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RIEUSSEC 1947

 

C’est à l’occasion du baptême et d’une jolie fête organisée en l’honneur de mes 3 petits enfants : Benjamin, Thomas et Alexandre à Saint Mathieu de Treviers que j’ai saisi l’occasion d’ouvrir ce nectar de presque 70 ans dont les raisins ont vraisemblablement été récoltés quelques jours avant ma naissance,  tout cela ne me rajeunissant pas… mais c’est néanmoins un pur plaisir que d’évoquer cet instant et de me plonger dans l’univers du vin, du Sauternais et de ce 1er grand cru classé en 1855.

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Chateau Rieussec 1947

Histoire d’une jolie trouvaille

C’est à l’occasion d’une très belle « brocante » organisée chaque année dans la ville de Mouscron à la frontière Belgo-française au nord de Lille où ma sœur Danièle expose tous les ans, que j’ai eu la chance de découvrir ce bijou. Il faisait partie d’un lot de 4 bouteilles perdues au milieu d’un ensemble dont je ne me souviens pas la composition, mais n’ayant rien à voir avec le vin.

Et le brocanteur de m’expliquer qu’il avait racheté la maison d’un médecin de cette petite ville frontière, grand amateur de vins… propriétaire de vignes dans le Val de Loire dont la cave était encore bien garnie lors de son décès. Ce Monsieur met en vente régulièrement lors de chaque brocante 4 ou 5 bouteilles qu’il doit penser trop vieilles.

Certaines l’étaient sans aucun doute. Par contre celle ci attira mon attention à double titre : un sauternes, ça vieillit très bien en général. Chateau Rieussec, un 1er grand cru classé que je connais un peu puisque je possède dans ma cave quelques bouteilles de 1986 que je conserve précieusement. enfin le millésime 1947, un grand millésime Bordelais, qui plus est année de ma naissance.

La transaction fut rapide : mise à prix 30 €… emporté 20 € !

 

 

 

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Quelques notes de dégustation

Je n’ai pas suffisamment l’occasion de goûter de tels vins pour prétendre décrire celui ci avec précision. Le niveau de la bouteille légèrement bas, même si celle ci semblait parfaitement conservée me donnait quand même quelques inquiétudes confirmées lors du débouchage. Avec un bouchon sec ayant perdu la moitié de son volume, mais dont la partie inférieure était collée au goulot en formant une sorte d’opercule avec la matière du vin.

La 1ère surprise fut la concentration et la densité de ce vin, coulant dans le verre comme un élégant sirop. Puis ce fut la couleur, cuivre très foncé tirant sur le caramel. Enfin un nez d’une incroyable complexité, mais plus encore d’une persistance aromatique presque infinie.

En bouche les premières impressions furent celles du pruneau et du caramel, suivies immédiatement par cette énorme acidité toujours très présente permettant d’éloigner ainsi toute impression de lourdeur. Un véritable enchantement pour le palais : quelques traces de ce nectar suffisaient pour apprécier  l’extravagante concentration de ce vin, le caramel laissant ensuite la place aux épices douces, à la vanille… Une longueur en bouche ahurissante faisant que la première dégustation à 4 personnes s’est arrêtée à la mi bouteille tellement l’impression de plénitude était avérée.

Le vignoble de Sauternes

sauternesLe vignoble de Sauternes s’étend sur 1750 hectares, au sud de la zone viticole des Graves sur la rive gauche de la Garonne, au sud ouest de Bordeaux. Le Sauternes est considéré comme l’un des plus grands vins blancs liquoreux du monde.

