsent davantage sur les pauvres que sur les riches, par rapport au revenu. Sur les ménages pauvres, sur les régions pauvres, et sur les pays pauvres.
Une régressivité entre les personnes : Les secteurs qui rejettent le plus de CO2 sont le transport routier, le logement et l’électricité. Le malheur veut que dans ces trois secteurs, la consommation augmente moins vite que le revenu. Pour chacun d’entre eux, la part de la dépense est plus grande chez les ménages pauvres que chez les ménages riches. Taxer ces dépenses ou en augmenter le coût pèsera donc bien plus lourd chez les ménages pauvres que chez les ménages riches.
Cette réalité est bien connue. Les pauvres sont plus durement affectés que les riches par la fiscalité environnementale. L’état le sait bien : de la main gauche il exonère ou subventionne les plus pauvres pour la consommation de ces biens (exemple le chèque énergie, ou des primes pour l’achat de voitures neuves moins émettrices de CO2, mais de la main droite il fait augmenter le prix de l’énergie et des carburants (au moyen de taxes ou de régulations). Or ces exonérations ou subventions sont en pratique très loin d’effacer le caractère fondamentalement régressif des hausses de prix causées par la transition énergétique.
Cette situation débouche sur une précarité énergétique croissante.
Une régressivité entre les régions : on dépense plus d’électricité et de carburant dans les zones rurales que dans les grandes villes et à fortiori à Paris. Un ménage rural consomme 60% de plus d’électricité qu’un ménage parisien, et 110% de plus en carburants. Rapportés au revenu les écarts de dépenses seraient encore plus importants. Ceci aggrave sérieusement les fractures territoriales. Et permet de mieux comprendre la géographie des gilets jaunes.
Une régressivité entre les pays : le coût de la transition énergétique rapporté au revenu par habitant est très différent entre pays riches et pays pauvres. Le surcoût d’une réduction de CO2 (en remplaçant par exemple une centrale au charbon par des éoliennes) est le même en Allemagne et en Inde. Disons qu’il est de 200 dollars. Mais 200 dollars c’est 100 heures de travail en Inde et 2 heures et demie de travail en Allemagne. Les pays pauvres ne peuvent tout simplement pas se payer notre transition énergétique. On essaye cependant de les persuader du contraire avec des arguments très faibles : le réchauffement climatique… et 100 milliards de dollars par an dont on ne sait toujours pas qui paiera et qui en profitera ! La Chine et l’Inde qui sont les plus gros producteurs de CO2 au monde ne sont absolument pas convaincus. La priorité de la Chine et l’Inde est le développement économique, pas du tout la transition énergétique.

4. Conclusion

L’association des climato-réalistes est consciente des nuisances que l’empreinte croissante de l’homme peut causer à la nature et à notre environnement : pollutions de toutes sortes, consommation excessive des ressources naturelles, atteintes à la biodiversité, destruction du patrimoine naturel et culturel, etc. Ils savent que la lutte contre ces dommages potentiellement considérables et parfois irréversibles doit être constante, et qu’elle implique nécessairement de multiples interventions des pouvoirs publics.
L’association des climato-réalistes se réjouit de voir que, au cours des décennies passées, cette lutte a souvent été un succès. Dans les pays développés en tout cas. Beaucoup reste à faire. Mais la combinaison du progrès scientifique, de l’intervention politique, et du marché a porté de beaux fruits, et elle a démenti complètement la plupart des prévisions catastrophiques brandies par les activistes de l’environnement.
Au cours des deux dernières décennies la peur du réchauffement de la planète a remplacé la peur de la dégradation de l’environnement. Cette lutte contre le CO2, sous le nom de transition énergétique, envahit les esprits et les institutions. Lorsqu’il y a conflit entre promotion d’industries (prétendument) écologiques et défense de l’environnement, comme dans le cas des éoliennes, le « ministère de la Transition écologique et solidaire » devient un ennemi de l’environnement. Dans un combat à fronts renversés, le ministère de la Transition soutient fermement les promoteurs de l’éolien contre les défenseurs de l’environnement. Il dispense les industriels de l’éolien du permis de construire, ignore les avis négatifs des gestionnaires des parcs naturels terrestres ou marins affectés, et multiplie les obstacles aux recours juridiques des riverains impactés.
C’est cet hégémonisme, cette nouvelle peur, et notre amour de l’environnement, qui nous ont conduit à essayer de regarder d’un peu plus près la « transition énergétique ». Avec des chiffres et pas seulement avec des slogans. Nous sommes heureux de présenter au public et au débat les modestes résultats de cet effort : la « transition » en cours n’est ni écologique, ni solidaire, et encore moins économique.

