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Géographie de l’Andalousie :

Graza_Carte

L’Andalousie occupe toute la partie sud de l’Espagne. Elle est bordée à l’ouest par l’océan Atlantique, les villes du Huelva, Cadix. Au sud par la Méditerrannée entre les villes de Gibraltar, Malaga et Alméria et à l’est entre le cap Cabo de Gata et Carboneras. Un des traits caractéristique de l’Andalousie est une grande variété de paysages liés aux grands ensembles géographiques orientés nord-est sud-ouest :

  • au centre la grande plaine du rio Guadalquivir qui arrose d’est en ouest, Cordoue, Séville et se jette dans l’Atlantique au nord de Cadix.
  • au nord, la Sierra Morena, massifs de moyenne altitude, au relief peu accidenté, ne dépassant pas 1400 mètres.
  • Maceron1

    Grazalema – Vue sur la sierra de Gaidovar, au fond le sommet du Coros et le col de Las Palomas

    au sud, la Cordillère Bétique constituée par un ensemble de vallées et de massifs montagneux dont la Sierra Nevada, rassemblant les plus hauts sommets d’Espagne à plus de 3000 mètres, située entre Grenade et Alméria.

  • Entre Séville, Ronda et Gibraltar se situent d’autres sierras du système Bétique, en particulier les sierras de Grazalema, los Alcornocales (Gibraltar) et las Nieves (Ronda), au travers desquelles nous avons effectué nos randonnées.

 

Si l’on peut globalement qualifier le climat Andalou de méditerranéen (été chauds et secs et hivers doux et moyennement humides), le détail révèle cependant des contrastes saisissants :

  • l’Andalousie occidentale, aux influences atlantiques, fait de la Sierra de Grazalema la région la plus pluvieuse d’Espagne avec plus de 2000 mm par an.
  • à l’opposé le désert de Tabernas en Andalousie orientale (au nord d’Almeria) fait l’objet d’un climat semi aride avec moins de 200 mm d’eau en moyenne annuelle.

 

Grazalema :

Grazalema6

Grazalema et la sierra de Gaidovar

Le petit village de Grazalema est un digne représentant des villages blancs si caractéristiques de la région. Perché à 800 mètres d’altitude, adossé à la sierra d’Endrinal, il a donné son nom au premier parc naturel créé en Andalousie, qui fut classé Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 1977.

Adénocarpe décortiqué11

El Penon Grande (1303 m) dominant le village de Grazalema – Adénocarpe décortiqué (Adenocarpus decorticans) au premier plan

La ville, elle même située au sommet d’une falaise, est dominée par un imposant pic rocheux calcaire et abrupt le Penon grande, au creux duquel naît et se forme le rio Guadalete (plus exactement au Puerto del Boyard) .

D’une longueur de 157 km, le Rio Guadalete au débit relativement élevé alimente rapidement le barrage de Zahara, proche de Grazalema, puis rejoint l’Atlantique dans la baie de Cadix à Puerto de Santa Maria, entre marais et lagunes.

 

 

 

La faune rencontrée :

Bouquetin3

Bouquetin (Cabra pyrenaica hispanica) au pied du Penon Grande

Bouquetin1 (2)

 

Rio del Cupil (2)

Entrée de la Cueva del Gato

Bergeronnette des ruisseaux_2

Bergeronnette des ruisseaux – Cueva del Gato (Ronda).

Jolie Bergeronnette des ruisseaux en pleine récolte de mouches et autres larves de phrygane (portefaix)… pour nourrir sa progéniture. Cet oasis de fraîcheur est situé le long de la route et du chemin de fer menant de Montejaque à Ronda, à l’entrée de la Grotte du Chat (Cueva de Gato).

Coucou (2)

Coucou gris (Cuculus canorus)

Coucou & Traquet oreillard (2)

Traquet oreillard et Coucou gris

 

Joli spectacle d’un traquet oreillard (Oenanthe hispanica) défendant son nid en poursuivant et agressant violemment un coucou prédateur. C’est à l’approche du Puerto del Viento, entre Ronda et El Burgo,  que nous avons eu la surprise d’admirer cette scène insolite et rare. Le coucou pourtant très commun est difficile à approcher, tandis que le Traquet oreillard est un oiseau du pourtour méditerranéen, mais rare en France ou il subsiste encore en Languedoc Roussillon (surtout Pyrénées orientales et Aude).

