Latest Entries »


Il y 50 ans, dans la nuit du 18 au 19 février 1972 disparaissait à 33 ans Lee Morgan sublime trompettiste sensible et inventif de la période hard bop des années 1950 et 1960 dont il était un des interprètes le plus en vue.

Lee Morgan était un habitué du « Slug’s », un club de jazz de l’East Village à New York où il faisait régulièrement salle comble. Ce soir là, au sortir du Slug’s Saloon, il a été abattu d’un coup de pistolet par sa conjointe de fait, Helen Morgan (Helen Moore de son vrai nom). À l’époque, Lee Morgan connaissait une sorte de retour alors qu’Il luttait contre un grave problème de dépendance à l’héroïne depuis des années.

Sa principale influence stylistique fut Clifford Brown, avec qui il prit quelques leçons dans sa prime jeunesse. Sa courte carrière fut exceptionnellement prolifique : à 18 ans il intègre le big Band de Dizzy Gillespie jusqu’à sa dissolution deux ans plus tard en 1958. Il fut l’un des trompettistes phare du label Blue Note, enregistrant notamment plus de 25 albums en tant que leader et durant la période où il fit partie des Jazz Messengers d’Art Blakey.

Personnellement, j’ai un faible pour ce magnifique thème, « I remember Clifford », (ici la version audio du fameux concert de l’Olympia en 1958), composé par Benny Golson, le talentueux saxophoniste des Jazz Messengers. C’est également en octobre 1958 que le groupe d’Art Blakey enregistre à New York « Moanin »,  une composition de Bobby Timmons, l’archétype du hard bop de l’époque, pour l’intensité de la batterie de Blakey et le travail de Morgan, Golson et Timmons.

Lee Morgan en 1958 en live en Belgique avec les Jazz Messengers d’Art Blakey (batterie), Benny Golson (sax tenor), Bobby Timmons (piano) et Jimye Merrit (contre basse)
Une version récente par le Sant Andreu Jazz Band avec le grand trompettiste américain Joe Magnarelli (ici au Bugle avec une superbe sonorité) et la non moins talentueuse Elia Bastida au violon, sous la direction du grand maître Joan Chamorro

Personne n’a oublié non plus The Sidewinder, son thème cultissime enregistré un peu plus tard en 1963, qu’on connaîtra en France par André Francis qui en fit l’indicatif de son émission Jazz dans la Nuit sur France Inter.

Pour les amateurs de ce que l’on appelle en musique la syncope : Recado Bossa Nova

Recado, une bossa nova, avec deux chorus exceptionnels de Lee Morgan en compagnie d’un autre sideman des Jazz Messengers : Hank Mobley (Lee Morgan – Trumpet, Hank Mobley – Tenor Sax, Harold Mabern Jr. – Piano, Larry Ridley – Bass, Billy Higgins – Drums)
… et plus récemment une magnifique interprétation également par le Sant Andreu Jazz Band, avec Victor Carrascosa à la trompette, Marçal Perramon au sax tenor et Luigi Grasso au sax alto

Et pour terminer : I’m a fool to want you

Lee Morgan trumpet, Art Blakey drums, Wynton Kelly piano, Paul Chambers bass and Clifford Jordon tenor saxophone.
Vee Jay Records. Recorded February 8, 1960.

Voir ici pour la merveilleuse et pathétique interprétation de ce thème par Billie Holiday

Alors que nous Français nous apprêtons à sortir, avec bien du mal, de deux ans de gestion par la peur de l’épidémie causée par un nouveau virus grippal. Alors que nous avons pu apercevoir en filigrane comment l’hôpital et la santé publique ont essayé de prendre le pouvoir en instaurant ce que certains ont appelé une dictature sanitaire…

Voilà qu’un extraordinaire et magnifique documentaire (voir ici en fin de billet), terrifiant à bien des égards : « Ma femme a du crédit » de Sébastien Le Belzic, vient d’être diffusé par LCP mardi 8 février 2022 sous le titre : « Surveillance de masse : pouvons-nous y échapper ? » Ce documentaire a été tourné en Chine à Pékin, tout au long de l’année 2021 par un journaliste français, marié à une chinoise parlant remarquablement notre langue, la mettant en scène dans ses activités quotidiennes.

Tout commence par les outils : omniprésence des smartphones, déluge de caméras partout dans la rue, les halls d’immeubles… Mais ce n’est rien à côté des applications installées, soit sur les smartphones, soit directement sur des serveurs gérés par les instances officielles du parti. On peut citer en vrac et de façon certainement non exhaustive :

  • reconnaissance faciale,
  • géolocalisation,
  • QR Codes,
  • Scores (systèmes de notations de nos comportements décortiquant chaque geste de la vie quotidienne),
  • cartes bancaires (aujourd’hui le cash a complètement disparu dans les grandes villes chinoises), tout est dans le smartphone, tout est tracé.