Compléments de lecture :

Institut Sapiens – Réussir notre transition énergétique

Philippe Charlez – Eoliennes : chronique d’un désastre annoncé

 

Billet d’humeur

L’exception française :

Notre beau pays est champion des prélèvements tous azimuts.

Notre beau pays est sur les premières marches au niveau de la dette publique. Ceci explique cela ? Oui car l’état doit emprunter péniblement tous les ans pour rembourser sa dette. La dette est toujours présente… le reste est donc à venir

Mais, non contents du trou abyssal actuel (plus de 2000 milliards d’euros et plus de 100% du PIB), on s’acharne à creuser le trou. Notre politique dite de transition énergétique et les énergies dites vertes (pour ne citer que celle là, car à l’origine de la surrection des Gilets Jaunes) nous coûtent les yeux de la tête et la facture est prévue d’être exponentielle.

Dès lors, la logique voudrait que l’on fermât le plus tard possible, et s’il en était vraiment besoin, nos centrales nucléaires. Que nenni ! Notre président nous annonce le 27 novembre qu’il maintient de détruire de la richesse en fermant jusqu’à 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, à commencer par Fessenheim en 2020. Notons au passage que ces centrales ne produisent pas de CO2 et, selon ce qui se dit partout, n’ont aucun effet sur le réchauffement climatique. Cela permettra néanmoins de dilapider en pure perte jusqu’à 8 milliards d’euros par an dans les ruineuses et inutiles énergies renouvelables. Pourquoi commencer par détruire ce qui est rentable, économique, et qui fonctionne parfaitement en toute sureté, alors que l’Etat cherche de l’argent dans la poche des contribuables ?

L’allemagne n’a pas de déficit budgétaire. Elle peut se permettre le « luxe » du charbon et de la lignite pour produire son énergie et polluer ainsi la moitié de l’Europe (CO2 et particules fines) en toute impunité.

Mais revenons en France : Qui paiera ? Tout le monde, impôts ou pas impôts, car l’énergie est à la base de toutes les productions industrielles… et des besoins domestiques.

Pendant ce temps nos parlementaires s’occupent de l’abolition de la fessée.

InraCe n’est pas nouveau. Cela fait un moment que cela dure, mais cette fois ci les orientations de l’institut sont clairement exprimées en tant qu’attitude régressive alors que les perspectives d’innovations apparaissent confuses et du domaine du non dit.

Dans un document (approuvé le 19 septembre 2018 par le conseil scientifique de l’Institut), titré : « Stratégie de l’Inra en matière d’utilisation des technologie d’édition du génome végétal » l’Inra dévoile ses piètres ambitions dans le domaine de la génétique et de la création variétale grâce à l’utilisation des nouvelles technologie d’édition du génome.

La posture décliniste est clairement affichée dès l’introduction :

Ce ne sont ni l’innovation, ni la création de variétés nouvelles (qui permettraient de résoudre les divers problèmes environnementaux ou de santé humaine) qui préoccupent l’Inra, mais les « débats sociétaux et réglementaires relatifs à ces technologies« . L’Inra et son conseil scientifique conditionne et restreint son programme de recherche à la demande sociétale. Demande sociétale totalement manipulée par des ONG et autres groupes activistes de l’écologie politique ayant contribué à formater cette opinion à grand renfort de désinformation.

Dans cette même introduction l’institut rappelle ses valeurs : « contribuer au progrès environnemental, social et économique« . Il me semble pour l’Inra, que la première valeur doit être le progrès agronomique au service d’un progrès économique et environnemental, qui ensemble conditionnent le progrès social et non l’inverse.

La recherche à reculons

La recherche, l’innovation, on essaie de les trouver à travers les 6 principes qui composent les « éléments de stratégie ».