Ce qui caractérise la région de Sauternes est son microclimat, particulièrement propice à la production de vins liquoreux à partir de raisins attaqués par la pourriture noble ou Botrytis cinerea. Le Sauternais est en effet traversé par le Cirons, une rivière froide, qui se jette dans la Garonne, fleuve plus chaud, favorisant ainsi l’apparition de brumes matinales qui favorisent le développement du Botrytis cinerea alors que le sud de la région des Graves bénéficie souvent en automne d’après-midi ensoleillés, qui empêchent un développement trop rapide du champignon. Le Botrytis cinerea décolore les baies, les recroqueville et concentre leur teneur en acide et en sucre. Les vendanges manuelles sont effectuées fin octobre en plusieurs tries et les rendements ne dépassent pas 10 – 15 hl/ha. Ils ne sont produits que lors des années favorables. À partir de ces raisins, on produit un vin riche, onctueux et mielleux, relevé par une forte acidité qui met en valeur les saveurs sucrées du vin. L’acidité est également un gage de grande garde. Le classement de 1855 n’a pas été modifié : 1er Cru Supérieur, château d’Yquem, puis 11 Premiers Crus, dont le château Rieussec, et 14 Seconds Crus.

ROUTE DES VINS

 

Le château Rieussec

Le domaine est propriété au XVIIIème siècle des moines des Carmes de Langon et leur vin est des plus réputés. Saisi à la Révolution, il est acquis par la famille Marheilhac, alors propriétaire du château La Louvière à Léognan. Le vin se voit classé premier grand cru de Sauternes en 1855. Il connaît malheureusement d’incessants changements de propriétaires puisque pas moins de 9 se succèderont de 1846 à 1971. Ce sont les Domaines Barons de Rothschild (château Lafite-Rothschild) qui rachètent le domaine en 1984 et s’associent en 2011 à la famille Dassault. L’objectif du Baron Eric de Rothschild est de rétablir la position de Rieussec en haut de la hiérarchie des Sauternes.

Voir ici la présentation du domaine en 2010 par Charles Chevalier, directeur technique du domaine.

Chateau-Rieussec-aerial-view-resizeSitué sur le point culminant des communes de Fargues et de Sauternes, le vignoble de Rieussec occupe une superficie de 93 ha, d’un seul tenant. Il est mitoyen d’Yquem et de Fargues et s’étend sur des sols vallonnés de graves et de limons sur sous-sol argileux. L’encépagement est constitué de Sémillon (90%), de Sauvignon (7%) et de Muscadelle (3%). La culture est conduite de façon traditionnelle avec le suivi minutieux que réclame le développement de la pourriture noble. La vinification et l’élevage du grand vin se déroulent quant à eux dans des fûts de chêne pendant environ 18 mois.

Le domaine produit en plus du grand vin un second vin  « Carmes de Rieussec » et une cuvée avec élevage plus court « Château de Cosse », tous deux en appellation « Sauternes », ainsi qu’un vin blanc sec « R de Rieussec » en appellation « Bordeaux Blanc ».

Le Sauvignon n’est pas utilisé dans le 1er vin, principalement à base de sémillon et de muscadelle. Il est plutôt utilisé pour réaliser le blanc sec « R de Rieussec ».

Présentation du domaine du château Rieussec.

Présentation du 1er vin « Chateau Rieussec » 1er grand cru classé.

Grands Sauternes et grands millésimes

Sur le plan des millésimes, après 1900, la première très grande année à Sauternes sera 1921, absolument superbe ! Viendront ensuite 1929, 1937 et 1945. Après guerre et jusqu’à aujourd’hui on peut citer : 1947, 1955, 1959, 1975, 1983, 1989, 1990, 1996, 1997, 2001 et probablement 2005.

Voir ici un classement assez précis des grands millésimes sauternais.

Quant aux grandes réussites de 1947 en sauternais on peut citer : Château RieussecChâteau GuiraudChâteau d’ YquemChâteau de Rayne VigneauChâteau SuduirautChâteau Climens

 

Une énigme à résoudre…

Lorsque je consulte sur internet les ventes aux enchères de Rieussec 1947, je ne retrouve pas l’étiquette de la bouteille qui fait l’objet de ce billet.