Tout comme lorsqu’Internet est arrivé dans notre univers, ce témoignage nous fait réfléchir sur la dualité de ce nouveau monde du numérique, du big data, de l’intelligence artificielle. Utiles pour l’état qui veut assurer la sécurité du pays… Certainement très dangereux selon que ce même état ait des penchants vers une restriction des libertés convoitée et peu ou prou affichée pour en faire des outils et mettre en oeuvre des processus de « bons » comportements, de « bonne » éducation voir d’aliénation de la société.

L’intelligence artificielle qui a la propriété de pouvoir agglomérer, rapprocher, trier, recouper toutes ces données accumulées de différentes façons, permet de dresser le portrait numérique du citoyen. Bien pour identifier rapidement le criminel ou le terroriste, beaucoup moins bien pour entraîner le citoyen lambda dans un soit disant progressisme à son insu.

Ce documentaire nous prouve à de multiples reprises que le portrait numérique du citoyen est opérationnel en Chine, notamment à travers ce système inquiétant de CREDIT SOCIAL récompensant ou sanctionnant l’individu selon son comportement quotidien (achats, lieux fréquentés, rencontres…)

En France nous en avons les prémices avec le Nutriscore que les autorités de santé publique et autres écolos politiques ont fait mettre en place à travers la législation sur l’étiquetage des denrées. Pour l’instant on en reste à leur caractérisation selon des critères nutritionnels plus ou moins contestables, dont la pertinence n’est pas démontrée (Anses). Mais qu’en sera-t-il lorsque le billet de banque aura disparu alors que ces idéologues progressistes au pouvoir auront toutes les cartes en main pour « imposer » (mais en douceur) la façon de manger du citoyen. Il n’y a qu’à regarder avec quelle haine la nouvelle mode progressiste Vegan essaie aujourd’hui de s’imposer.

Voilà comment avec ces outils permettant une surveillance de masse, qui bien utilisés permettent d’améliorer la sécurité de l’état et celle du citoyen, on peut facilement passer selon l’idéologie de nos gouvernants à une surveillance individuelle et à un formatage comportemental de la société.

L’attitude de Lulu, personnage central de ce documentaire et épouse du réalisateur, est d’ailleurs révélatrice à cet égard : comme la grande majorité des chinois, elle semble pleine d’insouciance en s’amusant de l’utilisation de ces nouvelles technologies. Néanmoins à la fin du reportage elle prend conscience de cette évolution inquiétante et nous gratifie d’une salutaire réflexion : « ils sont en train de nous manger le cerveau, de nous former comme des robots ».

Les deux dernières années que nous venons de vivre en France me font penser fortement, tant dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle, mais aussi dans le domaine du formatage de notre société, que nous sommes sur une pente similaire à celle de la Chine : Passe vaccinal, nutriscore alimentaire bientôt écologique, progressisme, écologie politique à relents totalitaires mais également grande passivité (le mot est faible) du citoyen envers ces sujets éminemment politiques (voir la nouvelle donne abstentionniste lors des dernières élections).

Voir le documentaire ici :

Une belle histoire de sourcier

Ci dessous, un témoignage que j’emprunte à un de mes amis. Il nous ramène à un âge ou nous étions chez nos parents, au coeur du terroir d’une France rurale, petit à petit grignoté par la ville et la démographie, Mais qui en ce qui nous concerne n’a pas réussi à nous faire oublier ces années heureuses…

D’aucuns trouveront la place de cette histoire étonnante dans ce blog, tenu par un esprit plutôt cartésien, rationnel s’étant plié aux règles de la démarche expérimentale. Mais voilà, lorsque l’on fait confiance à un esprit scientifique tout aussi rationnel et pragmatique qui décrit des faits, on partage et on se dit que la science n’explique ni ne fait pas tout, et que le champ des possibles reste ouvert pour des éclaircissement des avancées ou une réelle démonstration à venir.

Le sourcier, source de bonne humeur

Coudrier arborant ses « chatons » mâles au printemps

La rhabdomancie, exigeante au niveau de la connaissance de phénomènes naturels et des humains en général, n’est pas toujours une activité spectaculaire, sauf si l’homme de l’art participe lui-même à l’hilarité que l’opération déclenche en général chez les spectateurs. De multiples fois, le sourcier que j’étais devenu a ainsi pu injecter de la bonne humeur dans une assistance menacée par l’ennui. Derrière ce terme, rhabdomancie, à l’orthographe compliquée se cache un volet de la radiesthésie, et plus particulièrement la recherche d’eau souterraine, pratiquée au moyen d’une baguette de coudrier, autre nom du noisetier. Comme tous les adultes de mon cercle parental, j’avais cru cette pratique remisée à jamais dans le placard des divinations et autres manifestations charlatanesques.

Jusqu’au jour où…

Voilà l’histoire :

En 1964, l’été fut particulièrement chaud en Alsace. Dans toute l’Europe, on enregistra des pertes de récoltes, avec des records de chaleur – dont 35°C à Paris, une température qui fait sourire aujourd’hui, en 2022, quand nous nous sommes habitués aux canicules à 42°C, réchauffement climatique oblige.