Puerto del viento3 (2)
Puerto del Viento 1190 m

 

 

 

 

 

 

 

Sierra del Endrinal_Grazalema8 (2)

 

Vautours5 (2)

 

Les sierras d’Andalousie recèlent une des plus importantes colonie de Vautours fauves (Gyps fulvus) qui se sont sédentarisés et y nichent toute l’année. La présence de ces charognards est due à l’existence de grands animaux sauvages comme les bouquetins, mais également d’ovins de caprins et de bovins d’élevage dont ils se nourrissent des cadavres.

 

Vautours4 (2)

 

Les randonnées :  

(Cliquer sur le titre pour visualiser le diaporama)

Sur les hauteurs de Grazalema

Linaire à calice aplati8 (2)

Linaire à calice aplati (Linaria platycalix)

Le village touristique de Grazalema est blotti au creux d’une falaise à 850 mètres d’altitude. Les premiers pas hors du village permettent d’appréhender une flore déjà très variée que nous retrouverons tout au long de nos randonnées. C’est le cas de la Linaire à calice aplati (Linaria platycalix) endémique de ces lieux.Grazalema3

 

 

 

Prés et friches des plateaux autour de Grazalema

Ciste ladanifère2

L’impressionnant Ciste ladanifère (Cistus ladanifer)

Ophrys miroir11

Fleur d’Ophrys miroir (Ophrys speculum)

Les plateaux sur les hauteurs de Grazalema étaient autrefois cultivés en céréales, aujourd’hui ce sont des friches et des prés avec encore de nombreux chênes plus ou moins parsemés. De nombreuses variétés de cistes sont présentes comme le grand Ciste ladanifère (Cistus ladanifer) de plus de 2 mètres de hauteur. C’est également une explosion d’Ophrys avec le superbe et rare (en France) Ophrys miroir (Ophrys speculum).

 

Zahara de la Sierra

Linaire triste2 (2)

Linaire triste (Linaria tristis)

 

Zahara - Le lac12

Lac de retenue du Rio Guadalete vu de la tour Mauresque de Zahara de la Sierra

 

Rapaces en démo - Chouette effraie (2)

Effraie des clochers à Zahara de la Sierra

Avant poste Mauresque dominant la vallée du rio Guadalete, le petit village de Zahara de la Sierra situé à 500 mètres d’altitude a vu au cours des temps s’affronter chrétiens et musulmans. Les ruines du château mauresque du 13ème siècle dominent actuellement le magnifique lac de barrage, retenue du Rio Guadalète.

 

Montejaque – Chemin de l’hermitage

Montejaque

Le chemin caillouté de l’Hermitage bordé de Chrysanthèmes de Mikonos au premier plan, avec les villages de Montejaque à droite et Benaojan au fond. Beaucoup de grottes (Cueva del Gato…) parsèment les flancs de cette vallée pour le plus grand bonheur des amateurs de spéléologie.

Le village blanc de Montejaque est situé entre Grazalema et Ronda. Au niveau du cimetière Andalou un petit chemin joliment encaillouté grimpe en lacets jusqu’à l’Ermita de la Immaculada. La flore des bas côtés est très riche ainsi que celle des friches et champs de céréales autour de l’Hermitage.

 

 

 

Col de El Boyard et de Las Presillas – Grazalema

Cytise hérisson5 (2)

« Coussins » épineux de Cytise hérisson (Erinacea anthyllis) au col de Las Présillas

 

Adénocarpe décortiqué7 (2)

Ecorce en lanières de l’Adénocarpe décortiqué

 

Adénocarpe décortiqué1 (3)

Adénocarpe décortiqué en floraison

La Sierra del Endrinal qui surplombe le petit village blanc de Grazalema abrite une faune et une flore des plus variées. C’est au col d’El Boyard que le rio Guadalète se forme. De ce col on atteint facilement un autre col un peu plus élevé : Las Presillas où nous avons pu admirer, dans les nuages, les impressionnants et redoutables « coussins » bleus du Cytise hérisson (Erinacea anthyllis) en pleine floraison. La descente sur Grazalema offre un secteur très riche en Adenocarpe décortiqué (Adenocarpus decorticans), une autre fabacée, arbustive celle là en pleine floraison également.