Je n’en connais pas la raison… Si quelqu’un peut m’aider à relever cette énigme, ma curiosité sera satisfaite et j’en serai très honoré.

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Rieussec

 

 

 

 

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Bellver de Cerdagne, un balcon sur la plaine et les Pyrénées espagnoles

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Lys des Pyrénées

Fritillaire des Pyrénées

Fritillaire des Pyrénées

La Cerdagne est une petite région naturelle qui, avec le Capcir et le Conflent, constitue l’extrêmité orientale de la chaîne des Pyrénées catalanes pour la partie Française.

Elle est constituée d’un plateau perché à 1200 mètres d’altitude, à cheval sur l’Espagne et la France. Les deux villes frontières de Bourg-Madame en France et Puygcerdà en Espagne balisent le passage d’un pays à l’autre.

Les Pyrénées catalanes françaises 
Carte-Pyrénées-CatalanesBourg-Madame est vétuste et ne s’est pas développée, par contre Puygcerdà est une belle petite ville avec un centre historique perché au sommet d’une colline entourée d’une ville nouvelle à l’architecture harmonieuse. La géographie du lieu fait état d’un territoire Espagnol, l’enclave de Llivia, relié directement à la ville de Puygcerdà par une route neutre. Cette particularité est une marque de l’histoire et des luttes passées entre les royaumes d’Espagne et de France, qui s’achevèrent en 1659 avec le traité des Pyrénées.

 Puygcerda (Espagne), vue de la route de Saillagouse, sortie de Bourg-Madame

Avoine & messicoles_Puigcerda_4La Cerdagne bénéficie d’un niveau d’ensoleillement presque équivalent à celui du Queyras, soit plus de 3000 heures d’exposition par an. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver le centre de recherche sur l’énergie solaire avec la centrale Thémis et les fours solaires d’Odello et de Montlouis. C’est également à Font-Romeu que les athlètes de haut niveau viennent à la recherche de l’amélioration de leurs performances.

 

Couple de Gypaètes barbus au nid - (Vallée d'Err 2200 m)

Couple de Gypaètes barbus au nid – (Vallée d’Err 2200 m)

La confluence d’un climat méditerranéen avec un climat montagnard ont permis le développement d’une flore et d’une faune très diversifiées. Nous avons pu ainsi croiser au cours de la semaine, Isards (chamois des Pyrénées), marmottes, vautours fauves et Gypaète barbu….

Isard fuyant à travers les massifs de genêts purgatifs (Vallée d'Err - 2100 m)

Isard fuyant à travers les massifs de genêts purgatifs (Vallée d’Err – 2100 m)

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux mots à propos de l’omniprésence des genêts purgatifs dont la couleur jaune étincelant et l’odeur enivrante qu’ils procurent en pleine floraison, sont un ravissement pour les sens. Malheureusement c’est la forte diminution de l’activité pastorale qui est à l’origine de son extension. Elle a favorisé leur installation sur les versants ensoleillés avec le Genévrier commun puis le Pin à crochets au détriment des pelouses thermophiles abritant de nombreuses espèces végétales et animales (Grand tétras, Lagopède alpin…). Des actions de brûlages tentent de reconstituer ces pelouses hautement fourragères.

Un séjour botanique illustré dans les diaporamas qui suivent …

Ce stage d’une semaine organisé par l’association Pulsatille est animé par son fondateur Franck Le Driant, botaniste chevronné auteur de nombreux ouvrages et d’une flore très complète « Flore Alpes » consultable facilement sur support informatique.

Enveitg

Le gîte, de bon matin, au départ d'une randonnée

Le gîte, de bon matin, au départ d’une randonnée

Cal Viatger_6Le principe du stage est celui du séjour en étoile à partir d’un point fixe d’où le groupe de 10-12 personnes part tous les matins en minibus vers des sites diversifiés et intéressants sur le plan botanique. Notre point fixe se situe à Enveitg au gîte Cal Viatger tenu de façon fort conviviale par Martine et sa belle sœur.