A l’époque, l’adduction d’eau courante était loin d’être généralisée dans les campagnes et encore moins gérée de manière professionnelle ; les rares communes qui en bénéficiaient, comme Lampertsloch[i] où je suis né et où j’habitais, étaient alimentées en eau courante au moyen de collecteurs répartis dans les bassins versants des montagnes voisines[ii]. L’eau ruisselait souterrainement des collines siliceuses de l’Alsace Bossue (Vosges du Nord) et était distribuée dans le village par gravité naturelle[iii] ; elle était donc exempte de calcaire, et non seulement d’une qualité remarquable, mais aussi gratuite et donc de plus en plus gaspillée. Les habitants, ainsi pourvus depuis 1895, avaient laissé tomber l’entretien des puits, pour la plupart comblés ou transformés en fosses à ordures non recyclables. Dans le village-même, survivaient (en 1964) seulement deux fontaines (les Brunne) aménagées déversant chacune en continu un filet d’eau dans deux grandes cuves en série ouvertes en grès rose, jadis abreuvoirs en forme de parallélépipèdes d’environ 1.50m de long, 80 cm de large et profonds d’une cinquantaine de centimètres. En cet été 64 caniculaire, l’eau courante vint à manquer ; la montagne avait donné ce qu’elle pouvait au village dont la consommation n’était plus celle de 1895. Avec stupeur, un jour de juin, on constata que l’eau ne sortait plus des robinets, et nous voilà rejetés un siècle en arrière, punis de corvée d’eau. On traînait une charrette jusqu’à la fontaine et on y remplissait donc tous les contenants à notre disposition, seaux, futs ou tonnelets, de préférence très tôt le matin, en puisant dans les cuves. Pendant qu’on faisait longuement la queue, nous propagions tous consciencieusement les dernières rumeurs de circonstance, toutes en liaison avec la recherche effrénée d’eau souterraine : Emile cherchait derrière son poulailler, à quelle profondeur était arrivé Fritz, était-ce Schorsch qui avait indiqué à Sepp où creuser, Louis avait finalement vu de l’eau dans le trou qu’il venait terminer, etc…, tels étaient les seuls thèmes du moment[iv]. La période fut pénible, les anciens étaient frappés d’accès de nostalgie en évoquant le bon temps des puits jamais à sec, des sources jamais taries – on touchait là – déjà – les fragilités de la modernité, ils disaient même que les gens prenaient des douches tous les jours étaient la cause de tout le malheur.


[i] Dans les années 1890 – alors que l’Alsace était Allemande – Lampertsloch disposait d’une église catholique, alors que plus de la moitié des habitants étaient de confession luthérienne. Le conseil municipal obtint donc une subvention pour la construction d’un temple protestant. Au moment de la mise en œuvre, le conseil décida – et obtint l’autorisation – de réaffecter la subvention à une autre usage que la construction d’un temple, à savoir la construction d’un réseau d’adduction d’eau courante. L’église, catholique, fut réaffectée aux deux confessions – elle l’est encore en 2021 – et Lampertsloch fut longtemps le seul village de la région bénéficiant de l’eau courante.

[ii] La « montagne », c’est-à-dire le Soultzerkopf qui domine le village, culmine à 544 mètres. Le village lui-même, se situe à l’orée de l’ « Alsace Bossue » à une altitude moyenne de 190 mètres au-dessus du niveau de la mer.

[iii] La distribution d’eau ne nécessitait aucune intervention mécanique auxiliaire (pompes, château d’eau, filtration, etc…). Le réservoir principal, situé à l’orée de la forêt, près de la maison du garde forestier, était alimenté en permanence par les sources souterraines disséminées dans la montagne. On pouvait ouvrir la porte du réservoir (« Palter ») et voir l’eau couler – ni pompe, ni château d’eau. La fin de la partie – eau pure gratuite, produite sans dépense aucune d’énergie – fut sifflée lors de la mise en place d’un syndicat intercommunal de gestion de l’eau vers les années 1970. En parallèle, on assécha le Seltzbach et tous les ruisseaux de la montagne dans le cadre d’un saccage environnemental sans précédent. Et, comble d’une ironie révélatrice, on décida en même temps la mise en place du parc naturel régional des Vosges du Nord, dont, évidemment, les communes massacrées font toujours (en 2022) partie.

[iv] Je connaissais tout le monde, dans la journée j’étais préposé aux PTT en remplacement des deux préposés titulaires occupés en été par les travaux des champs. C’était mon premier emploi – le meilleur que j’aie jamais eu.