Cytise hérisson2 (2)

 

 

 

Sierra de Las Nieves (1ère partie)  /  Sierra de Las Nieves (2ème partie)

Fritillaire d'Espagne13

Fritillaire d’Espagne (Fritillaria hispanica)

Pivoine de Brotero15

Pivoine de Brotero (Paeonia Broteroi)

Située à l’est de Ronda et au dessus de Marbella, ce Parc Naturel montagneux aux vallées encaissées, aux parois rocheuses et souvent abruptes possède quelques sommets dépassant 1700 mètres. C’est également le berceau du Sapin d’Espagne (Abiès pinsapo) ou Sapin d’Andalousie dont c’est l’aire restreinte et morcelée d’origine, avec la Sierra de Grazalema.

 

Puerto de Las Palomas

Abiès Pinsapo4

Le Sapin d’Espagne (Abies pinsapo), endémique de la sierra de Grazalema

Le Puerto de las Palomas est un col qui est situé entre le village de Zahara de la Sierra et Grazalema. Il culmine à plus de 1300 m avec des vues magnifiques au nord sur la retenue d’eau et le village de Zahara. Au sud et à l’est des aperçus sur l’ancienne capitale Romaine de la région : Ronda la vieja. C’est le royaume du Sapin d’Espagne (Abiès pinsapo) ou Sapin d’Andalousie dont c’est l’aire restreinte et morcelée d’origine, avec la Sierra de Las Nieves.Col de Las Palomas3

 

 

Los Barrios – La Montera del Torero (Parc naturel Los Alcornocales)

 

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Les roches érodées de la Montera del Torero au milieu des chênes-liège

 

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Tiges sans feuilles (écailles) avec sporanges terminaux à trois lobes

 

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Tiges à ramifications dichotomiques de Psilotum nudum

La Coiffe du Torero est une curiosité géologique, située à proximité de Los Barrios dans le parc naturel des Alcornocales. L’autre curiosité se niche dans les fissures de ce rocher si particulier : il s’agit d’une relique paléotropicale, unique représentant en Europe de la famille des Psilotacées, apparentée aux fougères : le Psilotum (Psilotum nudum (L.) P. Beauv). Très localisée autour de Los Barrios, on n’en compte plus actuellement qu’une population d’environ 200 individus, cette espèce est néanmoins présente dans les régions tropicales et tempérées chaudes des 2 hémisphères, comme par exemple ici à la Réunion (Flore de la Réunion).

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Psilotum nudum L. dans une fissure de rocher bien exposée

 

 

 

San Roque – Garrigues du Campo de Gibraltar

Droséra du Portugal_8

Les garrigues situées au nord de San Roque dominent l’autoroute A7 reliant Algesiras à la côte méditerranéenne vers Marbella, Malaga puis Alméria.      Quelle superbe surprise d’y voir l’originale et surprenante Drosera du Portugal (Drosophyllum lusitanicum) parée de ses magnifiques fleurs jaunes diurnes. Digne représentante des plantes insectivores, abusivement dénommées « carnivores ». Elle capture ses proies grâce à de nombreuses glandes produisant de la glue, glandes alignées le long de nombreuses feuilles filiformes, encore enroulées à un stade jeune.

 

 

 

 

 

Puerto de Conil & Rio Roche (sud de Cadix)

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Dune fossile de la Pointe de Roche et pinède à Pins Parasols

Bugrane panachée2 (2)

Bugrane panachée (Ononis variegata)

Bugrane bétique1

Bugrane bétique (Ononis baetica)

Aujourd’hui nous mettons le cap à l’ouest, comme le rio Guadalète que nous allons rejoindre à Arcos puis Jerez de la Frontera, traverser une zone de marais et de lagunes au niveau de Cadix pour atteindre un peu plus au sud la pointe de Roche au niveau du petit port de Conil de la Frontera.

C’est dans une zone d’anciennes dunes sableuses recouvertes de magnifiques pins parasols que nous découvrirons, de part et d’autre du petit Rio Roche, d’autres espèces bien différentes de celles croisées précédemment.

Las Penuelas (2)

Abords du Rio Roche et Pins Parasols

 

El Gastor et le lac de Zahara (Diaporama à venir) 

Rio Guadalete et lac de Zahara (Diaporama à venir)

De Ronda à El Burgos par le Puerto del Viento. (Diaporama à venir) 

 

Références bibliographiques :

Atlas et le Livre rouge de la flore vasculaire menacée d’Espagne

Je reproduis ici un article de Rémy Prud’homme, le jour même ou le Conseil d’administration d’EDF vient de signer, sous la pression de Hollande et Royal, son engagement dans le processus de fermeture de la centrale de Fessenheim.