1er principe :

« …maintient d’une capacité d’expertise… » : on ne parle même pas d’acquisition d’expertises nouvelles qui serait la moindre des choses pour un institut de recherche. On peut aussi se poser la question : une expertise pour quoi faire ? C’est écrit : « … une capacité… à évaluer les limites… » sous entendu (c’est moi qui précise) évaluer les limites des variétés de la recherche privée, puisque la recherche publique ne fait plus de recherche et s’en remet à la vox populi… ou aux syndicalistes SUD Recherche EPST maison qui refusent de voir ces techniques « se répandre dans les champs »

2ème principe :

« des technologies indispensables à l’acquisition des connaissances…‘ : quelle finalité ! quel objectif ambitieux !!! De l’acquisition de connaissances pour quoi faire : de la création variétale ? Ce n’est surtout pas précisé ! Minable ambitions de la part d’un institut national de recherche.

Les 4 autres principes

Ils sont de la même veine. Sur l’ « utilisation des technologies du génome en amélioration des plantes » et la « Conduite des expérimentations« ,

« L’évaluation des possibilités offertes » par ces nouvelles technologies… « est légitime au sein de l’Inra« …  Y a t’il vraiment besoin de le rappeler ici, tant c’est une évidence ! « La justification d’essais au champ sera soumise à un comité d’experts… » Un de plus, le Conseil scientifique de l’Inra ne suffit pas ? Par contre il suffit de bien compliquer les choses pour bloquer le système. La démarche a déjà été bien rodée avec les OGM.

L’Inra invite Bové pour l’anniversaire d’un de ses départements

Peut être parce qu’il y a presque vingt ans (en juin 1999), comme l’aurait fait une bande de voyous, le sieur Bové et quelques comparses ont complètement détruit une serre du CIRAD à Montpellier  abritant les recherches sur le riz transgénique ?

Comme l’écrit fort bien Marcel Kuntz : L’invitation faite à Monsieur Bové ne peut que susciter la désapprobation de tous ceux qui sont attachés aux valeurs humanistes portées par la Science, et tout simplement opposés à l’utilisation de la violence en démocratie.

Bové n’a aucun message scientifique à délivrer aux chercheurs de l’institut. Il en serait bien incapable. Par contre le message idéologique et politique est clair : puisque ce sont les « débats sociétaux » qui animent l’Institut, l’Inra renoncera à utiliser et à développer les outils d’édition génomique tels que CRISPR-Cas9. C’est évident à la lecture et au ton de ce document, le nom de cette technique prometteuse en terme de création variétale n’est d’ailleurs aucunement mentionné dans le document en question.

L’impensable analyse d’Axel Kahn sur le glyphosate

J’ai toujours eu un immense respect pour ce chercheur de l’Inserm qui en son temps avait, avec beaucoup de brio, dirigé les difficiles débats de HCGB (Haut Comité du Génie Biomoléculaire), chargé d’émettre un avis sur l’autorisation de cultiver les OGM. L’énergie qu’il dépensait à mener les discussions sur des bases scientifiques et objectives contre leur déformation militante était louable, courageuse et exemplaire. L’impossibilité de faire émerger la vérité des faits l’a d’ailleurs fait quitter la présidence de ce comité.

Je suis abasourdi, ébahi aujourd’hui, de voir que sur un sujet équivalent, celui des pesticides pour lesquels la désinformation pratiquée par les tenants de l’écologie politique est tout aussi évidente, il cautionne ce que jadis il avait tenté de combattre.

Ainsi, lorsqu’il dit : « Cependant, n’en doutons pas, la pression citoyenne est appelée à devenir telle que le monde entier devra en venir là… sortir de l’agriculture tout chimique dans trois ou cinq ans. » Comment un scientifique de ce niveau peut il, tout comme le fait l’Inra, en venir à cette posture ? Comment la recherche scientifique peut-elle poser en préalable à son programme « la pression citoyenne » sachant qu’elle est fabriquée de toutes pièces ?

Comment un scientifique tel que Axel Kahn peut-il invoquer une seule instance comme le CIRC ayant classé le glyphosate comme “cancérogène probable” à l’instar de la viande rouge qui elle est consommée, alors que plus d’une dizaine d’agences sanitaires d’état (en France l’ANSES), à travers le monde, ont toutes déclaré le glyphosate non cancérigène et non problématique pour l’environnement ?

Comment peut-il ériger la permaculture en système agricole alternatif alors que au mieux c’est un concept pour jardiniers amateurs qui ne comptent ni leur temps ni leur argent. Une méconnaissance réelle de ce qu’est l’agriculture de la part d’un expert scientifique aussi respecté ? J’en doute quand même.