Et donc le village creusait, et creusait encore, en cette terre où faire des trous[i]  était une activité courante – le champ pétrolier de Pechelbronn occupait une partie de la commune, déjà largement perforée. Mais où creuser, précisément ? C’est là qu’intervenait le « spécialiste qui sait où[ii] creuser », c’est-à-dire le sourcier, l’initié doté du fameux « fluide » qui le rendait sensible à la présence d’eau souterraine, détectée à l’aide d’une baguette magique prélevée sur un coudrier soigneusement sélectionné par ses soins. Les rhabdomanciens se mirent donc à sortir de leur dormance comme les champignons après une averse, et on découvrit subitement des dons insoupçonnés à des individus dont on ignorait que la nature les avait dotés d’une quelconque compétence utile à la communauté. J’ai noté alors que les alcooliques reconnus semblaient prédisposés à la science en vogue – je devais, plus tard et au moins partiellement à tort, mettre cette capacité sur le compte du détachement des réalités immédiates que peut procurer l’ingestion d’un bon schnaps, la boisson locale.


[i] Forer un trou dans la terre s’appelait « faire un sondage ».

[ii] En Allemand le fameux « gewußt wo“, une ligne sur la facture des réparateurs en tout genre. En fait, c’est la justification de l’effort de recherche d’une panne, ou le coût de l’expertise.

Le cas qui m’a induit en erreur était sans doute celui de Hassi Schorsch, traîne-savates tuberculeux et buveur notoire, invalide assumé aux handicaps bien cachés et vivant d’allocations indéterminées, colporteur professionnel de ragots de tous calibres. Habitué de la maison, il ne manquait jamais de s’arrêter lorsqu’il déambulait sur la route, pour siroter le petit schnaps que lui servait généreusement ma mère – il fallait qu’elle aussi entretienne ses sources d’information[i]. En cet été 1964, Schorsch fut parmi les premiers à se fabriquer opportunément un profil de maestro ès-baguette de coudrier, son nouveau domaine d’excellence. Tout le village creusait des puits, et il en était l’ordonnateur, du moins le laissait entendre la rumeur publique.


[i] Ancienne restauratrice, elle savait flairer les informations utiles.

Ce matin-là, Schorsch apparut avec son équipement et commença sur le champ les travaux pratiques dans notre jardin potager, envahi pour l’occasion par un groupe de disciples[i] éclairés. En tête, se trouvait notre homme, muni de son instrument magique, c’est-à-dire d’une fourche récemment prélevée, lors d’une phase de lune montante. Les deux branches de la fourche, d’environ 8 millimètres de diamètre – il fallait qu’elles soient flexibles -, formaient un angle d’environ 30 degrés, chacune d’environ 50 centimètres de longueur. Chacune de ses mains serrait très fermement le bout d’une des branches, au point de blanchir ses doigts – ce détail m’a frappé – ; paume tournée vers le ciel, bras très raides tendus le long du corps, branches ~ dans l’alignement des humérus. Les deux branches étaient évidemment déformées au niveau des mains qui serraient fermement les extrémités, et au démarrage de l’opération de détection, la fourche se trouvait dans un plan horizontal parallèle au sol. Maintenir l’ensemble en position demandait donc un petit effort de la part de l’opérateur.


[i] Je n’ose écrire « apôtres », mais on peut y penser.

Schorsch se concentra et commença à se déplacer très lentement dans le jardin, les spectateurs se turent. A un certain moment, son visage se crispa, et il faisait visiblement de grands efforts pour maintenir la fourche dans sa position horizontale, car son extrémité, au point de jonction des deux branches, plongeait apparemment irrésistiblement vers le sol en imprimant à l’équipage flexible un mouvement de torsion – les mains essayant (en vain) de rester dans leurs positions initiales. Sous le regard des observateurs ébahis et admiratifs, jamais lassés du spectacle, l’opérateur s’arrêtait alors en déclarant avec emphase que l’eau se trouvait précisément sous ses pieds. J’étais aussi fasciné que le restant de l’assistance. Trois endroits précis dont le sous-sol devait être manifestement aquifère furent repérés par des piquets. Schorsch, épuisé dans cette lutte contre la fourche-qui-plonge, et une partie de l’assistance accueillirent donc avec soulagement la proposition paternelle de débattre de la suite à donner en se désaltérant d’une mirabelle et de l’imbuvable piquette-maison, à l’ombre de la vigne grimpante de la cour. Le magicien laissa sur place son dispositif de détection – il est vrai qu’il paraissait facilement remplaçable et plutôt à usage unique, car les noisetiers, dont aucun ne semblait spécial, pullulaient le long de la rivière. L’histoire aurait pu s’arrêter là, car mon père n’était pas vraiment convaincu par la soudaine révélation des talents divinatoires de notre sympathique ivrogne professionnel.