Edifiant !

Rémy Prud’homme est climato-réaliste : j’en ai parlé ici à propos d’un de ses derniers livres : « L’idéologie du réchauffement ». Voir ici son CV et ses publications

L’article de Rémy Prud’homme :

Les surlignages et gras sont de mon fait.

Par énergies renouvelables il faut comprendre le renouvelable intermittent (solaire et éolien), celui qui par l’intermédiaire de la CSPE me coûte aujourd’hui sur ma facture EDF 2,25 centime d’€ en plus par kWh consommé.

Pour la comparaison des coûts des installations, il s’agit des coûts de construction.

Le semaine du 16 au 20 janvier a été marquée en France par une vague de froid, et donc par une augmentation de la demande d’électricité. La ministre de l’Environnement a déclaré le 18 janvier : « aujourd’hui, l’éolien et le solaire vont produire l’équivalent de 8 réacteurs nucléaires ». Elle s’appuie sur cette « constatation » pour conclure qu’il y a trop de nucléaire en France. Sa petite phrase est un gros bijou de désinformation. Elle mérite d’être analysée avec soin dans les écoles d’administration et de journalisme où l’on enseigne le mensonge (pas pour préparer nos élites à le pratiquer, bien sûr, mais pour mieux les en protéger). Cette déclaration, brève comme un tweet de Donald Trump, est en effet un bel exemple de la combinaison d’au moins trois techniques de désinformation.

La première est le mensonge simple. Un réacteur nucléaire de 1,2 GW produit en 24 heures 29 GWh. Le 18 janvier, l’éolien et le solaire ont produit 125 GWh. Chacun peut le vérifier en deux clics sur le site de RTE (qui, félicitons-le, publie la production de chaque filière pour chacune des heures de l’année). Nos renouvelables ont donc produit ce jour-là autant que 4,3 réacteurs. Transformer 4,3 en 8, ce n’est pas arrondir, c’est tricher. Mais pourquoi la ministre se gênerait-elle ? Elle sait qu’aucun média ne se donnera la peine de vérifier, et que tous reprendront son affirmation – ce qui s’est effectivement produit. Mais ceci n’est qu’un début, et l’art de la désinformation va bien au-delà du mensonge grossier.

La deuxième technique est le mensonge par sélection. Elle porte ici à la fois sur le choix du jour, et sur le choix du moment. La ministre donne un chiffre (faux, on l’a vu) pour le mercredi 18 janvier. Ce fut, du point de vue des renouvelables, le meilleur jour de la semaine. Une présentation plus honnête considérerait tous les jours de la semaine: on y verrait que la production des renouvelables a été en moyenne égale à celle de 3 réacteurs.

Surtout, le problème posé par une vague de froid est évidemment celui des pointes de la demande, et de la façon d’y faire face. Les chiffres significatifs se rapportent à la production des renouvelables à ces heures-là, pas à celle de la journée toute entière. Ils sont également disponibles sur le site de RTE. La production des renouvelables aux heures de pointes (qui ont eu lieu à 19 heures quatre des cinq jours de la semaine considérée), a été en moyenne égale à celle de 2,9 réacteurs nucléaires. Ca aurait pu être bien pire. A 19h en janvier, la production d’électricité solaire est toujours égale à zéro. En fait, nous avons eu cette semaine-la la chance d’avoir du vent, et donc une production éolienne assez soutenue.

La troisième technique de désinformation est le mensonge par omission. La ministre écarte toute référence au coût des filières qu’elle compare : cachez-moi ces euros que je ne saurais voir. Les installations solaires et éoliennes installées en France ont coûté un peu moins de 50 milliards d’euros. Selon la Cour des Comptes, les installations nucléaires ont coûté 83 milliards (en euros constants de 2010). Aux heures de pointe de la semaine les 50 milliards investis dans les renouvelables ont produit en moyenne 3,5 GWh, et les 83 milliards investis dans le nucléaire 56 GWh. Il fallait tout juste 10 fois plus d’investissement dans les renouvelables que dans le nucléaire pour produire la même quantité d’électricité.