Elixir des Chartreux servi par Gérard en guise de pousse café à chaque picnic

Elixir des Chartreux servi par Gérard en guise de pousse café à chaque picnic

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Les Pyrénées espagnoles et la station de la Molina vues du gîte Cal Viatger

Le picnic du midi, le petit déjeuner et le dîner sont l’expression d’une cuisine familiale basée sur des spécialités catalanes à base de produits frais.

 

 

Les diaporamas (cliquer sur le titre)

Messicoles de Cerdagne :

Les Messicoles sont des plantes que l’on retrouve le plus souvent en fleurs dans les moissons, dont le cycle de développement est comparable à celui des céréales. C’est un régal pour les botanistes (devenues rares, elles sont souvent très jolies), mais c’est plus qu’un inconvénient pour l’agriculteur. De ce champ d’avoine ci dessous, l’agriculteur ne retirera même pas le prix de la semence utilisée… sans compter le coût de son travail pour cultiver sa parcelle… ni les problèmes liés à la toxicité de ces jolies habitantes comme la nielle, s’il veut faire consommer sa récolte par son bétail ou la transformer en flocons (ou en farine) pour l’alimentation humaine.

Bleuet

Bleuet

Nielle

Nielle

Bleuets, coquelicots, nielle, mélilot officinal... et avoine "cultivée"

Bleuets, coquelicots, nielle, mélilot officinal… et avoine « cultivée »

 

 

 

 

 

 

Le lys des Pyrénées

Nous avons visité deux stations de cette espèce, endémique des Pyrénées, au cours de notre séjour. Dans les environs de Porté-Puymorens, au niveau des gorges de la fou ainsi qu’aux alentours d’un petit lac du Capcir.

Lys des Pyrénées en début floraison

Lys des Pyrénées en début floraison

Fleurs du Lys des Pyrénées

Fleurs du Lys des Pyrénées

Jeune fleur de Lys des Pyrénées

Jeune fleur de Lys des Pyrénées

 

 

 

 

 

Llo et les gorges du Sègre

Erodium à poils glanduleux_2_2Seigle des montagnes_5_2Llo est un petit village thermal (eaux sulfureuses à + 35°C), situé au débouché des gorges du Sègre qui traverse Saillagouse et Bourg-Madame avant de continuer son périple en Cerdagne Espagnole et rejoindre l’Ebre après Lérida. Une riche flore se maintient sur les rives du torrent avec notamment le très bel Erodium à poils glanduleux, mais aussi le Seigle des montagnes (Secale strictum) une espèce pérenne à l’origine du seigle cultivé visible près des « Bains de Llo ».

 

 

Les gorges calcaires de Pi (Bellver de Cerdanya – Espagne)

Ramonde des Pyrénées

Ramonde des Pyrénées

La Ramonde des Pyrénées (Ramonda myconi (L.) Rchb., 1831) est une très jolie plante, très rare, de la famille des gesnériacées que l’on ne trouve que dans les Pyrénées. Elle est ici dans des conditions idéales sur des rochers calcaires parfaitement ombragés. La famille des Gesnériacées est aujourd’hui bien représentée sous les tropiques. Elle était cependant bien présente en Europe au tertiaire. Seuls quelques représentants dont la Ramonde fait partie ont pu survivre aux dernières glaciations. C’est ce que l’on appelle une relique glaciaire également dénommée « fossile vivant ».

 

Bellver de Cerdagne et ses pelouses xériques (Espagne)

Les pelouses xériques sont des pelouses sèches qui témoignent de l’influence méditerranéenne sensible dans cette région, même à cette altitude.