Pendant que le schnaps faisait ses habituels ravages[i] et alors que les curieux, regonflés d’un nouvel épisode à raconter, repartaient vers de nouvelles aventures, je ne pus m’empêcher de prendre en main l’équipage fourchu[ii] laissé sur place, et d’essayer de jouer au sourcier en reproduisant le plus fidèlement possible les gestes de l’artiste alors qu’ils étaient encore frais dans ma mémoire. Je me mis donc à avancer doucement là où Schorsch avait opéré, fourche horizontale, bras raides, mains serrant les extrémités, paumes vers le ciel. Et, miracle, le bout de la fourche se mit à plonger de manière irrésistible, comme si le sol tentait de me l’arracher des mains, précisément là où elle avait pointé vers le sol dans les mains de l’expert. Je recommençais maintes fois, pour les mêmes résultats. Révélation. J’étais sourcier, je le suis encore aujourd’hui – c’est donc vrai, on est sourcier à vie comme on repère à jamais l’odeur du cannabis ou comme on sait se tenir ad vitam aeternam en équilibre sur une bicyclette.


[i] Curieusement, mon père en fabriquait mais n’en buvait pratiquement jamais.

[ii] J’ignore encore aujourd’hui, en 2021, pourquoi on appelle cette fourche « baguette », car je n’ai jamais vu un sourcier muni d’une véritable baguette.

Inutile de préciser que je pus rapidement vérifier l’adage – que j’ignorais en ces temps-là – que nul n’est prophète en son pays. Hormis de ma mère, toujours prompte à gober les déclarations de sa progéniture, je ne recueillais que moqueries, en particulier de la part de mon père et d’Albert, mon frère, toujours prêts à me trouver fantaisiste[i], mais aussi de nos voisins. Comment un gamin de 18 ans, sans expérience connue, ignorant-by-design, trop-jeune-pour-comprendre, ne buvant pas de vin (la boisson du vrai macho), qui n’a même pas connu de guerre, pouvait-il prétendre être doté de qualités inaccessibles aux vrais hommes, et donc être sourcier ? Quand je faisais une démonstration de mes talents, mes efforts pour contrecarrer le mouvement d’attraction de la fourche vers le sol déclenchaient seulement l’hilarité générale – c’est d’ailleurs toujours le cas, on me félicite même encore aujourd’hui pour mes imaginaires talents de comédien, car les non-avertis se persuadent facilement, aussi bien hier qu’aujourd’hui, que la rhabdomancie n’est qu’une affaire de simulateurs et de comédiens. L’Internet foisonne de tels contradicteurs et rabat-joie. Je compris donc assez rapidement que mon don de sourcier était et allait être essentiellement un bon moyen de faire rire et de générer la bonne humeur. J’eus l’occasion de le vérifier maintes fois, et les effets pouvaient facilement être rendus spectaculaires avec un peu de mise en scène, ce dont je ne me suis pas privé. C’est donc ainsi que la rhabdomancie m’a permis de gagner quelques paris, en particulier durant ma vie d’étudiant, où je fus parfois invité à des réunions et dîners champêtres en raison de mon talent inné, donc d’amuseur, et d’une perception d’ignorants que j’ai exploitée moult fois à mon profit par la suite. J’arrivais à suivre, par exemple, le tracé de canalisations d’eau ou d’égouts[ii]. Je n’ai jamais cherché de source. A titre documentaire, j’ai noté que la fourche plonge pratiquement partout en Normandie, région où j’habite désormais ; la pluie y est quasi-quotidienne et le sous-sol est gorgé d’eau, au point qu’il est impossible au sourcier (à moi en tout cas) de localiser un point où la fourche ne se tord pas. Avant l’existence des réseaux de distribution d’eau, il y suffisait donc aux puisatiers de creuser, pratiquement n’importe où, pour trouver de l’eau à quelques mètres de profondeur[iii], la nappe phréatique y est même souvent affleurante, les nombreuses mares – ou ce qu’il en reste – sont là pour en témoigner.


[i] « Encore un de ses coups », « il a dû lire ça dans les livres », « er schafft mit d’ Bîcher », etc…

[ii] En 1989, la rhabdomancie était utilisée dans un VEB – Volks Eigener Betrieb – de l’ex-DDR. Dans ce combinat, on s’en servait pour trouver des fuites souterraines de produits pétroliers. Pour les détails, voir la section « Härtol ».

[iii] Toutes les communes de Normandie bénéficient de l’eau courante. Comme partout, celle-ci est prélevée dans les cours d’eau, dont certains ont aussi été saccagés ou asséchés. A ma connaissance, la rhabdomancie ny a jamais connu d’heure de gloire.

Pour compléter la relation de quelques évènements liés à la sécheresse de 1964, voici la suite de la « quête de l’eau » de 1964. Adolphe, mon père, jugea donc que la démonstration effectuée par Schorsch n’était pas assez convaincante. Il ne creusa donc pas aux endroits que ce dernier avait sélectionnés au moyen de sa fourche, conforté dans sa décision par le bruit qui s’était mis à circuler dans le village – Jean-Pierre Vix, notre voisin qui hébergeait le bouc communal, René Brunck le tailleur, mon cousin René et quelques autres faisaient courir le bruit qu’un d’un super-expert rodait dans les environs, un maître-sourcier du genre professionnel, tellement sensible à l’eau qu’il la détectait sans appareillage ! Ce magicien faisait sans doute sa tournée en tenue caméléon vu qu’on n’en avait qu’une vague description, étayée par une flatteuse réputation qui s’amplifiait à chaque passage à la fontaine. Et n’avait-il pas détecté – « quelque part » dans le Haut-Rhin – une résurgence souterraine qui se révéla être une source d’eau minérale, exploitée industriellement[i] ! De quoi rêver donc. Mieux encore, il n’avait même pas besoin de se déplacer : il suffisait à un propriétaire d’un terrain de faire un plan approximatif de son domaine sur un bout de papier[ii], pour que l’expert (dont je ne retrouve pas le nom, malgré de sérieuses investigations) définisse, sur cet ersatz de plan cadastral, l’endroit où il fallait faire un sondage[iii].