La ministre, qui méprise sans doute les ingénieurs autant que les comptables, se garde bien de mentionner la durée de vie des investissements qu’elle compare. Celle d’un investissement éolien ou solaire est d’environ 25 ans. Celle d’un investissement nucléaire est d’au moins 50 ans. Prendre en compte ce détail divise simplement par deux l’intérêt relatif du renouvelable.

Au total, on a – au service de la bonne cause – une affirmation carrément fausse, deux choix arbitraires ou indéfendables, et deux omissions grossières. Ignorance ou cynisme ? On ne sait pas (et on ne sait d’ailleurs pas lequel des deux serait le plus déplorable).

Etonnez-vous du peu de crédibilité des politiciens et des médias.

Merci à Remy Prud’homme de mettre en exergue de façon magistrale l’irresponsabilité, une fois de plus, de Mme Royal.

Bonne année 2017

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Renoncule à feuille de Parnassie – Pyrénées, Cerdagne, vallée d’Err, 2200 m – Juin 2016

Une excellente étude de l’AAF (Académie d’Agriculture de France), sous la direction de Bernard Le Buanec, fait le point de façon factuelle et nous éclaire sur les réalités de la situation de l’agriculture et des produis Bio en 2016. On ne peut regretter qu’aucun journal national, régional ni même de vulgarisation scientifique (Science et Vie par exemple) ne s’en soit fait l’écho !

Soyons clair en ce qui me concerne : je ne suis pas un promoteur inconditionnel de ce type de culture pour produire notre alimentation, certes. Par contre j’estime que si il y a une demande solvable venant d’un certain nombre de consommateurs intéressés, il faut la satisfaire. Pourquoi l’agriculteur ne s’y intéresserait-il pas lui aussi pour y trouver satisfactions et revenu décent. Il n’y a donc pas lieu d’opposer agriculture bio et agriculture conventionnelle. Au contraire, l’une peut se nourrir de l’autre et réciproquement.

Par contre, ce sur quoi je réagis et m’indigne, c’est sur la communication tapageuse, mensongère, pseudoscientifique et idéologiquement orientée faite sur ce mode de production. Souvent par des groupuscules ou des associations qui n’ont rien de professionnels, mais aussi parfois par des dérapages internes au système. Une communication qui n’est pas faite comme il se devrait pour vanter les avantages et l’intérêt du bio, mais pour détruire l’agriculture conventionnelle qui jusqu’à preuve du contraire nourrit aujourd’hui à moindre coût une grosse majorité de la population de la planète.

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Un marketing de dénigrement basé sur la tromperie pour essayer d’imposer un nouveau modèle de consommation

La récente condamnation pour dénigrement de « Biocoop », la plus grosse enseigne commerciale bio française, en est une preuve évidente. Le dénigrement est condamné mais pas la tromperie qui est patente dans cette arrogante campagne de communication. Extraits du jugement pages 8 et 9 : « il est établi que cette campagne publicitaire repose non pas sur la valorisation des pommes issues de l’agriculture biologique, mais au contraire sur le dénigrement de  celles  issues  des  autres  filières,  aux  fins   de  dissuader  les consommateurs d’acheter ces fruits ». Ce jugement intervient alors qu’une seconde campagne de pub s’apprêtait à sortir sur nos écrans : un nouveau clip inspiré  de « Apocalypse now » pour culpabiliser à outrance les consommateurs qui ne consomment pas de fruits et légumes bio.

Fermons la parenthèse, ce marketing agressif est révélateur d’une idéologie envahissante qui veut imposer son modèle par la force et le mensonge.

Agribio : Quelques chiffres 2016

Chiffre d’affaires : 6,9 milliards en 2016 (soit 3% du marché alimentaire), un doublement depuis 2008.

31.000 exploitations pour 1.6 millions d’ha, soit 7% des exploitations et 5.8% de la surface agricole (SAU). Surtout représentées dans le domaine vigne, arboriculture et maraîchage, beaucoup moins en Grandes cultures (céréales).

Emploi : 10% des emplois de l’agriculture française (des systèmes de production nécessitant plus de main d’œuvre et une fréquence plus importante de transformation à la ferme et de vente directe).

Les régions les plus représentées : Midi-Pyrénées, Pays de Loire, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et PACA.

Aliments bio : nutrition et santé.