Comment un scientifique de ce niveau, je le répète, peut-il déclarer qu’ « en France, les journaux dans leur immense majorité s’indignent de ce que le glyphosate n’ait pas été interdit sans tarder », pour justifier (dans les commentaires du billet) une position de scientifique. C’est tout simplement hallucinant.

Ne voulant remettre en aucun cas en cause l’intégrité et la sincérité de ce chercheur, je suis bien obligé de constater que la spirale infernale de la désinformation et le matraquage médiatique font des ravages incommensurables.

Philippe Seguin : « La pire menace qui puisse peser sur une démocratie, c’est la violence sournoise, insinuante, du mensonge ; c’est la manipulation des esprits, d’autant plus redoutable qu’elle revêt les oripeaux du moralisme »

Sources :

Édition du génome végétal : l’INRA a-t-il une stratégie ? Le Blog de Seppi : Agriculture, alimentation, santé publique… soyons rationnels

José Bové invité à l’INRA : une lettre ouverte aux organisateurs  Blog Imposteurs : Science, raison, anti-panurgisme de Anton Suwalki

Forum Phyto – Le point d’Axel Kahn sur le glyphosate : La capitulation de la science – Philippe Stoop. Merci à Philippe Stoop pour cette juste analyse, précise et percutante.

Le blog d’Axel Kahn : Le point sur le glyphosate  L’intérêt des commentaires est au niveau de celui de l’article – A lire absolument

Je profite de la parution dans Les Echos du texte fondateur d’un site web animé par une majorité de scientifiques dont je partage la plupart des points de vue. Ayant des contacts directs avec quelques-uns des quarante signataires ou des membres de ce groupe, c’est avec un vrai plaisir que je relaie leur vision de l’état actuel de la science que je partage pleinement.

Science Technologies Actions
Est un groupe d’action pour la promotion des sciences et des technologies, composé de salariés du secteur public, privé ou indépendants, chercheurs, ingénieurs, techniciens, médecins, enseignants, agriculteurs et autres citoyens consternés par la marginalisation de la science et les attaques incessantes contre les technologies innovantes

Vaccins

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s’est, elle, appuyée sur l’expertise scientifique au sujet de la vaccination. – Fred Tanneau/AFP

Une quarantaine de spécialistes appellent la communauté scientifique à un sursaut civique pour sauver la recherche face au renoncement politique.

Il y a un an, l’Assemblée nationale a adopté une résolution sur les sciences et le progrès dans la République, qui rappelle « que la France, héritière d’une longue tradition scientifique, rationaliste et de la philosophie des Lumières, a toujours incarné le progrès et la science au service de l’humanité » et « que la recherche constitue un élément indispensable à la compétitivité de la France ».
Ce texte a été voté à l’unanimité par les trois groupes qui l’ont déposé (LR, PS, PRG). D’autres n’ont pas pris part au vote. Ainsi, dans la République française, tous ne considèrent plus la science comme une res publica. Bien sûr, il est possible de faire un mauvais usage des découvertes scientifiques, comme de tous les outils. Faut-il pour autant renoncer au progrès ?

Marchands de peur

Les auteurs de cette résolution constatent « que l’expertise scientifique n’est plus assez prise en compte dans les processus de la décision politique ». Effectivement les exemples abondent de renoncements devant un obstacle médiatique, en contradiction avec les faits scientifiques.
En agriculture, la France s’est isolée. Le gouvernement ne fait pas confiance à ses propres comités d’homologation des nouveaux produits, n’écoute pas ses propres conseillers scientifiques… Dans l’affaire du glyphosate, le classement marginalisé d’une agence de l’OMS a prévalu sur les avis d’une dizaine d’agences, y compris européennes, qui l’ont déclaré non-cancérigène. Tout se passe comme si les décideurs publics ne pouvaient que s’aligner sur les marchands de peur.
Des tractations politiciennes se font sur le dos des technologies. En 2007, l’interdiction de la culture des maïs transgéniques (qui s’autoprotègent contre certains insectes) a été entérinée à la suite d’un accord du gouvernement avec des « écologistes » avant le début du Grenelle de l’environnement. Dans la même veine, en 2011, un accord entre Europe Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste, prévoyait la « fermeture progressive de 24 réacteurs [nucléaires] » et un « arrêt immédiat de Fessenheim » en cas de victoire à la présidentielle de 2012.
Le gouvernement actuel persiste à fermer cette centrale, alors que cela obligera la collectivité nationale à dépenser au moins un milliard d’euros de plus chaque année pour son électricité. Cela est déraisonnable dès lors que la sûreté nucléaire n’est pas le motif de fermeture. En outre, remplacer du nucléaire par des centrales à cycles combinés à gaz ferait perdre une partie de notre indépendance énergétique, accroîtrait le déséquilibre de notre balance des paiements et augmenterait nos émissions de gaz à effet de serre.