[i] Je n’ai pas réussi à savoir quelle était précisément le nom de la source d’eau minérale. Les (rares) survivants de la période semblent frappés d’amnésie à cet égard. 

[ii] Il sembla que subitement se leva dans le village une escouade de forts en dessin dont on avait ignoré l’existence jusque-là.

[iii] Plusieurs forages et creusements de puits avaient d’ores et déjà été d’ailleurs en route sur son instigation, dont un en pleine forêt, sur la route de Marienbronn (Baristresel), où deux employés de la commune s’activaient nuit et jour. Le chantier était surveillé par Metzger, le garde forestier qui y faisait des apparitions managériales sur sa mobylette carénée façon course, quand il n’était ni en tournée forestière (plutôt rare) ni en train de dilapider sa maigre solde au PMU – il mourut un peu plus tard, de cancer, pauvre comme job, en laissant sa veuve pratiquement à la charge de la charité communale. Le forage fut interrompu avant que la nappe phréatique fut atteinte, car finalement il se mit à pleuvoir et  tout le cirque de la recherche hydrique fut vite oublié. Curieusement, personne ne l’évoquait plus tard.

On manigança donc pour que l’expert trouve un créneau pour une visite sur place – je n’ai jamais su comment mon père s’y était pris. Un jour, le fameux sourcier-pro arriva donc, précédé d’une avant-garde chargée de la mise en condition du client/patient. Je me souviens encore aujourd’hui d’un petit homme rondelet vêtu de noir, agité, ne restant pas en place, ostensiblement pressé, au centre d’un cordon de disciples, d’admirateurs et de curieux, qui se déplaçait par saccades en éructant des phrases brèves incompréhensibles, exprimées avec un accent alémanique plus guttural que le  francique de l’Alsace d’Outre-Forêt. Rétrospectivement, je suppose qu’il voulait éviter une discussion qui aurait pu se révéler délicate. Il alla ainsi directement dans le jardin, sans équipement de détection, les mains nues, un bras pendant vers le sol.  Alors qu’il marchait derrière le rucher, situé au point le plus élevé de la propriété, il s’affaissa subitement, en un collapsus irrépressible, comme si ses genoux avaient lâché sans prévenir, en poussant un bref cri plaintif – l’homme souffrait, c’était évident[i]. Pendant un court instant, il se retrouva quasi-agenouillé. La troupe ébahie le vit se relever, et déclarer qu’il fallait creuser précisément devant sa chaussure – l’endroit était défini au centimètre près (là, et non là, car 3 centimètres trop loin). Mon père planta un piquet à l’endroit indiqué, et l’homme repartit immédiatement après cette visite qui n’avait duré que quelques minutes[ii]. Je n’ai jamais su si / comment / combien l’homme a été payé, mais je pense qu’il l’était. En tout cas, en tant que prophète-venu-de-loin, il jouissait d’une meilleure cote que Schorsch[iii], car Adolphe emprunta une tarière à houblon, et pendant plusieurs jours, on sua sang et eau en creusant, en prélude à un futur puits, un avant-trou d’environ 25 centimètres de diamètre et profond de plusieurs mètres. La terre extraite était toujours aussi sèche ; on abandonna donc, en commençant à douter des capacités du sourcier extra-lucide. 


[i] Avez-vous déjà vu un médium rigolard ? Vous croyez que Raspoutine se marrait ?

[ii] Un bon moyen d’éviter les questions ?

[iii] Je n’ose même pas évoquer ma cote à moi.

Un jour après l’abandon des travaux de sondage, mon père jeta un coup d’œil dans le trou : jusqu’à la moitié, il était rempli d’eau… Une fois évacués les quelques litres ainsi collectés, on constata qu’il fallait à peu près une journée pour retrouver en retrouver autant, le débit était donc non nul, quoique faible – on collectait quelques litres par jour, l’honneur du pro-sans-instrument était sauf. L’ultra-sensible sourcier n’était donc pas un fabulateur… Et d’autant plus, que chez notre voisin Raymond Fischer, il a effectivement mis le doigt (ou plutôt le pied) sur un vrai puits qui a finalement assuré l’essentiel de la consommation d’eau domestique pendant des années ?