La valeur nutritionnelle et sanitaire des aliments bio n’est pas supérieure à celle des aliments conventionnels : en France l’imposant rapport de l’Afssa (Anses) de 2003 réactualisé en 2010 est sans ambiguïté à ce sujet. Des revues systématiques étrangères et plus récemment en 2015 et2016 un groupe européen d’auteurs spécialistes de l’agribio confirme cet état des lieux.

La probabilité de contamination bactérienne, fongique ou parasitaire est par contre plus élevée pour les produits bio : absence de traitements et moindre protection ou fertilisation organique abritant des germes nocifs pour l’homme. Voir ici l’affaire du concombre espagnol.

Quant aux résidus de produits phytosanitaires, le produits bio en contiennent également, apparemment en moindre proportion, mais il faut savoir que beaucoup de produits autorisés (ou non autorisés ) en bio ne sont pas recherchés. Le récent rapport de l’Efsa (octobre 2016) montre que 97,1 % des produits courants (82 649) et 98,8 % des produits bio (4 792) respectent la réglementation, que respectivement 53,6 % et 87,6 % des échantillons ne contiennent pas de résidus détectables et que 2,9 % et 1,2 % respectivement sont en infraction (dépassements de LMR).

Bio et environnement.

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Nielle, coquelicots et bleuets dans une parcelle d’avoine à Bourg Madame (Cerdagne)

L’agriculture biologique n’utilise pas de produits chimiques de synthèse.  On peut donc légitimement penser que l’impact de l’AB sur l’environnement devrait être plus faible que celui de l’AC. Pas de produit de synthèse dans l’eau ou dans l’air, pas de consommation d’énergie pour produire des engrais et des produits phytosanitaires. Mais il faut savoir qu’en pratique l’AB utilise le Cuivre (sulfate de cuivre de la bouillie bordelaise) en grandes quantités – c’est un des rares fongicide utilisable – alors que le cuivre est un puissant stérilisateur de la vie biologique des sols. De la même façon elle utilise des biocides non issus de la synthèse chimique et souvent non autorisés comme l’huile de neem qui ont des conséquences similaires à l’agriculture conventionnelle sur la faune et la flore.

Le maintien du labour, principale technique permettant de lutter contre les mauvaises herbes en bio, est source d’une consommation accrue d’énergie fossile et de production de GES (sauf dans le cas des prairies pour l’élevage).

L’agriculture biologique est une grande consommatrice de terres. Du fait de rendements moindres en AB, il faut plus de surfaces cultivables pour produire la même quantité d’aliments. Cela implique le défrichement de nouvelles surfaces (souvent en forêts) et une perte de biodiversité au niveau de la planète.

Sur le plan des engrais de ferme, une augmentation des surfaces consacrées à l’AB conduirait inévitablement à un problème de disponibilité de ces engrais notamment dans les régions de grandes cultures.

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Vaches gasconnes en Cerdagne

La bio à la croisée des chemins

Aujourd’hui dans notre pays, la population accède à une nourriture abondante et diversifiée pour un coût qui n’a cessé de baisser depuis un siècle. En 1950, un agriculteur nourrissait 15 personnes, aujourd’hui il en nourrit 4 fois plus pour deux fois moins cher. Selon l’INSEE et France Agrimer, le budget consacré à l’alimentation entre 1960 et 2013 est passé de 23.6% à 12.4% du budget total de consommation d’un ménage.

Ces évolutions balisent le changement de notre rapport à l’alimentation. L’alimentation n’est plus subie par la population sous l’angle réel du manque et de la cherté. Elle l’est maintenant sous le prisme déformé d’une sécurité sanitaire mise en doute dans l’esprit du consommateur.

Toutefois ce changement ne perdurera que s’il s’effectue en toute transparence. Les exemples révélateurs de l’opacité du système sont nombreux, citons par exemple le régime à deux vitesses entre l’AB et le conventionnel, favorisé par les pouvoirs publics, de l’autorisation de mise sur le marché des produits de protection des cultures. Ces mêmes pouvoirs publics auront-ils l’audace démagogique d’accéder à la demande de Claude Gruffat l’actuel Président de Biocoop, lors des 9ème assise de la bio le 19 novembre dernier, de passer d’une TVA de 20% pour les produits conventionnels à 10% pour les produits bio ! Enfin ce qui me paraît tout aussi important c’est qu’aujourd’hui la plus grosse partie des aliments bio est vendue par des grandes surfaces ayant des impératifs de volume, de présentation et de conservation, en provenance d’une production « bio industrielle » qui n’a plus rien à voir avec le bio local du petit producteur tel qu’on le laisse encore faussement laisser croire au consommateur. Ce bio là, on le trouve encore sur nos marchés et lieux de vente de proximité, comme cela a toujours existé.