 Les alpages du Pas de la Case (Andorre)

Anémones, narcisses et renoncules se partagent les croupes adoucies des alpages surplombant le béton bariolé des commerces du Pas de la Case. D’un côté le Port d’Envalira, un des plus hauts cols des Pyrénées (2400 m), de l’autre l’Ariège qui prend sa source dans le paysage chaotique du cirque de Font Nègre et du Lac Noir. A noter dans ce paysage dégoulinant, la présence de l’impressionnante Rhadiole ou Orpin rose.

Narcisse à fleur pâle

Narcisse à fleur pâle

Rhodiole (Orpin rose)

Rhodiole (Orpin rose)

La Molina (Espagne) – Col de la Creueta 1888m

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Fritillaire des Pyrénées – Intérieur de la fleur de couleur acajou à jaune verdatre et légèrement quadrillé.

Fritillaire des pyrénnées_3Surplombant la jolie station de La Molina, les pelouses subalpines du col de Creueta nous offrent une grande diversité de plantes alpines. C’est également le royaume de la Fritillaire noire (ou Fritillaire des Pyrénées), qui par contre elle est endémique des Pyrénées franco-espagnoles.

 

 

 

La vallée du Passet au pied du col de Puymorens

Vallée du Passet, au fond le massif du Carlit

Vallée du Passet, au fond le massif du Carlit

Listère à feuilles en coeur

Listère à feuilles en coeur

Dans les vallées humides alimentant les sources du Carol… une débauche de Cardamines amères, à feuilles de radis… de Pédiculaires, verticillées ou feuillées…

… et « l’invisible » minuscule Listère à feuilles en cœur, une orchidée rare tranquillement tapie au fond des bois sombres.

 

 Flore des éboulis siliceux de la vallée d’Err

Renoncule à feuilles de Parnassie des éboulis siliceux de la vallée d'Err

Renoncule à feuilles de Parnassie des éboulis siliceux de la vallée d’Err

Primevère à larges feuilles des éboulis siliceux de la vallée d'ERR

Primevère à larges feuilles des éboulis siliceux de la vallée d’ERR

Après la rencontre avec un couple de Gypaètes barbus forts éloignés certes et d’un cingle plongeur dans le lit du torrent d’Err, ce fut une belle rencontre que celle des jolis spécimens de Primevères à larges feuilles et de Renoncules à feuilles de Parnassie.

 

Le secteur des Bouillouses et ses vallées humides

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P1090045_2Au bord du lac de Balcere

 

 

 

Et pour terminer, 2 jolies sardanes :

« EL TUTUT DE L’AVI » -Sardana- Cobla Costa Brava

Reblogué depuis le blog de Maxime Tandonnet

Bonjour Maxime,
message aussi juste que percutant. Et cela vaut pour beaucoup d’autres catégories professionnelles, pour une très grande majorité de gens qui travaillent, qui ne comprennent pas comment on peut laisser une minorité de dégénérés et d’agitateurs d’extrême gauche, salir les valeurs qui font une nation.
Ce qui est encore plus dramatique, c’est le soutien accordé par le gouvernement français, certains politiques et une certaine presse. Comme Joffrin voyant dans ce pitoyable mouvement ;  » Un laboratoire populaire… de la réhabilitation de la politique hors de la politique traditionnelle.

Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

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J’ai toujours apprécié Jean Marc Sylvestre pour la qualité de ses analyses dans le domaine économique et politique. C’est également un bon connaisseur du milieu agricole que j’ai appris à connaître dans le cadre professionnel où j’exerçais mon activité il y a quelques années.

Cet article clair et concis, que je vous conseille vivement de lire intégralement, nous en dit long sur l’ambition de nos hommes politiques de quelque bord qu’ils soient, pour qui il paraît, nous devrions voter dans quelque temps.

Et pourtant Macron, un homme jeune, hyper intelligent, économiste reconnu, plébiscité par une majorité de Français… tuant dans l’œuf l’émergence d’un groupe de Télécoms d’envergure mondiale !

Je vous laisse découvrir la réalité d’un sabordement de grande ampleur… et malheureusement un de plus !