J’ajoute que j’ai toujours été dubitatif quant à l’expert qui est venu nous rendre visite et qui opérait sans détecteur. Mais alors, cette eau dans le sondage et le puits de Raymond ? Il aurait fallu creuser trois mètres plus loin pour mettre une supercherie en évidence, car peut-être y avait-il de l’eau partout au bas de la légère pente de la cour de notre voisin ? On en resta là. Il se remit à pleuvoir, et on oublia vite les sourciers.

Enfin, qu’en est-il vraiment, du phénomène physique qui sous-tend la rhabdomancie ? Je constatai assez rapidement que le noisetier n’était pas nécessaire, tous les bois peuvent remplir la fonction, pourvu qu’ils fussent un peu flexibles – il vaut mieux éviter le charme, trop dur et raide. J’ai tenu la fourche, à géométrie très variable (à titre expérimental) de différentes manières, plutôt éloignées de l’orthodoxie sourcière. Avec de l’exercice, je remarquais que je devenais de plus en plus « sensible », et à la fin, une fourche minuscule, une « fourche de poche » faisait l’affaire – dans le fond, il me fallait juste une liaison bien « collée » entre mes deux mains. Comment expliquer cela aux incrédules pour qui j’étais / je suis au mieux un amuseur (il suffit de voir les rires que déclenche une opération de sourcier) et au pire un simulateur bernant les foules[i] ? L’expérience m’a appris que l’on ne gagne pas en popularité en essayant de convaincre les incroyants, aussi m’est-il arrivé de simuler les sourciers sans instrument, opération sans douleur quand on connaît le terrain. Succès garanti.

 Voici ce que dit Google :

Un sourcier est une personne qui prétend pouvoir détecter de l’eau souterraine au moyen d’une baguette ou d’un pendule. … Au contraire, des expériences réalisées dans des conditions rigoureuses, dites à double insu, ont démontré l’incapacité des sourciers à faire mieux qu’un choix au hasard[ii]

Notons le mot « prétend », qui plonge d’emblée le lecteur dans le doute. Et voici un extrait d’une autre source (Research Gate) citant le physicien Yves Rocard (extrait) :

Comme le souligne le physicien Yves Rocard, qui s’est intéressé au problème des sourciers, une théorie candidate au statut scientifique consiste à admettre que le sourcier réagit à une anomalie du champ magnétique local par un processus physiologique conduisant à une modification du tonus musculaire. Sous cette hypothèse, le rôle de la baguette, conçue pour être tenue aux mains en une position métastable, serait d’amplifier l’effet du geste réflexe résultant de cette modification de tonus. La forme de la baguette est peut-être importante[iii] :  elle doit être telle que, lorsque l’opérateur traverse une zone d’anomalie du champ magnétique terrestre et imprime de ce fait inconsciemment un mouvement à la baguette, la rotation acquise par celle-ci exerce un couple mécanique[iv] qui la fait pointer vers le bas (ou le haut). Ainsi, la forme en Y de la baguette de coudrier, où les branches sont tenues par les mains paumes tournées vers le haut et plaquées contre la poitrine, offre une telle position de porte-à-faux.


[i] … et la rhabdomancie, c’est comme le vélo ou l’odeur de cannabis : une fois qu’on a pédalé ou senti l’odeur, cela ne s’oublie plus, à vie…

[ii] Note : l’essai en double insu est normalement utilisé pour prouver l’efficacité clinique spécifique de médicaments (principe actif versus placebo à l’insu des cobayes). Implicitement, on a donc traité la rhabdomancie comme un symptôme, subjectif comme l’anxiété, la douleur ou l’escroquerie inconsciente… Je laisse au lecteur le soin d’en juger la pertinence, car d’une manière générale, il est rare que l’on puisse appliquer un protocole en usage dans un domaine étranger à celui que l’on traite. Sauf à en connaître le résultat d’avance. 

[iii]et en effet, il ne me paraît pas impossible que la torsion de la fourche (car c’est bien d’une torsion qu’il s’agit) soit induite par une déformation musculaire. Car lorsqu’on imprime un mouvement de torsion à une pièce, peu importe par quel bout on l’imprime.  Je tords – de manière involontaire, « non commandée » par ma volonté – le coudrier dans ma main, et la branche se déforme ?

[iv] Je dirais « couple de torsion ».

Il existe bien d’autres points de vue, que je ne vais pas développer ici – car dans le fond, l’explication m’importe peu dorénavant. Je me contenterai de citer l’électrofiltration de l’eau (Effet Quincke), les anomalies magnétiques des roches, discontinuités magnétiques par effet falaise, etc… On a écrit des kilomètres d’articles sur la question. Je n’ai évidemment aucune explication personnelle – je crois juste avoir remarqué que la fourche plonge de manière plus prononcée quand l’eau sous les pieds de l’opérateur est en mouvement. Comment expliquer la facilité avec laquelle on détecte les égouts ou les conduites d’eau ? Ad absurdum, j’ose dire que si la rhabdomancie n’était vraiment qu’une affaire de charlatanisme propagée par des escrocs, on ne perdrait pas tout ce temps pour l’élucider – arrogance de l’être humain instruit[i], incapable d’admettre qu’un phénomène n’a pas été expliqué d’une manière irréfutable ? Je me suis quelquefois demandé si le sachant rationnel cherchant et parfois trouvant une explication à ce qu’il ne perçoit pas, ne s’est-il pas simplement coupé de ce que les (vrais) ruraux pouvaient ressentir. Pourquoi les sourciers habitaient-ils la campagne ?