Cette obligation de transparence me parait essentielle et je reprendrai ici les termes de la conclusion de Jean Louis Bernard  insistant sur le fait que « Pour asseoir son avenir et prospérer, l’agriculture biologique doit convaincre sur des fondements réalistes, construire davantage sur la science et moins sur l’image ». Je préciserai pour ma part, et moins sur le déni et le mensonge.

Contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse Grand public ou même spécialisée (Science et Avenir par exemple) qui ont diabolisé cette nouvelle technologie sous l’influence d’organisations et de groupuscules activistes, la nature fabrique depuis la nuit des temps, sans la moindre intervention de l’homme, des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) : animal, végétal, bactérie.

Auparavant il est nécessaire de rappeler ce qu’est un OGM et plus précisément pour ce qui nous intéresse ici, une plante génétiquement modifiée.

Qu’est ce qu’une Plante génétiquement modifiée (PGM) ?

C’est un végétal, (une plante cultivée ou sauvage) dont le patrimoine génétique a été modifié par l’intervention de l’homme. Selon les définitions européennes, ces modifications doivent être issues du génie génétique. Les techniques et les outils du génie génétique permettent de modifier les plantes par la transgénèse,  c’est à dire l’introduction de nouveaux gènes dans le génome d’une plante, par insertion de portions d’ADN. Cette définition communément admise est cependant très restrictive puisqu’elle exclue le transfert de gènes d’une espèce à l’autre tel qu’il se passe dans la nature dans le règne végétal. Nous en verrons deux exemples ci dessous.

La maîtrise de ces techniques est très récente (les premiers OGM datant des années 70-80) et en rapide évolution. Elles permettent en pratique d’introduire dans un organisme des caractères nouveaux, que l’on n’a pas pu introduire par des techniques traditionnelles d’amélioration des plantes. Le transfert de gènes sélectionnés peut se faire entre espèces proches quand les techniques de croisement classique ont échoué, mais le plus souvent c’est d’une espèce vers une autre espèce que se réalise ce transfert. Ce fut le cas par exemple en 1985 de la première plante transgénique résistante à un insecte, un tabac dans lequel un gène d’une bactérie Bacillius thuringiensis produisant une toxine insecticide a été introduit.

La nature n’a pas attendu l’homme pour créer ses propres OGM et PGM

Les agrobacterium

La transgénèse naturelle la plus connue est celle qui est l’oeuvre d’une bactérie du sol : Agrobactérium tumefacians possédant la propriété de provoquer des tumeurs sur la plante hôte (la hernie du chou par exemple). La transmission de son pouvoir tumorigène s’effectue grâce à un plasmide (morceau d’ADN circulaire) qui s’incorpore au génome de la plante hôte. Ce phénomène naturel fut découvert dans les années 70 et les biologistes eurent tout de suite l’idée d’insérer un gène étranger dans cet ADN bactérien et d’utiliser ensuite la bactérie comme vecteur pour transmettre ce gène à une plante hôte. C’est comme cela que le premier tabac transgénique a été mis au point. Plus récemment c’est également le cas  le maïs MON 810 résistant à plusieurs insectes ravageurs, grâce à un gène Bt (provenant d’une autre bactérie Bacillius thuringiensis), transféré vers le maïs par Agrobactérium.

La Patate douce

Récemment on vient de découvrir qu’un grand nombre de plantes contiennent des gènes spécifiques d’Agrobacterium. Ainsi, en étudiant l’expression du génome de la patate douce, des chercheurs ont découvert dans les nombreuses variétés cultivées la présence de gènes d’Agrobacterium rhizogenes et d’Agrobacterium tumefaciens, alors que les variétés sauvages n’en contiennent pas. La  patate douce est donc une plante naturellement transgénique. Ces gènes ont entraîné des modifications morphologiques qui se sont exprimées dans les tubercules plutôt que dans les autres parties de la plante pour en faire une plante alimentaire. Ces chercheurs concluent que « ces résultats montrent l’importance des interactions entre plante et microbe et, sachant que la patate douce est consommée depuis des millénaires, cela pourrait changer le paradigme sur le côté « contre nature » des plantes transgéniques ».