Cesser le déni de réalité

Nous sommes consternés que le sujet complexe des perturbateurs endocriniens devienne argument électoral, que les gouvernements s’alignent sur une phobie de la chimie, que la simple exploration d’hydrocarbures dans le sous-sol soit interdite, que l’on renonce à l’installation d’antenne-relais à la suite d’une campagne de désinformation. On saluera cependant l’action d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé, sur la vaccination. Elle s’est appuyée sur l’expertise scientifique et a dénoncé toutes les fausses informations, avant de prendre sa décision politique.
Néanmoins, un an après le vote de cette résolution rien n’a changé sur le fond. Le régime de la post-vérité a gagné du terrain dans le domaine scientifique et technique. Nous appelons les décideurs publics à cesser le déni de réalité, pour éviter que la France ne glisse vers le déclin.
La résolution invitait à « donner plus d’importance aux études et rapports de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques dans l’élaboration et le suivi des politiques… ». Cela ne suffit pas : un sursaut civique doit mobiliser les scientifiques, les ingénieurs, les techniciens, les intellectuels, les agriculteurs et tout citoyen qui se sent concerné par cette perte de légitimité des savoirs et des techniques. Le Collectif science technologies actions a été créé afin d’aider à remettre les arguments scientifiques rationnels au coeur de la décision politique.

Centrale atomique

Le dernier rapport du GIEC (p. 19) fait appel à une augmentation substantielle de l’énergie nucléaire mondiale

Cette tribune est signée par une quarantaine de professeurs, chercheurs, ingénieurs… :
Albert Amgar, dirigeant retraité d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires. Michelle Archimbaud, docteur es sciences. Bernard Auxenfans, membre de Stanford university alumni. Brigitte Axelrad, professeur honoraire de philosophie et psychosociologie. Laurent Berthod, ingénieur agronome. Chris Bowler, coordinateur scientifique de Tara Oceans. Françoise-Marie Bréon, physicien-climatologue. Bertrand Cassoret, ingénieur et docteur en génie électrique. Philippe Charlez, ingénieur spécialiste des ressources non conventionnelles et de la transition énergétique. Didier Crépin, ingénieur, sécurité nucléaire et environnement. John Davison, directeur de recherche (retraité). Christophe d’Hulst, professeur des universités. Jacques Duran, physicien. Bernard Durand, géologue et géochimiste des combustibles fossiles. Gidali Gutner, ingénieur nucléaire et thermodynamique à la retraite. Dominique Greneche, docteur en physique nucléaire. Philippe Joudrier, directeur de recherches retraité. Jean-Pierre Jacquot, professeur des universités, membre senior de l’Institut universitaire de France. Philippe Hansen, rédacteur de énergie-crise.fr. Gérard Kafadaroff, fondateur de l’Association française des biotechnologies végétales. Jean de Kervasdoué, professeur émérite du CNAM et membre de l’académie des technologies. Marcel Kuntz, biologiste. Vincent Laget, ingénieur. Isabelle Lagroye, enseignant-chercheur, experte en bioélectromagnétisme. Jean-Michel Ortega, directeur de recherches émérite. Léon Otten, professeur des universités. Gérard Petit, cadre supérieur retraité du secteur de l’énergie. Anne Perrin, expert conseil risques électromagnétiques. Sébastien Point, docteur-ingénieur en physique, chercheur industriel. Francis Quétier, professeur des universités. Sébastien Richet, ingénieur. Claude Ringot, ingénieur retraité. Jean-Pierre Riou, retraité de l’éducation nationale. Michel Simon, citoyen, maire honoraire, chevalier de la Légion d’honneur. Philippe Stoop, docteur-ingénieur en agronomie. Guy Vallancien, membre de l’Académie nationale de médecine. Max Verdone, ingénieur retraité. Jean-Philippe Vuillez, professeur d’université et praticien hospitalier.