Ce que je peux affirmer ici, c’est que « l’effet sourcier », qu’il soit physique ou psychologique, est un fait expérimental incontestable. N’en déplaise aux incrédules.


[i] Un de mes professeurs de mécanique rationnelle répétait à l’envi que les imbéciles instruits sont dangereux.

Le gîte de Saint Alban, perché à flanc de montagne domine la Durance qui coule au sud vers Embrun et le lac de Serre Ponçon. Au nord, la petite ville de Guillestre, noeud routier qui nous mènera vers le col de Vars, le Queyras et le col Agnel, le Col d’Izoard et les cols du Lautaret et du Galibier.

Diaporamas

La vallée de la Guisane permet d’accéder au Col du Lautaret puis au Col du Galibier, deux cols mythiques autant pour le vélo que pour la botanique.

Le col du Lautaret

Le col du Galibier

Encore un col mythique… Celui ci permet de passer du Queyras au Briançonnais. Le Col d’Izoard et
ses éboulis géants. La flore du calcaire y est très intéressante et particulièrement abondante. La
commune d’Arvieux où est située la face sud du Col d’Izoard compte presque 800 espèces
végétales sur son territoire…

Le col d’Izoard

Le lac de Roue

Le Col Agnel est le deuxième plus haut col routier des Alpes françaises (2744 m) juste derrière le col de l’Iseran (2 764 m). Depuis Molines en Queyras, nous longeons le torrent de l’Aigue Agnelle pour découvrir la flore des marais d’altitude et des éboulis schisteux. La flore des zones humide tout comme la flore des rochers y est particulièrement riche et comporte de très nombreuses espèces rares et/ou protégées.

Le torrent de l’Aigue Agnelle et le col Agnel

Plus au sud, au départ de Guillestre, toujours dans le Parc Naturel du Queyras, nous parcourirons les sentiers du Val d’Escreins puis ceux qui longent la route du col de Vars.

Le Val d’Escreins vers le Col de Vars

L’ATIH (Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation), est un établissement public administratif qui travaille sous l’égide du ministère de la Santé. Tout ce qu’il y a de plus officiel donc, une agence de plus dont je n’avais jamais entendu parler, mais qui pour une fois pourrait servir à quelque chose.

L’ATIH a rédigé un rapport qui analyse l’activité hospitalière 2020 pour le Covid 19 (rapport paru le 08 novembre 2021 : source).

Le Dr Martin Blachier en fait une analyse sur LCP, dans l’émission Ça vous regarde du 09 novembre 2021.

Voilà les principales conclusions du rapport.

 Durant l’année 2020, c’est-à-dire au plus haut de l’épidémie de Covid 19 :

  • Les patients Covid représentaient 5% des patients en réanimation,
  • Les patients Covid représentaient 2% de l’ensemble des patients hospitalisés ;
  • 0.6% des gens de plus de 80 ans sont décédés du Covid à l’hôpital alors que, nous dit Blachier, les insuffisances cardiaques tuent 15% de cette classe d’âge chaque année,
  • Il est apparu que la grippe attaque les personnes sans comorbidité de façon plus virulente que le Covid !

Quelques remarques d’évidence :

L’image de l’épidémie de Covid à l’hôpital, donnée par les pouvoirs publics et une très grande partie de la presse est décalée par rapport à la réalité hospitalière. Le mensonge et la manipulation sont évidents.

Cette stratégie du Choc et de la Peur avait elle pour but de mener à la vaccination de masse ? Rien n’est réellement prouvé pour l’instant, mais on peut raisonnablement émettre l’hypothèse lorsque l’on regarde avec effarement comment le traitement préventif lors de premiers symptômes par le médecin traitant a été occulté voir banni par les autorités médicales publiques.

Ces chiffres sont à rapprocher d’une surévaluation de la mortalité due au Covid, chiffres analysés ici au cours de l’année 2020.

Voici d’ailleurs ce que j’écrivais en décembre 2020 en conclusion d’un de mes billets sur le sujet :

  • cette crise a, entre autres méfaits, été utilisée, aussi bien par l’état que par les hospitaliers, pour mettre en exergue les problèmes de l’hôpital
  • une fois de plus, par idéologie, l’éclairage a été donné à l’hôpital public, plutôt qu’à la médecine de ville qui a été reléguée à un rôle mineur en l’empêchant de faire un travail préventif et tout simplement en l’empêchant de soigner.