Source : PNAS – Proceedings of the National Academy of Sciences of America

Nouveaux exemples de transfert de gènes entre espèces dans la nature : le cas des Orobanches

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Triphysaria eriantha (Orobanchacées) parasitede graminées sauvages et d’autres plantes hôtes en Californie. – Photo Huiting Zhang

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Striga asiatica (Orobanchacées) parasite du sorgho en Tanzanie – Photo Mike Timko

Une récente étude publiée par le PNAS en octobre 2016 décrit les mécanismes naturels de transfert de gènes dans une famille de plantes parasites, bien connue des botanistes mais aussi des agriculteurs, dont les principaux représentants sont les orobanches.

Les chercheurs ont détecté 52 cas de transfert non sexuel de l’ADN – connu sous le nom de transfert de gène horizontal, ou HGT – à partir d’une plante hôte. Les gènes transférés sont alors devenus fonctionnels chez les espèces parasites. Ce transfert pourrait stimuler la capacité de la plante parasite d’envahir son hôte et surmonter ainsi les défenses de l’hôte. Selon ce mêmes chercheurs, « la découverte du HGT va nous permettre de mieux comprendre comment les plantes parasites fonctionnent et comment nous pouvons mieux les contrôler. Notre espoir est que nous puissions utiliser cette information pour trouver les meilleures stratégies pour générer, ou sélectionner, des plantes hôtes résistantes . »

Sources :

Eurekalert : Parasitic plants may form weapons out of genes stolen from hosts

La publication – PNAS : Horizontal gene transfert is more frequent with increased heterotrophy and contributes to parasite adaptation

Quelques Orobanches rencontrées en France :

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Orobanche de la Picride

Les orobanches sont des plantes parasites dépourvues de chlorophylle et de racines normales. Elles émettent des suçoirs les reliant directement aux vaisseaux conducteurs de l’hôte, d’où elles tirent leur nourriture. Elles sont parasites de plantes sauvages, mais aussi de plantes cultivées comme l’orobanche rameuse qui peut faire de gros dégâts sur le colza, le chanvre et le tabac.

 

 

 

 

 

Orobanche de la picride – Orobanche picridis F.W.Schultz

Cette orobanche parasite les espèces du genre picris (picris hieracoides), helminthie, crepis (parfois la carotte sauvage). On la trouve le plus souvent en bord de route, dans des terrains vagues des friches meso-xerophylles sableuses ou sablo-caillouteuses.

Celle ci a été identifiée à La Rochelle près du bassin des minimes en bord de mer – 07 / 2016

 

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Orobanche du genêt

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Orobanche du genêt

 

 

L’orobanche du genêt – Orobanche rapum-genistae Thuill.

Cette orobanche parasite les genêts (genêt à balais, genêt purgatif…), les cytises.

Llo – Gorges de la Sègre – Cerdagne 06 / 2016

 

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Orobanche couleur améthyste

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Orobanche couleur d’améthyste

 

 

L’orobanche couleur d’améthyste ou orobanche du panicaut – Orobanche amethystea Thuill.

Parasite les divers panicauts (Eryngium) Bourg Madame – Cerdagne 06/2016

 

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Orobanche couleur de sang

Orobanche sanguine – Orobanche sanguinea C.Presl 

Inféodée aux Lotus, ici sur Lotier faux cytise. On la trouve dans le Var, sur les îles d’Hyères et en Corse.

Ici sur les hauteurs de Bonifacio en Corse du sud – 04 / 2014

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Orobanche couleur de sang

 

 

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Orobanche du thym

Orobanche du thym – Orobanche alba Stephan ex Willd. 

Orobanche parasitant principalement les plantes du genre Thymus et autres labiées. Souvent plus rouge que blanche comme ici, un exemplaire observé à Chateau Ville vieille dans le Queyras, sur les terrasses surplombant la vallée du Guil (sentier des astragales) – 07 / 2013

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Orobanche du thym

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Orobanche du thym

 

 

La transgénèse, qu’elle soit l’œuvre de la nature ou qu’elle soit pilotée par l’homme, contribue à l’augmentation de la diversité génétique et par conséquent à l’augmentation de la biodiversité.