C’est ici.

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Présentation de l’exploitation par Michel Welter, directeur technique.

Vendredi 26 mars 2016 nous étions reçus près d’Abbeville dans la Somme, avec quelques agronomes d’Interactif, par Michel Welter le charismatique Directeur technique de la ferme dite des 1000 vaches.

Première impression : tout est calme, serein, aucun bruit, aucun meuglement, ni dans l’étable où le confort des animaux est de mise, ni à l’approche du roto de traite. La propreté saute aux yeux et l’odeur ammoniaquée des étables ouvertes et lumineuses est à peine perceptible. C’est une agréable odeur d’ensilage qui domine.

Tout éleveur réaliste sait que le bien être animal est la condition essentielle à la performance du troupeau. C’est encore plus le cas ici à la ferme des 1000 vaches que partout ailleurs. Tout cela est très loin des nuisances de petites exploitations mal gérées et mal entretenues… bien loin également de la description faite par un certain nombre de journalistes ignorants ou idéologues et d’activistes de l’écologie politique.

Avant toutes choses et pour recadrer les omissions volontaires des détracteurs, bobos écolos anti viande et autres adeptes du régime Vegan , il faut dire que cet élevage est adossé à 1000 hectares de cultures qui servent à nourrir le troupeau et sa suite. Ce que ces anti-tout décroissants ne disent pas non plus c’est que cette exploitation est constituée par la mise en commun des terres et du troupeau, apportés par une dizaine d’agriculteurs qui tous ont une fonction dans l’entreprise. Cela n’empêche évidemment pas à notre éminent ministre de l’agriculture de déclarer, dans la plus pure démagogie mise au service de la politique, que « la ferme des 1.000 vaches, ce n’est pas mon modèle parce que derrière, c’est un investisseur et il n’y a pas d’agriculteur ». Ce type est un dangereux menteur !

Ce qui n’est également jamais souligné, c’est qu’aujourd’hui (le projet de méthanisation n’a pas encore pu être mis en œuvre) la totalité des rejets, sous forme de lisier ou de compost pour les parties solides, est recyclée sur une grande partie des 1000 ha de l’exploitation. Si l’on n’est pas loin avec ces pratiques de l’agriculture biologique, on est par contre complètement dans le cadre d’une ferme de type « Polyculture élevage » comme il en existe des milliers dans notre pays, la seule différence étant la taille.

C’est la technologie qui permet cet équilibre de haut niveau. Une technologie pointue empruntée aux pays nordiques, l’Allemagne en particulier, mais également à l’Espagne  pour ce qui est des bâtiments et de la traite. Aux américains en ce qui concerne la performance et l’alimentation du troupeau (en pleine constitution et amélioration), plutôt que la performance individuelle de chaque animal. La ration distribuée vise une production de 30 litres de lait par jour et par animal quel qu’il soit. Les performances sont enregistrées ainsi que le comportement des animaux. Une sélection ininterrompue est réalisée.

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Roto de traite pour 50 vaches permettant trois traites par jour

 

P1070932_2Pour ce qui est des productions végétales, c’est la mise en œuvre d’une technologie déjà répandue en France, dite de conservation des sols, basée sur le non labour, le semis direct (TCS ou techniques culturales simplifiées) et les cultures intermédiaires. L’avantage de ces techniques étant un gain de temps au niveau des façons culturales (travail du sol, semis…), ce qui est vital sur des surfaces importantes. C’est également un gain important en matière d’économie d’énergie par rapport au labour. C’est une technique permettant une meilleure gestion de la matière organique des sols.

C’est l’organisation du travail à la ferme des milles vaches avec ses 18 salariés organisés en 2 équipes tournant sur 35 heures par semaine qui permet de satisfaire aux aspirations légitimes de la main d’œuvre rurale. Plus rien à voir avec l’exploitation familiale et le producteur laitier seul avec son vacher, 80 et 90 heures par jour sur l’exploitation, pas de vacances… pour un résultat équivalent au smic !

Il est d’ailleurs sidérant de voir des syndicats défendre, pour la production laitière de masse, ce modèle économique… à moins que ce ne soit une façon de refuser systématiquement la technologie, la croissance, la concentration et la compétitivité… Ou alors que ce soit une façon de persister dans le modèle décroissant de l’agriculture subventionnée avec des subventions payées par de la dette. Qu’on le veuille ou non, c’est ce modèle qui n’est pas durable et non le modèle basé sur de grandes unités.

Bien entendu, une partie de la production laitière française à plus forte valeur ajoutée (appellations, fromages…), plus liée au terroir peut parfaitement continuer à prospérer sur des unités de type familial. Cette cohabitation est d’ailleurs hautement souhaitable. Même si ce type de productions ne représente actuellement que 20 ou 30 % de la quantité totale de lait, il est vain et contre productif de les opposer.

P1070933_2« Oser l’expérimentation de la ferme des mille vaches. »

C’est fait. Ici près d’Abbeville, avec la rencontre d’un agriculteur converti au BTP puis par passion revenu « à la ferme » en apportant les capitaux. Rencontre avec une dizaine d’autres agriculteurs ayant mis en commun leur outil de production et actuellement impliqués dans l’organisation. Rencontre avec un organisateur performant, ancien agriculteur également, ayant passé quelques années dans un institut technique renommé où il s’approprie les nouvelles technologie. Sa curiosité l’emmènera au delà, à la rencontre des expériences extérieures. C’est avec ce bagage qu’il concevra la ferme des mille vaches en y injectant toute l’expertise acquise. Il en assure aujourd’hui la gestion quotidienne, nécessitant une organisation sans faille et une gestion rapprochée, au millimètre, avec professionnalisme et discipline de tous les instants.

« Oser l’expérimentation des très grandes fermes »,

c’est également le titre du dernier chapitre, en guise de conclusion, d’un rapport du Sénat critique et documenté sur la situation du secteur laitier après les quotas. Publié en juin 2015, il a été coordonné par les sénateurs Claude Haut (PS, Vaucluse) et Michel Raison (LR, Haute Loire – ancien éleveur laitier et administrateur de la FNPL).

Le chapitre en relation directe avec notre sujet est à la page 55. Il concerne les perspectives. Après avoir regretté l’absence dramatique de stratégie du Ministère de l’Agriculture (contrairement à l’Allemagne par exemple : « L’Allemagne, de toute évidence, a une stratégie : être compétitive dans la compétition mondiale »), les rédacteurs se posent la question du « Comment accompagner la stratégie : avoir confiance, préserver les intérêts de la filière française, se former, innover ».

Tout est dit ou presque… et de rajouter fort opportunément que :

« Les exploitations ferment, faute de repreneurs, et la spirale de la déprise se met en place : moins d’exploitations, moins de lait, moins de collectes, moins (plus du tout !) de laiteries, de transformateurs. Ce type de projet est un moyen de ramener de l’élevage dans une région de grande culture et de maintenir une activité laitière dans une région en déprise laitière ».

Silo de maïs adapté à la taille du troupeau

Silo de maïs adapté à la taille du troupeau

Quelques références :

Maison du lait – La filière laitière française en 50 chiffres.

N° 556 SÉNAT – Session ordinaire 2014-2015 – Enregistré à la Présidence du Sénat le 25 juin 2015 – Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires européennes sur la situation du secteur laitier après les quotas, par MM. Claude HAUT et Michel RAISON, Sénateurs.

Agriculture & environnement – Haro sur la ferme des 1000 vaches !

Agriculture de conservation – La ferme des 1000 vaches : high-tech ou low-tech ?

Voir également ici :

Interactif – La ferme des 1000 vaches : Une exploitation de polyculture élevage en Picardie

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